Dessin: Louison
L’affaire des « zones noires de Xynthia » est tout à fait significative. Et même emblématique.
Logiquement, au lendemain de la catastrophe, il eut fallu envoyer d’urgence sur place une commission mixte restreinte habilitée à affronter les différents problèmes posés dans toute leur complexité, avec mission d’examiner, très rapidement, en coopération avec les élus locaux et les représentants des victimes, la situation au cas par cas.
Au lieu de quoi, que se passe-t-il ? Sarkozy se rend sur place, entre les deux tours des élections régionales, avec l’intention affichée de faire un coup pour mettre en valeur son « volontarisme ». Donc, sans examen sérieux du problème dans toutes ses dimensions, sans concertation préalable avec les intéressés, en instrumentalisant à des fins partisanes l’émotion provoquée par le drame (comme il le fait, d’ailleurs, à l’occasion de presque tous les faits divers), il s’offre un énième effet de menton : on détruira toutes les maisons situées dans les zones dangereuses. « L’ai-je bien descendu ? », comme s’interrogeaient les stars du Casino de Paris. Du coup, il ne reste plus à l’administration court-circuitée et sommée de mettre en musique le diktat présidentiel, qu’à appliquer aveuglément la décision tombée d’en haut sans même examiner, ce qui serait fort mal vu, la réalité concrète telle qu’elle est vécue en bas. Et le résultat est en effet kafkaïen.
Or, cet épisode résume toute la perversité du mode de gouvernance sarkozyste.
Rappelons-nous ce qui s’est passé à propos de la télévision. Le chef de l’Etat connaît alors une première chute dans les sondages. Il lui faut, en conséquence, faire « un coup » pour se remettre en selle et, accessoirement, pour piéger la gauche. Au cours d’une conférence de presse, donc, sans consulter personne, ni sa ministre de la Culture ni même la direction de France Télévision, sans avoir procédé à la moindre étude préalable, mais dans la foulée, pour faire plaisir à son ami Bouygues, il annonce la suppression de la publicité sur les chaînes de service public. Comment compenser le manque à gagner alors que les caisses sont vides ? Mystère…
Pour donner le change, on charge une commission, présidée par Jean-François Copé, de trouver, a posteriori, une solution. Elle rend son rapport au président, devant les caméras de télévision. Là encore, sans en avoir prévenu personne, le chef de l’Etat annonce illico, en direct, qu’il ne tiendra pas compte de ces suggestions et, en particulier, qu’il nommera lui-même, et dégradera si nécessaire, les présidents de chaînes, ce que la commission en question ne préconisait nullement.
Conséquence : un retour en arrière de 40 ans et un imbroglio dont le pouvoir ne parvient plus à s’extraire car la suppression totale de la publicité, notamment sur France 2 et France 3, exige de trouver plus de 200 millions d’euros malgré la faillite des finances publiques. D’où, les pressions pour maintenir la pub dans la journée.
Quant à la profession journalistique, qui aurait dû unanimement se mobiliser contre cette régression en matière d’indépendance de l’information, elle s’est couchée. A quelques exceptions près. Les grands « commentateurs » éditorialistes de l’audiovisuel n’ont pas bronché.
Conclusion : c’est une certaine tolérance médiatique qui a permis que se développe, impunément, et de façon de plus en plus ubuesque, le pire mode de gouvernance que la Vè République ait connu.
Logiquement, au lendemain de la catastrophe, il eut fallu envoyer d’urgence sur place une commission mixte restreinte habilitée à affronter les différents problèmes posés dans toute leur complexité, avec mission d’examiner, très rapidement, en coopération avec les élus locaux et les représentants des victimes, la situation au cas par cas.
Au lieu de quoi, que se passe-t-il ? Sarkozy se rend sur place, entre les deux tours des élections régionales, avec l’intention affichée de faire un coup pour mettre en valeur son « volontarisme ». Donc, sans examen sérieux du problème dans toutes ses dimensions, sans concertation préalable avec les intéressés, en instrumentalisant à des fins partisanes l’émotion provoquée par le drame (comme il le fait, d’ailleurs, à l’occasion de presque tous les faits divers), il s’offre un énième effet de menton : on détruira toutes les maisons situées dans les zones dangereuses. « L’ai-je bien descendu ? », comme s’interrogeaient les stars du Casino de Paris. Du coup, il ne reste plus à l’administration court-circuitée et sommée de mettre en musique le diktat présidentiel, qu’à appliquer aveuglément la décision tombée d’en haut sans même examiner, ce qui serait fort mal vu, la réalité concrète telle qu’elle est vécue en bas. Et le résultat est en effet kafkaïen.
Or, cet épisode résume toute la perversité du mode de gouvernance sarkozyste.
