Pour une alternative -Esquisse de réflexion élaborée par le CRREA - Principes généraux



Que voulons-nous ?

Non pas rafistoler un système fou qui se détraque de toute part, mais contribuer à l’avènement d’un nouveau monde plus rationnel, plus juste, plus humain et plus solidaire.

Nous récusons le modèle de société dont l’argent et le profit ont fini par résumer toutes les valeurs et refusons l’autre modèle qui tend à fondre toute la société dans l’Etat réduit à la bureaucratie.
Tous les deux ont fait faillite.

Et ceux qui, à droite, préconisent de réanimer ou de restaurer l’un nous conduisent aux mêmes catastrophes que ceux qui, à gauche, prétendent ressusciter ou réhabiliter l’autre.

C’est une véritable alternative à cette double impasse que nous proposons en appelant à penser et à construire une autre société qui replace l’homme au centre et réconcilie sa dimension individuelle et sa dimension collective, c’est-à-dire ces deux aspirations qu’ont portées le libéralisme de progrès et le socialisme démocratique. Autrement dit, nous voulons mettre le pouvoir et l’avoir au service de l’être et non plus l’être au service du pouvoir ou de l’avoir.

C’est cette finalité qui donne sa cohérence à notre démarche et à nos propositions.

Ce qui passe par :

Une action européenne collective en faveur d’une réforme globale du système économique et financier international que la dérive néolibérale a profondément perverti.
 
Par des actions nationales fortes et coordonnées destinées à terrasser le dragon de la crise, en privilégiant systématiquement l’emploi, en restaurant une justice sociale mise à mal par une effarante flambée des inégalités de toutes sortes, en relançant une croissance enfin mise au service des citoyens et de la nation toute entière, et en impulsant une toute autre logique que celle qui repose sur la généralisation de la précarité et les bas salaires.

Par un encouragement à toutes les solidarités qui permettront aux salariés - grands perdants du système inique qui a provoqué la crise - ; aux professions indépendantes et libérales conscientes de la nécessité de procéder à une véritable révolution humaniste ; aux commerçants et aux artisans victimes, au premier chef, du grand dérapage néolibéral poussé à son paroxysme par l’impérialisme des centrales d’achat ; aux agriculteurs qui subissent de plein fouet les effets des aléas spéculatifs des marchés et la pression d’une grande distribution de plus en plus monopolistique ; aux entrepreneurs indépendants pris en otages par quelques nantis de la haute finance et du CAC 40 et très majoritairement indignés par des pratiques étrangères à leur morale civique ; à toutes les forces vives, donc, d’inventer un  « tous ensemble » à la fois patriotique et européen qui seul rendra possible le changement salvateur que nous appelons de nos vœux.

Par la prise en compte, à tous les niveaux de l’activité sociale, d’une dimension morale que le système ancien, qui nous nous a mené à la catastrophe, tendait à éradiquer.

Par la défense intransigeante des valeurs, que nous qualifions chez nous de républicaines, d’égalité, de liberté et de fraternité, mais aussi de laïcité et de sécurité.

La sécurité est un droit de l’homme et la lutte contre les incivilités, les délinquances, les trafics, les atteintes aux biens, les violences contre les personnes et le crime, en est la principale composante. Nous devons, sans angélisme, nous donner les moyens de prévenir les dérives délictueuses, mais aussi d’assurer la légitime protection des populations.

Par un renforcement et une revivification de nos pratiques et institutions démocratiques impliquant un respect intégral et une défense, partout, des droits humains. A cet égard, l’exception française – un système électoral qui ne permet pas la juste représentativité du corps électoral, le renforcement d’un pouvoir caricaturalement personnel à tendance monarchique, l’affaiblissement des contre-pouvoirs – porte atteinte à une nécessaire intégration démocratique européenne.

Par des mesures susceptibles de rétablir une indépendance et un pluralisme de la presse, presque partout mis à mal par la concentration médiatique au profit du pouvoir de l’argent.

Par un strict contrôle et une maîtrise effective des flux migratoires, tout laxisme démagogique en la matière renforçant de facto les ségrégations, les ghettoïsations, le racisme et l’hyper exploitation d’une population fragile au détriment des pays en voie de développement dont on prélève les forces vives.

Par une décentralisation effective, permettant des coopérations européennes renforcées interrégionales (par exemple entre la Catalogne française et espagnole) et la libre expression des identités culturelles et linguistiques.

Par un effort redoublé en faveur de l’innovation, de la recherche et de la démocratisation de l’économie numérique.

Par la refondation d’un modèle de croissance et de développement durable, et à échelle humaine, qui place l’impératif écologique et environnemental au cœur de sa dynamique.

I - Ce qu’est le néolibéralisme


1.    Oui, le néolibéralisme doit être perçu comme une radicale mutation du capitalisme social-libéral d’après-guerre.
 
En grande partie, cependant, il s’agit d’un retour aux sources qu’on peut lire de la sorte : la brutalité de la crise de 1929, la fascisation d’une partie de la grande bourgeoisie dite libérale entraînée ensuite dans la débâcle, les ravages de la guerre, l’angoisse suscitée par l’ampleur de la poussée communiste en Europe (et par la suite en Asie), la hantise justifiée du danger totalitaire ont provoqué, à la Libération, un tel renversement des rapports de force, que les tenants et les acteurs du système capitaliste ont eux-mêmes considéré que seule l’acceptation d’un passage à une économie mixte très régulée, d’inspiration « social-démocrate » ou « rooseveltienne », pouvait les sauver de la catastrophe.

