On a demandé à Eric Woerth, sur une radio, si Liliane Bettencourt figurait sur la fameuse liste des 3000 fraudeurs du fisc réfugiés en Suisse qu’il a eu en main. Mais que, contrairement à ce qui s’est passé en Italie ou aux Etats-Unis, il a tenu absolument secrète.
Or, il a refusé obstinément de répondre.
Un silence qui vaut aveu ?
Rappelons qu’Eric Woerth, alors ministre du Budget, au lieu d’appliquer tout simplement la loi, avait négocié en catimini des arrangements avec les fraudeurs. Question : ceux qui ont refusé de rapatrier leurs capitaux, malgré les promesses de réductions de pénalités, que leur est-il arrivé ? C’est également un secret.
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La France éliminée de la Coupe du Monde de football, quel autre dérivatif va-t-on trouver pour éviter qu’on aborde de front certaines questions délicates ?
Ne nous faisons aucune illusion : on va en trouver.
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Roselyne Bachelot nous avait annoncé qu’elle avait réussi à motiver les Bleus. Elle aurait dû leur distribuer des vaccins.
Le ministère des Sports, a-t-elle ajouté, n’est strictement pour rien dans notre fiasco footballistique. C’est peut-être vrai. Mais, dans ce cas, pourquoi un ministère et un secrétaire d’Etat aux Sports ? Supprimons ce ministère inutile et cela contribuera à réduire nos déficits.
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Lu dans
Le Figaro de lundi : un collaborateur de Sarkozy à l’Elysée se félicite ouvertement que le burlesque psychodrame que nous ont offert les Bleus ait permis d’« étouffer » le congrès fondateur du parti de Dominique de Villepin. Mais aussi, en partie, l’affaire Woerth. Car, jusqu’à mardi, aucun grand quotidien n’avait consacré sa manchette à ce scandale d’Etat et aucun grand média audiovisuel n’en avait fait son sujet principal, alors que dans n’importe quel pays démocratique l’ensemble de la presse en aurait fait ses choux gras plusieurs jours de suite.
Sarkozy va-t-il remercier Anelka ? Il devrait. Une petite faveur fiscale s’imposerait.
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Il suffit, pour prendre la dimension de l’extrême pudeur médiatique, de réécouter l’enregistrement de cette scène surréaliste : Madame Bettencourt est assise sur un canapé, carnet de chèques à la main. Son conseiller financier lui explique, comme à une enfant, car, à l’évidence, elle ne comprend quasiment rien à ce qu’il lui demande, ce qu’elle doit faire : «
il faut, lui explique-t-il, en signer un pour Valérie Pécresse, afin de lui manifester notre soutien, un autre pour Eric Woerth, c’est un ami et il est ministre du Budget et, le troisième, pour Nicolas Sarkozy. Ils peuvent nous rendre service ». Et Madame Bettencourt signe. Y compris, sans demander aucune explication, le chèque à l’ordre de Sarkozy. Un chèque de combien ? De 7500 euros ? Pour le président de la République ? Minable ! Beaucoup plus ? Combien ? Au titre de quoi ? Sur quel compte ? A quel usage ?
Pourquoi s’interdit-on, jusqu’à présent, de poser ces questions ? Dangereux ? Que craint-on ? Y aurait-il des pressions auxquelles on ne peut résister ?
Ah, c’est vrai, j’oubliais, il y avait l’affaire Anelka. Autrement plus grave, n’est-ce pas ? Mais, maintenant ? On va osé ?
Imaginez un instant la même scène avec François Mitterrand dans le rôle de Nicolas Sarkozy. Le Figaro n’en ferait-il pas sa manchette de une ? Les éditorialistes n’exigeraient-ils pas des explications, comme ils le firent à propos des délits d’initiés qui éclaboussèrent le pouvoir socialiste ? Les porte-paroles de l’UMP ne se déchaîneraient-ils pas contre les « chéquards », comme la droite à l’époque du scandale de Panama ?
