Les anti-patriotes




C'est Jean Jaures qui lança cette formule célèbre : un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d'internationalisme y ramène.
Je suis certain que nous sommes beaucoup, ici, à pouvoir la reprendre en nous définissant à la fois comme européens et patriotes. Ce pourquoi nous souffrons aujourd'hui doublement comme Européens et comme patriotes. L'anti-européisme est en hausse, c'est vrai, mais l'anti-patriotisme aussi.

Ainsi quand Paul Dubrule cofondateur du groupe Accor et ex-sénateur UMP se vante, dans un hebdomadaire helvétique, d'avoir réussi, bien qu'il soit richissime, à soustraire à la communauté nationale française, 2,3 millions d''euros d'impôt par an grâce à son évasion fiscale en Suisse (et malgré, notez-le bien, le fameux bouclier), le patriotisme en prend un sérieux coup.

Ainsi, lorsque des responsables français, au plus haut niveau, approuvent une Europe purement technocratique, qui ne serait donc ni une confédération souple ni une fédération intégrée, confient le soin à un organisme sans légitimité démocratique d'accorder ou pas l'imprimatur aux budgets nationaux avant même qu'ils aient été soumis aux élus des pays concernés, les Européens et les patriotes que nous sommes souffrent de concert.

Ainsi, également, quand, à l'occasion de la projection à Cannes, d'un film franco-algérien, «Hors la loi», qui évoque la tragédie de Sétif il y a soixante cinq ans, des élus de la République donnent au monde l'image de notre pays, détestable et injuste, que s'en font les pires ennemis de la France - c'est-à-dire un pays resté colonialiste dans l'âme et qui est incapable d'accepter le moindre débat concernant sa propre histoire - cela révulse mon patriotisme. D'autant que, dans ses profondeurs, la France, ce n'est pas cela, et que je ne supporte pas que, dans un but politicien, on la caricature à ce point.
 
Peut-on d'ailleurs être patriote sans respecter le patriotisme de l'autre. Y compris quand il est ridicule comme le nôtre l'est parfois. Peut-on aspirer à rester indépendant sans accepter que l'autre le soir devenu. Dois-je rappeler que le député Lionel Luca milite ardemment en faveur des nationalistes tibétains.


Vous avez dit dignité de la femme ?

Au fond, la burqa est une forme de nudité, mais en plus obscène. Dans un cas, c’est la nudité du corps, dans l’autre, la nudité sans le corps. Â» Oui, il faut interdire, en France, le port de la burqa ; ou, plus exactement, faire en sorte qu’effectivement n’apparaissent plus de femmes intégralement voilées dans l’espace public. Il suffit d’une décision, d’une circulaire, en arguant d’un principe de sécurité publique : pas de visage masqué !
Ce qui marqua, sans doute, la naissance de la civilisation, ce fut l’apparition de l’agora. Du forum, c’est-à-dire de cet espace réservé à l’enchevêtrement des regards préludant à celui des reconnaissances : j’existe par la preuve que je reçois de l’existence de l’autre, en tant que le regard de cet autre me renvoie la preuve de ma propre existence, et ces deux existences, qui s’affirment en se découvrant, s’identifient dès lors à des dons qu’on se fait l’un à l’autre pour s’aider à mieux exister. Or, la burqa, c’est l’abolition de l’agora. L’escamotage du forum puisqu’on en a retranché cette part de l’altérité qui garantit la pérennité de la vie elle-même. Culture de mort en somme. Et pas seulement sociale. Ces femmes qui ne veulent pas être vues, n’habitent-elles pas généralement dans des espaces qu’on ne veut pas voir ?

L’humain réduit à son emballage ? Pire : l’escargot réduit à sa coquille.

La femme n’est même plus quelqu’un qui parle chiffon, c’est un chiffon. Le pire des hommes va en prison. Elle, fut-elle la meilleure, sa prison, elle la porte. Non ! Même pas, car cela signifierait qu’elle lui est extérieure. C’est en fait sa prison qui la porte.

Donc, oui, il faut interdire – au sens d’effectivement empêcher - le port de la burqa dans l’espace public.
Alors, pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas pris cette décision ? Tout simplement pour le plaisir de créer un trouble public et de l’instrumentaliser politiquement.