Mais cette conversion  n’était qu’une ruse tactique ; l’économie sociale de marché un faux nez. L’avènement du thatchéro-reaganisme, l’effondrement du communisme – l’auto-dissolution de l’ennemi, en somme - ont donc tout naturellement conduit à tomber le masque. Plus besoin de faire semblant, le danger était passé. Il était temps de reprendre les affaires exactement là où on les avait laissées en 1929.
 
Avec les mêmes conséquences : le vertigineux creusement, aux Etats-Unis, de l’inégale répartition des fruits d’une forte croissance, l’ultra enrichissement à un pôle, une véritable paupérisation à l’autre, alors que le pouvoir d’achat de 60 % des classes moyennes stagnait ou régressait, rendit nécessaire un dopage de plus en plus artificiel de la consommation populaire par le crédit hypothécaire.
Déjà, en 1929, le capitalisme industriel, s’était transformé en un néocapitalisme spéculatif et financier.

2. Il s’agit, d’une certaine façon d’un « coup de force intellectuel ».

En cela que le libéralisme théorique – concurrence, pluralité, diversité, autonomie de la personne, diffusion de la propriété, primat de l’investissement productif et donc esprit d’entreprise – a, peu à peu, débouché sur son contraire, le néolibéralisme pratique ou réel - concentrations, absorptions et fusions, contrôle des marchés, restriction conséquente du champ de la concurrence et de la pluralité, uniformisation, submersion du productif par le financier et subversion de l’esprit d’entreprise par la logique spéculative -.

Le « néo » de « néolibéralisme » n’est donc pas un simple appendice redondant. Comme le « néo » de « néo-socialisme », il signifie qu’une logique devenue folle se révèle attentatoire aux principes et aux valeurs dont elle se réclamait à l’origine. Le néocapitalisme est au capitalisme, dans l’ordre économique et social, ce que le stalinisme fut au socialisme.

Constat essentiel, car il en découle qu’un courant libéral authentique ou « de progrès » - conscient, en particulier, que la puissance et l’autonomie d’un Etat arbitre et démocratique est la condition du bon fonctionnement d’un marché réellement concurrentiel – peut, aujourd’hui, participer d’une alliance large dirigée contre l’a-humanisme de la barbarie néolibérale.

Rappelons que ce courant – qui a toujours été allergique au pouvoir personnel – fut partie prenante de la coalition qui, en 1944, permit d’élaborer le programme objectivement « révolutionnaire » du CNR (Conseil national de la Résistance).

3. La dérive néolibérale s’apparente à un « recul de civilisation ».

Elle renverse, en effet, le cercle vertueux « fordiste » : désormais, les profits d’aujourd’hui peuvent annoncer, et même préparer, les pertes d’emplois de demain. Au lieu de faire profiter les salariés des efforts de productivité, ce qui était la finalité du taylorisme, elle tend à maximiser les gains de productivité en réduisant la masse salariale ou en délocalisant le travail. Le grossissement du gâteau n’implique plus le grossissement des parts (de quelques-unes seulement). La financiarisation de l’économie, qui atteint son paroxysme avec la virtualisation de plus en plus sophistiquée des « produits dérivés », déconnecte l’enrichissement de toute dimension bourgeoisement morale : l’entrepreneur le cède aux joueurs et l’investissement aux placements à court terme. En la matière, les prises d’options sur indices et les ventes à découvert sont des « must ».

Deux dynamiques, enfin, se font la courte échelle : celle qui, au nom de la compétitivité, tend à aligner les rémunérations des financiers et grands dirigeants sur le plus haut (par exemple, le patronat américain) sans quoi, affirme-t-on, ils vont aller se faire recruter ailleurs. Et, toujours au nom de la compétitivité, les rémunérations des exécutants sur le plus bas, compte tenu des bas salaires des travailleurs chinois qui nécessitent un allègement du coût du travail. Ces dynamiques croisées ruinent, socialement et éthiquement, le socle philosophique du capitalisme libéral traditionnel.

4. Dès lors, la logique néocapitaliste vide la logique capitaliste pure de sa justification théorique

 (elle n’articule plus la croissance des revenus des producteurs à celle des profits des actionnaires), de sa justification morale (l’exemple de la télévision privée démontre, en particulier, que la loi du marché dérégulé exacerbe un phénomène de déculturation et de régression éthique) et, surtout, de sa justification rationnelle, dès lors qu’une économie virtuelle brasse des sommes cinquante fois plus considérables que l’économie réelle ; que « l’être », en quelque sorte, tombe sous les coups d’un « non-être » qui démultiplie artificiellement « l’avoir ».

A quoi on ajoutera ce paradoxe : les dégâts sociaux, humains, environnementaux provoqués par la dynamique néolibérale sont tels que l’Etat, qui a été évacué en aval, c’est-à-dire l’Etat producteur, employeur, dispensateur de services, planificateur, organisateur, intervient en amont comme réparateur de façon dix fois plus normative, répressive et dispendieuse.

Samedi 19 Juin 2010
Jean-François Kahn

Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

143.Posté par Elie Arié le 10/07/2010 18:13
(Je le remets, pour qu'il reste visible par ceux qui l'auraient loupé)

À JFK PAR JFK
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Puisque JFK se refuse à répondre à ma question "Pourquoi avoir ouvert ce blog? Et pourquoi le fermer?" , je vais répondre à sa place.
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Comme beaucoup de gens de 72 ans (n'est-ce pas, Elie Arié?) j'ai du mal à admettre que mon temps est passé, que l'heure de quitter le devant de la scène est venue, et mon inconscient m'a bien trahi en me faisant nommer mon blog "Tourner la Page".

