Bien sûr qu’Eric Woerth devrait, sinon démissionner, au moins être mis entre parenthèses.
Pour cette raison simple : dans sa négociation avec les syndicats, à propos de la réforme des retraites, il est aujourd’hui dans une position d’extrême faiblesse, la révélation de ses accointances et proximités avec le sommet de l’oligarchie de l’argent roi lui a fait perdre toute crédibilité pour plaider la cause des sacrifices auprès des représentants des salariés. On imagine les slogans et les pancartes le 24 juin prochain.
Jean Michel Apathie qui, après avoir accablé la pauvre Christine Boutin – quel courage !- vole au secours d’Eric Woerth, argumente en substance : on a besoin de ses grandes qualités pour mener à bien la courageuse réforme des retraites. Mais, c’est exactement l’inverse : même d’un point de vue sarkozyste, il n’est plus en situation de vendre à l’opinion la « courageuse » réforme des retraites.
Imaginez un instant un ministre de la Défense dont on apprendrait, qu’en temps de guerre, il a fait engager son épouse comme conseillère stratégique de l’armée ennemie.
Pour quoi Anelka vient-il d’être viré de l’équipe de France ? Pour avoir injurié Domenech ? Non, mais pour avoir refusé de s’excuser.
Or, Eric Woerth, qui aurait pu, au moins, reconnaître une imprudence, plaider l’indulgence pour un moment de faiblesse, a osé déclarer au JDD, lui qui était ministre du Budget, qui est ami avec le directeur financier de Liliane Bettencourt, Patrice De Maistre et qui a fait engager sa propre épouse dans le staff de gestion de la fortune de la richissime héritière : « Quant à moi, je ne connais pas les finances de Madame Bettencourt et je n’ai aucune information sur une quelconque évasion fiscale » — peut-être ignore-t-il également le montant de notre dette et de nos déficits ! Et, en prime, il nie avoir reçu de l’argent de la principale actionnaire de l’Oréal, alors que Patrice de Maistre, lui, le confirme, tout en précisant que c’était légal. Ce qui est vrai.
Comment peut-on mentir aussi effrontément ?
Woerth ajoute, d’ailleurs, pour se défendre : « J’ai rendu publique une liste d’évadés fiscaux ». Mais non, c’est faux : il a tenu ces listes secrètes, au contraire, et a négocié, en cachette, avec les délinquants, non pas pour appliquer la loi, mais pour leur arranger le coup grâce à des compromis.
Question : certains de ces fraudeurs ne participaient-ils pas à la réception haut de gamme, que le ministre présida au titre de président du club des plus gros donateurs à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, donateurs dont Liliane Bettencourt faisait d’ailleurs partie ? Et cela, précisons-le, alors qu’il était ministre du Budget et que lorsqu’on déclare, en substance, à toutes ces généreuses personnes « on vous en saura gré », cela pèse lourd.
Oui, il y a scandale. Qui tient à quoi ? A cela qu’un ministre du Budget, qui se présente en chevalier blanc de la lutte anti fraude fiscale, intervient en même temps auprès de ce Patrice De Maistre, qui se révèle être un organisateur de camouflage fiscal et de fuite illégale de capitaux vers des paradis fiscaux, pour faire engager son épouse dans l’équipe de gestion de la colossale fortune de Madame Bettencourt. Or, en quoi consiste en grande partie cette gestion ? A jongler avec des comptes en Suisse, au Lichtenstein, à Singapour, à Hongkong, en Uruguay, pour, justement, faire échapper le plus d’argent possible à l ‘investigation du Fisc. Fisc auquel on dissimule même l’achat d’une île aux Seychelles.
Encore une fois, puisque, jusqu’à présent, les grands médias hésitent à poser la question : ou bien Madame Woerth n’ignore rien des pratiques de l’équipe dont elle fait partie et même les a favorisées, ou bien (et il ne serait pas objectif de l’exclure) elle n’est absolument pas au courant, ni de près ni de loin, et alors elle exerce un emploi fictif, c’est-à-dire que le staff de Patrice De Maistre ne la paye que pour obtenir les grâces de son mari ministre du Budget. S’il existe une autre interprétation possible alors qu’on nous la donne. Peut-être la fonction de Madame Woerth ne consistait-elle qu’à contrôler la comptabilité des achats de Madame Bettencourt chez Dior et Lanvin. Mais alors qu’on le précise et qu’on précise aussi pour quel salaire.