Donc, on fera une loi. Inutile. Absurde. Contre-performante. Et qui jette déjà le trouble. Ah, cette trouvaille ! Une loi burqa au nom de la défense de la dignité de la femme. Bravo ! Encore ! On en redemande ! Les filles employées comme caissières d’hypermarchés, plus mal payées qu’elles c’est toi qui en est de ta poche, et dont les horaires sont tellement flexibles que, pour une heure de boulot, elles doivent en passer deux à attendre qu’on leur indique les horaires du boulot, ce n’est pas une atteinte à la dignité de la femme ? Allez donc dans un magasin de luxe de l’avenue Montaigne où des femmes, intégralement voilées, à l’abri de cet anonymat, traitent comme de la valetaille les pauvres vendeuses qui doivent se prêter à tous leurs caprices… Et dites-moi quelles sont les plus atteintes dans leur dignité de la femme ? Et ces êtres emburqués de peau, réduits à des rotondités mammaires, que certains magazines offrent en abondance à la libido de leurs lecteurs, ce n’est pas une atteinte à la dignité de la femme ? Pas de loi ! Et certaines nonnes, doublement enfermées dans leur accoutrement amidonné et dans leur cellule, au nom du même exclusivisme mystique que celui qu’invoquent les emburqueurs ?

Paradoxe : la mise sur le trottoir d’une jeune femme par un mac ne sera considérée comme une atteinte à sa dignité que il elle enfile une burqa !

Et la dignité de l’homme ? Une loi, vite, je suis demandeur. Mais non ! Pourquoi ? Parce que virer un salarié après trente ans de loyaux services, avec 15.000 euros d’indemn’, simplement parce qu’on a décidé de le remplacer par un adolescent bengali qui coûtera le prix d’une demi-pizza, ce n’est pas une atteinte à la dignité ?

Non, non, non, je ne ferai aucune allusion au chômage ou à la précarité, Alain Minc me traiterait de « populiste Â». Mais regardez autour de vous cette extension ahurissante de la mendicité, ces grappes humaines qui, désormais, dorment sur les trottoirs ou sous les porches d’immeubles… Aucune atteinte à la dignité ?

Une loi laïque pure et dure sanctionnant les agressions cléricales ? Ce serait déjà mieux. La vue de zigotos au crâne rasé, affublés de robes couleur safran et modulant comme des drogués des inepties, m’est insupportable, de même que l’apparition de jeunes garçons juifs en papillotes habillés par 35 degrés à l’ombre d’un vêtement qu’on portait au XVIIIe siècle en Ukraine par moins 20 degrés… Mais, je n’aimerais pas qu’on leur destinât une loi spécifique !

Au fait, qui, après avoir placé le curé au-dessus de l’instituteur, s’est fendu, en Arabie Saoudite, d’un panégyrique de cet Etat intégriste illuminé par le sens du divin ? Qui ?

J’entends beaucoup de réactions du genre « la vue d’une burqa m’agresse Â». Moi aussi. C’est pourquoi j’en souhaite, de facto, l’interdiction. Mais enfin, il y a des musiques qui m’agressent terriblement et m’arrachent même les esgourdes, il y a une certaine conception arnaqueuse de l’art qui me met cruellement son doigt dans l’œil et l’admirateur de Caravage et de Monet que je suis ne souhaite nullement, pour autant, qu’on oblige, par une loi, à respecter la tonalité ou à utiliser, en peinture, un minimum de trois couleurs.

                                                                              ****

Document à méditer : propositions pour une réforme du système financier

Compte tenu de l’actualité, je vous re-poste le texte sur des propositions de réforme du système financier international (concocté dans le cadre du C.R.R.E.A.) que j’avais déjà posté. J’espère qu’il attirera plus votre attention que la première fois.

On bavarde beaucoup sur la réforme du système financier et que propose-t-on ? Des rustines !

 Ainsi, décidera-t-on, sans doute, un changement des « normes comptables Â» qui permettra aux banques de ne plus subir de plein fouet, et de façon trop spectaculaire, les conséquences psychologiques de la dévalorisation brutale de leurs actifs faisandés. Il faut dire qu’il existe, en la matière, un effet paella : il suffit que deux ou trois moules soient pourries pour qu’il faille jeter à la poubelle l’ensemble de la platée. Cela dit, il ne s’agira là que de changer de thermomètre pour se donner l’illusion d’avoir fait tomber la fièvre.