J'ai entrepris un projet politique pour faire encore parler de moi, jusqu'en 2012 ("encore une minute, monsieur le bourreau!"), via le CRREA; je n'ai pas à expliquer ici en quoi il consiste, mais toujours est-il qu'il aurait été utile de pouvoir recruter des gens, non pas pour leurs apports (ceux-là sont au CRREA), mais pour "faire nombre".

C'est la raison d'être de ce blog: créer un groupe de moutons qui me suivent, un peu comme Ségolène Royal avec ses 10 000 inconditionnels de Désirs d' Avenir.

C'est ainsi que ce blog a été conçu: des sujets évidemment choisis pour ceux qui réagissent à l'émotion (un billet quotidien sur Woerth, des petits cancans, 3 ou 4 sujets par jour pour "ratisser large") , mes analyses sérieuses planquées dans "Réflexions" où personne ne va, la démagogie la plus basse envers les commentateurs ("que vous êtes intelligents, que vous écrivez bien, comme vous m'apportez de choses!"- devoir écrire ça pour un Chanez ou une Calamity Jane, il faut le faire, mais on n'a rien sans rien).

Mais, voilà: la pêche n'a pas été bonne; il n'y a qu'une trentaine de commentateurs réguliers, et cela ne vaut pas la peine de pondre un billet quotidien pour un si maigre résultat; l'idée de fermer ce blog s'est progressivement imposée à moi, au fur et à mesure que je me suis aperçu que le nombre de futurs adhérents potentiels ne décollerait jamais.
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C'est à peu près ça, n'est-ce pas, JFK?

142.Posté par manuf59 le 06/07/2010 00:21
@141.Posté par Claire M3T
Je parlais d'équilibre et non pas de compromis... l'équilibre est un concept qui décrit les situations où les « forces » en présence sont égales, ainsi aucune ne surpasse les autres. Cela n'implique en rien l'abandon d'une part de liberté.
Ce qui est intéressant dans l'équilibre, c'est que c'est à la fois difficile à atteindre et à la fois l'état naturel des choses. Tout fini toujours par revenir à l'équilibre mais il suffit d'un rien pour le perdre.
Je suis tout à fait d'accord avec toi quand tu dis que la liberté et la sécurité ne sont pas antinomique, d'ailleurs j'allais même plus loin en disant qu'elles devaient être indissociables. Ces deux principes, bien qu'utopique si on les considère dans leur entièreté, n'ont d'intérêt qu'ensemble.
Je ne veux pas d'un monde de liberté absolu (c'est à dire sans loi, sans règles, ...) ce qui n'amènerai que le chaos. Et d'ailleurs même ainsi, il nous manquerai au moins une liberté : celle de jouir de notre liberté justement. De plus la liberté absolue pour chaque individu est impossible, puisque chacune va l'encontre de celle de l'autre. Il faut donc parler de libertés au pluriel plutôt que de la liberté. Et nous sommes plus ou moins tous d'accord en ce qui concerne la sécurité. Ce ne doit pas être un but en soit, et tout comma la liberté, elle ne doit pas, elle ne peut pas être absolu.
Pour résumer je vais à mon tour user de la citation : "Les abus de la liberté tueront toujours la liberté" (André Maurois) et "La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant coureur de leur servitude" (JeanPaul Marat). Deux citations qui montrent que la sécurité et la liberté se ressemblent dans le fait l'abus de l'une ou l'autre est contre productive. Et je reviens une nouvelle fois, à travers cet exemple, à la conclusion que l'équilibre est le but à atteindre. Car même si l'équilibre absolu est tout aussi utopique que la liberté ou la sécurité absolue, celui-ci est le seul de ces trois principes dont l'abus ne va pas en opposition avec le but recherché.

Au-dessus du vide, la simple confiance en notre équilibre deviennent un effort. En période de crise, il est également nécessaire de faire un effort pour garder son équilibre et ne pas pencher vers les extrêmes....

J'attends avec impatience tes approfondissements sur le sujet.


141.Posté par Claire M3T le 04/07/2010 22:51
@ 137 Posté par manuf59 le 29/06/2010 00:30

Vous ne partagez pas mon avis sur les valeurs.

"Liberté ou Sécurité" par exemple, c'est intéressant. Il est de tradition que la droite défende plutôt la sécurité et la gauche la liberté. Comment peut on imaginer être vraiment libre dans un monde dénué de sécurité et comment être en sécurité dans un monde sans liberté? Tout est dans l'équilibre....

Non tout n'est pas dans l'équilibre. Rien ne dit que Liberté et sécurité soit les tenants d'un même problèmes. Jefferson a dit que "celui qui est prêt à abandonner un peu de liberté pour sa sécurité, ne mérite de posséder ni l'une ni l'autre". De plus la liberté et la sécurité ne sont pas antinomiques. A savoir quelle est celle qui est la plus bafouée dans notre société et qu'elle est celle qui sert de prétexte aux pire atrocités ou injustices.

je reviendrais pour approfondir ce sujet qui est fondamental et qui prête à grande confusion quand on parle de politique.

140.Posté par Ratatouille le 04/07/2010 16:57
Décroissance cher JFK... seule solution !
Croire que la croissance pet-être infinie dans un monde fini est une hérésie que seuls les économistes ou les fous peuvent espérer.

