Non, on ne continue pas comme avant



(panoramas-flickr-cc)
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Hier, abstention massive aux élections régionales.
Aujourd’hui, abstention presque massive aux défilés du 1er mai.
Refus des mobilisations sans perspectives. La déclinaison de slogans n’y suffit plus.
Petit rappel : le 1er mai fut un fiasco.
Cela ne signifie nullement une acceptation fataliste ou découragée du désordre établi. C’est l’inverse : une certaine forme de lutte syndicale, une certaine forme de combat politique apparaissent, désormais, comme s’intégrant à ce désordre établi.
Attente d’une contre offensive qui ne se satisfait plus d’une succession d’actions purement défensives ; attente d’une alternative qui ne saurait se dissoudre dans une simple alternance ; attente de convergences mobilisatrices que freinent les replis catégoriels. A cet égard, la dernière grève ratée de la SNCF fut une erreur.
Face à ces aspirations, potentiellement puissantes, pourra-t-on longtemps se contenter de multiplier les exclusions, les excommunications, les procès mutuels, les enfermements partisans ?
Une majorité de français veut que « ça change ». On ne peut pas, en réaction, lui répéter constamment, à cette majorité latente : « on va continuer comme avant ».
C’est-à-dire : défiler comme avant, avec les mêmes slogans qu’avant, en proposant les mêmes recettes qu’avant, au son des mêmes musiques qu’avant. Pour, finalement, se retrouver avec les mêmes qu’avant.
Soit on pense, on imagine, on élabore du neuf, soit on déroule, en boucle, le prompteur du vieux, mais dans le vide.
Hier, en prenant connaissance des commentaires postés, majoritairement intéressants, j’ai eu parfois l’impression d’un affrontement stérile entre l’immobilisme et la répétition, entre « rien n’est possible » et « recyclons les vieilles illusions », entre « on ne peut qu’accepter l’état de fait » et « contentons nous de dire non ».  Avec, en prime, ce rejet mutuel d’énergies et de disponibilités qui devraient, au contraire, se fédérer pour s’enrichir les unes des autres.
Soyons clairs : est-on prêt à travailler ensemble, à réfléchir ensemble, pour élaborer ensemble, et construire ensemble – oui construire – dans le respect mutuel par conséquent,  un autre monde, un autre modèle, et, donc, un autre « vivre » ensemble que ce que nous offre un système qui, sous nos yeux, répudie toute rationalité et toute morale ?
J’aimerais que tous ceux qui accèdent à ce blog puissent, à leur tour, envahir ce forum pour répondre, à leur façon, à cette question. Essentielle !

Nonnistes, et vos remerciements ?
Vous avez oublié ? Qu’elle était, lors du referendum sur le projet constitutionnel européen, la position des grands médias ? Les radios et les télévisions privilégiaient ouvertement et activement le oui. Libé, le Monde, le Figaro, la presse économique, les quotidiens régionaux militaient pour le oui. L’Express, le Point, le Nouvel Obs, Charly Hebdo, s’activaient en faveur du oui. Parmi les très rares exceptions il y eut qui ? Marianne, que je dirigeais à cette époque.
Certes, après beaucoup d’hésitation, et en ne dissimulant pas mes réticences puisque le projet gaullien d’ « Europe puissance » était enterrée, je me prononçais, à titre personnel, en faveur du oui, pour ne pas assassiner la dernière chance. Et j’accepte que l’on considère que ce fut à tort. Mais, à ma demande, le journal s’ouvrit largement  aux partisans du non, relaya leur meilleurs arguments, devint presque leur porte parole. Pourquoi ? Je m’en suis largement expliqué alors : parce que le terrorisme intellectuel, l’abus de position dominante, le sectarisme, l’esprit d’exclusion, la tendance à diaboliser et à criminaliser la contradiction, le refus du débat argumenté dont faisaient preuves les partisans du « oui » nous étaient insupportables. Et, finalement, Marianne fut désigné par la « bien pensance » comme un organe « souverainiste ». Le peu de pub qui nous était « allouée », à l’époque, nous fut retirée, en réaction. Eh bien imaginez, aujourd’hui, ma consternation, mon effarement, quand je constate que tout ce que nous dénoncions dans la conception que les « ouiouistes » se faisaient du débat démocratique se retrouve, avec la même violence, le même mépris de l’autre, le même refus d’entendre les arguments des contradicteurs, la même tendance à excommunier chez certains ( je dis bien certains) honorables militants du « non ». C’est ce que j’ai essayé de vous dire hier, sans violence, mais avec ironie…
J’en frisonne un peu car, si ceux qui, dans les deux camps (ex-camps !) veulent que, radicalement, ça change, sont incapables de se retrouver, de s’unir, alors vous savez bien qui gagnera à la fin.

