Exiger la démission de Brice Hortefeux parce que le ministre de l’intérieur a été condamné à 750 euros d’amende pour une mauvaise blague de « beauf » est parfaitement stupide. D’autant que la lamentable vanne n’était destinée qu’à un cercle privé et s’il fallait acculer à la démission tous ceux qui, entre copains, se laissent aller à des grosses plaisanteries machistes, homophobes ou même un tantinet racistes, on finirait par faire le vide. Edith Cresson l’a échappé belle quand elle a comparé les japonais à des fourmis.
Finalement, s’il y avait une raison de sanctionner Hortefeux se serait pour avoir affirmé, en public cette fois, que sa saillie ethnique concernait en réalité les auvergnats, et que ceux-ci, « quand il y en a un ça va et que, quand il y en a beaucoup », ils contrôlent tous les cafés et les restaurants. Là, le délit d’injure est patent. Mais comme aucune association d’auvergnats n’a porté plainte…
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Il y aura sans doute un jour une raison de demander la démission d’Hortefeux c’est quand, au-delà des statistiques plus ou moins truquées, les français découvriront l’ampleur de l’augmentation de la violence contre les personnes et la délinquance. Mais comme la gauche répugne à accuser qui que se soit de mener une politique profondément insécuritaire, Hortefeux bénéficiera encore un certain temps d’un sursis.
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Question : peut-on sanctionner quelqu’un, non pour des déclarations assumées, mais pour des vannes volées, c’est-à-dire pour avoir roté sans s’être aperçu qu’un micro enregistrait son rôt ?
On imagine se qui se passerait si Martine Aubry se laissait aller sans savoir qu’on a posé subrepticement un micro dans le col de son chemisier.
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Reste que Hortefeux a vraiment dit ce qu’on lui a fait dire, contrairement à Aubry, qui n’avait absolument pas dit ce qu’on l’a accusé d’avoir dit.
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Claude Askolovitch explique dans sa chronique du JDD que la véritable démocratie se réduit à une alternance bipolaire entre la droite UMP et la gauche sociale-démocrate et que toute velléité d’échapper à ce face-à-face porte une dérive populiste, anti-républicaine, voire fascisante.
Est-ce à dire que tous ceux qui ne se reconnaitraient éventuellement pas dans un affrontement Sarkozy – DSK, qui auraient l’impression qu’on ne leur laisse le choix qu’entre l’un et son double, qu’entre le citron pressé et le pressé de citron (ce n’est pas exact mais beaucoup le pensent) que tous ceux la, donc, en bonne pratique démocratique, doivent être disqualifiés ? En l’occurrence, l’article d’Askolovitch était dirigé contre Bayrou, mais j’aimerais savoir ce qu’en pensent, par exemple, les partisans de Mélenchon ou d’Eva Joly.
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DSK rime peut-être avec JFK mais ce n’est pas une raison pour faire de moi un agent électoral du président du FMI (surtout si l’on veut bien lire ce que j’écris). Ce n’est pas tant DSK, en vérité, qui me pose problème que son cercle rapproché. De toute façon, aujourd’hui, j’aurai plutôt tendance à penser qu’il ne sera pas candidat.
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Depuis trois ans, et encore il y a un an, j’ai toujours refusé les invitations de Nicolas Sarkozy. Il ne s’agit nullement, de ma part, de sectarisme. J’ai rencontré à plusieurs reprises l’actuel président avant 2007, c’est-à-dire quand il ne l’était pas, et je rencontre volontiers des personnalités de toutes tendances et de toute sensibilités, y compris Marine Le Pen si l’occasion s’en présente. Mais le problème avec Sarkozy c’est que l’autre, pour lui, n’existe pas : il n’est qu’un instrument éventuel de sa propre stratégie. La seule question qui vaille, à ses yeux, est « comment puis-je l’utiliser, le neutraliser, m’en faire un complice ou bien l’étouffer et l’éliminer si je ne parviens pas à mettre la main dessus ». Ainsi, Cohn-Bendit a rencontré plusieurs fois Sarkozy, résultat : lorsque le leader d’Europe écologie a interpellé le chef de l’Etat au Parlement européen (à propos de sa politique chinoise) celui-ci lui a répliqué « je ne comprends pas cette agressivité, quand vous venez me voir vous êtes très aimable et très gentil ». Effet assuré !
Bayrou croyait, lui, que sa rencontre avec Sarkozy, démocratiquement normale à priori, relevait de l’échange privé. Or, le président de la république l’a aussitôt instrumentalisé pour distiller l’idée que le patron du Modem était en voie de ralliement. Malheureusement, il ne faut pas rencontrer Sarkozy.
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Si j’étais interviewer de radio, j’inviterais illico Hervé Morin, notre ministre de la Défense et je lui demanderais « comment réagissez vous au fait que Sarkozy déclare partout que vous êtes un nul réac qui ne représente rien ». Sûr qu’il y aurait une forte écoute dans les casernes.