Hier, abstention massive aux élections régionales.
Aujourd’hui, abstention presque massive aux défilés du 1er mai.
Refus des mobilisations sans perspectives. La déclinaison de slogans n’y suffit plus.
Petit rappel : le 1er mai fut un fiasco.
Cela ne signifie nullement une acceptation fataliste ou découragée du désordre établi. C’est l’inverse : une certaine forme de lutte syndicale, une certaine forme de combat politique apparaissent, désormais, comme s’intégrant à ce désordre établi.
Attente d’une contre offensive qui ne se satisfait plus d’une succession d’actions purement défensives ; attente d’une alternative qui ne saurait se dissoudre dans une simple alternance ; attente de convergences mobilisatrices que freinent les replis catégoriels. A cet égard, la dernière grève ratée de la SNCF fut une erreur.
Face à ces aspirations, potentiellement puissantes, pourra-t-on longtemps se contenter de multiplier les exclusions, les excommunications, les procès mutuels, les enfermements partisans ?
Une majorité de français veut que « ça change ». On ne peut pas, en réaction, lui répéter constamment, à cette majorité latente : « on va continuer comme avant ».
C’est-à-dire : défiler comme avant, avec les mêmes slogans qu’avant, en proposant les mêmes recettes qu’avant, au son des mêmes musiques qu’avant. Pour, finalement, se retrouver avec les mêmes qu’avant.
Soit on pense, on imagine, on élabore du neuf, soit on déroule, en boucle, le prompteur du vieux, mais dans le vide.
Hier, en prenant connaissance des commentaires postés, majoritairement intéressants, j’ai eu parfois l’impression d’un affrontement stérile entre l’immobilisme et la répétition, entre « rien n’est possible » et « recyclons les vieilles illusions », entre « on ne peut qu’accepter l’état de fait » et « contentons nous de dire non ». Avec, en prime, ce rejet mutuel d’énergies et de disponibilités qui devraient, au contraire, se fédérer pour s’enrichir les unes des autres.
Soyons clairs : est-on prêt à travailler ensemble, à réfléchir ensemble, pour élaborer ensemble, et construire ensemble – oui construire – dans le respect mutuel par conséquent, un autre monde, un autre modèle, et, donc, un autre « vivre » ensemble que ce que nous offre un système qui, sous nos yeux, répudie toute rationalité et toute morale ?
J’aimerais que tous ceux qui accèdent à ce blog puissent, à leur tour, envahir ce forum pour répondre, à leur façon, à cette question. Essentielle !
Nonnistes, et vos remerciements ?
Vous avez oublié ? Qu’elle était, lors du referendum sur le projet constitutionnel européen, la position des grands médias ? Les radios et les télévisions privilégiaient ouvertement et activement le oui. Libé, le Monde, le Figaro, la presse économique, les quotidiens régionaux militaient pour le oui. L’Express, le Point, le Nouvel Obs, Charly Hebdo, s’activaient en faveur du oui. Parmi les très rares exceptions il y eut qui ? Marianne, que je dirigeais à cette époque.
Certes, après beaucoup d’hésitation, et en ne dissimulant pas mes réticences puisque le projet gaullien d’ « Europe puissance » était enterrée, je me prononçais, à titre personnel, en faveur du oui, pour ne pas assassiner la dernière chance. Et j’accepte que l’on considère que ce fut à tort. Mais, à ma demande, le journal s’ouvrit largement aux partisans du non, relaya leur meilleurs arguments, devint presque leur porte parole. Pourquoi ? Je m’en suis largement expliqué alors : parce que le terrorisme intellectuel, l’abus de position dominante, le sectarisme, l’esprit d’exclusion, la tendance à diaboliser et à criminaliser la contradiction, le refus du débat argumenté dont faisaient preuves les partisans du « oui » nous étaient insupportables. Et, finalement, Marianne fut désigné par la « bien pensance » comme un organe « souverainiste ». Le peu de pub qui nous était « allouée », à l’époque, nous fut retirée, en réaction. Eh bien imaginez, aujourd’hui, ma consternation, mon effarement, quand je constate que tout ce que nous dénoncions dans la conception que les « ouiouistes » se faisaient du débat démocratique se retrouve, avec la même violence, le même mépris de l’autre, le même refus d’entendre les arguments des contradicteurs, la même tendance à excommunier chez certains ( je dis bien certains) honorables militants du « non ». C’est ce que j’ai essayé de vous dire hier, sans violence, mais avec ironie…
J’en frisonne un peu car, si ceux qui, dans les deux camps (ex-camps !) veulent que, radicalement, ça change, sont incapables de se retrouver, de s’unir, alors vous savez bien qui gagnera à la fin.
Prostitution
Je remercie Brusyl qui a contesté mon propos sur la rupture du néolibéralisme avec sa propre morale et sa propre rationalité. Argument contre argument (ça c’est un débat). Je le renvoie à cet interview de Jerome Kerviel dans le JDD : « le trading, à la Société générale, c’était une forme de prostitution. A la fin de la journée on entendait la phrase « Relevé des compteurs. T’as été une bonne gagneuse aujourd’hui ! » Seul leitmotiv : faire le maximum d’argent dans le minimum de temps, et peu importe comment ».
Au fait, avec mademoiselle Zahia, l’amie des footballeurs « une nuit d’amour », c’était l’équivalent d’un mois de salaire moyen !!
Démocrate
Tous les journaux nous l’expliquent : même si, en Angleterre, les Libdem arrivaient en tête en nombre de voix, ils seraient les derniers en nombre de sièges…. C’est beau la démocratie du scrutin majoritaire à un tour ! Celui que Sarkozy voulait instaurer en France.
Bavure
L’armée française a tué, par « inadvertance », quatre adolescents qui passaient par là en Afghanistan. Dans les médias français on y accorde moins d’importance que si cela s’était passé en Tchétchénie.
Droits de l’homme
La question du respect des « droits de l’homme » en Chine ? Elle ne se pose plus. Un conseiller de Sarkozy a déclaré au Figaro : « les états d’âmes des bobos on s’en fout ».