Prostitution                
Je remercie Brusyl qui a contesté mon propos sur la rupture du néolibéralisme avec sa propre morale et sa propre rationalité. Argument contre argument (ça c’est un débat). Je le renvoie à cet interview de Jerome Kerviel dans le JDD : « le trading, à la Société générale, c’était une forme de prostitution. A la fin de la journée on entendait la phrase « Relevé des compteurs. T’as été une bonne gagneuse aujourd’hui ! » Seul leitmotiv : faire le maximum d’argent dans le minimum de temps, et peu importe comment ».
Au fait, avec mademoiselle Zahia, l’amie des footballeurs « une nuit d’amour », c’était l’équivalent d’un mois de salaire moyen !!


Démocrate
Tous les journaux nous l’expliquent : même si, en Angleterre, les Libdem arrivaient en tête en nombre de voix, ils seraient les derniers en nombre de sièges…. C’est beau la démocratie du scrutin majoritaire à un tour ! Celui que Sarkozy voulait instaurer en France.

Bavure
L’armée française a tué, par « inadvertance », quatre adolescents qui passaient par là en Afghanistan. Dans les médias français on y accorde moins d’importance que si cela s’était passé en Tchétchénie.

Droits de l’homme
La question du respect des « droits de l’homme » en Chine ? Elle ne se pose plus. Un conseiller de Sarkozy a déclaré au Figaro : « les états d’âmes des bobos on s’en fout ».

Dimanche 2 Mai 2010
Jean-François Kahn

Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

457.Posté par verso le 05/05/2010 19:32
Que faut-il faire pour réaliser l'Union Nationale, réfléchir ensemble, travailler ensemble etc .?
2 réponses: une bonne guerre comme disait mon grand-père ou un vote à l'Assemblée pour prêter de l'argent à la Grèce à un taux qui nous rapporte (of course) quelques milliards.
A tout prendre, j'aimerai bien être marchand d'armes.....!

456.Posté par hélène le 04/05/2010 19:59
@ Infos du Net

Je suis revenue là par hasard, heureusement sinon je n'aurais pas lu ton post.

Sais tu comment je peux faire pour savoir si ma connection par wifi est piratée ?


454.Posté par Infos Du Net le 04/05/2010 15:05
@ 436.Posté par hélène le 03/05/2010 23:10

Message perso

Attention aux déclarations déplacées :
http://www.zataz.com/alerte-phishing/20179/faux-site-impot-declaration-revenus.html

453.Posté par Robin le 04/05/2010 13:57
De Athènes à Munich

Petit résumé intéressant de Feredor sur la crise Grecque à cette adresse http://www.mediapart.fr/club/blog/feredor/040510/dathenes-munich

452.Posté par western le 04/05/2010 11:42
@451
D'accord avec vous.

451.Posté par COM d' article OU TCHAT PRIVÉ ? le 04/05/2010 10:49
Ce fil de commentaires semble un tchat réservé" à quelques "abuseurs". Ils discutent abondamment et se répondent à coups de rafales de 'posts'.

Ainsi faisant, non seulement ils noient les contributions des autres au milieu des leurs, mais ils ne prennent même pas la peine de tenir compte d'autres que de leurs interlocuteurs privilégiés semble t-il.

On ne doit pas compter sur JFK pour faire la 'police' sur son propre blog quand il est bien plus facile de la prôner pour la société toute entière (donc d' en faire reposer la tâche sur autrui plutôt que sur soi-même) ^^

450.Posté par Manu59 le 04/05/2010 09:37
@ 447.Posté par JMH le 04/05/2010 00:28
Heureusement que j'arrive encore à dormir malgrè toute la misère du monde. Sinon je me suicide tout de suite....

449.Posté par pourquoipas le 04/05/2010 07:33
@367 isabelle Pas du tout mon genre de nana,je trouve que tu deviens trés vulgaire et ordinaire parfois.Sans rancune.

448.Posté par Laurent Weppe le 04/05/2010 04:04
@ Arié

1. "pourquoi, d'après vous, Sarkozy a-t-il préféré une ratification parlementaire à un nouveau referendum comme en Irlande, sinon pour éviter une nouvelle victoire du NON ? "

Parce qu'il a zéro courage politique et est issu de l'école de pensée selon laquelle le peuple est trop stupide pour être gouverné autrement que par une petite élite. Je reste absolument persuadé que si sa première décision avait été d'organiser un référendum et de travailler sa copie, le Oui l'aurait emporté. (Bien sûr, j'étais également persuadé qu'il n'avait pas la fortitude nécessaire pour agir de la sorte, je n'ai donc pas été surpris par la méthode d'adoption du traité de Lisbonne)

2. et 3. Je répète, j'ai déjà pris la peine de répondre sur le fil précédent (commentaire numéro 588).

4. "Ne retrouve-t-on pas ici la rhétorique des partisans du OUI pendant la campagne du TCE: discréditer le contradicteur, et non ses arguments? (si on défend le NON, c'est qu'on n'est pas sincère, qu'on est intéressé, etc. Rhétorique largement responsable, à mon avis, de la défaite du OUI, qui était donné gagnant dans les sondages avant le début de la campagne)."