139.Posté par Spinoza2010 le 03/07/2010 12:53
Il reste à penser l'école de la république et la problématique du financement dans un système dualiste. C'est un point important et qui n'est pas résolu.Un laïque défenseur de l'école publique et laïque aura des difficultés pour se faire audible dans le contexte actuel car les familles sont attachées au libre choix de l'école. Alors comment en arriver au fameux équilibre ?
Alain Savary s'y est cassé les dents en 1984.
Les familles ne veulent pas de situation de monopole. C'est un paradoxe car la laïcité dans son essence est anti -doctrinale et cependant suspectée de vouloir le monopole.
Il faut un débat de fond en partant du théorème de Grodel: " Un système génère des questions et des paradoxes, intelligibles dans le système, mais qui ne peuvent pas y trouver de solution. Il est nécessaire de pouvoir en sortir pour l’ouvrir à de nouvelles intuitions »

138.Posté par alain riou le 03/07/2010 07:25
De belles idées , bien écrites , qui sont un résumé de ce qu'on peut lire un peu partout depuis bien longtemps . Mais des propositions concrètes , des moyens , rien pour le moment .

137.Posté par manuf59 le 29/06/2010 00:30
à propos des valeurs....

@ 134.Posté par Colargol
Je ne pense pas que les valeurs doivent s'opposer ou se hiérarchiser. Elles doivent d'abord se partager plus ou moins, et elles doivent être défendues de manière équilibré dans un programme politique. "Liberté ou Sécurité" par exemple, c'est intéressant. Il est de tradition que la droite défende plutôt la sécurité et la gauche la liberté. Comment peut on imaginer être vraiment libre dans un monde dénué de sécurité et comment être en sécurité dans un monde sans liberté? Tout est dans l'équilibre.... Et mettre en opposition des valeurs que tous pourraient partager sous prétexte de défendre une idéologie, ne nous amène à rien. C'est comme un navire qui tangue, si on ne se retrouve pas au centre, celui ci oscille de plus en plus fort et fini par chavirer à droite ou à gauche à un moment donné (comme l'histoire l'a montré)

@ 135.Posté par Claire M3T
Je ne partage pas votre avis. C'est sur la base de valeurs communes qu'on construit. Ce sont les fondations de la politique. C'est ce qui nous unis, nous mets d'accord. Ce sont les seules choses que peuvent partager tout un peuple. C'est ce qui amène du corps, de la profondeur à la politique. Le programme, lui, en découle mais est dépendant de contraintes : est-ce qu'on a les moyens? la conjoncture le permet elle? etc... et le programme politique, contrairement aux valeurs, ne peut pas être soutenu pas tous (les quotas sur la pêche ne sont pas accepté par les pécheur, et pourtant tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut préserver la biodiversité, ou au moins égoïstement la subsistance de nos ressources alimentaires)

C'est le partage de nos valeurs, de notre histoire et de notre culture qui font que nous sommes un peuple. Ces trois points sont essentiels et devraient être la base de nos actions politiques.

Autre sujet :
Idée que je trouve intéressante mais j'aimerai votre avis : Sur la base de deux principes simples et fondamentaux "les droits de l'homme" et "le respect de l'environnement" et afin d'équilibrer les échanges commerciaux, dont le déséquilibre amène à une concurrence déloyale; puis à la délocalisation et enfin à la désindustrialisation progressive de l'Europe (et donc à son déclin économique), je trouverai juste et constructif d'imposer une taxe (ou un bonus/malus) aux frontières de l'Europe sur les produits importées n'ayant pas été fabriqué dans le respect des droit de l'homme et de l'environnement. L'attrait du marché européen pousserai les pays qui veulent exporter en Europe à progresser dans ces domaines et les entreprises européennes deviendrai plus compétitives. Voilà une idée par exemple qui défend des valeurs mais qui serait une véritable action politique qui pourrais aider l'Europe à sortir de la crise.

136.Posté par Jac le 26/06/2010 17:56
#135.Claire M3T
"Je crois qu'ils faudrait plutôt intervenir au niveau institutionnel (exiger des réformes du système électif à nos représentants) ou des médias pour dénoncer la bêtise crasse de nos gouvernants que de construire une alternative basée sur des valeurs...

D'ailleurs je me demande si étant du même pays (du même continent) avec le même type d'évolution et d' histoire les valeurs ne sont pas à peu-près les mêmes pour tous ?"

#134.Colargol

"Existe t'il une hiérarchie des valeurs ?
Quelles valeurs sont opposables et quelles sont celles qui ne le sont pas ?"


Je commence à peine à lire les commentaires, et voila aussitôt 2 remarques qui m'intéressent.

"Construire une alternative basée sur les valeurs; les valeurs à peu près les mêmes pour tous ; existe-t-il une hiérarchie des valeurs..."

Quelles valeurs ???
Il n'y a rien selon moi de plus subjectif qu'une valeur. Ce qui l'est pour l'un (exemple privilégier le noyau familial) ne l'est pas pour l'autre (exemple privilégier le bien collectif)...
Autrement dit une politique - ou un projet de société-, basée sur le principe des valeurs risque plus de conduire au pire qu'au meilleur.
Egalité, travail pour tous, collectivisme... ne sont-ce pas des valeurs ? et pourtant, elles ont conduit (aussi) au stalinisme. Liberté, respect de la propriété privée, droit pour tous fondé sur le mérite... Des valeurs ! et elles ont (aussi) conduit au néolibéralisme le plus crade; comme "le cercle vertueux fordiste " (qui voulait permettre que l'ouvrier puisse s'offrir la voiture qu'il fabrique) ; comme le système boursier censé permettre le développement des entreprises et donc les créations d'emplois...
Y compris la religion (fraternité): n'est-ce pas une valeur ? Et que donnent les sociétés fondées exclusivement sur la religion (la même pour tous)? sans même parler du talibanisme...
Que donnent aussi les sociétés démocratiques multiculturelles ? tel le modèle américain où se côtoient tant de cultures différentes, de religions, de racines, que la seule valeur réelle censée pouvoir être commune à tous est devenue celle de la "réussite" et donc de l'argent (les rares vainqueurs sous les projecteurs et les très très nombreux "losers" dans le mépris total)
Des exemples à la pelle...