Rappelons-nous ce qui s’est passé à propos de la télévision. Le chef de l’Etat connaît alors une première chute dans les sondages. Il lui faut, en conséquence, faire « un coup » pour se remettre en selle et, accessoirement, pour piéger la gauche. Au cours d’une conférence de presse, donc, sans consulter personne, ni sa ministre de la Culture ni même la direction de France Télévision, sans avoir procédé à la moindre étude préalable, mais dans la foulée, pour faire plaisir à son ami Bouygues, il annonce la suppression de la publicité sur les chaînes de service public. Comment compenser le manque à gagner alors que les caisses sont vides ? Mystère…
Pour donner le change, on charge une commission, présidée par Jean-François Copé, de trouver, a posteriori, une solution. Elle rend son rapport au président, devant les caméras de télévision. Là encore, sans en avoir prévenu personne, le chef de l’Etat annonce illico, en direct, qu’il ne tiendra pas compte de ces suggestions et, en particulier, qu’il nommera lui-même, et dégradera si nécessaire, les présidents de chaînes, ce que la commission en question ne préconisait nullement.
Conséquence : un retour en arrière de 40 ans et un imbroglio dont le pouvoir ne parvient plus à s’extraire car la suppression totale de la publicité, notamment sur France 2 et France 3, exige de trouver plus de 200 millions d’euros malgré la faillite des finances publiques. D’où, les pressions pour maintenir la pub dans la journée.
Quant à la profession journalistique, qui aurait dû unanimement se mobiliser contre cette régression en matière d’indépendance de l’information, elle s’est couchée. A quelques exceptions près. Les grands « commentateurs » éditorialistes de l’audiovisuel n’ont pas bronché.
Conclusion : c’est une certaine tolérance médiatique qui a permis que se développe, impunément, et de façon de plus en plus ubuesque, le pire mode de gouvernance que la Vè République ait connu.
Aubrysme
Tribune libre de Martine Aubry dans Le Monde. Intéressant, sympathique, imprégné de solidarisme chrétien. Il y a quarante ans, cette idéologie - qui était un peu celle de feu le MRP dans les années 50 – aurait été classée au centre droit. Ce qui donne une idée des glissements intervenus depuis cette époque.
Notons tout de même que, si le texte de Martine Aubry avait été signé Ségolène Royal, les médias se seraient sans doute moqués. Peut-être la supériorité de Martine tient-elle justement à cela que, avec elle, on enrage parfois, mais on ne se moque pas.
Notons tout de même que, si le texte de Martine Aubry avait été signé Ségolène Royal, les médias se seraient sans doute moqués. Peut-être la supériorité de Martine tient-elle justement à cela que, avec elle, on enrage parfois, mais on ne se moque pas.
Pub
Le coût de la publicité du gouvernement, en faveur de la réforme des régimes de retraite, s’élève à 8 millions d’euros. Donc, toutes les caisses ne sont pas vides. C’est rassurant.
Dire la vérité
Notre Gaëtan national, éditorialiste du Figaro, écrit : « le courage politique impose de dire la vérité aux Français ». C’est la première fois que le journal attaque aussi violemment le chef de l’Etat.
A sa façon, Yves de Kerdrel, chroniqueur du même journal, dit, lui, la vérité aux Français… Enfin, plus exactement, sa vérité et cela sans détours. Citons-le : « l’équité est une idée stupide. Jamais on a eu autant besoin d’une politique visant à protéger les riches. Permettre aux riches d’être riches et d’être plus riches encore, c’est être sûr qu’il y aura moins de pauvres. Le problème ce ne sont pas les inégalités. C’est la liberté et l’inégalité est la condition de la liberté. Surtout, il ne faut pas faire payer les riches sans quoi ils vont s’exiler… ». Voilà au moins quelqu’un qui ne se cache pas derrière son petit doigt.
A sa façon, Yves de Kerdrel, chroniqueur du même journal, dit, lui, la vérité aux Français… Enfin, plus exactement, sa vérité et cela sans détours. Citons-le : « l’équité est une idée stupide. Jamais on a eu autant besoin d’une politique visant à protéger les riches. Permettre aux riches d’être riches et d’être plus riches encore, c’est être sûr qu’il y aura moins de pauvres. Le problème ce ne sont pas les inégalités. C’est la liberté et l’inégalité est la condition de la liberté. Surtout, il ne faut pas faire payer les riches sans quoi ils vont s’exiler… ». Voilà au moins quelqu’un qui ne se cache pas derrière son petit doigt.
Ca mérite un prix
C’est dommage qu’il n’y ait pas un prix à distribuer sur ce blog, parce que j’aurais eu le plaisir de le distribuer à deux internautes : celui qui, parmi les grandes réformes réalisées par Sarkozy, cite le « grand emprunt » et un autre, surnommé « dooggy », qui, soucieux sans doute de me défendre contre ceux qui me qualifient de néolibéral ou de centriste mou, explique que je suis un ultra gauchiste partisan d’un régime de type Corée du Nord. Pourquoi ? Parce que j’explique que les citoyens devraient être égaux devant l’impôt. Au moins, ici, on n’est pas payé, mais on rigole !