Pourquoi la Grèce ne s'en sort pas



Au fond, la tragédie grecque, terriblement simple et apparemment insoluble, est encore plus choquante qu’il n’y paraît. Pourquoi ?

Résumons :
1)    Le gouvernement conservateur de Karamanlis ayant truqué les comptes, avec la complicité d’une grande banque américaine, (donc de ce qu’on appelle « les marchés ») son successeur, social démocrate, découvre soudain que le déficit public, abyssal, représente, en réalité, 12% du PIB. Depuis, on a découvert qu’il dépassait, en fait, 14%.
2)    Un déficit, n’en déplaise à certains, doit toujours se combler. Pour ce faire, il est nécessaire d’emprunter, puisque les états ne peuvent plus (sauf les Etats-Unis) faire marcher la planche à billets.
3)    Pour emprunter il faut trouver des prêteurs ; qui exigent des intérêts. Moins vous donnez de garanties aux prêteurs, c’est-à-dire, paradoxalement, moins vous êtes riche et puissant, et plus ces intérêts sont élevés.
4)    Si vous ne trouvez plus de prêteurs ou si vous ne pouvez plus garantir des intérêts beaucoup trop élevés, vous êtes en faillite. Auparavant, un pays confronté à des déficits considérables et à la défiance des créanciers dévaluait radicalement sa monnaie, c’était une sorte de reconnaissance de faillite. Au sein de la zone euro ce n’est plus possible.
5)    Donc, le problème de la Grèce c’est d’obtenir des emprunts pour combler les trous béants de son budget, alors, qu’à priori, les prêteurs potentiels ne lui font plus confiance.
6)    La logique et la morale auraient exigé, dans la mesure où le gouvernement Papandréou n’est pas responsable du trucage des comptes, que le FMI et l’Union européenne prêtassent à la Grèce quelques cinquante milliards d’euros, ce dont elle a besoin, à un taux d’intérêt de 2,5% ou 3% en échange de la mise en œuvre, à moyen terme, d’une politique qui permette de réduire les déficits (à 3% du PIB en quatre ans par exemple) sans casser la croissance. Or, ce n’est pas du tout ce que l’on a fait. D’un côté, on impose à la Grèce une politique d’extrême rigueur immédiate qui replonge le pays dans la récession et, de l’autre, les marchés exigent des taux d’intérêts de plus de 7% qui bouffent les économies obtenues par cette rigueur.
7)    Et, comme si cela ne suffisait pas, les agences de notation, en particulier l’agence Fitch, qui est contrôlée par la holding française Finaloc (appartenant à Ladreit de la Charrière) dégrade un peu plus la note de la Grèce, ce qui revient à affoler les marchés (les prêteurs) et donc à annuler des efforts consentis par la population.
8)    Et alors, comble du comble, que se passe-t-il ? Alors que l’épargne grecque (les économies et patrimoines des plus riches) pourrait, par patriotisme, voler au secours du pays, en consentant, par exemple, des prêts à 4%, c’est la contraire qui se produit : la bourgeoisie grecque retire son argent des banques grecques pour le placer à l’extérieur (10 milliards retirés en quelques jours). Autrement dit, les sacrifices imposés à la population, qui ont permis, dans un premier temps, de réduire le déficit de 50%, sont rendus inutiles par l’attitude des plus privilégiés qui plombent leur propre patrie en la fuyant.
9)    Cette attitude, suicidaire, est en grande partie imposée par l’Allemagne qui refuse de « payer pour des truqueurs », mais qui trouva normal que l’Europe tout entière paye pour sa réunification. La principale victime, après la Grèce, et le Portugal, sera la France puisque ce sont les banques françaises qui sont les plus exposées sur les « obligations » grecques : pour 65 milliards si on y joint les assureurs. L’Europe est proche de son Waterloo !

