Sarkozy en mouvement
Le Figaro titrait lundi 15 février : « le bras de fer s’engage sur les retraites ». Or il semble que le président de la République, d’abord tenté par l’affrontement, est finalement décidé de jouer l’hypothétique consensus.
C’est du moins ce qu’il a laissé entendre aux partenaires sociaux reçus à l’Elysée. Et, donc, il renonce à faire passer en force une réforme au mois de juillet, comme il l’avait envisagé. On ne peut qu’approuver, s’il se confirme, un tel changement de pied et souhaiter que l’opposition ne repousse pas, a priori, concertations et débats, tout en exigeant que l’ensemble des données du problème soit mis sur la table et non réduit à la seule question de la remontée de l’âge légal du droit à la retraite.
Une chose est de souligner le piège des faux consensus ou des consensus biaisés, autre chose de diaboliser a priori tout consensus. Si le PS, par exemple, avait rendu public sa propre approche, globale et concrète, de la question des retraites, il n’aurait pas de pièges à redouter.
Le niveau des pensions, et donc celui du nombre d’annuités nécessaires pour accéder à un taux plein, est d’ailleurs, en définitive, la question essentielle. Rappelons qu’un individu ayant poursuivi des études jusqu’à 24 ans, une femme ayant mis au monde deux enfants, ou même une personne ayant été arrêtée par la maladie, n’atteindra 41 ans d’annuités qu’à 63 ans au mieux.
Le premier problème est là. Et le second dans le constat que, préretraite contrainte et chômage aidant, une grande partie des salariés aimeraient bien ne prendre leur retraite qu’à 60 ans… ou même à 62 ans.
Stalinisme de droite
Tiens, je croyais que les sarkozystes allaient me remercier. Alors que tous les commentateurs insistent sur l’écroulement électoral de l’UMP (et l’avance de la gauche), j’ai en effet mis en valeur le fait que 33 % pour le parti du président c’était un score absolument remarquable compte tenu de la situation.
Et bien non, apparemment, même ça les énerve. Je pourrais d’ailleurs rajouter, pour leur faire plaisir, que jamais, sous la Vè République, l’opposition n’a été aussi nettement majoritaire en France (ou le pouvoir aussi massivement rejeté) mais que, tant qu’elle restera virtuelle, cette opposition, Sarkozy gardera toutes les chances d’être malgré tout réélu.
Merci qui ?
Quant à la réaction de l’excellent « geo41 » (post 45 d’hier), qui a le grand mérite d’accepter le débat, il faut le lire et le relire : on croirait un communiste défendant toute initiative soviétique dans les années 50.
Dumas ou le bon sens du métissage
Quoi ? Un blanc – en l’occurrence Depardieu – n’a pas le droit de jouer le rôle d’Alexandre Dumas qui avait du sang noir dans les veines, comme on dit ? Racisme à l’envers. Quand une femme noire américaine joua Carmen dans l’opéra de Bizet, la cause de la ségrégation recula. Et cela joue dans les deux sens.
Propos publics, vie privée
« En privé, écrivait hier l’éditorialiste du Figaro, de nombreux responsables socialistes partagent le diagnostic du gouvernement sur la question des retraites ». C’est parfaitement vrai.
Mais il conviendrait d’ajouter qu’en privé, il y a de plus en plus de responsables UMP (et également d’ailleurs de journalistes du Figaro) dont les propos concernant Sarkozy ne sont pas très différents de ceux de l’opposition. Si les positions publiques de chacun rejoignaient leurs déclarations privées, on assisterait à une sacrée recomposition du paysage politique.
Allègre relance…
Claude Allègre, dans Le Figaro, relance et durcit sa campagne contre les « imposteurs du réchauffement climatique ». Or, certains de ses arguments, qui consistent à présenter l’impératif écologique comme une ruse des pays riches pour interdire aux pays émergents le droit de se hisser au niveau qui fut celui des pays occidentaux industrialisés, risquent de faire mal.
Comme jusqu’ici sa diabolisation systématique a largement contribué à médiatiser et à crédibiliser ses thèses, peut-être serait-il plus utile et efficace d’accepter le débat et de s’affronter, non pas insultes contre insultes, mais arguments contre arguments, constats factuels contre constats factuels.
C’est vrai pour cette controverse qui enfle depuis que le GIEC a reconnu certaines erreurs, mais pas seulement… Vous m’avez compris...
Hitlérisation
Petites phrases. Un élu UMP de Poitou-Charentes compare la gestion de Ségolène Royal à une « dictature du prolétariat » proche de celle du nazisme.
Quant au maire socialiste d’Angoulême, lui, il assimile les jeunes UMP aux jeunesses hitlériennes. N’en déplaise à BHL et à quelques autres, si on arrêtait une fois pour toute d’appeler systématiquement Hitler à la rescousse
|
|