Malgré l’excellent score obtenu par les socialistes francophones belges, le véritable échec de la social-démocratie est sans doute là : ce n’est pas elle (et d’ailleurs ce n’est pas la gauche en général) qui capte principalement l’expression des rages et des fureurs engendrées par la faillite financière et morale du système néolibéral, ce sont les nationalismes et les régionalismes ethniques – Italie, Flandre -, les extrêmes droites xénophobes – Hollande, Autriche, Hongrie, Norvège – et même, dans certains cas – Tchéquie ou Pays-Bas – des populistes ultra-libéraux.
Un peu comme dans les années 30 et pour des raisons assez semblables.
Un internaute en conclut que l’utopie « européiste » prend l’eau de toute part et que ce qui motive et mobilise les peuples, aujourd’hui, ce sont les affirmations « identitaires », qu’elles prennent une forme nationaliste, régionaliste, ethnique, religieuse voire tribale.
C’est tout à fait exact. Je suis convaincu, en effet, que le rêve européen (cette fédération européenne des nations qu’évoquait Victor Hugo) s’est presque intégralement évanouie et, je le crains, pour longtemps. Comme, d’ailleurs, le rêve bolivarien des « Etats unis d’Amérique Latine » ou le rêve nassérien de « République arabe unie ».
L’époque n’est plus à l’universalisme, à l’internationalisme (même en terre musulmane, l’antagonisme chiite-sunnite prend le pas sur l’unité islamique), mais au repli sur des « enracinements » en grande partie mythifiés. Après l’homme nomade, le retour à l’homme plante. A preuve, également, en France même, l’exacerbation des communautarismes, y compris dans la communauté juive.
Je le répète : la crise de la centralité de l’Etat, puis celle de la centralité de l’argent, faute qu’on ait été jusqu’à présent capable de promouvoir une radicale recomposition du modèle social autour de la dimension humaine, débouche sur la recentralisation de la terre, du sol, du sang, de la race, de la langue et de la religion. Comme si tout faisait couleur de peau : même le nom que l’on donne à Dieu, même la grammaire.
C’est un fait. L’internaute a donc raison. Mais est-ce à dire qu’il faille s’en réjouir ? Considérer cette évolution comme un progrès et non comme une régression ? Applaudir à ce qui se passe au Kirghizstan et qui n’est que la forme la plus exacerbée que prend cette dérive ? Accepter un monde qui ne serait plus qu’un agglomérat de Libans, de Caucases et de Balkans.
Se féliciter de l’écroulement des utopies ? Attention : la République et la démocratie furent d’abord des utopies. Les droits de l’homme aussi.
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Martine Aubry a déclaré qu’elle allait se concerter avec le président du Parti Socialiste européen, Poul Nyrup Rassmussen, pour élaborer « une parole forte et commune de refus des plans d’austérité ». Est-ce à dire que le Parti Socialiste européen va condamner fermement la politique des gouvernements sociaux-démocrates européens : grec, portugais ou espagnol ? Sans blague !
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Nicolas Sarkozy intervenant directement, froidement, cyniquement, dans la vie rédactionnelle, non seulement des télés, des radios, du Figaro, de Paris Match, mais également hier de Libé ou de Charlie Hebdo, aujourd’hui du Monde, c’est comme si François Mitterrand avait lui-même choisi les patrons de Paris Match, du Figaro, du Quotidien de Paris, de Valeurs Actuelles et de Minute. Qu’aurait dit alors la droite libérale ? Qu’on était en marche vers un régime communiste !
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Philippe Val, devenu directeur de la rédaction de France Inter et s’affirmant choqué par les propos de l’humoriste Didier Porte, censurerait-il aujourd’hui les dessins « obscènes » de Charlie Hebdo ?
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Vous vous souvenez ? Le G20 de Londres était censé avoir réglé une fois pour toute la question des paradis fiscaux. Résultat des courses : ils ont récolté, en 2009, 600 milliards de dollars supplémentaires.
Notons que les avoirs des milliardaires ont progressé de 11,5 %, en un an, grâce aux placements financiers, dans les paradis fiscaux précisément, et représentent, aujourd’hui, dans le monde, 110 500 milliards de dollars répartis entre 11 millions de personnes.
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Jusqu’où va la financiarisation : une enquête montre, qu’au Japon, les femmes, pour se marier, donne la préférence à des hommes qui détiennent des bons du Trésor.
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Décider, comme on l’envisage dans le cadre de la réforme des retraites, de juger de la pénibilité d’un travail, non plus en prenant en compte une profession, mais au niveau individuel, au cas par cas, après visite médicale, cela revient à faire de la discrimination positive à la tête du client, tout en renforçant, comme jamais, la prolifération bureaucratique.
Très mauvaise idée.
MessageVos remarques et suggestions ont été utiles. Pour le coup, on ne pourra pas dire que ce débat, portant interrogation du forum sur lui-même, n’a pas été de qualité. Nous allons essayer de trouver une solution.
- Qui ne porte nullement atteinte à la liberté d’intervention, mais au contraire la protège des sabotages.
- Qui ne réduise en rien le champ du débat, mais, à l’inverse, le rend possible, le déverrouille, l’ouvre et donc l’élargit.
- Qui, un minimum de respect de l’autre aidant, permette aux confrontations constructives de prendre le pas sur les litanies interminables de pseudo exécrations intestines.
Je dis bien, nous allons essayer…
Si cela s’avère impossible – et ça sera difficile, en effet – et bien, nous en tirerons toutes les conséquences. Ca ne sera pas la fin du monde.