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Régionales : ne vendons pas la peau de l’ours
Oui, les sondages nous annoncent une débâcle UMP aux élections régionales (l’UMP, et la droite tout entière, paieront d’ailleurs pour un vote qui sera plus anti-Sarkozy qu’anti-UMP ou même anti-gouvernemental. Pauvre Pécresse !). Au demeurant, Sarkozy, en commettant cette faute puérile qui a consisté à transformer les têtes de liste de droite en Ile-de-France en gamins punis convoqués chez le proviseur, n’a pas arrangé leurs affaires.
Pour autant, il convient de rester prudent. Un sondage n’est pas un scrutin. Tout se décide de plus en plus souvent au dernier moment et même dans l’isoloir (aux Européennes, Europe Ecologie est passée de 9 % à 16 % en quatre jours). Surtout, l’ampleur annoncée des abstentions rend possibles toutes les surprises, surtout lorsque je relève, sur ce forum, le nombre d’anti-sarkozystes radicaux qui expliquent, narcissiquement, qu’ils n’iront pas voter. Parce qu’il n’y a aucune liste qui correspond à 100 % à leur sensibilité forcément complexe. Si d’ailleurs la droite réalisait réellement le score que lui prédisent les sondages, en cas d’élections législatives, elle n’aurait plus qu’une cinquantaine de députés, ce qui est difficile à croire. Surtout, il ne faut jamais mépriser l’autre, fût-il l’adversaire. Surtout si c’est l’adversaire. Non, Sarkozy n’est pas nul. Loin de là. Non, on ne saurait le réduire, comme certains, à une espèce de pantin dérisoire et inculte. Il a un vrai talent réactif, quasi énergétique, et un rare sens de l’appropriation de toutes les opportunités et de toutes les occasions. Comme il n’est nullement, quoi qu’on en dise, un idéologue dogmatique, mais, pour le coup, un vrai populiste bonapartiste, sans conviction contraignante, capable de transformer en passion apparemment incandescente un cynisme froid, il peut arborer tour à tour toutes les casaques, enfourcher tous les chevaux, les recruter dans toutes les écuries et les diriger vers tous les abreuvoirs en leur faisant emprunter tous les chemins de traverse pour débouler en tête sur la piste de l’hippodrome central. Pour l’instant, quoi qu’il est réussi à faire écrire aux médias, il n’a jamais vraiment changé. Mais, demain, qui sait ? Demain d’ailleurs, on a tendance à l’oublier, il aura nommé ses affidés – pas forcément visiblement de droite, ce qui les rendra encore plus dépendants de lui – à la tête de toutes les chaînes de télévision publique, de même qu’il va en nommer une ou un – vous verrez ! – à la tête de l’AFP (l’Agence France Presse). Croyez-vous vraiment que cela n’aura strictement aucune conséquence ? Et puis si, en effet, on constate actuellement un formidable rejet populaire de l’homme Sarkozy (à qui ses lèche-bottes, notamment dans les médias, n’ont finalement pas rendu service), on ne perçoit aucune appétence à l’égard de l’opposition en général et de la gauche socialiste en particulier. En fait, la véritable faiblesse du chef de l’Etat, et on le constate en lisant les interventions qui animent ce blog, c’est le fait que, comme George Bush aux Etats-Unis, il ait réussi à couper la France en deux et qu’il n’y a plus de milieu, d’entre-deux. Donc, plus de renfort possible. Et le vrai risque pour lui c’est que, en cas de défaite humiliante, les différentes factions de la droite larguent l’UMP, reprennent leurs billes, lui fassent payer leurs propres illusions perdues, et se mettent à se regrouper derrière d’autres chevaux de concours. On est trop bon
En fait, nous sommes trop honnêtes. Non ? Je n’ai cessé en effet de dire (dans des réunions publiques) ou d’écrire, qu’il n’était pas correct de rendre responsable Nicolas Sarkozy de tous les maux qui sont, pour l’essentiel, les conséquences de la crise : chômage, déficits, etc.
Eh bien, eux, ils n’ont absolument pas cette pudeur. Toute la campagne électorale de l’UMP consiste, en effet, à affirmer que les principaux responsables du chômage, de l’insécurité (eh oui !) et des déficits, sont les présidents de région socialistes. (Ce qui est, d’ailleurs, une façon de reconnaître qu’il y a bien aggravation de l’insécurité). Cela va même si loin que, en Haute-Normandie, l’UMP accuse la présidence de gauche de ne pas s’être assez endettée et, en Poitou-Charentes, de ne pas avoir assez augmenté les impôts !! Remarque accessoire, j’ai enquêté pour savoir s’il arrivait, dans une région dirigée par le PS, que l’UMP approuve ou salue exceptionnellement une bonne décision. Réponse : jamais. Autrement dit, l’opposition systématique, elle est des deux côtés. Question aux médias
Pourquoi les propos de Sarkozy sur la nécessité de construire en zone inondable, de densifier les zones urbaines et de se libérer des contraintes de la loi Littoral, largement reprises sur Internet, n’ont-elles été citées ou évoquées par aucun journal ?
Messages personnels
- Merci à « bidochon » pour son humour au second degré. Un vrai talent, devrait en faire un livre.
- « Cerise » revenez nous faire part de vos réactions, c’est Jean-Baptiste Clément qui nous souffle cette supplique. - Découpler le forum participatif et éventuellement foutoir d’une élaboration collective plus exigeante est impossible. Mais, si nous trouvons les sous (eh oui, pas de guerre sans nerf de la guerre), nous allons ouvrir, à cet effet, un site C.R.R.E.A. Il a déjà été conçu et pourrait être rapidement prêt à fonctionner. - Encore une fois, confrontons-nous, c’est bien, fût-ce de façon musclée, mais ça n’est pas nécessairement une raison pour se chamailler obsessionnellement. Mercredi 3 Mars 2010
Jean François Kahn
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JEAN FRANCOIS KAHN
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