Toutes ces formes de société ne sont-elles pas basées sur des valeurs ?
Et comme l'écrit Colargol existe-t-il une hiérarchie des valeurs ? oui, si on les impose. Dans ce cas, ça donne quoi ?
Ca vous fait rêver à vous ?

Ce que je constate en revanche est un point commun : un besoin de solidarité parce que chacun (ou tant !) se sent (se sentent) seul (s)... Livré à lui même. Un individualisme qui selon moi aurait pu être le fruit d'une maturité sociale, d'une évolution (après tout, le droit à la culture pour tous ne devrait-il pas permettre que chacun puisse être plus fort, plus adulte, plus autonome ?) devient (parce que cet "individualisme" tant décrié n'est qu'un leurre) un chacun-pour-soi. Et vas-y que le plus démerdard se démerde, et le moins dégourdi se fasse bouffer... Fin de tout projet sociétal. Amen.

Ne croyez pas que je sois pessimiste. Je crois au contraire qu'un projet de société répondant aux réels besoins à la fois individuels & collectifs est possible.
Mais parce que cet individualisme (devenu par la culture, la possibilité de penser par soi-même, le sens critique) est à présent ancré en soi (alors que la politique tant nationale qu'européenne fondée sur les marchés développe les monopoles tout puissants et donc bride cet individualisme - d'où "le leurre"-, qu'il ne peut s'exprimer chichement que par une profusion d'associations diverses qui ne regroupent que des individualités),
que chacun tient à cette liberté d'être soi-même et non un clone,
mais qu'en même temps chacun veut pouvoir compter aussi sur autrui (parce que personne ne vit sur une île déserte et qu'être ermite n'est pas à la portée de tout le monde),
je pense que l'émergence d'une nouvelle société ne peut pas se faire par la politique (mon idée de départ est un simple journal, non militant, mais nouvelle forme) ; par contre ensuite une politique nationale et européenne peut en découler, réellement induite par les citoyens souverains (individuels mais inclus dans une unité collective) et non par un pouvoir politique- quel qu'il soit- qui par de beaux boniments a su se faire élire...

En conséquence :
Je pense que pour construire quelque chose, il faut commencer par le commencement (La Palisse n'aurait pas dit mieux). Et rien ne se fait en un claquement de doigt.
La base dans une république démocratique est le citoyen (l'électeur et non l'élu). Il faut donc partir du citoyen (l'individu) pour monter les murs jusqu'au pouvoir (le collectif).
Au lieu de ça que fait-on ? On part d'un programme électoral, des promesses, des idées, des opinions, de candidats (autrui); ensuite :
- soit on est totalement irresponsable et on ne se fie qu'aux boniments les plus enjôleurs, qui nous caressent dans le sens du poil, qui font espérer, qui font rêver...
- soit on se comporte en citoyen responsable ayant un minimum de sens critique, on compare ses propres opinions &objectifs à ceux proposés et on choisit ceux qui se rapprochent le plus des nôtres, tant bien que mal...
Mais dans les 2 cas que fait-on ? On commence par le pouvoir (le pouvoir potentiel ou probable ou annoncé par les sondages.... ). Le citoyen ne fait que suivre, tant celui qui acquiesce que celui qui conteste.

C'est obscur ? Bien sûr ! je ne dévoile rien de mon idée. Il faudrait la mettre en oeuvre pour qu'on puisse la comprendre, l'expliquer par la démonstration; mais moi, seule comme tout le monde, je ne peux pas le faire.
A bon entendeur




135.Posté par Claire M3T le 25/06/2010 20:47
@ Berlinois, entre confrères on se comprends. Succès à ta PME... et à la mienne !

@ Colargole sur les valeurs !

Moi j'ai toujours été réfractaire (mais je me trompe peut-être) à cette idée de baser la politique sur des valeurs ? Les valeurs ne peuvent pas être des objectifs ! On peut les partager mais je trouve que c'est un instrument difficilement maléable !

Humain ou Nature ? ... n'est pas une question ! Du moins cela ne nécessite pas de choix pas de réponse ou alors les deux !

La politique ce n'est pas des valeurs ! La politique c'est QUI a la force QUI décide pour l'ensemble du peuple ? QUE décide-t-il ? Pour QUI ? Pour quelles finalités ? Les valeurs servent à écrire les promesses des candidats ! Elles n'ont aucune efficience une fois que ceux-ci sont au pouvoir !