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Une exception ? Yves Thréard du Figaro – journal qui a, enfin, traité l’affaire Bettencourt/Woerth – a osé titré son édito : « Dehors ! ». Et, il faut le reconnaître, il n’y a pas été avec le dos de la cuillère. Du franc et du massif. Jugez-en : «
c’est le chef qui est responsable de la faillite qui s’aggrave et de l’anarchie qui se répand depuis trois ans, des petits arrangements entre amis qui ont eu raison de toute saine gestion. Manque d’éducation, comportement de voyous. On ne devrait plus accepter d’être représenté de cette façon. La décence exige qu’en 2012 soit mis un terme à cette gouvernance. Le mal est fait. Tout est à rebâtir ».
Stupéfiant ? Certes, officiellement, Yves Thréard visait, en réalité, Raymond Domenech et notre équipe de France de foot. Mais, le choix des mots n’est pas neutre. Les expressions sont volontairement à double sens. Thréard est un journaliste avisé, intelligent, spécialiste non du sport mais de la politique, et il est évident que son édito doit être lu à deux niveaux, au premier degré et au second degré. Au-delà de Domenech, c’est – qui peut en douter – quelqu’un d’autre qu’il vise. Ou alors, nous sommes confrontés à un cas limite d’autisme.
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Je suis convaincu que cela restera comme un cas d’école. Que, dans 50 ans, on le relatera par le menu dans les livres d’Histoire. Quoi ? Que la même presse qui, à propos de nos déboires footballistiques, se déchaîna comme jamais, avec une violence inouïe, pendant des jours, sans lésiner sur les expressions de dégoût les plus paroxystiques, sans brider sa colère, sa rage, son exaspération, en utilisant les mots les plus infamants, en proférant les dénonciations les plus définitives, en osant les titres les plus percutants, faisant preuve en cela d’un « courage » admirable, colossal, d’une témérité stupéfiante vu l’énormité des risques, que cette même presse, du coup, s’est retrouvée quasiment aphone, lessivée, sans réaction, passive, lorsqu’il s’est agit de commenter un scandale à côté duquel l’affaire des diamants de Giscard n’est que de la roupie de sansonnet.
Sûr que l’image des médias dans le pays va s’en trouver considérablement rehaussée.
(Aphatie va encore prendre ça pour lui !).
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Remarques très justes d’internautes. Dire de quelqu’un qu’il a, par exemple, une tête d’escroc – ou de fouine, comme s’y est risqué Stéphane Guillon – s’est une scandaleuse attaque au physique. Mais l’inverse ? « Je n’ai pas la tête de… » n’est-ce pas, également, une très condamnable auto-justification au faciès ? Je suis innocent puisque, contrairement à d’autres, je n’ai pas, moi, une tête de coupable ! D’ailleurs, toujours contrairement à d’autres, ne suis-je pas habillé, moi, en honnête homme ?
Entre dire « je suis insoupçonnable vu ma tête » ou « Sarko est un homme dangereux vu sa taille ! », quelle différence ?
Stratégie pathétique : Staline avait-il une tête de tyran ou de bon grand-père ?
Et fallait-il condamner Pasqua, non pas en vertu de ses éventuels méfaits, mais parce qu’il a effectivement une tête à les avoir commis ?
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Sarkozy dans le Var : « tant que je serai président, on ne construira pas dans des zones dangereuses ».
Mais il était tout ce qu’il y a de plus président lorsque, dans son grand discours consacré au Grand Paris, il se prononça clairement, au nom de la « dérégulation du marché », en faveur de constructions dans des zones inondables.
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Messages
Lundi soir, le modérateur participant à la fête de la musique, ce forum a connu, pendant une ½ heure, une dérive lamentable. Certains l’ont confondu avec une déchèterie. Je m’en excuse auprès de vous.
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Précision utile : en effet, le débat sur « le système financier international : qui osera le réformer et comment ? » qui doit se tenir à Paris, aura bien lieu le LUNDI 28 JUIN et non pas le mardi 28 comme indiqué précédemment.
Vous pouvez vous inscrire dès maintenant sur www.marianne2.fr/debatmarianne.