Ukraine, Chili, deux gifles aux éditocrates
Ukraine : le pouvoir médiatique perd ses anges
Rappelez-vous : l’Ukraine s’enflammait et nos médias quasi-unanimes – exprimer une opinion inverse vous ostracisait automatiquement – nous expliquaient qu’il y avait, d’un côté, à l’est du pays, une minorité de brutes incultes représentée par un crétin totalitaire Viktor Ianoukovitch, qui ne pouvait l’emporter que grâce à un trucage généralisé et, de l’autre, à l’ouest du pays, un peuple magnifique et angélique qu’incarnaient, lumineusement, Viktor Iouchtchenko, archange de la démocratie et Ioulia Timochenko, Jeanne d’Arc de la liberté et de la modernité confondues. Cela s’appelait la « révolution orange ». Le bien contre le mal, comme toujours. Victoire du bien.
Or, à l’arrivée, après cinq ans de pouvoir des « bons » face aux méchants, que se passe-t-il ? Le héros sublime Iouchtchenko, candidat aux présidentielles, est rejeté par la presque totalité de la population qui le charge de tous les pêchés du monde, et l’affreux, le prorusse, c’est tout dire, l’homme qui ne pouvait gagner que grâce au trucage, arrive largement en tête distançant même Jeanne d’Arc (laquelle, en l’occurrence, et une ancienne oligarque qui a fait de la prison pour corruption, mais il ne faut pas le dire). La haute dominance médiatique nous avait tout bonnement bourré le mou. La réalité ukrainienne, complexe, nullement binaire, ne serait absolument pas se réduire à ce manichéisme simpliste et bébête dont on a voulu nous enchanter. Les événements d’il y a cinq ans n’ont jamais correspondu à la description saint-sulpicienne que l’on en a fait.
Le problème c’est qu’on a rendu médiatiquement compte de la même façon, totalement biaisée, en noir et blanc, infantile, en opposant des anges à des démons, de beaucoup d’autres événements : ainsi ceux de Georgie, du Kosovo, les Balkans, de Russie, etc. Et, à chaque fois, on reçoit le retour à la réalité comme une véritable gifle. On a pu découvrir qui était en réalité le président géorgien Mikheil Saakachvili, lui aussi hyper-idéalisé par les médias.
La même bien-pensance médiatique nous expliquait que la bonne gauche latino-américaine, celle qu’on donnait en exemple, c’était la sociale démocratie chilienne. Alors pourquoi est-ce celle qui, malgré la popularité méritée de Michelle Bachelet, a obtenu le plus mauvais résultat électoral. Le fait que le Chili soit le pays d’Amérique du Sud où les inégalités se soient le plus creusées depuis quinze ans n’y est pour rien ? Motus !!
Le saut périlleux de Vincent Peillon
L’attitude de Vincent Peillon par rapport au débat de France 2 sur l’identité nationale (débat effectivement réclamé sinon ordonné par le pouvoir politique), et proprement incompréhensible. Jamais Peillon, ou qui que se soit d’autre, n’aurait dû accepter de participer à une caricature de confrontation démocratique qui posait a priori Eric Besson, bénéficiant au préalable d’un portrait fort complaisant, en arbitre entre deux soi-disant extrémistes, le socialiste étant en outre relégué en seconde division par rapport à la lepéniste. Mais on décide de ne pas y aller ou bien on y va, on peut difficilement, en revanche, faire les deux à la fois : dire qu’on y va, accepter le déroulé et, à la dernière seconde, faire faux-bond. Arlette Chabot n’eut donc pas tort de s’en indigner. En réaction, Vincent Peillon a été traité par les différents responsables de l’UMP, repris sur toutes les ondes, de lâche, de pétochard, de dégonflé, de serpent visqueux, de voyou, de truqueur, de nul, de vicieux et de crapule. Question : si cela signifie que désormais on a le droit de se lâcher de la sorte, sans retenue, est-ce à dire qu’à propos de Frédéric Lefebvre, de Dominique Paillé, d’Eric Besson, de Thierry Mariani, on peut également, sans se retenir, dire ce que tout le monde sait mais s’interdit de dire ?
Drapeau
Jean-Claude Gaudin, au cours d’un débat marseillais sur l’identité nationale, a regretté que « les vingt milles musulmans qui ont déferlé sur la Cannebière pour fêter la victoire de l’équipe algérienne de foot aient brandi des drapeaux algériens mais pas de drapeaux français ». Hé mon con, ils n’ont pas brandi de fanions de l’OM non plus. Pour fêter une éventuelle victoire de la France en coupe du monde, ils devraient donc, si on en croit Gaudin, brandir quelques drapeaux algériens. Évidente sottise, mais qualifier Gaudin de raciste à cause de cette saillie, comme l’on fait le MRAP et SOS racisme, c’est tout aussi stupide.
Sarko de plus en plus fort
Le président de la République pourrait-il nous expliquer comment, grâce à une conférence internationale dont il aura évidemment pris l’initiative, les désastres naturels cesseront une fois pour toute (comme il l’a pratiquement annoncé et promis) de frapper l’île martyre d’Haïti.
Seul sur la photo
Barack Obama a associé Bill Clinton et George Bush a un appel solennel en faveur d’Haïti. Cette idée n’est même pas venue à l’esprit de Nicolas Sarkozy. Il a voulu être seul sur la photo. Pour une fois qu’il avait l’occasion de bien faire sans tirer le tapis à lui !
Marleix : moins de députés pour les pauvres
Le secrétaire d’ état à l’intérieur, un certain Alain Marleix – une caricature – a expliqué samedi dans le Figaro que « l’immigration illégale change la donnée du redécoupage électoral » et de préciser que là où il y a officiellement 150 000 habitants mais 65 000 inscrits seulement (il s’agit évidemment de banlieues populaires) il serait normal de retirer un député. En clair : plus pour Saint-Tropez moins pour Aubervilliers. Ce qui induit trois aveux : 1) L’immigration clandestine sous Sarkozy a atteint une ampleur inquiétante. 2) Le non vote des immigrés entraîne des situations absurdes et potentiellement antidémocratiques. 3) Plus une municipalité devra consacrer d’argent en dépenses sociales moins elle sera politiquement représentée au Parlement.
Obama ridiculise la taxe Lagarde
Christine Lagarde, qui n’a nullement l’intention de plafonner les bonus versés aux traders, mais a annoncé une mini taxation des banques (encore plus timide que celle annoncée par le premier ministre britannique Gordon Brown) qui rapportera au mieux 350 millions d’euros en un an a été débordé par Barack Obama, qui, lui, a décidé de récupérer 115 milliards de dollars, 250 fois plus, en autant de temps qu’il le faudra, sur les bénéfices de cinquante banques américaines. Rappelons qu’en France certains ont tenté de faire croire que la taxicule Sarkozy était une initiative qui frisait le gauchisme.
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