On le sent, on le pressent, les manifestations de ce 24 juin seront beaucoup plus importantes, sinon massives, que lors des journées précédentes où elles furent tristounettes..
Mais est-on sûr que, cette fois, les démonstrations seront essentiellement motivées par la défense du principe de la retraite à 60 ans ? L’impression domine qu’une mayonnaise est en train de prendre, mais que la question de l’âge de la retraite n’en est que l’une des composantes.
Le sondage de l’Ifop, déjà évoqué ici, et dont Le Figaro a fait sa manchette de une, ne démontre nullement qu’une majorité de Français est devenue favorable à la remontée de l’âge de la retraite (en fait, la question du pour ou contre ne leur a pas été posée), mais que, d’un côté 58 % d’entre eux admettent que le recul progressif de deux ans de l’âge légal d’ici 2018 est « acceptable », alors que d’un autre côté 67 % estiment globalement que la réforme est tout à fait injuste.
Or, ce jeudi, justement, on peut prévoir que seront également dans la rue celles et ceux qui jugent effectivement « acceptable » une remontée à 62 ans de l’âge légal du départ à la retraite, mais refusent que le droit automatique à une retraite à taux plein soit repoussé, lui, à 67 ans ; celles ou ceux regrettent le peu d’efforts demandés aux plus privilégiés, alors que les salariés qui ont commencé à travailler à 18 ans vont devoir cotiser 44 ans pour obtenir une retraite décente ; celles et ceux qui se révoltent d’avance contre un plan d’extrême rigueur (Claude Guéant l’a annoncé à Londres) qui ne sanctionnera pas, comme en Grande-Bretagne ou en Grèce, les fautes des gouvernements précédents, mais bien, comme le rappelle le rapport de la Cour des comptes publié hier, le laxisme et les erreurs du pouvoir actuel (comme en Espagne) ; celles et ceux qu’indignent toutes les révélations qui témoignent de l’existence d’une oligarchie au sommet du pays et de l’Etat, fusion du politique et du financier, qui s’exonère de toutes les règles que l’on applique, en revanche, à ceux dont on exige les sacrifices ; celles et ceux, enfin, pour qui ces défilés seront l’occasion de condamner toutes les formes de mainmises sur les médias d’un pouvoir qui ne supporte plus les humoristes.
Lesquels, du coup, n’auront pas l’occasion de poser cette question : pourquoi, par exemple, Eric Woerth a-t-il tenu à faire obtenir la Légion d’honneur à Patrice de Maistre et à le décorer lui-même ? Quel « haut fait » peut-on mettre à l’actif de ce conseiller financier ? De quelle œuvre immortelle est-il l’auteur ? Aucun « haut fait ». Aucune œuvre. Simplement, il gérait la plus grosse fortune de France. Et cela, évidemment, se décore. C’est leur noblesse à eux. C’est leur monde.
Comme le dit, donc, Jean-François Copé dans une formule qui mériterait de figurer désormais dans les anthologies : «
il règne actuellement une ambiance malsaine de nuit du 4 août ».
Juste. Sauf qu’il faudrait remplacer malsaine par saine. Et c’est ce que les manifestations de ce jeudi pourraient bien illustrer éloquemment. Avec Eric Woerth en vedette.
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Un internaute qui signe Jack, et qui s’est montré capable à d’autres occasions de faire preuve de pertinence, stigmatise, comme Fillon, tous ceux qui révèlent les manquements dont les princes qui nous gouvernent se rendent coupables. Il les somme, en quelque sorte, de se taire et exige des médias qu’ils s’autocensurent (ce que d’ailleurs il font), sauf à se comporter, selon lui, comme ces fascistes populistes d’avant-guerre qui sombrèrent, ensuite, dans la collaboration.
Et, évidemment, il désigne également votre serviteur à la même opprobre. Or, c’est le procès inverse que certains pourraient me faire : j’ai jugé stupide la demande de démission de Brice Hortefeux ; j’ai relativisé la « faute » de Christine Boutin ; j’ai passé sous silence les appartements de Christian Estrosi ; les cigares de Christian Blanc, les permis de construire illégaux d’Alain Joyandet ; les générosités familiales de Fadéla Amara et le salaire de la nouvelle patronne de la Halde…
Populisme ? Il faut une sacrée dose de mauvaise foi ou d’aveuglement pour le prétendre.
En revanche, comparer froidement au fascisme d’avant-guerre (calomnie ultime, la pire) tous ceux qui évoquent des faits qui dérangent ou posent des questions qui défrisent, c’est très exactement ce que firent, pendant 30 ans, les communistes staliniens. Vous osiez faire une allusion au fait que Georges Marchais avait travaillé dans les usines Messerschmitt pendant l’occupation, vous étiez un complice objectif des néo-nazis ! L’affaire Woerth, par tout ce qu’elle révèle d’accointances suspectes, est en effet énorme et criminaliser tous ceux qui tout simplement exigent un retour aux règles républicaines en la matière, est une pure honte.
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Barack Obama vient de destituer le général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces de l’OTAN en Afghanistan. Sans nous demander notre avis, alors que nous avons réintégré le commandement unifié de l’OTAN. Il est vrai que le général McChrystal, invité à dîner le 14 avril dernier par Hervé Morin, ministre de la Défense, annula la rencontre en déclarant : «
j’aimerais mieux me faire botter le cul par toute une chambrée que d’aller à ce dîner ! ».
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MessagesOn demande pourquoi je n’use pas plus systématiquement de la « guillotine » contre certains allumés qui n’utilisent ce blog que pour multiplier les insultes à mon endroit ou déverser leur haine, obsessionnelle sinon maladive. Parce que, j’en suis convaincu, ce sont des gens malheureux et que, se décharger de la sorte, leur fait certainement du bien.
Mais, bien sûr, il y a des limites. D’ailleurs, Elie Arié qui polémique à l’envi en particulier contre tous ceux qui n’ont pas évolué comme lui, ne critique, en revanche, jamais ces gens-là.
Je rappelle à ce Monsieur Arié que j’ai posté dans la colonne « Réflexion » un travail consacré au concept d’alternative, et que je posterai la suite en fin de semaine. Si ce n’est pas une invitation à un débat constructif ?