C’est un petit séisme électoral : la gauche, représentée par une candidate écologiste, a remporté, est assez nettement, les élections à Rambouillet, dans les Yvelines, l’une des circonscriptions les plus à droite de France.
La gauche, d’un tour à l’autre, a gagné cinq points, ce qui signifie que la moitié environ des suffrages obtenus par le « Nouveau Centre » et le « Front National » c’est reportée sur sa candidate. Confirmation, donc, que la droite sarkozyste n’a quasiment plus de réserves, que plus de 30% des électeurs lepénistes, ancrés dans l’opposition, préfèrent voter à gauche qu’UMP et que même les électeurs du Nouveau Centre, officiellement alliés à l’UMP, prennent leurs distances. C’est à une sécession des classes moyennes que l’on vient d’assister dans les Yvelines.
Si les élections législatives générales c’étaient déroulées ce dimanche, et si l'on projette sur l’ensemble des circonscriptions de l’Hexagone les glissements de voix observés dans la circonscription de Rambouillet, l’UMP obtiendrait moins de 100 sièges. Une bérézina !
Il faut, cependant, relativiser ce premier constat. Certes, la droite a perdu là où elle avait toujours gagné. Et le scrutin majoritaire, lui, du coup, est devenu très défavorable.
Mais, avec 48% des suffrages, le candidat sarkozyste ne s’effondre pas totalement alors que le climat politique délétère, les mesures de rigueur qui vont frapper les classes moyennes et la succession des affaires, y compris celles qui éclaboussent l’ancienne député du cru Christine Boutin, auraient pu donner l’occasion à l’électorat de lancer un avertissement sans frais encore plus brutal.
Réduit à son noyau sociologique dur, le socle sarkozyste reste donc, encore, relativement solide.
On en conclura que certes, l’UMP est en perdition, même dans ses fiefs, mais que la gauche ne suscite toujours pas de forte dynamique alternative. Elle profite simplement de l’affaissement de l’adversaire.
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Nicolas Sarkozy se posera, ce lundi soir, en victime et comparera l’affaire Woerth à l’affaire Baudis et à l’affaire Clearstream. Ce qui m’amuse beaucoup. Pourquoi ? Parce que – Baudis peut en témoigner – j’ai été le premier à écrire que les accusations contre lui étaient scandaleuses et ne tenaient pas la route et nous avons été, en outre, dans Marianne, parmi les premiers à démontrer que les accusations soit disant contenues dans les pseudos fichiers Clearstream (et qui d’ailleurs, à l’origine, ne visaient pas Sarkozy mais, entre autres, Chevènement, Alain Madelin, DSK. et… Edwy Plenel) n’étaient qu’une ridicule et détestable farce sans la moindre fiabilité. Mais nous expliquâmes également, depuis le début, que Dominique de Villepin n’était nullement l’instigateur ou le complice de cette manipulation.
Or, c’est avec la même certitude que je maintiens que l’affaire Woerth - Bettencourt est sérieuse et grave. La preuve en est, d’ailleurs, que l’on refuse une enquête judiciaire indépendante et que les investigations préliminaires ont toutes été confiées à des personnalités très proches de Nicolas Sarkozy.
Soit dit en passant, en onze ans, Madame Bettencourt n’a jamais été contrôlée fiscalement, ce qui est tout à fait hors norme. Or, l’inspection générale des finances vient de confirmer qu’Eric Woerth, ministre du budget, n’a rien fait pour mettre fin à cette étrange impunité. Donc acte.
