Le New Age volcanique
Le principe de précaution poussé à son maximum : le refus d’enfanter un être qui risque fort de s’avérer mortel. Tout le monde devra alors prendre ses précautions. Rejet de la vie au nom d’un rejet de la mort. * Ce qu’on dépense pour ne pas mettre les vies en danger, hélas, on n’en dispose plus pour sauver les vies qui sont effectivement en danger. * On ne pousse jamais assez loin le principe de précaution. La preuve : si on n’avait pas attendu l’éruption du volcan islandais pour stopper tout le trafic aérien en Europe, le président polonais serait toujours vivant. * Au nom du principe de précaution, on impose, peu à peu, une pasteurisation généralisée ce qui va, à terme, nous priver du camembert au lait cru. Hélas, les idées aussi on cherche, peu à peu, à les pasteuriser. Elles ne doivent plus ni sentir ni couler. Or, la fin des idées crues, c’est la fin des idées auxquelles on croit. * Il paraît que les éruptions volcaniques sont provoquées par Vulcain quand il actionne sa forge. Donc, les affaires reprennent… la reprise économique est proche. * Je ne comprends pas bien : chez moi, à la campagne, même quand il y a un feu de cheminée, les moineaux continuent de voltiger tout autour de la maison. * Pourquoi, lorsque le président actuel a projeté, dans notre atmosphère, des mesures sulfureuses qui nous retombent aujourd’hui sur le nez, n’a-t-on pas fait jouer le principe de précaution ? Ah, si on avait pu interdire à temps l’appareil sarkozyste de décollage ! * Ainsi, sous un glacier un volcan sommeillait. Qui sait quelle matière en fusion s’accumule, même chez nous, sous la morne et froide normalité des apparences ? N’est-ce pas sous la glaciation brejnévienne que s’exacerbèrent les contradictions qui provoquèrent l’explosion de l’URSS ? * Ce sont des éruptions de volcans qui, paraît-il, ont provoqué l’extinction des dinosaures. Tiens… ce pourrait être le bon côté de cette catastrophe. D’ailleurs, ça coïncide avec l’ouverture du procès Pasqua. * Un volcan qui hurle pour qu’on s’intéresse à lui devrait au moins porter un nom prononçable. Puissions-nous pouvoir bientôt dire paix à ses cendres. * Les écologistes sont ravis : la nature a grondé et les hommes ont été plaqués au sol. Un rêve. Auquel sacrifièrent les Aztèques. Mais, en l’occurrence, ce n’est pas la technique qui a étouffé la nature, c’est la nature qui a étouffé la technique. * Il faut reconnaître que les adversaires du principe de précaution disposent d’un argument imparable : les Romains, quand le Vésuve ensevelit Pompéi, n’ont pas interrompu le trafic aérien et, d’ailleurs, ça n’aurait pas sauvé Pompéi. Il y a un hic ? Lequel ? * L’éruption d’un volcan au nom improbable, qui a montré à une CGT en galère ce que c’est qu’une grève des transports vraiment réussie, a provoqué une coulée de lave philosophique incandescente. « L’homme, a fusé Finkielkraut, n’est pas voué à ne rencontrer que lui-même ! ». Encore des volcans dira-t-on ! *
Aphatisme
Jean-Michel Aphatie a qualifié de « nunucherie » la tribune de Martine Aubry, dans Le Monde, consacrée à la question des retraites, tribune dans laquelle elle redécouvrait en quelque sorte, à partir du concept de « sollicitude », l’idéologie de la démocratie chrétienne du début des années cinquante. Le faire remarquer n’est pas, dans mon esprit, péjoratif : à partir du moment où notre système de gouvernement s’apparente de plus en plus à celui du XVIIIè siècle, où le néolibéralisme renoue avec la brutalité du libéralisme censitaire et non démocratique du XIXè siècle, certains retours apparents à des idéologies du moitié du XXè siècle constituent des pas en avant. Aujourd’hui réintégrer, dans un projet d’avenir, certains acquis, non seulement du socialisme, mais également du gaullisme, du christianisme social ou du libéralisme authentique, apparaîtrait quasiment révolutionnaires. La preuve ? La grande résurrection de Keynes. Ajoutons, comme une internaute l’a fait ici remarquer, que le problème des retraites ne saurait être séparé de la question de la qualité du travail (comme par hasard, je n’ai pratiquement jamais connu un journaliste qui exigeait de partir à la retraite à 60 ans). Quant à Jean-Michel Aphatie qui, comme l’a fait remarquer dans Libération Daniel Schneidermann, s’était abstenu de relever la « nunucherie » de certains slogans sarkozystes du temps de la gloire de notre grand président (et dont l’une des rares idées est que, pour combler des déficits aggravés par des cadeaux faits aux plus riches, il ne faut pas hésiter à ponctionner les plus pauvres qui sont plus nombreux), rappelons qu’il qualifia de « tissu de sottises sorti de la bouche d’un tas d’imbéciles », un texte qui se contentait de mettre en garde contre les dérives monarchisantes d’un pouvoir ultra personnel. Il n’a jamais, à ma connaissance, esquissé depuis la moindre autocritique. Il est vrai, qu’un éditorialiste qui s’autocritique, c’est très rare. * On ne peut rien faire contre la mondialisation ? Ou, plus exactement, la mondialisation empêche de mettre en œuvre tout changement radical ? Rarement le monde ne fut autant mondialisé que du temps de l’Empire hégémonique romain. Cela a-t-il découragé Jésus Christ ? Finalement, ce n’est pas la mondialisation qui a étouffé le christianisme, c’est le christianisme qui a étouffé cette mondialisation. Elie Arié, commente ça ma louloute ! * Après la loi d’interdiction de la burqa, il paraît qu’on en prépare deux autres : une qui viserait, cette fois, les scaphandriers et, une autre, les bals masqués dans des lieux publics.
Messages personnels
- Javert s’est suicidé parce qu’il ne pouvait pas parvenir à résoudre le conflit qui le taraudait entre sa conscience d’homme et son devoir de fonctionnaire. C’est pour la même raison que Jean Moulin a tenté de se suicider en 1940. Il y a aussi des CRS qui se suicident, mais on n’en parle jamais. - C’est tout à fait vrai que lorsque Rocard a instauré la CSG, l’extrême gauche et la CGT ont poussé des cris d’orfraie.
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