Que dit exactement Patrice De Maistre à Madame Bettencourt dans les fameux enregistrements, certes condamnables, mais d’autant plus explicites que les propos qu’ils rapportent n’étaient évidemment pas censés être rendus publics.
Citation : « J ‘ai fait venir le ministre Eric Woerth (pour régler quelques problèmes) c’est le mari de Madame Woerth que vous employez, qui est l’une de mes collaboratrices. Il est très sympathique et c’est notre ministre du Budget. En plus, c’est lui qui s’occupe de vos impôts. Il est ministre du Budget. C’est un ami. Donc je trouve que ce n’était pas idiot ». Ou encore : « Je me suis trompé quand j’ai engagé Madame Woerth. J’avoue que quand je l’ai fait son mari était ministre des Finances (sous-entendu je l’ai fait pour ça), il m’a demandé de le faire. Mais aujourd’hui (compte tenu de certains problèmes) on ne peut plus avoir sa femme. C’est trop dangereux. On lui donne de l’argent et puis voilà ».
Il peut effectivement s’agir d’indemnités de licenciement.
Un mois plus tard, Patrice De Maistre explique à Madame Bettencourt à qu’il fait signer des chèques, qu’il faut aider financièrement « Valérie Pécresse, c’est la ministre de la Recherche. Elle va perdre aux régionales mais il faut que l’on montre votre soutien. Le deuxième c’est le ministre du Budget. Il faut aussi l’aider. Et le troisième c’est Nicolas Sarkozy ».
Ajoutons que le même Patrice de Maistre informe sa richissime cliente, contre laquelle sa fille a initié une action en justice : « le conseiller juridique de l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous, a dit que le procureur Courroye allait annoncer (dans deux mois) que la demande de votre fille était irrecevable. Donc affaire classée. Mais il ne faut le dire à personne ». Dix mois plus tard, le même rapporte : « L’ex conseiller juridique de l’Elysée (passé entre temps chez LVMH) a voulu me voir, il m’a dit que le président continue de suivre ça de très près. En cour d’Appel, si vous perdez, il m’a assuré qu’on connaît très bien le procureur, donc c’est bien ! ».
Eric Woerth a poussé le cynisme jusqu’à prétendre qu’il s’agissait d’une entreprise de déstabilisation liée à la réforme des retraites. Comme si le majordome indélicat qui a tout enregistré en douce et livré les cassettes à la fille de Madame Bettencourt, avait en tête la réforme des retraites. Stupide !
Donc, tout y est : l’osmose, la quasi fusion du pouvoir politique, d’un certain pouvoir judiciaire et de l’oligarchie financière. La facilité dont bénéficient les grandes fortunes pour rentrer directement, à leur convenance, en relation avec le président de la République et certains de ses ministres pour régler en catimini leurs petites et grandes affaires. Les services rendus. L’argent distribué. L’intervention directe sur le cours de la justice. L’impunité accordée aux oligarques liés au pouvoir en place (Madame Bettencourt habite Neuilly et s’est toujours déclarée proche de Sarkozy) s’adonnant à des pratiques illégales qui feraient condamner lourdement tout citoyen ordinaire.
… qu’on menace ouvertement de couper les aides d’Etat au journal Le Monde s’il ne choisit pas des repreneurs qui conviennent au président de la République….
… qu’on a menti avec un aplomb stupéfiant à propos de l’attentat de Karachi, dont on sait maintenant qu’il était lié à des versements de commissions qui devaient permettre la distribution de rétro-commissions…
On ne s’étonne pas que notre pays soit représenté à une coupe du monde de football par une équipe qui est finalement à l’image de ce qu’il est entrain de devenir.
C’est si vrai que nos footballeurs se comportent, maintenant, comme des salariés syndiqués qui manifestent contre le report de l’âge de la retraite. A chacun ses mutineries !
Oh le courage dont font preuve certains journalistes pour réduire en charpie Nicolas Anelka ! Et s’ils en manifestaient la moitié, voire même le quart, pour aborder l’affaire Woerth !
Mais de même que la gauche honorable n’a pas hésité à dénoncer les turpitudes mitterrandiennes, la droite honorable, aujourd’hui, s’honorerait en faisant savoir, qu’au-delà de toutes les sensibilités politiques, il y a des pratiques qu’elle ne peut accepter !