En revanche, on n’a toujours pas modifié le système aberrant des « agences de notation Â», celles qui notent les institutions financières et les titres. Elles sont, en effet, juges et parties puisque, conseils en titrisation, alors qu’elles notent les titres, elles sont rémunérées par les clients qui sollicitent leurs bonnes ou mauvaises notes. Résultat : elles ont sciemment menti sur la valeur et la santé réelles de certains actifs financiers pour défendre leur bout de gras. La solution serait de placer ces agences de notation sous le contrôle d’institutions publiques ou semi-publiques.

On ne cesse d’annoncer, encore, car cela ne mange pas de pain, la mise sur pied de « nouvelles instances de régulation Â». Le plus rationnel serait d’ailleurs de regrouper et de renforcer celles qui existent et, surtout, de les doter d’une véritable autorité appuyée sur de nombreux investigateurs. Pour l’instant, elles sont tellement nombreuses et dispersées que l’on n’y comprend rien (et qu’il est finalement facile de passer entre les mailles du filet). La seule création et surtout l’élargissement d’un conseil de stabilisation financière va dans le bon sens.

On parlera encore, dans le style inimitable des technocrates, de « durcir les normes prudentielles Â», ce qui signifie que l’on posera quelques panneaux d’avertissements supplémentaires sur les autoroutes de la haute finance. Cela ne changera hélas pas grand chose, les accidents de la route n’ont-ils pas augmenté malgré la multiplication des radars.

On exigera peut-être que le « ratio de solvabilité Â» des banques, c’est-à-dire le pourcentage de leurs fonds propres par rapport à leurs divers engagements, qui était souvent tombé à 7 %, soit porter à terme, une fois la crise passée, à 9 % minimum. Imagine-t-on un journal qui investirait dans une campagne de promotion, en anticipant les effets de retour sur les ventes, plus de dix fois l’équivalent de sa trésorerie ?

Osera-t-on espérer que les Etats-Unis, revenant sur la catastrophique abolition de la loi de 1933, rendront de nouveau obligatoire la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires, ce qui empêchera les banques de dépôts de faire de mauvaises affaires au détriment des dépôts de leurs clients ; que l’on encadrera fortement le processus de titrisation des créances et, de façon générale, les opérations spéculatives fondées sur l’achat du risque (sans quoi, on peut aussi organiser un marché fondé sur le pari des chances de décès ou de survie de tout malade placé sur une table d’opération) ; que le Conseil de Sécurité de l’ONU, suivant l’exemple du G20, sera élargi à des pays comme le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud ou le Japon qui, à terme avec la Chine, la Russie ou les pays du Golfe, capteront de plus en plus les capitaux désertant les Etats-Unis, exactement comme les Etats-Unis, entre 1914 et 1918, captèrent les capitaux désertant l’Europe ; qu’enfin la zone euro de l’Union Européenne – le président français, Nicolas Sarkozy, là-dessus a raison – se dotera d’un véritable pouvoir économique.

De telles mesures seraient les bienvenues. Même à  un grand malade, atteint d’un cancer incurable, il n’est ni contre-indiqué ni scandaleux de chercher à prolonger, autant que possible, l’existence tout en réduisant ses souffrances.

Mais chacun sait que cela ne le guérit pas.

On ne fera que créer les conditions des crises futures si, plutôt que de refonder ce qui est infondé, on ne se fixe pas clairement comme objectif d’asseoir un nouveau système sur de nouveaux fondements et d’autres fondamentaux. Il s’agit, en d’autres termes, non de « refonder Â», mais de fonder – c’est-à-dire de faire émerger du neuf - en utilisant, pour se faire, l’ensemble des matériaux qui ont résisté aux précédents naufrages.

Voilà ce que l’Europe devrait proposer et imposer à la communauté internationale.

• De même que les pays censés encourager le terrorisme sont couchés sur des listes noires, faire voter par le Conseil de Sécurité des Nations Unies une résolution impérative proclamant « hors la loi Â» les paradis fiscaux et interdire, en conséquence, aux banques et aux sociétés d’y localiser un certain nombre de succursales spécifiques, celles qui, en réalité, entretiennent la spéculation. Il ne s’agit pas, comme l’a proposé le sommet de Londres du G20, de les « lisser Â» ou de la « civiliser Â» mais de les interdire (la liste noire proposée ne comprend même pas Jersey, les Iles Caïmans ou l’Ile de Man). Rappelons que sont domiciliées dans ces espaces illégaux 400 banques, 2 millions de sociétés écrans et plus 200 fonds spéculatifs.