Les Enfants d'Edouard, par Paul Delaroche
Les Enfants d'Edouard, par Paul Delaroche
Après Ambroise Thomas, Paul Delaroche

Vu, hier, à l’Opéra comique, ce « Mignon » d’Ambroise Thomas dont je vous entretenais récemment. Triomphe ! Donc, l’occultation de cette œuvre (et de beaucoup d’autres) pendant soixante ans, résultait bien d’un terrorisme intellectuel exercé par une petite caste de dictateurs du bon gout. Précisons, pour la petite histoire, que Mignon contenant, au second acte, une scène d’incendie, lors de la 800ème cet incendie fictif mit le feu à l’opéra comique et qu’on déplora 120 morts.
Dans le même registre : je viens de passer quatre jours à Londres, à l’occasion d’une conférence et d’un diner débat sur le concept d’ « alternative ». J’en ai profité pour visiter une exposition Van Gogh et une autre (à la National Gallery) consacrée à Paul Delaroche. Je suis convaincu que pratiquement personne d’entre vous ne connaît Paul Delaroche. Or, il s’agit d’un peintre français du début du XIXème siècle (1830) qui acquit une exceptionnelle célébrité, comme Ambroise Thomas en musique, au point que plusieurs de ses tableaux (comme « les enfants d’Edouard » ou « l’assassinat du duc de Guise ») furent cultes jusqu’à la fin des années quarante. Spécialiste des tableaux historiques romantiques, Delaroche, dont le savoir faire pictural était époustouflant, avait, en quelque sorte, inventé la mise en scène hollywoodienne de qualité. Le cinéma l’a donc tué, mais il n’empêche qu’il en eut comme l’intuition. Or, personne, en France, n’aurait l’idée de consacrer une exposition prestigieuse à Paul Delaroche, et ce sont les Anglais qui le font. Ce qui est significatif.

Pays à l’avant garde de la modernité, pour le meilleur et pour le pire, la Grande-Bretagne, contrairement à la France, n’en a pas moins conservé tout ce qui participe à son identité, y compris ses taxis, ses autobus ou ses policiers à l’ancienne. L’idée ne lui viendrait donc pas d’éradiquer jusqu’au souvenir de peintres ou de musiciens qui contribuèrent à l’enrichissement de son patrimoine. Nous, en revanche, on efface tout. En est-on plus moderne pour autant ?
 

En bref

Relevée, dans le Figaro, cette phrase prononcée par un conseiller de Nicolas Sarkozy : « il faudra faire quelque chose pour que la réforme des retraites paraisse juste ». Paraisse ?
***
Un responsable UMP reçu, avec d’autres élus, par le chef de l’Etat à l’Elysée, raconte : « il nous a dit qu’il allait faire attention à son style, qu’il allait faire preuve d’humilité  car» - la suite est savoureuse - «son énergie et sa détermination pouvaient passer pour de l’arrogance ». Quelle humilité, en effet. Or, dès le lendemain, le président expliquait à un groupe de journalistes : « je ne suis nullement responsable de la défaite des régionales puisque je n’ai absolument pas fait campagne. Sauf à la Réunion et en Guyane et, là, l’UMP a gagné ! ». Celui qui a saisi toutes les occasions possibles et inimaginables d’aller soutenir, en Franche Comté, son ami Joyandet, ce devait être un sosie !

Dimanche 11 Avril 2010
Jean-François Kahn

Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

146.Posté par tonton le 04/06/2010 03:42

145.Posté par déguisement charleston le 23/04/2010 08:03
Je ne suis pas experte en économie mais à la lecture de critique du liberalisme, je comprends que la Grèce aurait intérêt à préparer sa sortie de l’Euro quand son économie ira bien. Je crois comprendre qu’actuellement c’est l’Europe qui endosse les dettes de la Grèce. Et comme je crois que le sytème d’inoppression est inévitable, la précaution est de prévoir la sortie d’Europe. Et la Grèce n’aura pas à son tour, à s’inquiéter de l’implosion des marchés ! Dites moi si je me trompe !

