Le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré que le plan d’austérité portugais était insuffisant. Le lendemain, les notes de la Grèce et du Portugal étaient une fois de plus baissées par les agences de notation, ce qui provoquait une panique sur les marchés (notons la forte chute des actions Société Générale qui détient énormément d’obligations grecques). Or Monsieur Barroso est l’ancien Premier ministre portugais de droite qui mit le pays sur le flanc en menant une politique néolibérale radicale. Il fut chassé par les électeurs. Aujourd’hui, donc, il se venge en tirant en quelque sorte une balle dans le dos du gouvernement social démocrate portugais qui lui a succédé. D’un point de vue patriotique, si ce n’est pas une forfaiture ?
Mais, dès lors qu’on passe de la Grèce au Portugal, rien n’empêche que l’Espagne, puis l’Italie et la Belgique, se retrouvent à leur tour dans l’œil du cyclone spéculatif. Jeu dangereux, car en troisième ligne se trouvent des pays comme la Grande-Bretagne et la France. Les taux d’intérêt exigés pour prêter à la Grèce ont grimpé jusqu’à 10%. Une folie qui, quoi qu’elle fasse, quelque sacrifice qu’elle impose à son propre peuple, condamne la Grèce au défaut de payement. Il suffirait d’ailleurs que les marchés n’acceptent plus de prêter à la France qu’à des taux de 5% pour qu’on soit dans les choux (d’autant que les déficits réels chez nous aussi sont plus profonds qu’on ne veut bien l’annoncer).
Comme l’a fort bien fait remarquer François Hollande, là où, il y a un an, on sauvait la Grèce en déboursant 15 milliards d’euros, aujourd’hui il faut en débourser au moins 50 milliards simplement à cause de la spéculation et des pressions du marché.
N’oublions pas enfin que la plupart des pays qui vont devoir aider la Grèce dont la dette représente 115% du PIB, sont des pays où la dette représente déjà 90% environ du PIB.
Le vrai risque aujourd’hui c’est ce qu’on appelle un « crack obligataire ». Ou si l’on préfère, une explosion de la bulle obligataire. Les obligations étant des reconnaissances de dette.
En revanche, contrairement à ce que certains affirment sur ce blog, si la Grèce sortait aujourd’hui de la zone Euro (ce que d’ailleurs demande l’aile la plus à droite de la CDU allemande) elle n’aurait plus aucune chance de s’en sortir.
Projet PS : peut mieux faire
Volet économique du projet Socialiste. Pas trop tôt !
D’abord cet aveu : « nous n’avons pas suffisamment engagé le changement profond de modèle de société qui était nécessaire ». Ah bon ? Pas suffisamment ou pas du tout ?
Pourtant dans tous les textes votés précédemment, on prétendait vouloir changer tout. Avec ce correctif qu’on s’en prenait obsessionnellement au libéralisme, alors que c’était en réalité le système néolibéral, en grande partie attentatoire aux valeurs libérales et aux principes libéraux, qui s’était installé et, qu’en effet, on n’y toucha pas.
Au demeurant, le PS n’a toujours pas analysé la nature de cette mutation radicale que représente le basculement d’un régime capitaliste à un régime néocapitaliste.
Un progrès : l’esquisse d’une réforme fiscale qui passe par l’instauration d’un impôt direct sur le revenu unique, et préservé à la source, intégrant la CSG et dont on augmenterait la progressivité en créant deux nouvelles tranches. Mais à partir de quel niveau et à quel taux ? Et quid du relèvement des plafonds qui allégerait le poids fiscal qui pèse sur les seules classes moyennes, et si on frappe les plus values à tous les stades au même titre que le travail, si une vraie progressivité est restaurée y compris en matière de succession, (ce à quoi j’applaudis) pourquoi garder l’absurde impôt sur la fortune ? Autant de mystères.
L’idée d’un taux différentiel de l’impôt sur les sociétés encourageant l’investissement productif au détriment des versements de dividendes va également dans le bon sens. Le bien être plutôt que le tout avoir : j’applaudis ! Je me réjouis également de cette esquisses d’esquisse de réflexion sur la question du rapport aux autres, bien qu’il ne fut pas nécessaire pour cela de recourir au concept compassionnel de care. Ah, si on réalisait le tiers du care !
