Je posais, hier, cette question : qui a pris l’initiative de « nationaliser » sa vie privée, de la projeter sur la place publique ? De socialiser, en quelque sorte, ses sentiments ? Je rappelais que nous fûmes tous invités à Disneyland à « voyeuriser » un coup de foudre présidentiel.
Mais cela va plus loin. Hier, à la une du Figaro, une déclaration de l’épouse du président. Deux jours plus tôt, sur toutes les chaînes de télévision, de longues interviews du père du président. Il y a quelques mois, une tentative ultra médiatisée de mise en orbite du fils du président. A plusieurs occasions, on a eu droit au savoureux grain de sel de la mère du président. Le père, le fils, l’épouse, la première et la seconde d’ailleurs, la mère… Ne manque que le Saint Esprit. Encore que, parfois, on a l’impression que Patrick Balkany en fait office.
Imagine-t-on, un instant, tante Yvonne, Claude Pompidou, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, Bernadette Chirac intervenant solennellement sur les médias… au nom du président de la République, pour démentir qu’on ait demandé aux services spéciaux de la République de diligenter une enquête sur l’origine de rumeurs concernant l’état de leurs relations matrimoniales ?
L’hypothèse, en soi, paraît farce. Et, plus encore, si, aussitôt, l’assertion est contredite par le responsable des services spéciaux lui-même et si les journalistes du JDD confirment que l’Elysée a bien exigé de la direction de leur journal qu’elle remonte aux origines supposées du crime et qu’elle porte plainte. Toute chose que la première dame de France avait été chargée, par son époux, de nier effrontément.
Rachida Dati coupable ? Aurait-elle été mise sur écoute ? Il ne faut surtout pas le soupçonner. D’où cette déclaration inouïe de Claude Guéant, le Premier ministre bis, qui avait mis directement et clairement en cause l’ex-ministre de la Justice : « la vérité d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui ». Les chantages de Dati auraient-ils payé ?
Au fond, ce vaudeville est la conséquence presque logique des dérives dont il faudra bien se demander un jour pourquoi tant de médias a priori respectables, tant de personnalités politiques a priori responsables, les ont laissé prendre une telle ampleur presque sans réagir ? L’hypertrophie d’un pouvoir personnel de plus en plus archaïsant, sorte de remake ou plutôt d’ersatz de monarchie versaillaise, la forme caricaturale, et à la limite pathétique, prise peu à peu par des phénomènes de cour exacerbés par la valse chaloupée des favorites et des favoris, des grâces et des disgrâces, la marginalisation du gouvernement légal au seul profit des intrigues de sérail au sein même de l’entourage du monarque, la remise en cause systématique du principe de séparation des pouvoirs, les dégâts d’un « tout à l’ego » rythmé par des « moi je » compulsivement répétitifs au point que tout ce qui relève de la sphère privée est devenu affaire publique… c’est tout cela qui se paye aujourd’hui à l’occasion d’une « histoire de cornecul » comme aimait à dire Chirac… enfin, si l’on ose s’exprimer ainsi !
LES «AMIS D'ISRAËL» NE DEVRAIENT PLUS SE TAIRE
Les Etats-Unis se sont toujours présentés comme des soutiens inconditionnels d’Israël.
La Turquie était le seul pays musulman qui tenait à maintenir des liens étroits, y compris militaires, avec Israël.
L’Egypte fut le premier pays arabe qui renoua des liens avec Israël.
Le Costa Rica était le pays d’Amérique Latine le plus favorable à l’Etat d’Israël.
Nicolas Sarkozy s’est fait élire en clamant son amour pour Israël et son désir de rompre avec une politique gaulliste jugée par lui trop critique par rapport à l’Etat juif.
Or, tous ces pays sont en train de prendre plus ou moins radicalement leurs distances à l’égard du gouvernement d’Israël, c’est-à -dire de la politique israélienne.
D’où il résulte un isolement presque total de ce pays au moment où toutes les tensions se déchaînent de nouveau au Proche-Orient.
La seule attitude raisonnable et utile de ceux qui se présentent comme des « amis d’Israël » ne serait-elle pas de crier « casse-cou ! ». Croient-ils vraiment qu’ils défendent efficacement leur cause par leur silence ?
Triangulaire
Il est de plus en plus question, dans la perspective des prochaines législatives, de changer la loi électorale pour éviter ce qu’on appelle des « triangulaires ». Autrement dit, seuls les deux premiers candidats arrivés en tête au premier tour auront le droit de se présenter au second. Ainsi, se justifie-t-on, pour être élu, il faudra obtenir plus de 50 % des suffrages ce qui rendra les députés plus légitimes. Or, rappelons-le, on envisage pour les élections territoriales, d’imposer un scrutin majoritaire à un tour qui permettra d’être élu avec 22 % des voix seulement. Décidément, on n'en est plus à une contradiction près !