144.Posté par Simplet le 14/04/2010 13:14
Bonjour,
Le son du COR c'est l'hallali des retraites par répartition!
Cordialement

143.Posté par Dominique88630 le 13/04/2010 09:37
Les péres fondateurs de l'Europe doivent se retourner dans leur tombe, en voyant ce qu'est devenu le "machin". A cause de l'égoïsme de chaque pays, l'Euroope part en couille et les grecs paient plein tarif leur déficit. Il est urgent de remettre l'homme au centre de la politique!

142.Posté par La destruction de la demande intérieure. le 13/04/2010 09:00
Dans les Etats européens, la dette publique s'est emballée. Selon la Banque des règlements internationaux, la charge de la dette va atteindre 10 % du budget de tous les Etats européens.

This is confirmed by the projected interest rate paths, again in our baseline scenario. Graph 5 shows the fraction absorbed by interest payments in each of these countries. From around 5% today, these numbers rise to over 10% in all cases, and as high as 27% in the United Kingdom.

C'est à la page 9 :

http://www.bis.org/publ/work300.pdf?noframes=1

Pour le Royaume-Uni, la Banque des Règlements Internationaux a prévu que la charge de la dette va atteindre 27 % du budget de l’Etat.

Je dis bien : 27 %.

C’est un pourcentage insupportable pour les Etats européens.

C’est intenable car, pour payer un pourcentage toujours plus grand destiné à la charge de la dette, chaque Etat privatise, chaque Etat démantèle, chaque Etat détruit toutes les protections sociales.

Or, en faisant cette politique-là, chaque Etat détruit la demande intérieure.

Conclusion : un cercle vicieux est enclenché. Ce qui est en train d’arriver à la Grèce est ce qui va arriver aux autres Etats européens.

En voulant rembourser ses dettes, l’Etat s’endette encore plus. En voulant rembourser ses dettes, chaque Etat détruit encore plus sa demande intérieure. Chaque Etat se prive de ses propres recettes futures.

C'est un cercle vicieux.

C’est un cercle vicieux qui nous emmène droit dans le mur.

En Europe, nous allons assister à une longue épidémie : les défauts de paiement des Etats européens.

La Grèce ne sera que le premier d'une longue série.

141.Posté par isabelle78 le 13/04/2010 07:09
@139.Posté par Elie Arié le 12/04/2010 22:47

Effectivement ce sont là des occupations qui vous ont confronté à la dure réalité du monde de l'entreprise.
Votre mauvaise foi est effarante !

140.Posté par Donald11 le 12/04/2010 22:52
@ 138.Posté par Elie Arié :
Quand vas-tu comprendre qu'on s'en fout royalement de ta petite vie de .... qui n'apporte rien au debat ...
Allez a toi de completer.

139.Posté par Elie Arié le 12/04/2010 22:47
@ 138 isabelle78

"Mr Elie Jecétou a quitté le monde du travail depuis fort longtemps"

...sauf que je suis tujours enseignant au CNAM...

"et son statut antérieur ne lui permet même pas d'apporter le moindre témoignage sur le monde du travail dans l'entreprise. "


...sauf que j'ai travaillé 10 ans (jusqu'en 2004) dans une entreprise de consulting pour l'organisation des hôpitaux...

Je ne vous appellerai certainement pas Mme Isabelle Jecétou.

138.Posté par isabelle78 le 12/04/2010 21:31
135.Posté par darladirladada le 12/04/2010 21:22

Mr Elie Jecétou a quitté le monde du travail depuis fort longtemps et son statut antérieur ne lui permet même pas d'apporter le moindre témoignage sur le monde du travail dans l'entreprise.

Tout comme il parlait de l'image des français aux Etats Unis, vue par une réflexion rapportée par sa petite fille.

Laissez le à son radotage, ce monsieur a un trop plein d'aigreur qu'il s'évertue à déverser sur chaque contributeur.