• Engager le processus qui permettra de protéger l’économie mondiale des aléas du dollar (et de la tentation de solder des dettes gigantesques par un recours à l’hyper-inflation) en élaborant, sans doute à partir des droits de tirage spéciaux, une monnaie universelle de référence constituée d’un panier des grandes monnaies existantes et qui s’imposera aux échanges internationaux.

• Imposer, à un niveau international, une taxe sur les mouvements financiers dont le taux de base serait faible, mais qui serait progressive en fonction de la rapidité des mouvements allers et retours de ces flux. Le revenu de cette taxe serait géré par le Fonds Monétaire International (après réforme) et consacré aux pays les plus durement frappés par la crise. Ce principe, visant à réguler les phénomènes de va-et-vient financier les plus intentionnellement et les plus immédiatement spéculatifs, devrait être généralisé aux législations nationales et appliqué, en particulier, aux plus-values générées par les investissements (ceux des fonds spéculatifs, par exemple) dont la durée des prises de participation est inférieur à trois ans. L’imposition des plus-values pourrait être également progressive en fonction de la rapidité des mouvements d’achats et de reventes.
Ce qui est fondamental, c’est d’agir de façon forte pour rétablir, favoriser, consolider à tous les niveaux de l’économie, la notion du long terme, et rendre de moins en moins juteuses toutes opérations qui visent, non un légitime retour sur réel investissement productif et innovateur, mais une maximisation des gains grâce à un processus ultra rapide d’entrée et de sortie sur un marché.
 
• Obliger les fonds spéculatifs qui prennent la majorité dans une entreprise à être représentés par une personne morale affichée, directement responsable, et exiger un engagement de stabilisation de cet investissement pendant au moins quatre ans.
 
• Donner aux pouvoirs publics la possibilité, après présentation d’un dossier devant un Tribunal de Commerce, de s’opposer à tout rachat de la majorité du capital d’une grande entreprise par un fonds spéculatif.

• Charger les banques centrales et les institutions financières de prendre des mesures dirigées contre tous les processus inflationnistes, et non pas seulement contre leurs formes monétaires, comme elles le font aujourd’hui. Ainsi, seraient également concernées les formes d’inflation (ou de bulles) concernant l’immobilier, les actifs financiers, l’énergie et les matières premières, y compris les produits de l’agriculture.

• Mettre sur pied, parallèlement, une institution centrale, placée sous la double égide de l’ONU et du FMI, chargée de réprimer tout excès de manipulation spéculative des marchés des matières premières.

• Lui adjoindre une instance internationale qui, chaque année, mettrait publiquement et solennellement en garde, en les désignant, contre les distorsions dangereuses entre économies virtuelles et économies réelles, en particulier les valorisations boursières plusieurs fois supérieures au Produit Intérieur Brut (PIB) du pays concerné, et pointerait tous les excès de complexification de certains actifs financiers, ainsi que les dérives irrationnelles apparues sur les marchés.

• Obliger tout intervenant sur le marché financier à posséder en fonds propres au moins 35 % de sa mise.

• Remettre totalement à plat le marché des produits financiers dérivés afin de purger les bourses (et les banques) de ceux qui sont totalement déconnectés de tout fondement tangible. (En particulier, les dérivés « toxiques Â» issus de la titrisation des risques à des fins de protection et de dilution).

• Décourager, fût-ce en les dénonçant, les « achats à terme Â» qui se réduisent à des prises de position spéculatives sur des évolutions d’indices. Et mettre en garde, en particulier, contre les fonds de placements spécialisés dans ces opérations, tel le fonds Amaranth qui fit perdre 8 milliards de dollars à des petits épargnants ou à des fonds de pension en spéculant sur l’évolution du prix du gaz à partir d’une modélisation mathématique des évolutions du climat dans les zones où se situent les centres de productions gazières.