Pour cette raison simple : dans sa négociation avec les syndicats, à propos de la réforme des retraites, il est aujourd’hui dans une position d’extrême faiblesse, la révélation de ses accointances et proximités avec le sommet de l’oligarchie de l’argent roi lui a fait perdre toute crédibilité pour plaider la cause des sacrifices auprès des représentants des salariés. On imagine les slogans et les pancartes le 24 juin prochain.
Jean Michel Apathie qui, après avoir accablé la pauvre Christine Boutin – quel courage !- vole au secours d’Eric Woerth, argumente en substance : on a besoin de ses grandes qualités pour mener à bien la courageuse réforme des retraites. Mais, c’est exactement l’inverse : même d’un point de vue sarkozyste, il n’est plus en situation de vendre à l’opinion la « courageuse » réforme des retraites.
Imaginez un instant un ministre de la Défense dont on apprendrait, qu’en temps de guerre, il a fait engager son épouse comme conseillère stratégique de l’armée ennemie.
Pour quoi Anelka vient-il d’être viré de l’équipe de France ? Pour avoir injurié Domenech ? Non, mais pour avoir refusé de s’excuser.
Or, Eric Woerth, qui aurait pu, au moins, reconnaître une imprudence, plaider l’indulgence pour un moment de faiblesse, a osé déclarer au JDD, lui qui était ministre du Budget, qui est ami avec le directeur financier de Liliane Bettencourt, Patrice De Maistre et qui a fait engager sa propre épouse dans le staff de gestion de la fortune de la richissime héritière : « Quant à moi, je ne connais pas les finances de Madame Bettencourt et je n’ai aucune information sur une quelconque évasion fiscale » — peut-être ignore-t-il également le montant de notre dette et de nos déficits ! Et, en prime, il nie avoir reçu de l’argent de la principale actionnaire de l’Oréal, alors que Patrice de Maistre, lui, le confirme, tout en précisant que c’était légal. Ce qui est vrai.
Comment peut-on mentir aussi effrontément ?
Woerth ajoute, d’ailleurs, pour se défendre : « J’ai rendu publique une liste d’évadés fiscaux ». Mais non, c’est faux : il a tenu ces listes secrètes, au contraire, et a négocié, en cachette, avec les délinquants, non pas pour appliquer la loi, mais pour leur arranger le coup grâce à des compromis.
Question : certains de ces fraudeurs ne participaient-ils pas à la réception haut de gamme, que le ministre présida au titre de président du club des plus gros donateurs à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, donateurs dont Liliane Bettencourt faisait d’ailleurs partie ? Et cela, précisons-le, alors qu’il était ministre du Budget et que lorsqu’on déclare, en substance, à toutes ces généreuses personnes « on vous en saura gré », cela pèse lourd.
Oui, il y a scandale. Qui tient à quoi ? A cela qu’un ministre du Budget, qui se présente en chevalier blanc de la lutte anti fraude fiscale, intervient en même temps auprès de ce Patrice De Maistre, qui se révèle être un organisateur de camouflage fiscal et de fuite illégale de capitaux vers des paradis fiscaux, pour faire engager son épouse dans l’équipe de gestion de la colossale fortune de Madame Bettencourt. Or, en quoi consiste en grande partie cette gestion ? A jongler avec des comptes en Suisse, au Lichtenstein, à Singapour, à Hongkong, en Uruguay, pour, justement, faire échapper le plus d’argent possible à l ‘investigation du Fisc. Fisc auquel on dissimule même l’achat d’une île aux Seychelles.
Encore une fois, puisque, jusqu’à présent, les grands médias hésitent à poser la question : ou bien Madame Woerth n’ignore rien des pratiques de l’équipe dont elle fait partie et même les a favorisées, ou bien (et il ne serait pas objectif de l’exclure) elle n’est absolument pas au courant, ni de près ni de loin, et alors elle exerce un emploi fictif, c’est-à-dire que le staff de Patrice De Maistre ne la paye que pour obtenir les grâces de son mari ministre du Budget. S’il existe une autre interprétation possible alors qu’on nous la donne. Peut-être la fonction de Madame Woerth ne consistait-elle qu’à contrôler la comptabilité des achats de Madame Bettencourt chez Dior et Lanvin. Mais alors qu’on le précise et qu’on précise aussi pour quel salaire.
Que dit exactement Patrice De Maistre à Madame Bettencourt dans les fameux enregistrements, certes condamnables, mais d’autant plus explicites que les propos qu’ils rapportent n’étaient évidemment pas censés être rendus publics.