137.Posté par isabelle78 le 12/04/2010 21:24
@132.Posté par Elie Arié le 12/04/2010 20:02

Mr Elie Jecétou, je ne passe pas mon temps comme vous sur internet à actionner mon moteur de recherches pour répondre aux messages fier comme un paon qui fait la roue.
Je n'ai pas non plus la prétention d'avoir les solutions aux problèmes d'autant qu'ils nous dépassent tous, à commencer par nos têtes bien pensantes.
Mais par contre vous excellez dans l'art de négativiser toute proposition.
Vous avez probablement quelque amertume qui transpire avec condescendance dans vos messages.
L'heure est peut-être pour vous au bilan de votre vie qui visiblement vous cause regrets et déception, ce n'est pas une raison pour distiller tous ces vils sentiments qui ne devraient pas habiter les vieillards sereins.
Que vous le vouliez ou non, avec l'âge nos neurones s'appauvrissent, voir se désagrègent.
C'est le lot de tout le monde et de vous également.
Ne vous accrochez pas trop à ce leurre qui vous place en donneur de leçons mais qui très honnêtement vous ridiculise.
Un peu de modestie vous ferait le plus grand bien !


136.Posté par darladirladada le 12/04/2010 21:22
99.Posté par Elie Arié le 12/04/2010 15:12
@ 95 Cépajuste


Les résultats, sans être spectaculaires, sont loin d'être insignifiants; en 10 ans, la Finlande a porté le taux d'activité des plus de 60 ans à 50%.
Vous avez raison de dire que ce n'est pas spectaculaire..., c'est peu de le dire !
Dans le meilleur des cas, c'est seulement un sur deux qui travaille !
Qui peut se satisfaire d'un tel résultat, d'autant que l'on veut rallonger la durée de travail pour ne pas dire baisser les pensions, ce qui revient au même, au vu du taux d'emploi des seniors (38%).
J'émets la proposition de faire comme pour les handicapés, et le gouvernement qui fera ça aura ma reconnaissance éternelle : obligation d'emploi de X seniors selon l'effectif de l'entreprise par catégories (ce serait trop facile de n'embaucher que des emplois non qualifiés) et taxe équivalent à un salaire moyen en cas de non-respect...ce serait payant !

Il est d'ailleurs très frappant de constater, à propos de l'emploi des seniors, que les dirigeants d'entreprises qui imposent le "jeunisme" et l'ostracisme anti seniors, ont souvent plus de 55 ans pour ne pas dire plus de 60...

C'est comme les retraités d'aujourd'hui qui sont TOUS pour un allongement de la durée de travail et de cotisations...du moment qu'on continue à leur payer leurs retraites à ces salauds...ils s'en foutent du reste...

Les pays qui ont le mieux réussi à maintenir l’emploi des seniors dans les entreprises, ... sont ceux ...qui renoncent à faire un sujet d’affrontement idéologique, politicien ou syndical en particulier les pays scandinaves.
Vous vous gardez bien de désigner le premier responsable de l'affrontement idéologique en cause...S'agissant de progrès sociaux, qui, d'après vous, a bien opposer le premier une fin de non-recevoir aux autres ? La réponse est évidente, c'est le patronat, souvent appuyé par les gouvernements de droite. Quand à ceux de gauche (mous...Rocard, Fabius, Jospin...), ils n'ont jamais voulu ou su imposer une volonté politique en ce sens.
La thèse : les seniors coutent plus cher, sont moins malléables que les petits jeunes, et tout ça sans tenir compte de la valeur ajoutée qu'est la compétence professionnelle qu'ils détiennent et qu'ils pourraient transmettre aux juniors : en plus ils feraient de la formation professionnelle.
Dans le milieu anglo saxon, en revanche, on sait bien mieux reconnaître la valeur et l'utilité des "grey hair", et la, il y a un bel exemple à suivre. Pour une fois que je dis de suivre un exemple de l'étranger...

