Pour qui a entendu, pendant des années, Philippe Séguin, ce grognard, se livrer à un véritable jeu de massacre visant alternativement Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Edouard Balladur, Nicolas Sarkozy, entre autres, et les marquis ou barons de la droite se déchaîner contre le disparu promis au mieux à l’asile de Charenton, la cérémonie unanimiste qui a accompagné son envol vers d’autres cieux avait quelque chose de surréaliste.
Quant à la gauche bien pensante qui a salué, à l’envi, le « grand républicain », elle a bien vite oublié le temps où, et avec quel mépris, elle tournait en dérision le ringardisme supposé de ce républicanisme-là.
A la tête de la Cour des comptes Philippe Séguin, heureusement, s’était imposé un devoir de réserve. Dès lors, ce que saluent avec émotion aujourd’hui beaucoup de ces surprenants adorateurs, ce n’est pas ce qu’il a dit, mais ce qu’il s’est interdit de dire.
Il est vrai que s’il avait exprimé tout haut ce qu’il affirmait, en privé, concernant l’état de la France et l’incohérence coupable d’une politique de fuite en avant qui, selon lui, la mène droit dans le mur (il fallait, en particulier, l’entendre tailler en pièces l’idée de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ou de non fiscalisation des heures supplémentaires), il aurait sans doute été nécessaire de confier le panégyrique officiel non pas à Nicolas Sarkozy mais à Jean-Pierre Chevènement.
Quant à la gauche bien pensante qui a salué, à l’envi, le « grand républicain », elle a bien vite oublié le temps où, et avec quel mépris, elle tournait en dérision le ringardisme supposé de ce républicanisme-là.
A la tête de la Cour des comptes Philippe Séguin, heureusement, s’était imposé un devoir de réserve. Dès lors, ce que saluent avec émotion aujourd’hui beaucoup de ces surprenants adorateurs, ce n’est pas ce qu’il a dit, mais ce qu’il s’est interdit de dire.
Il est vrai que s’il avait exprimé tout haut ce qu’il affirmait, en privé, concernant l’état de la France et l’incohérence coupable d’une politique de fuite en avant qui, selon lui, la mène droit dans le mur (il fallait, en particulier, l’entendre tailler en pièces l’idée de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ou de non fiscalisation des heures supplémentaires), il aurait sans doute été nécessaire de confier le panégyrique officiel non pas à Nicolas Sarkozy mais à Jean-Pierre Chevènement.