Pour le reste, c’est assez faible. Et mou. Et vague. On redécouvre la valeur travail, enfin, et du coup, on escamote les 35 heures… la réflexion s’arrête là. On remettra en cause « une partie des niches fiscales et sociales ». Pourquoi une partie ? Et lesquelles ? On « posera la question du partage des richesses au sein de l’entreprise en termes nouveaux ». Ca ne mange pas de pain. Une échelle de salaires de 1 à 20 dans le public, as de problème, d’autant que de toute façon on est souvent en dessous, mais dans le privé, comment on fait ? Une nouvelle taxe carbone. Des propositions de réforme du système financier international très succinctes et très en retrait sur celles que j’ai décliné ici le week-end dernier. Une taxe Tobin mais non modulée en fonction de la rapidité des mouvements financiers d’aller retour, ce qui en ferait vraiment un outil anti-spéculatif. Des « bonus limités ». Limités ? La création d’un front monétaire européen. Pourquoi pas ! Mais sans gouvernement économique européen, ça sert à quoi ? Et quid du statut de la Banque Européenne et sur sa mission (pour l’instant ciblée exclusivement sur les risques d’inflation). Défendre l’industrie : bravo ! Comment ? « Par une forte implication de l’Etat dans le domaine industriel », dit le texte, qui préconise, à raison, la création d’un pôle public d’investissement industriel, qui, d’ailleurs existe déjà en partie. Pas très précis. Or Le Monde écrit déjà que c’est un dangereux retour au dirigisme. Et L’Express, sur son site, parle d’un gauchissement quasiment bolchevique. En matière de retraites, enfin, le brouillard. Pour ne pas se faire piquer les idées ? Ridicule. Quant aux questions qui préoccupent au premier chef les populations, et en particulier les couches populaires, le pouvoir d’achat, les déficits, le logement et l’urbanisme, la sécurité, l’immigration et l’intégration…c’est pour plus tard !
De toute façon, c’est mieux que rien. Mieux que l’UMP qui, pour l’instant, n’a pas de projet. Mobilisateur ? Pas sûr.
Je posterai ici dans les jours qui viennent, sur tous ces sujets, quelques propositions élaborées dans le cadre du CRREA, plus précises, et qui vont très sensiblement plus loin.
Appel à contribution
Je constate, ici, beaucoup de rejet vis à vis de tous ceux et de toutes celles qui pourraient être opposés, à l’occasion des élections présidentielles, à Nicolas Sarkozy. Fort rejet de DSK, mais aussi par certains de Ségolène Royal, par d’autres de Martine Aubry, pour ne pas parler de Valls, Bayrou, ou de Villepin. Or, comme personne ne peut vraiment croire, quitte à le regretter, que Mélenchon ou Dupont-Aignant puissent parvenir au second tour des élections présidentielles et donc être sélectionnés pour la finale, s’il vous plait, qui voyez vous comme bon candidat républicain démocrate pouvant effectivement l’emporter ? Je prends note. Allez y… Cela s’adresse naturellement à nos contributeurs habituels mais aussi aux milliers d’autres qui fréquentent ce forum et parfois n’osent pas s’y exprimer.
Message personnel
Maintenant, SVP, vous arrêtez les querelles personnelles interminables et pour commencer, vous ne les provoquez pas. Si ça vous chante, vous pouvez m’insulter moi, c’est mon problème. Vous pouvez bien sûr débattre, ce forum est fait pour ça, et même vous critiquer de façon musclée, mais je n’accepte pas qu’on injurie ceux qui, quelque part, sur ce forum, sont mes hôtes. Donc, si c’est nécessaire, j’inventerai une guillotine anti-insultes.
Message personnel bis
Victor Hugo n’a pas participé à la révolution de 1848. Il était contre. Hostile à la république. Il a évolué ensuite. A partir de 1849. Et ceux qui ont été à l’origine de cette insurrection se sont quelques orléanistes libéraux, et, des républicains également libéraux qui dirigeaient les deux grands journaux d’opposition, Le National et La Réforme( on peut ranger Lamartine parmi eux) un républicain démocrate, Ledru Rollin et un social démocrate, Louis Blanc. Les socialistes de tout poil, les Raspail, les Blanqui- ne sont rentrés en scène qu’après, en particulier en mai et en juin 1848.
Quant à la révolution de 1830, c’est figurez-vous Adolphe Thiers qui l’a lancée…
J’ajoute à l’intention de Pisse Dru que la répression de l’émeute de Vendémiaire par Bonaparte ne s’est pas déroulée sous le Directoire mais encore sous la convention thermidorienne. Barras n’était donc pas dictateur. En revanche, c’est tout à fait vrai que Bonaparte est tombé à l’eau lors du franchissement du pont d’Arcole.