• Imagine-t-on qu’une femme qui a retenu (mais sans la payer) une robe sur laquelle elle a flashé chez un marchand de fringues, en revende l’option à l’encan pour en faire baisser le prix au moment où il faudra qu’elle l’a paye, quitte à la revendre au prix fort une fois qu’elle l’aura achetée ? Absurde ! De même conviendrait-il d’interdire, en particulier aux fonds spéculatifs, d’utiliser les ventes à découvert pour spéculer à la baisse avant de revendre à la hausse.

• Qu’est-ce qu’un LBO (Leveraged buyout) ? Une pratique qui consiste à emprunter la quasi totalité de la somme qui permettra d’acheter une entreprise qu’il faudra, ensuite, présurer au maximum pour rembourser rapidement les dettes et, du coup, ne pas payer d’impôts puisqu’on ne fait officiellement pas de bénéfices. Autrement dit, envahir un territoire, puis faire suer le burnous pour rembourser les frais d’occupation sans acquitter ensuite la moindre taxe. Le colonialisme ayant été aboli, pourquoi ne pas abolir le LBO, quand cette pratique concerne des fonds spéculatifs, puisque c’est exactement le même système.

• Créer, en marge du FMI et de l’OMC, éventuellement dans le cadre du Comité de stabilisation financière, une instance chargée de repérer et de désigner, au plan planétaire, les situations de monopoles incontestablement attentatoires au principe libéral de la concurrence libre et non faussée.

• Amender le traité de Lisbonne afin de permettre d’adopter, à la majorité simple, un processus d’harmonisation des fiscalités européennes de façon à limiter au maximum les tentations de dumping. Tendre, parallèlement, à unifier les droits de douane qui frappent les importations extra-européennes.

• Concerter, au niveau européen, dans une perspective de réduction de la fraude fiscale, une politique qui permette de contrôler et de juguler si nécessaire les mouvements illégaux de capitaux.

• Etendre au niveau de l’Europe le principe d’un emprunt à taux dégressif (5 % par exemple pour tout souscripteur gagnant moins de 100 000 euros par an et tombant à 2 % à partir de 250 000 euros annuels), emprunt qui serait « forcé Â» pour les grandes fortunes.

• Elargir à la lutte contre le récession la mission de la Banque Européenne jusqu’ici confinée à la lutte contre l’inflation.
 
• Attribuer au FMI le droit de désigner et de condamner des cas flagrants de dumping commercial par dévaluation compétitive des monnaies nationales. Ces prises de position du FMI pourront seules justifier des mesures protectionnistes de relèvement des droits de douane frappant le pays concerné.
 
Ce ne sont que des pistes. On admettra que, pour l’instant, on en est loin.

Vendredi 21 Mai 2010
Jean-François Kahn

Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

431.Posté par L'Hermite le 27/05/2010 21:44
@JFK

Mieux vaut tard que jamais ! J’espère seulement qu’il n’est pas trop tard. Ci-joint donc quelques réflexions / propositions concernant le réforme du système financier. Elles reprennent et complètent celles que je vous avais postées le 25 avril 2010. Elles sont succinctes et portent uniquement sur les sujets où mon apport me semble le plus significatif mais cela est mieux ainsi.

En préambule, il me faut préciser toutefois que je partage nombre des propositions que vous émettez.

Sur les agences de notation : il faut revoir le rôle de leurs notations dans le calcul des ratios prudentiels des banques ainsi que pour la prise en compte des interventions de refinancement de la BCE. Notamment, pour les risques sur pays souverains, on devrait ne prendre en compte QUE les notations émises par un organisme public non lié aux banques centrales, aux organismes financiers internationaux et aux régulateurs. Ce rôle pourrait très bien être rempli par la CNUCED. On parle assez peu de cet organisme international dont les études et analyses sont généralement très pertinentes et exemptes des nombreux poncifs et dictats de la pensée néolibérale.

Sur les ratios de solvabilité : Une ‘actualisation’ des règles Bâle II doit être faite. On a notamment constaté que les règles prudentielles actuelles étaient pro-cycliques, voire amplificatrices. Des dispositifs contra-cycliques doivent être mis en place.

Sur la nécessaire protection de l’économie mondiale des aléas du dollar : vous rejoignez en proposant l’utilisation des DTS du FMI une proposition faite par un haut dignitaire chinois. L’idée du bancor telle qu’elle est présentée par Paul Jorion va dans le même sens.