Ces pays mènent en permanence une mobilisation sociale autour de l’objectif d’emploi des seniors, ....
Comment voulez-vous qu'une telle politique soit menée en direction des seniors dans notre pays, alors qu'il n'existe aucune politique réelle pour l'emploi tout court (je ne parle pas des déclarations oiseuses de Wauquiez qui est le plus grand malheur qui puisse arriver à l'emploi avec Charpy de Pole Emploi), alors que l'emploi n'a jamais été dans les priorités de Chirac malgré sa dégradation sous son deuxième mandat, ni celle de Sarkozy jusqu'à 2009, et encore pour ce dernier, ce n'est qu'une déclaration d'intention, comme d'habitude, un effet d'annonce sans réel suivi derrière..
Alors que l'emploi est la clé essentielle des déficits de caisses de sécu, chômage, retraites, c'est pourtant simple. Puis, par suite logique, de la croissance. Mais personne, entreprises en tête ne veut jouer le jeu. Ne veut se lancer le premier. Comme pour le travail des français d'origine immigrée qui habitent dans les ghettos du 9-3...qui resteront sous-employés dans leur propre pays.

Pour les retraites en elles-même :
voir livre de Antoine Bozio et Thomas Piketty "POUR UN NOUVEAU SYSTÈME DE RETRAITE
Des comptes individuels de cotisations fi nancés par répartition"

entièrement téléchargeable gratuitement

135.Posté par hélène le 12/04/2010 20:53
Elie,

Je pense à vous à propos de "conspiration" ;-))

Il y a trois ou quatre ans, des blogs ou videos annonçaient la création d’une future monnaie dite
« améro » d' après un accord aui aurait signé entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique (un livre puis un rapport d’un think thank étaient sortis vers les années 1999/2000 …)

Bien sûr, ce n'était que rumeur parce qu'en réalité rien n'était prouvé ... mais quand même .... ça buzzait ....

à la suite de quoi, une partie des Canadiens s’étaient opposés à cela, craignant que cela serve les intérêts des entreprises américaines, au détriment des ressources naturelles du Canada, ainsi que la mise à mal du social au Canada)


Dans un second temps, il était prévu une monnaie mondiale ….

… et actuellement, on parle de plus en plus du « bancor »,

134.Posté par l'arsène le 12/04/2010 20:53
Tant que les peuples n'auront pas pris conscience qu'il faut mettre par terre ce système ,rien ne se fera. Il ne suffit pas de critiquer telle ou telle réforme ,il faut abattre ceux qui la proposent car ceux-ci font parti du problème. Necker ou Turgot pouvait -ils changer la donne ? Non , et ils ont dégagé.On en est au même point car tous les dirigeants actuels ce sont ceux-là mêmes qui nous ont mis dans le mur . Qu'ils dégagent tous ,comme ceux de l'ancien régime. La finance actuelle se sert et se goinfre de la même manière que l'aristocratie le faisait avec l'appui de la monarchie sur le dos du peuple .

133.Posté par darladirladada le 12/04/2010 20:30
131.Posté par gus le 12/04/2010 19:18
@DArladila 118

vous êtes touchant de naïveté.
Lorsque je parle des outils répressifs qui sont destinés à poursuivre les entreprises fraudeuses, je n'ai jamais dit que la justice en fait un usage abusif, loin s'en faut, les classements sans suite des procureurs sont légion, surtout avec un président qui veut dépénaliser le droit des affaires depuis son avènement et dont le projet de réforme pénale est clair sur la modification voulue de la prescription en matière d'abus de biens sociaux.
Alors ne me faites pas dire ce que je n'ai jamais dit, et croyez moi, il n'y pas plus méfiant que moi sur l'efficacité réelle des lois dans le droit des affaires...entre autres.