L'élite au pouvoir en ce moment est constituée de gens de peu de sagesse de peu de réflexion des gens immatures très matuvus, envieux et agressifs, qui n'ont aucun sens de ce que devrait être leur devoir à la tête de l'état ! Ils sont là parce qu'on les a élus (et on les a élus parce que le système politique est absolument nul dans notre pays) et cela devrait suffire à leur légitimité ? Mais comme en plus le système institutionnel (putride) donne tous les pouvoirs à celui qui a été élu (ils sont dingues tous nos anciens d'avoir permis une telle abération) ces gens se permettent de faire et de décider n'importe quoi ! Ils en ont rien à foutre ils ne subissent pas les conséquences de ce qu'ils décident

Que leurs décisions soient en fonction de leurs valeurs je ne le crois pas du tout ! Elles sont fonction de la qualité des hommes, de leurs compétences, de leur équilibre mental...

Je crois qu'ils faudrait plutôt intervenir au niveau institutionnel (exiger des réformes du système électif à nos représentants) ou des médias pour dénoncer la bêtise crasse de nos gouvernants que de construire une alternative basée sur des valeurs...

D'ailleurs je me demande si étant du même pays (du même continent) avec le même type d'évolution et d' histoire les valeurs ne sont pas à peu-près les mêmes pour tous ?

134.Posté par Colargol le 25/06/2010 14:46
Système & Valeurs Objectifs & Moyens


Existe t'il une hiérarchie des valeurs ?
Quelles valeurs sont opposables et quelles sont celles qui ne le sont pas ?


Homme ou Nature ?
Individu ou Société  ?
Solidarité ou Fraternité ?
Ethique ou Morale ?
Liberté ou  Sécurité  ?
Egalité ou  Contribution  ?
Justice ou Ordre  ?
Avenir ou Présent ?
Autorité ou Influence ?
Valeur ou Richesse ?
Crédit ou Comptant ?
Intégrité ou Tolérance ?
Contraindre ou Convaincre ?


Faut il opposer par exemple Liberté à la Sécurité , à l'Egalité ou à la Solidarité ?

Quelle est la valeur qui "pose" problème ? ou bien celle qu'il faut mettre à part parce qu'elle est la plus importante ?
Comment hiérarchiser les concessions à faire pour que la liberté des uns commence là où finit celles des autres.
Quelles sont les valeurs négociables ?
Quelles sont celles non négociables ?
Qu'est ce que la solidarité ?
Comment définir un seuil  d'injustice ?
Quels indicateurs pour une démocratie plus juste ?
Qu'est ce que gouverner ?
Faut il sacrifier l'avenir au présent ?
Faut il sacrifier le présent à l'avenir ?

Quelle part d'avenir sacrifier pour une vie décente.?
Vivre à crédit ou au comptant ?
A  quoi suis-je prêt à renoncer pour que mon voisin puisse survivre ?

Je vous propose de commencer par définir et hiérarchiser  les valeurs que nous avons en commun avant d'inventer le système qui permettra de les préserver.
Quelle nouvelle devise mettre au fronton de la République ?Quels symboles lui associer ? 

Que faut il réformer en France
Que peut on réformer en France 

Pour quelles Valeurs pensez vous que la vie vaut le coup d'être vécue et transmise ? 
Si nous savons répondre à cette question, la vie aura alors un sens et la vision du système à mettre en place sera plus évidente.

Ne confondons pas moyens et objectifs 

On ne vit plus aujourd'hui comme on vivait il y a 10 ans donc on ne gouvernera plus une nation comme on gouvernait avant.

Il ne suffira plus de dire que l'on veut une société plus juste et plus égalitaire sans également définir les critères et les seuils d'acceptabilité et d'abnégation.

L'avenir, notre avenir est à ce prix , celui que nous serons prêts à payer pour le préserver.

133.Posté par Berlinois le 25/06/2010 14:10
@ 131.Posté par Claire M3T le 24/06/2010 20:06

il faudra attendre un peu car je travaille 70 heures par semaine et n'ai pas pris de vacances depuis 9 mois. c'est la dure vie d'un patron de pme.
bien à toi

132.Posté par Phiphi the biker le 25/06/2010 07:54
'' Nous récusons le modèle de société dont l’argent et le profit ont fini par résumer toutes les valeurs et refusons l’autre modèle qui tend à fondre toute la société dans l’Etat réduit à la bureaucratie.
Tous les deux ont fait faillite. ''

je suis en accord avec cette phrase .

Ceci peut expliquer pourquoi certaines personnes votent ''à gauche'' ( j'en suis ! ) , non pas parce qu'ils souhaitent un état réduit à la bureaucratie , mais parce que c'est la seule façon , pensent-ils ' pour tenter de ramener vers le ''milieu '', le bateau fou dans lequel on nous impose de voguer .

il n'y a pas, à ce jour , pour moi , d'autre alternative crédible : si vous voyez que que vous foncez dans la berge de l'extrême droite : un coup de barre à gauche , pour vous ramener vers une sorte d'équilibre

Si vous voyez que vous foncez dans la berge de l'extrême gauche , même chose dans l'autre sens .

Comment le CRREA arrivera-t-il démocratiquement , à faire voler en éclat les puissances énormes et maléfiques ( c'est le mot qui convient ! ) qui nous font retourner à un esclavagisme qui ne dit pas son nom ?

j'ai 57 ans , et à ce jour j'ai le sentiment qu'il n'y a plus aucune possibilité "pacifique" ( le vote étant à ce jour ignoré et contourné )

Continuez Jean-François (et les autres) , mais faites vite ! . ce que l'on est entrain de vivre , et PIRE : ce que l'on va faire vivre à nos enfants m'est INSUPPORTABLE !

....et je ne suis pas le seul

Longue vie à vous , marianne , médiapart , et autre canards enchainés

131.Posté par Claire M3T le 24/06/2010 20:06
Bravo Schneider. Tu as raison la première guerre c'est celle du vocabulaire et du sens.