Sur une taxe sur les mouvements financiers : j’ai beaucoup de mal à me représenter le FMI dans un rôle central. Son attitude tant lors de la crise grecque ou de celle de l’euro que maintenant face à la multitude de plans d’austérité tout autour du monde nécessite vraiment « une réforme » de fonds de la part de cet organisme !
Affecter ces sommes au pays les plus durement touchés est une bonne idée. Ils pourraient aussi servir à la réalisation de projets régionaux structurants et à orientation développement durable.
Avec une question à laquelle je n’ai pas de réponse : qui déterminera à quoi doivent être affectées ces sommes ? Je reviens à ma proposition de la CNUCED pour élaborer et proposer les projets, le FMI REFORME ayant un rôle pour la collecte et la distribution des fonds. A prévoir aussi un organisme pour le contrôle des usages faits des fonds.
Cette remarque sur le FMI est aussi valable sur son rôle à désigner les cas de dumping commercial.

Sur la possibilité donnée aux pouvoirs publics de s’opposer à un rachat d’entreprises par un fonds spéculatif : un tel dispositif existe déjà dans plusieurs pays européens concernant les entreprises dites stratégiques.

Sur la mise en place d’une institution centrale dédiée à la lutte contre les excès spéculatifs : je crains que cela ne soit pas totalement efficace. Je prône plutôt une meilleure collaboration entre les différents régulateurs ; la mise en place d’organismes coopératifs peut alors dans ce cadre se justifier. Peut-être à l’image d’Europol et Interpol (mais j’avoue que je ne connais pas bien le fonctionnement de ces organismes).

Sur l’utilisation du PIB pour les mesures de l’économie réelle : cet indicateur est sujet à trop de variations exogènes pour être totalement fiable. La réparation des conséquences d’une « grande catastrophe » a pour effet de générer du PIB alors que cette activité ne sert qu’à combler un appauvrissement ‘en stock’.

Sur l’abolition des LBO : les LBO doivent être sérieusement encadrés, surtout quand ils sont réalisés dans des optiques financières et spéculatives. Mais ils constituent aussi un moyen de transmettre une entreprise, ce qui est positif quand les acquéreurs s’investissent sur le terme et dans un projet industriel et commercial. Encadrement donc avec notamment des règles strictes concernant notamment les durées de conservation des actions acquises et les opérations successives.


430.Posté par Simplifi le 25/05/2010 09:13
Un proposition de plus:
Simplifier à l'extrème les codes des impots: quelques pages seulement au lieu de plusieurs tomes afin que chacun puisse comprendre que tous paticipent aux efforts:
- un impôt sur les sommes qui rentrent
- un impôt sur les sommes possédées
- un impôt sur les sommes qui sortent
il n'y a pas d'autres possibilités, et on paye déjà ces trois sortes d'impôts ! !
Si possible progressifs mais surtout généralisés: la fin des conseillers fiscaux (cette profession qui d'après des économiste anglais et sérieux casse cinquante fois plus de valeur qu'elle n'en crée)

429.Posté par Roi des cons le 25/05/2010 08:45
Les prochaines élections vont probablement voir une remontée spectaculaire du FN... et j'en ai tellement marre des autres que je ne sais plus si je dois en pleurer ou m'en réjouir... c'est grave, docteur ?
http://www.vivelescons.com/

428.Posté par Mani Feste le 24/05/2010 23:05
Vos propositions pour réformer le système financier sont intéressantes et pourtant vos écrivez dans un autre article :"je suis moi même favorable, je l’ai dit, à une remontée de l’âge légal de la retraite et hostile à une augmentation du nombre d’annuités au-delà de 41, "
Donc si on résume Monsieur JFK et puisque que les médias ne semble retenir que ces 2 solutions en omettant d'autres pistes (taxer les mouvements de capitaux * la spéculation - la suppression des déductions fiscales des nantis pour qu'enfin ils payent ce qu'ils doivent payer) - les jeunes qui commencent à cotiser en moyenne vers 30 ans après les études et le chomage pourront prendre une retraite complète à 71 ans ! voilà la réalité . L'âge légal n'est que de la poudre aux yeux puisque c'est le nombre de trimestre qui compte. Un salarié ne peut prendre sa retraite avant d'avoir cotisé les 41 ans requis sinon sa pension est dérisoire. Peut-être souhaitons-nous un système à l'Américaine ?