Même au niveau d'une PME, il y a deux cent moyens de faire apparaître à volonté des dettes ou des bénéfices tout à fait légalement.
Le directeur financier que je suis, qui a du clôturer quelques centaines de bilans dans son existence professionnelle s'inscrit en faux : des comptes parfaitement audités par un CAC (commissaire aux comptes) ne résisteraient pas à l'examen de comptes inventés de toutes pièces comme vous le dites, dettes ou bénéfices (!!), il y a de nombreux moyens de croiser les informations d'un montant significatif, la circularisation entre autres, et même de débusque des faux. Maintenant je ne vous dirais pas que les entreprises n'ont pas, parfois, dans certaines situations, des moyens de minimiser l'impôt ; ces cas ne sont pas si fréquents, il s'agit parfois d'interprétations des règles comptables et fiscales (qui ne sont pas toujours les mêmes) qui, si elles sont rejetées par le fisc, peuvent donner lieu à redressements et pénalités, si elles n'ont pas été déjà dénoncées par le CAC dont c'est l'obligation, s'il ne veut pas accompagner le chef d'entreprise en taule. Quant à ceux qui prétendent le contraire, c'est que eux, utilisent des faux, fausses factures notamment, caisses noires, etc. Donc ils n'optimisent pas leur impôt légalement. Agit illégalement, c'est toujours possible, et c'est risqué.

Alors pour une multinationale et sa kyrielle de holding à tiroir....
Je ne nie pas que les multinationales ont plus d'opportunités que les PME pour réduire leurs impôts sociétés. Il est d'ailleurs patent que celles-ci ne paient pas 33,3% d'I.S... mais souvent 10 ou 15%, grâce aux innombrables niches fiscales notamment, grâce par exemple à la délocalisation de leur production dans les pays de l'est de l'espace communautaire mais vendue sans droits de douane dans les pays riches d'Europe de l'ouest, dumping social européen incompréhensible, grâce à la délocalisation de leurs sièges sociaux en Irlande par exemple (taux IS 10 à 15% contre 33,3% en France), dumping fiscal européen incompréhensible, grâce à la délocalisation de leurs bénéfices vers les paradis discaux de Jersey-Guernesey par exemple autre dumping fiscal européen incompréhensible...Le tout grâce à des prix de transfert bien avantageux pour ces multinationales qui peuvent se payer les services des fiscalistes les plus chevronnés et négociés avec Bercy...Ne demandez combien Total paye d'impôts en France, vous ne le saurez pas, tant ils ont peur que cela créée des troubles en France !
Et quand je dis "dumping ...incompréhensible", c'est incompréhensible pour le citoyen européen lambda, mais pas pour les actionnaires de ces multinationales, qui savent bien ce qu'ils ont à gagner du lobbying intense exercé sur les technocrates européens libéraux qui ont œuvré pour que tout ceci soit possible, et des dirigeants (Sarkozy included) qui ont accepté cela.
Alors avant de me traiter de naïf...
Ceci dit, j'aimais bien le "Naïf" de Paul Guth...

132.Posté par Elie Arié le 12/04/2010 20:02
@ 126 isabelle78

Seulement après que vous ayez posté un commentaire présentant un intérêt quelconque.
(je ne suis pas près de partir en vacances...)

131.Posté par gus le 12/04/2010 19:18
@DArladila 118

vous êtes touchant de naïveté.

Qui met un dirigeant en justice pour comptes falsifiés?
Qui peut?
Le tresor public en cas de fraude fiscale, les caisses en cas de fraude sociale, les associés en cas d'abus de bien social.

Même au niveau d'une PME, il y a deux cent moyens de faire apparaître à volonté des dettes ou des bénéfices tout à fait légalement.
Alors pour une multinationale et sa kyrielle de holding à tiroir....

130.Posté par BA le 12/04/2010 19:11
La péniche sur la Senne.