Lorsque le sens des choses pour lesquelles ont se bat, est dévoyé on ne peut qu'être en conflit continuel sur des bêtises. Au lieu que si nous travaillons au niveau du sens nous verrons que nous partageons beaucoup de choses en commun.

Nous avons déjà commencé avec Berlinois, j'accepte volontiers sa définition pour décrire ces "dévoyeurs " qui détournent les pouvoirs à leur avantage : "élite" avec accolé l'adjectif "égoïste".

Par contre je ne suis pas sûre comme toi Berlinois que le monde ne puisse pas tourner sans élites, ou que l'on ne puisse pas la sélectionner par des "tests psychologiques".

En tout cas, je ne me baserai pas sur l'altruisme ou la philanthropie de l'élite pour faire mieux tourner le monde... On a vu ce que la charité fait de la pauvreté ! De plus tout travail mérite salaire ... Et il ne faut que seuls les riches ou les fonctionnaires puissent aller au pouvoir...

Je serais intéressée d'en savoir plus sur tes propositions qui, si j'ai bien compris, devraient permettre de sélectionner des "gens philanthropes et altruistes" à qui on confierait de pouvoir" Parce que ceux-ci comme on l'a vu ne doivent pas forcément appartenir à la grande bourgoisie, ou n'être que leur larbin.

130.Posté par schneider le 24/06/2010 08:10
Mettre l'homme au centre de quoi? Du management? La première des guerre sera sémantique. Non, la France n'est pas une entreprise. Non l'économie ne décrit pas une réalité intangible, inflexible. Non la politique n'est pas la réélection à tout prix. Non la communication de démontre rien, ne prouve rien et un argument rhétorique, c'est simplement de la rhétorique.
Oui, un chef de l'état qui se mêle de tout et surtout de la vie des médias, qui est au service d'une oligarchie aura du mal à résister à la tentation de l'autoritarisme.
Il faut remettre le projet au centre de la politique, le projet comme réalisation d'une utopie. Et ne pas céder aux invectives de ceux qui voient l'état du monde à leur avantage et organisent ainsi le il n'y a pas d'alternative.
Le travail doit être productif, pas juste une bienscéance.

129.Posté par alain riou le 24/06/2010 05:33
Mr Khan
Sur votre blog a coté j'ai laissé une proposition sur la façon d'augmenter les salaires que j'ai eu l'occasion d'appliquer dans mon entreprise . Ce serait peut être plus réaliste que de poursuivre sur les considérations de herr Doctor ...
C'est pas tout de causer , ce matin une longue marche est prévue . Faut la préparer , le changement passe aussi parfois par là ...

128.Posté par alain riou le 24/06/2010 05:25
Mr Khan
Je poursuis sur l'idée d'un posteur ( N° 57 ) que vous devez bien connaître et que l'on appelle parfois Herr Doctor . Vu qu' a son avis la mondialisation et les délocalisations créent pas mal d'emplois dans les pays pauvres et que c'est bien fait pour les égoïstes que nous sommes , il faudrait peut être mettre en place des charters réguliers et de grande capacité entre la France et les pays sous développés . Ils serviraient a transporter nos malades vers ces pays , ce serait aussi rapide que de les transporter en voiture par les routes de chez nous vers nos hopitaux . Ils y seraient soignés pour bien moins cher . On garderait bien sùr les Urgences , mais pas plus . Les médecins étrangers qui exercent en France et ont du mal a y avoir un statut retourneraient avec joie dans leurs pays . Pour consulter un cardiologue il n'y a pas souvent de grande urgence . On n'en conserverait ici que le minimum , pour les autres spécialités pareil . Pour bien des Français ce serait une occasion unique de voir enfin des pays que nous vantent les agences de voyage . Même si c'était pour un dernier voyage , ce ne serait pas mal , pour les personnes qui auraient la malchance d'y mourir , un passage au funérarium le jour où les vents seraient du bon côté et HOP , il repasseraient au dessus de notre vieille France pour leur dernier voyage en faisant un signe a leur famille : un grain de cendre se déposant par exemple sur le toit de la maison .
Tout bénéfice quoi , le personnel en surnombre en France on trouvera bien a les utiliser , les vieux vont être de plus en plus nombreux , ces hopitaux dans les pays pauvres auront de toute façon besoin de gens pour former le personnel de là bas . Les gens des pays pauvres auraient enfin la possibilité de se faire mieux soigner grâce aux techniques de nos chers médecins .
Attention toutefois , faudrait pas oublier de faire vacciner les partants , cela boosterait l'industrie pharmaceutique et créerait du boulot chez nous .
Mais votre cher ami ou ex ami pourrait mieux que moi vous éclairer sur cette idée qui il est vrai nous sortirait de notre égoïsme suranné ...Il serait peut être le premier a partir et on l'applaudirait...

127.Posté par Berlinois le 23/06/2010 09:03
tu parles de la même chose avec des mots différents...
tu as d'abord parlé de "grande bourgeoisie", puis maintenant de "bourgeoisie" tout court, et enfin à deux reprises des "élites". (sont-ce des synonymes ?)
attention aux amalgames. les mots peuvent blesser.
notre discussion tourne autour de la définition de l'ensemble des individus qui contrôlent le système et qui le contrôlent à leur avantage.
je suis donc d'accord avec le mot "élite" si on lui accole l'adjectif "individualiste" ou "égoïste".
je ne crois pas que le monde puisse tourner sans élites, ni que l'on puisse les sélectionner par des "tests psychologiques".
je crois à l'altruisme, à la philanthropie.
et pour faire en sorte que nos élites au pouvoir soient des philanthropes j'ai bien quelques idées à proposer: de nouvelles lois électorales, une nouvelle répartition des pouvoirs, pourquoi pas une nouvelle république.
j'avancerai des propositions précises ultérieurement.