Citation : « J ‘ai fait venir le ministre Eric Woerth (pour régler quelques problèmes) c’est le mari de Madame Woerth que vous employez, qui est l’une de mes collaboratrices. Il est très sympathique et c’est notre ministre du Budget. En plus, c’est lui qui s’occupe de vos impôts. Il est ministre du Budget. C’est un ami. Donc je trouve que ce n’était pas idiot ». Ou encore : « Je me suis trompé quand j’ai engagé Madame Woerth. J’avoue que quand je l’ai fait son mari était ministre des Finances (sous-entendu je l’ai fait pour ça), il m’a demandé de le faire. Mais aujourd’hui (compte tenu de certains problèmes) on ne peut plus avoir sa femme. C’est trop dangereux. On lui donne de l’argent et puis voilà ».
Il peut effectivement s’agir d’indemnités de licenciement.
Un mois plus tard, Patrice De Maistre explique à Madame Bettencourt à qu’il fait signer des chèques, qu’il faut aider financièrement « Valérie Pécresse, c’est la ministre de la Recherche. Elle va perdre aux régionales mais il faut que l’on montre votre soutien. Le deuxième c’est le ministre du Budget. Il faut aussi l’aider. Et le troisième c’est Nicolas Sarkozy ».
Ajoutons que le même Patrice de Maistre informe sa richissime cliente, contre laquelle sa fille a initié une action en justice : « le conseiller juridique de l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous, a dit que le procureur Courroye allait annoncer (dans deux mois) que la demande de votre fille était irrecevable. Donc affaire classée. Mais il ne faut le dire à personne ». Dix mois plus tard, le même rapporte : « L’ex conseiller juridique de l’Elysée (passé entre temps chez LVMH) a voulu me voir, il m’a dit que le président continue de suivre ça de très près. En cour d’Appel, si vous perdez, il m’a assuré qu’on connaît très bien le procureur, donc c’est bien ! ».
Eric Woerth a poussé le cynisme jusqu’à prétendre qu’il s’agissait d’une entreprise de déstabilisation liée à la réforme des retraites. Comme si le majordome indélicat qui a tout enregistré en douce et livré les cassettes à la fille de Madame Bettencourt, avait en tête la réforme des retraites. Stupide !
Donc, tout y est : l’osmose, la quasi fusion du pouvoir politique, d’un certain pouvoir judiciaire et de l’oligarchie financière. La facilité dont bénéficient les grandes fortunes pour rentrer directement, à leur convenance, en relation avec le président de la République et certains de ses ministres pour régler en catimini leurs petites et grandes affaires. Les services rendus. L’argent distribué. L’intervention directe sur le cours de la justice. L’impunité accordée aux oligarques liés au pouvoir en place (Madame Bettencourt habite Neuilly et s’est toujours déclarée proche de Sarkozy) s’adonnant à des pratiques illégales qui feraient condamner lourdement tout citoyen ordinaire.
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Si on ajoute qu’on achète impunément des élus (comme on l’a fait avec Christine Boutin en lui confiant une juteuse mission bidon pour l’empêcher de rejoindre Dominique de Villepin)…… qu’on menace ouvertement de couper les aides d’Etat au journal Le Monde s’il ne choisit pas des repreneurs qui conviennent au président de la République….
… qu’on a menti avec un aplomb stupéfiant à propos de l’attentat de Karachi, dont on sait maintenant qu’il était lié à des versements de commissions qui devaient permettre la distribution de rétro-commissions…
On ne s’étonne pas que notre pays soit représenté à une coupe du monde de football par une équipe qui est finalement à l’image de ce qu’il est entrain de devenir.
C’est si vrai que nos footballeurs se comportent, maintenant, comme des salariés syndiqués qui manifestent contre le report de l’âge de la retraite. A chacun ses mutineries !
Oh le courage dont font preuve certains journalistes pour réduire en charpie Nicolas Anelka ! Et s’ils en manifestaient la moitié, voire même le quart, pour aborder l’affaire Woerth !
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La gauche va finir par s’emparer de l’affaire Woerth. C’est normal et classique. Même si elle-même n’est pas vêtue, en la matière, de probité candide. Mais de même que la gauche honorable n’a pas hésité à dénoncer les turpitudes mitterrandiennes, la droite honorable, aujourd’hui, s’honorerait en faisant savoir, qu’au-delà de toutes les sensibilités politiques, il y a des pratiques qu’elle ne peut accepter !