Le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, a réuni plusieurs dirigeants politiques à Bruxelles, sur la Senne, dans une péniche. Il leur a expliqué qu'ils devaient tous prêter de l'argent pour sauver la Grèce : il faudrait 80 milliards d'euros à la Grèce pour lui éviter le défaut de paiement. Voici l'enregistrement audio de ce dialogue historique :

Jean-Claude Trichet : Mais qu’est-ce qu’on fout ici, dans cette péniche, sur la Senne ?

José Manuel Barroso : Je vous ai invités ici parce qu’on a besoin de 80 milliards d'euros pour sauver ce pauvre Geórgios Papandréou. Jean-Claude, tu peux faire tourner ta planche à billets ?

Jean-Claude Trichet : Plutôt crever ! Geórgios doit ramener son déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB en 2012, et sa dette publique à moins de 60 % du PIB en 2012. Point final. Le reste, j'en ai rien à foutre.

Geórgios Papandréou : Et le peuple grec ? Tu penses au peuple grec ?

Jean-Claude Trichet : Le peuple grec doit ramener son déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB en 2012, et sa dette publique à moins de 60 % du PIB en 2012. Point final. Le reste, j'en ai rien à foutre.

Geórgios Papandréou : Jean-Claude, tu sais bien qu'il faudrait que je privatise tout, pour y arriver.

Jean-Claude Trichet : Excellente idée. Vas-y. Privatise tout. (Bruits de pas. Trichet quitte la salle en claquant la porte.)

José Manuel Barroso : Bon, les gars, calmons-nous. On doit trouver 80 milliards d'euros pour ce pauvre Geórgios. Juncker, tu pourrais ...

Jean-Claude Juncker : Je pourrais que dalle ! Et puis quoi plus ?! La Grèce doit comprendre que les contribuables allemands, belges ou luxembourgeois ne sont pas prêts à remédier aux erreurs de la politique fiscale grecque. (Bruits de pas. Juncker quitte la salle en claquant la porte.)

José Manuel Barroso : Quel mauvais caractère, franchement … Angela, tu pourrais faire un geste pour ce pauvre Geórgios ?

Angela Merkel : Nein ! Chacun sa merde !

Geórgios Papandréou : Et les réparations allemandes de la Seconde Guerre Mondiale, Angela ? Quand c'est que vous nous les versez, les réparations allemandes de la Seconde Guerre Mondiale ?

Angela Merkel : Scheiße !

José Manuel Barroso : Merci quand même. Silvio, tu pourrais faire un geste pour ce pauvre Geórgios ?

Silvio Berlusconi : Va fan culo !

José Manuel Barroso : Merci quand même. Nicolas, tu pourrais faire un geste pour ce pauvre Geórgios ?

Nicolas Sarkozy : Casse-toi, pov'con !

José Manuel Barroso : Merci quand même. José Luis, tu pourrais faire un geste pour ce pauvre Geórgios ?

José Luis Rodríguez Zapatero : Ma qué yé soui encore plus en faillité qué Geórgios !

Jose Socrates : Moi pareil ! Le Portugal est en faillite !

Brian Cowen : Moi pareil ! L'Irlande est en faillite !

Silvio Berlusconi : Moi pareil ! L'Italie est en faillite !

José Manuel Barroso : Bon. Ben alors ... On pourrait demander à … Il ne reste plus que … Dominique ? Est-ce que le FMI pourrait faire un geste pour ce pauvre Geórgios ?

Dominique Strauss Kahn : Nous, au FMI, nous continuons à dire que nous serions heureux d'apporter notre aide si on nous la demande. Si on nous demande de faire plus, nous ferons plus.

Geórgios Papandréou : Oui ! Oui ! Je demande au FMI un prêt de 80 milliards d'euros ! Ou alors un prêt de 108 milliards de dollars !

Dominique Strauss Kahn (à voix basse, il chuchote à Geórgios Papandréou) : Tu pourras venir au congrès du PS pour dire que c'est moi, le meilleur candidat ?