427.Posté par JMH le 24/05/2010 08:00
379.Posté par Elie Arié

"Le Sénat aura probablement une majorité de gauche aux prochaines élections,"

Pas sur, car le bras de fer est engagé entre Aubry et les grands électeurs sur le non-cumul des mandats.
Souvient toi de la loi dite de "prévention contre la pauvreté", qui a été vidée au 3/4 par le Sénat, elle est passée mais à quel prix.


426.Posté par rolande le 24/05/2010 06:17
@ 376.Posté par JMH le 23/05/2010 23:35
C'est curieux, mais les échalottes me font le même effet.
http://www.xrez.com/gallerypano/Gigapixel%20Flash/

425.Posté par rachid le 24/05/2010 06:05
Nous sommes dans un pays libre où le port de la burka n'est pas obligatoire pour les femmes, donc j'estime que les caissières pourraient la mettre en veilleuse, elles ne connaissent pas leur bonheur.
http://www.wat.tv/video/marc-edouard-nabe-niqab-2oc9v_2eyrd_.html

424.Posté par Jean Jolly le 24/05/2010 03:32

Aux smicards et autres SDF !

Ça n'est pas parce que vous vous contentez du minimum qu'il faille accepter de crever pour des pourris !

*
http://www.le-dard.com/

423.Posté par Stille Nacht, heilige Nacht. le 24/05/2010 03:14
Nachtruhe !!!!!!!!!

422.Posté par JMH le 24/05/2010 02:37
414.Posté par melody vers

J'ai écrit dix fois que l'homme n'est pas maudit. Il faut de tout pour faire un monde... non. Bien sur, qu'il y aura probablement toujours des prédateurs, des déviants, des ambitieux mais ce ne sont pas la majorité, regardez autour de vous. Je connais plus de gens qui souhaitent vivre en paix et en harmonie que de furieux.
Je n'ai rien contre l'ambition ou le goût d'entreprendre quand elle a pour but l'intérêt général, au contraire. La réussite, la réalisation est un bonheur. Mais il faut confisquer les sources de l'accapparement du pouvoir à des fins personnelles et égoîstes d'une minorité.
Utopie ? Je suis certain que l'utopie triomphera du nihilisme.
"Le monde sera beau, je l'affirme et je signe" Jean Ferrat

421.Posté par Jean Jolly le 24/05/2010 01:59
@ melody vers.

Pour oser solliciter, une réponse adéquate à la question préalable posée à Elie,c'est comme pisser dans un violon... ou autrement dit !

La bonne langue du pin, ça ne vaut pas du chêne... ma foi !

*


http://www.le-dard.com/

420.Posté par Elie Arié le 24/05/2010 01:36
@ 416 melody vers

"celle qui consiste à reculer l'âge de départ à la retraite me parait la moins pertinente"

Reculer l'âge de la retraite et allonger la durée des cotisations résoud 50 % du problème: c'est donc insuffisant, mais indispensable.
Il faut y associer de nouvelles recettes, et une politique pour l'emploi des seniors (et aussi des jeunes, d'ailleurs).

Jetez un œil sur le lien ci-dessous: nous sommes le seul pays au monde où l'âge de la retraite des hommes soit à 60 ans; tous idiots sauf nous?
http://www.touteleurope.fr/fr/actions/social/emploi-protection-sociale/presentation/comp...

419.Posté par JMH le 24/05/2010 01:35
414.Posté par melody vers

Objectivement vous avez raison, mais pourquoi voir dans le communisme une dérive inexorable vers le totalitarisme. Est ce que le néo-liberalisme n'est pas le pire des totalitarismes. Je crois que l'urgence nous impose un dépassement de l'esprit partisan. Je considère qu'à la gauche des sociaux démocrates se constitue une vraie force d'alternance et je souhaite que les contradictions entre "les verts" (au sens large) et les néo-communistes s'aplanissent sur certain sujets comme le développement (le développement c'est quoi, la croissance ?)
Démocrates de tous les pays unissez-vous !

418.Posté par melody vers le 24/05/2010 01:31
412.Posté par Elie Arié le 24/05/2010 01:15
Les "secteurs socialement utiles" ne peuvent pas s'auto-financer, ils ne peuvent être financés que par la croissance des biens matériels.
Moins de croissance matérielle, c'est moins de croissance sociale.
EE est un parti pour les bisounours.