Cette rhétorique a été peu employée, et elle aurait mérité à l'être davantage: si un politicien défend le Non sans y croire, sans avoir autre chose qu'un intérêt électoral à court terme en tête, il ne fera pas l'effort de définir un projet alternatif: l'absence de conviction d'un politicien ou d'un activiste ont des conséquences politiques majeures (et parfois désastreuses) et doivent être rendus publics.

De plus, la vrai raison de l'échec du référendum, c'était qu'il fallait emmerder Chirac: cela se voit dans la manière dont les différents électorats ont voté: en 92, 80% des électeurs du PS avaient voté pour Maastricht et 60% de l'électorat RPR avait voté contre; en 2005, 80% des électeurs UMP avaient voté pour le TCE et 60% des électeurs du PS avaient voté contre: la première fois le Non avait été en grande partie motivée par le désir de voter contre Mitterrand, et la seconde le Non avait été motivé par l'envie de "faire chier Chirac" (Chirac aurait d'ailleurs dû annoncer qu'il ne se représenterait pas en 2007 à ce moment là et que le TCE rentrerait en vigueur alors qu'il serait déjà à la retraite: il n'a pas voulu se sortir de l'équation)

Enfin, je sais, pour avoir vu qu'en dehors du petit microcosme militant les politiciens qui faisant campagne pour le Non n'avaient pas du tout la côte parmi les électeurs du Non, que cet argument fut entendu et accepté par ceux qui votaient Non: c'est la raison pour laquelle les promoteurs du Non se sont cassés les dents aux présidentielles: ils croyaient s'être créé un électorat captif, mais l'électorat en question était plus malin qu'ils ne l'avaient prévu.

447.Posté par JMH le 04/05/2010 00:28
445.Posté par Manu59

OK, Manu, je ne veux pas te culpabiliser mais quand un Biafrais mourrait de faim, çà ne t'empêchait pas de dormir. Exact ?

446.Posté par Manu59 le 03/05/2010 23:56
@ 443.Posté par JMH le 03/05/2010 23:49
59 c'est mon age :-).... Non, je suis de Lille.

445.Posté par Manu59 le 03/05/2010 23:53
@ 443.Posté par JMH le 03/05/2010 23:43

Que comprendre de ce message? Qu'il faut condamner à mort les chauffards???

Donner la mort de manière volontaire ou pas n'est évidemment pas acceptable dans une civilisation mature, même et surtout au non de la justice. Point.

444.Posté par JMH le 03/05/2010 23:49
@ manu59

Je suppose que tu es du département du Nord que je connais un peu. De quel coin tu es ?

443.Posté par JMH le 03/05/2010 23:43

439.Posté par hélène

Que répondre ? Tu as certainement raison, mais que penser des chauffards qui infligent chaque année plus de 8 000 fois la peine de mort.

442.Posté par Manu59 le 03/05/2010 23:39
J'entends de nombreux nostalgiques des grands soirs, des "en mal de révolution", essayer de nous culpabiliser d'être assis devant notre PC, et d'échanger nos idées, nos pensées, nos opinions (les mêmes qui écrivent sur ce blog d'ailleurs). Mais est-ce que ce n'est pas ça la future révolution? Internet n'aurait il pas remplacer les pavés? On a jamais convaincu personne à coup de pavé, d'ailleurs. La révolution, c'est d'abord celle des idées, des principes, des valeurs
Les nombreux Blog, forums, réseaux sociaux qui naissent un peu partout ont eu une influence avérée sur les dernières élections. Quand on voit, qu'un message lancé sur twitter peut rassembler des centaines d'inconnu pour simplement boire l'apéro, on peut imaginer la puissance que ça peut avoir.

441.Posté par JMH le 03/05/2010 23:38

439.Posté par Manu59

Très juste. Mais je crois que le concept européen a dépassé les peuples épris de leurs particularismes. Et en plus l'aspect bureaucratique de l'organisation a plutôt provoqué du scepticisme que de l'enthousiasme. A juste raison !

440.Posté par hélène le 03/05/2010 23:35
438.Posté par JMH le 03/05/2010 23:20

C'est pas Guillotin qui laisse chez moi une marque effrayante, c'est ce que mon grand père qui était avocat m'a raconté.
Il lui est arrivé une fois de perdre un procès et l'accusé a été condamné à la peine de mort, mon grand père l'a accompagné jusqu'au bout, et cela le hantait .... à partir de là il m'a inculqué l'horreur de la peine de mort.

439.Posté par Manu59 le 03/05/2010 23:23
@436.Posté par JMH le 03/05/2010 23:16
"...Avec l'Europe économique tous les états ont compris l'intérêt de s'unir contre les impérialismes et la montée inexorable des pays émergents. ..."
...et nous en sommes là ! On est nombreux, avec presque qu'une monnaie unique, presque une union économique, presque qu'une banque centrale qui fait presque son boulot, on est même presque des européens mais ou est l'égalité et la solidarité ?


438.Posté par JMH le 03/05/2010 23:20

435.Posté par hélène

Qui aurait pu penser que ce docteur Guillotin prenne une place aussi importante dans notre imaginaire.

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