Pendant que la plupart des Parlements européens s’apprêtent à discuter des décisions prises à Bruxelles par les 27 pays européens, de quoi est appelé à débattre le Parlement français ? De la burqa !
Et cependant il y aurait de quoi s’alarmer. Bien évidemment les choses se sont passées comme on pouvait le prévoir : les marchés, comme on dit, ont déjà exprimé leur scepticisme à l’égard du faramineux plan de sauvegarde concocté à Bruxelles et qui consiste à éteindre des pétards qui risquaient d’exploser en les ensevelissant sous un tombereau de dynamite. La flambée des Bourses, enregistrée lundi, ne correspondait, comme nous le laissions entrevoir ici, qu’à une flambée purement spéculative. Les médias, particulièrement les médias audiovisuels, s’y sont pourtant presque tous laissé prendre. Il faut reconnaître que la seule ou la première à faire preuve de lucidité fut notre ministre de l’Economie Christine Lagarde, qui a qualifié d’ «excessive », donc d’inquiétante, cette surréaction des marchés.
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On peut le regretter mais, faute que la seconde manifestation de lucidité, ou plutôt de bon sens, ait été le fait d’un dirigeant socialiste, c’est Marine Le Pen qui, avec les pires intentions du monde évidemment (j’exorcise d’avance le démon que l’Inquisition pourrait suspecter en moi), l’a exprimée. « On vient, a-t-elle déclaré, d’éteindre un incendie en arrosant d’essence le feu qui couvait ».
On pourrait décliner : pour échapper à une inondation on s’est jeté à l’eau. Pour résister aux Wisigoths on a fait appel aux Ostrogoths (Rome l’a fait). Pour défendre les libertés menacées on les suspend… provisoirement. Ou encore, pour se libérer d’une dette on la transfère sur sa carte de crédit !
Imaginons un instant les affres de n’importe quelle personne de bon sens qui cherche à comprendre quelque chose d’une façon générale à la crise financière qui a secoué l’Europe, et d’une façon plus particulière au remède que l’on a concocté. Qu’aura-t-elle retenu cette personne ?
Que plus les caisses sont vides et plus sont considérables les sommes que l’on est capable de mobiliser pour prendre le relais de leur vacuité.
Qu’on annonce être prêt à mobiliser tout l’argent dont on ne dispose pas pour sauver l’argent que l’on risque de perdre…
Que, à l’imitation du Sapeur Camember, on se dit prêt à creuser un énorme trou pour montrer qu’on est capable de combler, si nécessaire, des trous moindres…
Que pour mettre fin à d’inquiétantes suspicions on multiplie le danger par dix pour les rendre moins crédibles…
Que pour venir au secours de pays qui, pour avoir trop emprunté, pour combler leurs déficits, croulent sous leurs dettes, d’autres pays en déficit vont garantir ces dettes en se réservant la possibilité, pour ce faire, d’emprunter encore plus.
C’est un peu, en somme, comme la peine de mort qui revient à combattre le crime en tuant, ou la Croisade qui consiste à massacrer son prochain pour imposer une religion d’amour : là, on combat l’excès d’endettement en s’endettant.
Ce que Monsieur ou Madame Tout-le-monde traduira ainsi : des pays en manque de cash décident de mobiliser énormément de cash pour combattre les effets de ce manque de cash.
Mais où trouvent-t-ils l’argent ? s’interroge Monsieur Dupont ou Madame Michu.
Argent virtuel, leur répond-on. Mais des déficits et des dettes étant réels, comment peut-on exorciser du réel avec du virtuel sans prendre le risque que le virtuel se transforme en réel ? Autrement dit, ce qui a été décidé à Bruxelles revient, du moins virtuellement, à créer de la monnaie. Et donc, si besoin était, c’est-à-dire si les pays que l’on aide connaissent une défaillance, à recourir à l’inflation pour éponger leurs dettes.
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Deuxième sketche : celui du bouclier
Toujours pas question de toucher au bouclier fiscal.
Vous serez donc heureux d’apprendre qu’en 2009, grâce à cette merveille (l’information mérite d’être répétée autour de vous) les 10 français des plus riches ont reçu du fisc un chèque de 7,7 millions d’euros en moyenne. Non, on ne s’est pas trompé de zéro.
Quels sont ces dix veinards, on peut imaginer facilement. Et les 100 plus riches se sont vu rembourser, eux, de 1,8 million d’euros en moyenne. 99% des profiteurs du bouclier fiscal sont d’ailleurs assujettis à l’impôt sur la fortune. Des Français moyens, comme dirait Frédéric Lefebvre.
En bref :
Le géant du voyage organisé Amadeus a versé 32 millions d’euros de prime à son PDG. Le numéro 3 du groupe a eu aussi sa part. C’est Philippe Chérèque, le frère du leader de la CFDT.
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L’ancien directeur général du Medef, licencié par Madame Parisot, a obtenu aux Prud’hommes une indemnité de 736 000 euros. Même chômeur, il vaut mieux être au Medef qu’à la CGT.
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David Douillet, le judoka devenu député UMP, ayant déclaré que la place d’une femme est « au foyer et non pas sur un terrain de sport » et que tous les hommes sont mysogines « sauf les tapettes » a expliqué que ces saillies avaient été sorties de leur contexte. Contexte, c’est le mot en effet.
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Le Pape Benoit XVI à Fatima au Portugal. On a préalablement nettoyé et surtout parfumé les rues à l’odeur de citron. C’est ce qu’on appelle affronter la réalité.
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AG du groupe Veolia, toujours codirigé par Proglio : sur quatorze membres du conseil d’administration treize hommes. Tout le monde sait qu’une femme capable de toucher un jeton de présence, c’est introuvable.