Geórgios Papandréou (à voix basse) : Si le FMI me prête 108 milliards de dollars, je viendrai au congrès du PS pour dire ce que tu voudras !

Dominique Strauss Kahn (à haute voix) : C'est réglé ! Le FMI prêtera 108 milliards de dollars à la Grèce !

José Manuel Barroso : Hourra ! La Grèce est sauvée !

Nicolas Sarkozy : Champagne pour tout le monde ! C'est moi qui régale !

Dominique Strauss Kahn : Non, tu permets, c'est moi qui offre le Champagne !

Nicolas Sarkozy : Non, c'est moi ! Garçon, débouchez ces bouteilles !

Angela Merkel : Garçon, eau minérale pour moi !

Herman Van Rompuy : Mais je suis Herman Van Rompuy ! Je ne suis pas le serveur !

Angela Merkel : Was ? Herman qui ? Vous êtes qui ?

José Manuel Barroso : Hé, les gars, Nicolas et Angela ont cru qu'Herman était le serveur ! (Tout le monde éclate de rire.)

Nicolas Sarkozy : Herman qui ? Herman von Karajan ?

Angela Merkel : Non, sans rire, vous êtes qui ?

(José Manuel Barroso leur explique qui est Herman Van Rompuy. Tout le monde éclate de rire. Herman Van Rompuy débouche des bouteilles de Champagne et il fait le service en ronchonnant.)

Silvio Berlusconi, hurle en rigolant : Musica ! Ragazza ! (On entend une porte qui s’ouvre, une musique italienne et des exclamations de jeunes femmes.)

Dominique Strauss Kahn : Des gonzesses !

Nicolas Sarkozy : C’est des Italiennes !

José Manuel Barroso : Qu’elles sont belles !

Geórgios Papandréou : Qu’elles sont sexy !

Angela Merkel, scandalisée, elle crie de plus en plus fort : Encore vos orgies ! Encore vos Nutte ! Vous devriez avoir honte ! Et vos épouses ? Vous pensez à vos épouses ? Vous n’êtes que des Schwein ! (Bruits de pas. Angela Merkel quitte la salle en claquant la porte.)

Nicolas Sarkozy : Angela, à poil ! Angela, à poil ! (La situation devient confuse. Bruits bizarres. Soupirs. Râles.)

Herman Van Rompuy : C’est quoi, toute cette eau par terre ?

Dominique Strauss Kahn : Herman, qu’est-ce que tu fous encore tout habillé ? Pose ce plateau et rejoins-nous !

Herman Van Rompuy : Moi, je fous le camp ! (Bruits de pas. Herman Van Rompuy quitte la salle en courant.)

(On entend des râles de plaisir. Surtout, on entend de plus en plus fort des bruits d’eau.)

Glou glou glou glou glou glou glou glou glou …

Fin de l'enregistrement.

129.Posté par darladirladada le 12/04/2010 19:02
124.Posté par Cépajuste le 12/04/2010 18:38
Twitter
@36.Posté par clochemerle71 le 12/04/2010 09:33
@ 121.Posté par Darladirladada le 12/04/2010 18:03
@ 106.Posté par rowali le 12/04/2010 15:57


JFK a raison : la réunification allemande a eu un coût pour les pays européens, ...

Je ne dis pas autre chose... rowali, si.

128.Posté par darladirladada le 12/04/2010 19:02
124.Posté par Cépajuste le 12/04/2010 18:38
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@36.Posté par clochemerle71 le 12/04/2010 09:33
@ 121.Posté par Darladirladada le 12/04/2010 18:03
@ 106.Posté par rowali le 12/04/2010 15:57


JFK a raison : la réunification allemande a eu un coût pour les pays européens, ...

Je ne dis pas autre chose... rowali, si.

127.Posté par marcel le 12/04/2010 18:59
qui est Bilder berger ???depuis le temps qu on voit ce nom

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