Népotisme ou « napotisme » ?



Népotisme ou « napotisme » ?
La France est célèbre pour ses journées insurrectionnelles qui, régulièrement, couvrirent Paris de barricades.
Depuis 1968, la performance est plus difficile à reproduire puisque, partout, le macadam a recouvert les pavés. Mais, de nouveau, la France innove. C’est, en effet, à une nouvelle forme d’insurrection républicaine et même « Sans culotte » que l’on vient d’assister, la première peut-être des temps modernes : l’insurrection informatisée. L’émeute par internet interposée. La web-révolution. Les barricades sur la Toile.
Ce ne sont pas, cette fois, quoiqu’on en ait dit, les méchants journalistes qui ont, comme en 1789, comme en 1830, comme en 1848, préparé, organisé et encadré la révolte contre la volonté du monarque président de placer son Dauphin de rejeton à la tête de l’enclave la plus juteuse de son royaume. C’est le peuple des internautes (appuyé par les auditeurs des grandes radios, téléphones au poing) qui, soudain, a fait irruption dans l’arène jusqu’ici confinée du débat politique ordinaire, a bousculé les éditorialistes et commentateurs attitrés, a submergé les députés majoritaires repliés dans leur circonscription et a saturé, en quelque sorte, l’auditorium public en hurlant une indignation d’autant plus cruelle qu’elle prit spontanément la forme d’un iconoclaste humour de dérision.
Les médias ne firent que relayer, de loin, parfois de très loin, la rage de leurs lecteurs et auditeurs.
Victoire du « bas » sur le « haut », en somme, comme lors du référendum sur la Constitution européenne.
Le monarque élu a sagement reculé. L’épisode, cependant, laissera des traces, car il a placé, de façon quasi ineffaçable, la question de la dérive monarchique de la présidence sarkozyenne au centre du débat politique. Le Premier consul ne s’est-il pas comporté comme s’il était déjà Empereur ?
On a parlé de « népotisme ». L’expression renvoie à l’attitude des papes Borgia, Calixte III et Alexandre VI, qui nommèrent, le premier ses neveux, et le second son fils, cardinaux à 16 et 18 ans. Ce qui conduisit Pie V à promulguer une bulle condamnant cette pratique. Mais c’est, en fait, le « napotisme » qu’il faudrait plutôt évoquer. Pourquoi ? Parce que Napoléon, lui, occupa des pays, tout aussi juteux que le quartier d’affaires de La Défense – la Westphalie, la Hollande, Naples, l’Espagne –, pour en faire cadeau à ses frères. Or, à l’époque, pratiquement tous les hiérarques de l’Empire, maréchaux compris, étaient d’anciens révolutionnaires longtemps acquis à la République. On sait, par leurs journaux intimes et leurs mémoires, que cette restauration clanique du principe héréditaire, en leur for intérieur, les révulsait. Mais l’Empereur, tout en les comblant de faveurs et de prébendes, les avait réduit à un tel état de courtisans, comme avait fait Louis XIV avant lui, qu’ils se couchèrent. Les rares qui avaient osé murmurer la plus petite réserve, ayant été sanctionnés ou, au mieux, rétrogradés, comme aujourd’hui Rama Yade, les autres faisaient assaut de révérences, flattaient le monarque et acceptaient de penser contre eux-mêmes. Jusqu’à la grande trahison finale !
Or, c’est ce que la France, restée intrinsèquement républicaine, a eu l’impression de revivre ces dernières semaines. Apparemment personne, même parmi ses proches, n’avait osé expliquer à Nicolas Sarkozy que faire nommer, sinon son cheval Consul, du moins son propre fils âgé de 23 ans et sans aucun diplôme à la tête du plus important quartier d’affaires d’Europe, ne pouvait que conforter le soupçon d’« égocratie » que l’opposition faisait déjà peser sur lui. Ceux qui, jusqu’alors, avaient osé lui tenir tête – par exemple, l’ex-ministre chiraquien François Baroin tentant de le dissuader de se réserver la nomination des présidents des chaînes de télévision – ayant subi de brutales et parfois injurieuses rebuffades, les autres préfèrent désormais s’abstenir. Le souverain se retrouve, en conséquence, enfermé dans sa bulle. Un certain esprit de cour semble avoir envahi non seulement l’Elysée mais également tous ses abords.
Il en est, cependant, des hiérarques et des fantassins du sarkoland, comme il y a 200 ans, des hiérarques et des fantassins du Premier empire : la fulgurante promotion du petit prince Jean les consterna. Ministres et députés UMP ne cachaient pas, en privé, qu’il s’agissait, à leurs yeux, d’une faute majeure. Mais, dès qu’ils en reçurent l’ordre du Château, tous acceptèrent d’aller à la radio et à la télévision, non seulement soutenir ce qu’ils réprouvaient, mais, en outre, débiter des argumentaires imbéciles dont aucun n’ignorait l’hallucinante stupidité. L’un plaida même « l’héritage génétique » de la marque : ainsi, précisa-t-il, le fils de Zidane est forcément un grand footballeur potentiel et Jean Sarkozy, quel que soit son âge et son cursus scolaire, forcément un grand président potentiel. Un ministre osa cette saillie : « s’il s’appelait Martin, on n’en aurait pas fait tout un plat ». La question étant précisément qu’il ne s’appelait pas Martin ! Un troisième compara le fiston avec Hoche, général à 24 ans, oubliant que, non seulement ce dernier n’avait pas été nommé par papa, mais qu’il avait, au contraire, profité de la dégradation des fils à papa. Spectacle terrible, en vérité.
Deux jours après la fin du psychodrame par retrait du dauphin, l’Assemblée Nationale – pouvoir législatif – ayant voté majoritairement en faveur d’un amendement prévoyant de taxer de 10 % les hyper profits des banques, la ministre de l’Economie annonça que l’on revoterait, car le résultat ne convenait pas au pouvoir exécutif.
Cette fois, les internautes « Sans culotte » ne réagirent pas. Ils n’étaient plus à ça près.