Les "secteurs socialement utiles" ne peuvent pas s'auto-financer dans le système capitaliste actuel car ce travail n'est pas valorisé. A nous d'inventer un système nouveau où ces secteurs seront valorisés de façon à ce qu'ils puissent s'autofinancer.

417.Posté par Jean Jolly le 24/05/2010 01:24
Ce que veulent dire Jeannot-Fanfan, Elie et les autres (54% et kèke des votants).

"C'est que sans cette élite , vous devenez de la merde".

Heureusement, l'été s'annonce excellent... ça doit venir du réchauffement climatique !

*
http://www.le-dard.com/

416.Posté par melody vers le 24/05/2010 01:22
@411.Posté par Elie Arié
Je n'ai pas dit qu'il était inutile de faire une réforme de la retraite maintenant, mais qu'il était inutile de la baser sur l'horizon 2050 car personne ne sait ce qui adviendra à cette époque. Il faut évidemment trouver des financements nouveaux pour résoudre le déficit de retraites posé aujourd'hui. Mais il y a mille solution, et celle qui consiste à reculer l'âge de départ à la retraite me parait la moins pertinente. Il ne faut pas réformer de façon urgente et stupide. Mais il faut tout de même réformer.

415.Posté par Pichedru le 24/05/2010 01:21
395.Posté par hélène le 24/05/2010 00:09 : Une personne qui avait 18 ans en 1968 en avait 58 en 2008 et 60 en 2010 et bien qu'elle ait eu le nombre de trimestres voulus deux ans auparavant, elle n'a pu prendre sa retraite que cette année pour bénéficier du taux plein.

Prenons le cas d'une autre personne âgée de 24 ans en 1968... Elle en avait donc 64 en 2008 et en fera 66 cette année... C'est le cas de Brenda Lee, née le 11 décembre 1944 !...
Prenons cet autre cas : une personne née le 18 mai 1913.... En 1968, voilà qu'elle a déjà 55 ans tandis que tous les jeunes de 18 ans n'en ont que 18 !... Mais cette personne décède le 19 février 2001, à l'âge de 87 ans !... Mais c'est qui donc ? C'est Charles Trenet !... Moralité : tu bouffes, tu bouffes pas, tu crèves quand même !...

414.Posté par melody vers le 24/05/2010 01:16
@JMH
Ce qu'il y a d'archaïque dans le communisme c'est la nationalisation de tous les moyens de production : ça ne marche pas car cela induit la corruption (l'humain étant ce qu'il est). Pour cela il fallait fabriquer l'homme nouveau ou l'homo sovieticus = individu dépourvu de l'envie d'avoir plus que son voisin, d'où la rééducation par le travail pratiquée dans les ex pays coco.
Or je pense qu'il faut de tout pour faire un monde, y en a qui trouvent leur bonheur dans le gain et l'accumulation de choses matérielles, pour d'autres ce sont les échanges qui primeront. Seule une démocratie vigoureuse dans une société relativement libérale mais très encadrée et régulée pourra assurer la cohabitation de différente sortes d'individus. en cela le projet EE est plus proche de ma vision de choses. J'ai jamais aimé ceux qui pensent mieux savoir ce qui est bon pour les autres. La liberté c'est essentiel (même celle d'entreprendre).

413.Posté par Elie Arié le 24/05/2010 01:15
@ 406 melody vers

Les "secteurs socialement utiles" ne peuvent pas s'auto-financer, ils ne peuvent être financés que par la croissance des biens matériels.

Moins de croissance matérielle, c'est moins de croissance sociale.

EE est un parti pour les bisounours.
http://www.cor-retraites.fr/

412.Posté par Elie Arié le 24/05/2010 01:12
@ 408 melody vers

Intéressant...Donc, d'après vous, il est inutile de faire une réforme d'un système auquel il manque, dès à présent (pas en 2050), 30 milliards d' € par an? Autrement dit, il faut le laisser crever rapidement?

Est-ce que vous vous rendez compte que vous êtes la seule en France à dire ça? Tous les partis, tous les syndicats, sont d'accord sur l'urgence d'une réforme.

Vous êtes sûre que vous voulez militer politiquement?

Vous ne croyez pas que vous devriez lire d'abord les rapports du COR, avant de proférer de pareilles énormités?

Vous les trouverez ici:
http://www.cor-retraites.fr/

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