Merkel 15 – Aubry 10
Actualité riche. Trop pour mes capacités. Constat : Madame Merkel, dirigeant conservatrice allemande, vient, après Obama président des Etats-Unis, de prendre une vraie mesure de régulation des marchés financiers. En face, qui vous savez, en a, jusqu’à présent, prise aucune. Comme disait Hamlet - celui que Shakespeare a réussi à concocter sans casser des œufs – « des mots, des mots, des mots ! ». Je vous rappelle que, dans les propositions de réforme du système financier international que je vous ai récemment posté, il y avait interdiction de la pratique des ventes à découvert qui consiste à organiser une ruine d’épargnants pour s’enrichir soi sur leur dos. Pourquoi la spéculation (car, ici, il s’agit bien d’une spéculation) s’était déchaînée : justement parce que Paris et Londres se sont désolidarisés de la position allemande. Il se passe, en réalité, quelque chose d’extravagant : l’Allemagne, comme la Grande-Bretagne mais pour d’autres raisons, était contre l’ahurissant plan de sauvegarde concocté à Bruxelles. Et, d’un point de vue purement rationnel, elle avait parfaitement raison. D’autant que si les pays les plus endettés ou les plus fragilisés connaissaient une défaillance, s’il fallait en conséquence déclencher le mécanisme de garantie prévu, l’Allemagne en serait de sa poche pour 169 milliards d’euros et la France pour 127. Quant à l’Italie, paradoxalement, si elle devait payer sa part, sa dette s’envolerait à 125 % du PIB et elle se retrouverait à son tour dans l’œil du cyclone. L’Allemagne s’est finalement ralliée au plan sous les pressions que l’on imagine. Mais elle a exigé, en échange, qu’on en tire toutes les conséquences. Et ses partenaires refusent. C’est comme cela que l’on créé le chaos. Au fait : avez-vous remarqué que les médias ne disent plus que le « plan de sauvetage » était une grande idée de qui vous savez.
Le PS et les retraites
Projet PS sur les retraites. Très significative est la réaction des porte-paroles de l’UMP et du gouvernement. Ils n’ont cessé d’accuser le PS : 1) de n’avoir pas de projet et de ne pas faire de propositions ; 2) de repousser a priori les propositions gouvernementales sans accepter d’en discuter. Et ils n’avaient pas tout à fait tort. Or, comment réagissent-ils ? Exactement de la façon qu’ils reprochent à la gauche : en condamnant a priori, de façon manichéenne, et sans accepter la moindre discussion. * On s’en doute : le projet présenté par Martine Aubry ne correspond pas à ma propre approche, puisque je suis personnellement favorable à la remontée de l’âge légal du départ à la retraite, mais hostile à la fois à un allongement du nombre d’annuités (41) donnant droit à une retraite à taux plein et à l’augmentation des cotisations. En outre, si je considère que le recours à une taxation du capital et des hauts revenus est absolument juste (en poussant des hauts cris les représentants du pouvoir ont d’ailleurs tombé le masque), je préfère que ce rééquilibrage indispensable s’effectue, non au coup par coup, mais à travers une réforme fiscale globale et profonde. Enfin, je me méfie beaucoup de l’argument : « il ne faut pas remonter l’âge légal du départ à la retraite, car il y a 10 % de chômeurs ». J’y soupçonne un relent de malthusianisme. Autrement dit : comme il y aura toujours au moins 10 % de chômeurs (en fait, comme un internaute le remarque, si on prend en compte toutes les catégories et non seulement la catégorie A, il y en a plus), partageons le travail qui reste en faisant partir des salariés à la retraite de plus en plus tôt. (C’est également la logique de la multiplication ruineuse des préretraites). Non : il faut élaborer et imposer un modèle de développement qui permettra à tous les actifs potentiels d’obtenir un emploi stable et convenablement rémunéré. Cela dit, de tout cela on peut débattre et discuter. De façon ouverte, respectueux les uns des autres, sans s’enfermer chacun dans ses certitudes. D’autant, qu’il y a aussi dans le projet du PS des pistes intéressantes, des avancées dont il faut prendre acte, et qu’en particulier tout ce qui tend à plus de souplesse, de flexibilité au bon sens du terme, et aussi à l’instauration, entre 60 et 70 ans, d’un secteur choisi de mi-retraite – mi-travail, est à approfondir. En revanche, l’attitude de l’UMP et du pouvoir actuel qui revient à refuser toute prise en compte des idées de l’autre et à envisager le débat politique comme un combat, comme une guerre, est préjudiciable au fonctionnement de la démocratie. Accuser, par exemple, comme je l’ai entendu dans la bouche d’un ministre, les socialistes de préconiser une baisse des pensions de retraite, est absolument faux. * Stratégiquement, je ne suis pas certain que le PS ait très bien joué. Il aurait dû, soit présenter son projet bien avant que le gouvernement n’esquisse le sien, ce qui aurait été une attitude extrêmement responsable, soit attendre que le gouvernement ait donné réellement des précisions sur ce qu’il entend mettre en œuvre, ce qui lui aurait permis de montrer en quoi ils s’en démarquaient exactement, en particulier en matière de taxation du capital. * Constat significatif : quoi qu’on pense du projet PS, il a été adopté à l’unanimité moins trois voix. Dont celle de Manuel Valls. Qui doit représenter environ 1,5 % des adhérents. Or, qui a-t-on entendu sur toutes les antennes : Manuel Valls. Autrement dit, les médias invitent, en priorité, ceux qui pensent comme eux. CQFD.
Thaïlande
Pourquoi ce silence des défenseurs des droits de l’homme. Je le rappelle, quoi qu’on pense des Chemises Rouges et de leurs chefs, toutes les élections libres ont démontré qu’ils représentaient une large majorité de la population. Et, ce qu’ils exigent, c’est que les résultats du suffrage universel soit respecté. Et comment leur répond-on ? Par la répression armée. Pourquoi ce silence de BHL. Entre autres.
Mondanités
C’est vrai, la presse anglaise en a fait ses choux gras. De quoi s’agit-il exactement ? Il se trouve que j’en ai eu l’information presque dans la bouche du cheval : Michèle Obama a raconté à un certain nombre de gens qu’elle a rencontrés, qu’elle avait été estomaquée quand Carla Sarkozy, au cours du dernier séjour à Washington du couple présidentiel français, lui a demandé s’il lui était déjà arrivé de faire attendre quelqu’un d’important parce qu’elle était en train de faire l’amour. C’est charmant. Pas de quoi en faire un pataquès.
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