Vendredi 30 Octobre 2009
Kahn Jean-François


1.Posté par Kiosk le 18/12/2009 12:43
Une petite illustration de ce propos ?
http://pagesperso-orange.fr/kiosquec/diaporamas/politique/images/Incitatus.jpg

Et une autre dans la foulée :
http://pagesperso-orange.fr/kiosquec/diaporamas/politique/images/Sarkozy%20roi.jpg

http://kiosque.fr.cr/

2.Posté par muguet le 19/12/2009 19:07
Deux jours après la fin du psychodrame par retrait du dauphin, l’Assemblée Nationale – pouvoir législatif – ayant voté majoritairement en faveur d’un amendement prévoyant de taxer de 10 % les hyper profits des banques, la ministre de l’Economie annonça que l’on revoterait, car le résultat ne convenait pas au pouvoir exécutif.
Cette fois, les internautes « Sans culotte » ne réagirent pas. Ils n’étaient plus à ça près.


La sévère " déculottée" infligée aux sans culotte " au moment du référendum a laissé le peuple sur le cul . il doute un peu qu'il y ait une représentation législative digne de ce nom dans le pays . il se replie ( le peuple ) sur des représentations de proximité ( associations , bénévolat de secours divers - la charité institutionnalisée - , université populaire , mairie ect , ect ..) . le coup d'état européen n'est pas seulement gravé politiquement dans les esprits mais aussi symboliquement . Et lorsque l'on touche à la représentation symbolique alors tout peut arriver par la suite .

3.Posté par 4 Août le 06/07/2010 19:07
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4.Posté par die schöne Jack le 21/09/2010 23:35

Il reste un peu de vie dans ce cimetière qu'est devenu le blog de Jean-François Kahn je m'étonne qu'aucun malade mental autre que MOI en profite pour poster des insanités ! C'est vrai il y a encore les blogs de ce crétin de Rioufol et Fdesouche pour se déFOUler

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