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Proglio renonce : une petite révolutionProglio renonce
C’est un événement qui fera date. Henri Proglio a calé, le nouveau président d’EDF, qui a gardé un poste de direction chez Véolia - société privée - et qui prétendait cumuler les deux salaires, ce qui lui permettait de gagner le double de ce que gagnait son prédécesseur, a fini par renoncer à cette obscène prétention. Or, l’Elysée avait donné le feu vert. Le gouvernement, par la bouche de la ministre de l’Economie, ne s’était pas opposé à cette exigence. D’ailleurs, plusieurs ministres et tous les porte-paroles de l’UMP sont montés au créneau pour justifier cette façon étrange de tenir la promesse faite par Sarkozy « d’être le président du pouvoir d’achat » en multipliant effectivement par deux le pouvoir d’achat d’un grand patron de service public.
Pourquoi, dans ces conditions, Proglio a-t-il renoncé ? Pourquoi le pouvoir politique a-t-il reculé ? Alors qu’aucun grand quotidien n’avait fait sa manchette sur le scandale, Le Monde n’en faisant même pas un titre de une ; que l’opposition n’avait protesté que mollement. Parce que, spontanément, et sans attendre la moindre consigne, l’opinion s’est insurgée et qu’Internet a été la caisse de résonance de cette rébellion. Or, c’est la deuxième fois. C’était déjà ce qui s’était passé à l’occasion de la nomination du prince Jean à la tête de l’EPAD. Ce qui prouve quoi ? Que faute d’opposition mobilisatrice, les Français sont capables de se mobiliser tout seul. Et que la puissance de leur colère, de leur refus, est capable de mettre en échec le pouvoir politique quand celui-ci pousse trop loin le bouchon. C’est une leçon. Elle aura des suites. C’est à cause du réchauffement qu’il fait froid
L’essayiste Pascal Bruckner a fort opportunément joué, grâce à une courte tribune envoyée à Libération, le rôle de l’enfant du conte d’Andersen qui s’écrit « Le roi est nu ! ».
Constatant en effet, qu’à l’issue d’une campagne médiatique hystérisante consacrée à un cataclysmique réchauffement climatique dont l’homme – et la vache – serait pour l’essentiel responsable, le monde a connu une vague de froid dont les météorologues nous affirment qu’elle est exceptionnelle. Donc, Bruckner s’interroge : les climatologues orthodoxes, suggère-t-il, plutôt que de terroriser intellectuellement, en les comparant à des « négationnistes » de la Shoah, ceux qui ne partagent pas totalement leurs convictions, ne devraient-ils pas parfois « reconnaître la fragilité de leurs estimations ». Pour l’instant, la réponse officielle à cette contradiction apparente entre un refroidissement vécu, et subi, et un terrifiant réchauffement annoncé, tient à ce paradoxe : c’est parce que le climat se réchauffe qu’il fait de plus en plus froid. Explication : les masses de glace du Pôle en tombant dans l’Océan annihilent les effets réchauffants du Gulf Stream. En quoi cela explique-t-il moins 22° en Côte d’Or ? Mystère. Cette affaire est au fond exemplaire. On a vu comment, en tambourinant une idéologie européiste euphorisante unique, on a fait le jeu des pires négateurs de l’idée européenne. Comment en refusant de regarder en face, par aveuglement angélique volontaire, les questions de l’insécurité et de l’immigration, on a fait le jeu du Front National. Et comment, enfin, en matraquant de façon outrancièrement propagandiste, un discours unique concernant le réchauffement climatique on conforte ceux qui, pour des raisons souvent inavouables, refusent de prendre en compte la sérieuse hypothèse, ne fut-elle qu’une hypothèse, d’une tendance effectivement catastrophique à un fort réchauffement de la planète. Salaires cumulés
Question inspirée par l’affaire Proglio : puisque Sarkozy est à la fois président de la République, Premier ministre, ministre des Affaires Etrangères, ministre de l’Information, ministre de l’Industrie, animateur de télévision, commentateur radio, patron de l’UMP, organisateur de tournées Karsenti et voyageurs de commerce de Serge Dassault entre autres, convient-il de lui verser une rémunération pour chaque fonction ? Vous allez voir, qu’il va finir par l’exiger.
Cumul bis
Les fonctionnaires manifestent. Mollement, il est vrai. De quoi se plaignent-ils, n’ont qu’à faire comme Proglio songeait à le faire. Ajouter à leur salaire dans la fonction publique une rémunération comme vendeur de passe-droits sur les marchés, traducteur de consignes administratives dans les grands magasins ou expert en manifs de rue à la préfecture de police. Le cumul, il n’y a que ça !
L’oubli Julliard
J’ai oublié. J’aurais dû réagir. Le 18 janvier dernier, Jacques Julliard a publié, dans Libération, un long article à la fois d’analyse, de prospective et d’autocritique (une sorte de rupture avec les illusions de la deuxième gauche), que je ne saurais trop vous conseiller de lire, car il s’agit d’un texte important.
******* Réponse à Géo41 :
J’ai lu cette remarque postée par Géo41 « les chevelus, les politiciens de l’UNEF, les tageurs, vont être parqués dans les universités poubelles où ils pourront refaire le monde à leur guise ». Et, évidemment, il s’en félicite. Autrement dit, vive des universités de concentration pour étudiants inférieurs. Ca ne vous rappelle rien ? En quelque sorte, voilà une vision intéressante de l’identité nationale. Tous Français ? Pas du tout, mais une élite et des rebus qu’il faut parquer.
A Valmy, Géo41 aurait été de quel côté ? Réponse à Marmar
Si la gauche socialiste chilienne a laissé sans réagir se creuser les inégalités sociales, dites-vous, c’est parce qu’elle était liée au centre « démocrate-chrétien ».
Mais deux remarques : 1) seule, elle n’avait pas la majorité. Et, c’est son alliance avec le centre démocrate-chrétien qui lui a permis de renverser Pinochet. Il fallait laisser Pinochet en place ? Je rappelle d’ailleurs que Lula au Brésil, alors que la droite était représentée par la social-démocratie, n’est arrivé au pouvoir que grâce à une alliance avec une fraction de la droite libérale. 2) En Grande-Bretagne, c’est la social-démocratie toute seule, comme une grande (en Allemagne aussi d’ailleurs) qui a conduit une politique qui a élargi toutes les fractures sociales (sans parler de la guerre d’Irak). Et ce sont les démocrates libéraux, des centristes comme on dit chez nous, qui n’ont cessé de stigmatiser cette dérive. Donc, sortons des vieux schémas. Réponse à Salade
« Une régression de plus » avais-je constaté à propos du projet de fermeture de lignes TGV. Vous demandez « c’était mieux avant, donc ? » Pas toujours évidemment. Loin de là. Mais, avant, on pouvait aller à peu près partout en train.
Réponse à Little Big Man
Vous pouvez me rentrer dans le chou : pas de problème ! Allez-y. Mais qu’on enfile des phrases mécaniques, toutes faites, mille fois déjà rabâchées à propos de tout et de n’importe quoi, telle qu’une machine à écrire pourrait en fabriquer toute seule, en quoi ça fait avancer le schmilblick ? Un peu de créativité que diable !
Jeudi 21 Janvier 2010
Jean François Kahn
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JEAN FRANCOIS KAHN
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