Etrange discussion, mardi dernier, au sein du groupe parlementaire UMP réuni autour de François Fillon, pour parler de la réforme territoriale. Pierre Lang, député de Moselle, et François Grosdidier, également député lorrain, ont expliqué que l’UMP perdrait sans doute les prochaines élections législatives, même si Sarkozy était réélu. André Flogelet, député du Pas-de-Calais, s’est dit convaincu que «
dans plusieurs circonscriptions, c’est le Front National qui arrivera en deuxième position derrière le PS ». En aparté, de nombreux parlementaires reconnaissaient, comme Pierre Lang lui-même, qu’ils avaient toutes les chances d’être battus aux législatives en 2012, quelque soit le résultat de l’élection présidentielle, tandis que d’autres prévoyaient une forte poussée socialiste, certes, mais surtout Front National, à leur détriment.
«
Notre seule chance, expliquait ironiquement l’un deux,
serait qu’une élection de Strauss-Kahn dope les suffrages du parti de Mélenchon au détriment du PS ».
Et une élection d’Aubry, ça ne doperait personne ?
En attendant, il a été décidé de ne pas supprimer les triangulaires de second tour, comme cela avait été un moment prévu, par peur qu’en représailles, le Front National appelle à faire battre les députés UMP.
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Après les cortèges syndicaux d’hier, mitigés, Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, a déclaré : cette mobilisation faible valide la méthode du pouvoir !
Est-ce à dire qu’à la première mobilisation forte le pouvoir en question reconnaîtra la non-légitimité de sa méthode ?
Points d’HistoireQuelques remarques sur des points d’Histoire évoqués ici, ces derniers jours, mais qui charrient, parfois, quelques discutables idées toutes faites.
1 – Non, il n’y avait pas autant de monde à Paris pour accueillir le maréchal Pétain en avril 44 et le général de Gaulle en août de la même année. En fait, il y avait au maximum, en avril 44, 30 000 personnes massées place de l’Hôtel de Ville, pour Pétain, et plus d’un million en août sur les Champs Elysées, pour De Gaulle. Au pire, on peut considérer que 5000 personnes ont assisté aux deux rassemblements.
2 – Les révolutionnaires de 1789 ne se sont pas empressés « d’interdire les syndicats ouvriers et d’autoriser des organisations patronales ». A l’époque, les artisans et travailleurs salariés, enfermés dans un véritable carcan normatif, n’avaient pas d’existence propre, contraints qu’ils étaient de s’intégrer à des « corporations » rigidifiées et hiérarchisées. Ce sont ces corporations (et ces associations corporatives) de salariés comme de patrons que la loi Le Chapelier a interdites. En quoi le Le Chapelier en question se comportait en véritable libéral (priorité à la liberté individuelle), mais aussi, à l’époque, en progressiste. C’est le même, d’ailleurs, qui fit abolir les titres de noblesse et les titres féodaux, puis fit voter le principe de l’égalité des successions et de la reconnaissance de la propriété littéraire. Rappelons que les régimes fascistes ont tenté de restaurer le système des corporations.
3 – Louis XVIII n’était nullement un roi réformiste et ouvert. Moins réac sans doute que le comte d’Artois, velléitaire, plutôt brave homme, et peu enclin, c’est vrai, à faire couler le sang, il n’en était pas moins opposé à toute réforme qui remettait en cause les principes d’Ancien régime et, accro en fait à un absolutisme éclairé (encore que, contrairement à Frédéric de Prusse, il ne rencontra jamais, un seul intellectuel de son temps), il refusait obstinément toute évolution vers une monarchie constitutionnelle.
On a retrouvé des documents qui montrent 1) qu’il finança, dès 1790, des groupes « ultra gauchistes », comme on dirait aujourd’hui, pour favoriser des troubles qui déclencheraient, en réaction, une contre-révolution ; 2) qu’il comptait bien sur les troupes étrangères pour rétablir l’intégrité de ses pouvoirs.
Il faut lire à ce sujet, si cela vous intéresse, le livre consacré à la Révolution française, écrit par Emile Ollivier, ex-républicain de centre droit rallié à l’Empire et devenu 1er ministre de Napoléon III.
4 – Oui, il est en effet lamentable, pour ne pas dire plus, que nous n’ayons pas tout entrepris pour protéger et assurer ensuite une vie décente aux Harkis qui s’étaient battus sous nos couleurs et en notre nom. (Les Algériens n’ayant, eux, aucune raison de les protéger). En revanche, est-il raisonnable de s’enfermer pour l’éternité dans le statut absurde de « fils » ou de « petit-fils de Harkis », ce qui permet à des officines politiciennes de les instrumentaliser.
5 – Si vous aimez l’Histoire contemporaine, je vous conseille de vous intéresser de près à la politique suivie par le président du Conseil, Pierre Laval, en 1935 et à ses conséquences. C’est instructif, car cela renvoie curieusement à ce qui se passe aujourd’hui.
PS : pour les amateurs d’Histoire, je vous posterai demain, en guise de lecture de week-end, un texte démontrant à quel point la politique de Louis XIV est en grande partie à l’origine de la plupart des maux français.
Message personnelJe reçois, par mail, de nombreux messages qui me disent en substance : « nous apprécions beaucoup ce blog et ce forum ; d’accord ou pas d’accord, nous aimerions, parfois, intervenir dans les débats, apporter nos témoignages, mais la violence de certaines réactions d’internautes à tous posts qui ne vont pas dans le sens de ce qu’ils pensent et, surtout, la rémanence de querelles personnelles interminables et parfois haineuses, nous décourage.
C’est pourquoi, s’il n’y a pas d’auto-régulation, il faudra bien, en effet, imposer une discipline.
Je m’adresse, en particulier, aux 5 ou 6 forumistes qui apportent énormément à nos échanges, et dont il ne serait pas concevable de se passer, mais qui sabotent, en partie, ce qu’ils apportent par leurs excès ou leurs obsessions polémiques. Ils peuvent, eux surtout, contribuer en s’auto-disciplinant à ce que ce blog reste totalement libre.
Quant à tous ceux qui n’osent pas intervenir, des milliers en fait, je ne saurais trop les encourager à contribuer à l’apaisement général en nous apportant, eux aussi, leurs points de vue.
La liberté totale, oui. Mais deux principes président à la confection de ce blog : l’appel à réfléchir, tous ensemble, pour élaborer des « alternatives » constructives et le refus de toute idéologie de haine. Je ne vois donc pas pourquoi on accepterait, d’un côté la répétition défaitiste du « rien n’est possible ! » et, de l’autre, la systématisation de la méchanceté.