126.Posté par Claire M3T le 22/06/2010 20:29
Exact nous avons pas mal d' avis convergents. Donc il est d'autant plus intéressant d'étudier les point de divergence.

Pourquoi je trouve important de stigmatiser cette classe sociale ? Parce que c'est la classe qui nous dirige ! Quelques milliers d'hommes décident du sort de millions d'autres.

Ce n'est pas une classe sociale en tant que telle mais un ensemble de gens du même "milieu" social culturel ... qui seule a les moyens d'inverser le cours mortifère des choses, par leurs décisions et actions quotidiennes aux places rôles métiers missions pouvoirs qui sont les leurs.

Et que si nous ne la stigmatisons pas avant qu'il soit trop tard, en l'obligeant à réfléchir et à trouver des solutions humaines... cela risque de se terminer en tête coupées ou en lynchage. Car lorsque la coupe sera pleine, la violence sera telle qu'on ne pourra plus l'arrêter et cela touchera n'importe qui !

C'est là où les politiques sont des lâches ou des traitres ; car pas un seul n'est capable de renverser ce mouvement "égoiste" néolibéraliste qui pervertit tout notre vivre ensemble. Ils ne pensent qu'à se maintenir en tant que "politique" ! Et je les classe dans cette classe... Bourgeoise: parce qu'il faut lui donner un nom ! En Fait c'est les élites de notre pays qui se sont perverties quel que soit leur bord et qui doivent revenir collectivement à la raison!

Et cela date pas d'aujourd'hui...Sauf que les mouvements électoraux tendaient à faire croire que l'un ou l'autre au pouvoir changerait la donne ! Ce qui n'est pas vrai !

Sa stigmatisation sera sa dernière chance. Si notre élite n'est pas capable de remettre nos institutions et notre pays d'applomb ... Nous la multitude nous devrons le faire nous-même...

125.Posté par Berlinois le 22/06/2010 19:51
@ 124.Posté par Claire M3T le 22/06/2010 16:43

tu es finalement largement d'accord avec moi.
excepté sur le fait de vouloir stigmatiser ou non la grande bourgeoisie.
je trouve injuste de stigmatiser un groupe social.
se mettre à dos toute la grande bourgeoisie par rage, c'est se priver d'emblée de toute chance d'avancer. cela est vrai avec n'importe quel autre groupe social.
sinon c'est faire de la politique clientéliste.
je débat volontiers avec toi, d'autant plus que tu te laisse peu à peu convaincre par mes arguments. c'est tout à fait agréable.

124.Posté par Claire M3T le 22/06/2010 16:43
@ 123.Posté par Berlinois

Ce n'est pas parce que le désintéressement est lui aussi présent au sein de la grande bourgeoisie, qu'il est inutile de stigmatiser cette classe sociale au prétexte que tous les grands bourgeois ne seraient pas cupides.

Ceux qui nous intéressent sont ceux qui sont aux manettes (ceux qui vivent sans prédation et qui sont utiles à la société ne dérangent pas). Parce que s'ils étaient si désintéressés que tu le dis nous n'aurions que des "sages" au pouvoir, qui auraient à coeur de résoudre au mieux tous nos problèmes. Vue "l'Histoire"ce n'est pas le cas ! Dès que cette classe a le pouvoir elle ne peut jamais poser de limites à ses désirs débiles (argent valorisation d'ego pouvoir domination sur l'autre) ce qui entraîne des malheurs infernaux : esclavage colonisation destruction de races ou de peuples entiers appauvrissement des gens, injustice ... A chaque fois que cette classe reprend du poil de la bête qu'elle se sent invulnérable elle replonge systématiquement les peuples dans "l'horreur économique". Alors si ce n'est pas pour de la cupidité pour quoi font-ils tous ça ?


B dit "le pouvoir n'est pas composé que de grands bourgeois."... Non il y a autour d'eux tous les serviles, qui sont ceux qui profitent du système (relire de la servitude volontaire de La Boetie...)

Bien entendu qu'il y a des grands bourgeois qui financent le parti communiste... et les autres partis d'ailleurs et les syndicats et les grosses associations ... Ils sont même dans les circuits de redistribution de l'argent public (sur l'investissement et l'innovation par exemple) ou dans les secteurs clefs qui permettent la mobilité dans la société (scandale de la formation professionnelle...) ; ils sont aussi dans la haute administration dans la justice partout où ça compte...

Comme tu dis, il ne s'agit pas d'être dans la lutte des classes... il faut que les citoyens luttent contre le mauvais usage du pouvoir par et pour les dominants. Mais nous avons besoin d'identifier l'ennemi, de nous méfier de ceux qui prétendent représenter nos intérêts : les politiques, et de ceux dont le rôle devraient être de demander des comptes à ces derniers : les journalistes !

C'est donc bien sur ce front que nous avons des intérêts communs.

Et on se demande bien pourquoi, si effectivement tu aspires à débattre à un un niveau plus élevé, pourquoi cela ne devrait pas être avec des interlocuteurs qui ne restent pas béats devant ce qui tu dis quand c'est mauvais ? Il n'y a pas de "frontière" pour les braves...

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