Expliquez-moi : est-ce qu’il y a une façon de gauche, de centre ou de droite de réagir, par exemple, à un grave accident provoqué par un chauffard qui n’a respecté aucune des règles du code de la route ? La réaction doit-elle être différente selon que le chauffard est de droite ou de gauche ? Où, qu’au moment de l’accident, le gouvernement est lui-même de droite ou de gauche ?
Aurait-on l’idée de clamer : «
d’accord, le chauffard a provoqué un accident qui peut s’avérer mortel, mais ce n’est pas grave puisque je connais d’autres chauffards qui, il y a 25 ans, ont embouti une moto ou défoncé la devanture d’une boulangerie ! » ?
Qui accepterait de telles excuses ?
Qui admettrait cet argument : «
je prends la défense de ce chauffard, je le déclare innocent, car, parmi ceux qui l’accablent, il y a des partisans d’une limitation de la vitesse à 120 km/h » ?
Oui ou non, y a-t-il des principes, y a-t-il des valeurs, dont la défense s’impose à tous ceux qui se réclament d’un consensus républicain ou des mêmes impératifs moraux ?
Au fond, s’agissant de l’affaire Woerth, c’est la droite, la droite libérale qui aurait du, d’emblée, proclamer haut et fort qu’on ne saurait, sous aucun prétexte, exercer à la fois la fonction de ministre du Budget de la nation et de trésorier du parti majoritaire ; qu’on ne saurait, en outre, quand on porte cette double casquette, faire engager, en tant que ministre, sa propre épouse dans le staff de gestion de fortune de la femme la plus riche de France, grosse donatrice au parti dont on est le trésorier.
Comment des républicains, mais surtout des libéraux, ont-ils pu accepter cela ?
Il n’y a pas d’exemple qu’on ne paye cher, très cher, la propension à tout couvrir, à tout justifier, à tout excuser, au nom de « l’esprit de parti » ou du manichéisme binaire. La logique de « camp » en somme.
C’est parce que le Parti Communiste français s’était interdit de dénoncer, sous prétexte de fidélité indéfectible à son « camp » soi-disant socialiste, les pires turpides dont le pouvoir soviétique se rendit coupable, qu’il est devenu groupusculaire.
A l’inverse, c’est grâce à quelques minoritaires de gauche, à la fin des années 50, qui osèrent dire non à la politique algérienne déplorable du socialiste Guy Mollet, politique qui tournait le dos à toutes ses convictions, que le PS parvint à renaître dans les années 70 et à l’emporter en 1981.
C’est parce qu’une minorité d’hommes et de femmes de droite, derrière de Gaulle, osa dire non au ralliement du parti conservateur de l’époque au maréchal Pétain, que la droite pu se refaire une santé à la Libération et l’emporter dès 1951.
Quand un pouvoir « dérive », qu’il soit de droite ou de gauche, ce sont ceux qui, dans chaque camp, tirent à temps la sonnette d’alarme, qui, à terme, sauvent aussi bien la gauche que la droite du désastre, alors que les béni-oui-oui qui acceptent tout, au contraire, plombent leur propre camp.
Ainsi en est-il de cette secte, prête à s’immoler sur l’autel de son gourou, qui applaudirait Sarkozy même si, comme Caligula, il décidait de nommer son cheval consul. Ceux-là sont, en vérité, les véritables assassins de la droite, fût-ce au profit de l’extrême droite.
Il ne s’agit pas – car c’est stupide et même pathétique – d’opposer des forfaitures à d’autres. Les communistes faisaient ça : vous leur disiez « Jaruzelski », ils vous répondaient « Pinochet »
C’est L’événement du Jeudi, quand je le dirigeais, qui révéla les rapports qui liaient François Mitterrand à René Bousquet. C’est moi-même, toujours dans l’EDJ, qui ai dénoncé les agissements africains de Jean-Christophe Mitterrand, le fils du chef de l’Etat, surnommé « papa m’a dit ». (Et, soit dit en passant, celui qui me fit alors un procès n’était autre que Maître Georges Kiejman, ex-avocat de la famille Mitterrand qui est aujourd’hui l’avocat de Liliane Bettencourt).
Je ne me suis évidemment pas interdit, à l’époque, de condamner ce qui à l’évidence devait l’être, sous prétexte qu’on avait éventuellement vu pire sous la droite (deux ministres assassinés et un suicide). L’idée ne m’en serait même pas venue. A bons entendeurs.
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Dans les bandes enregistrées par le majordome de Madame Bettencourt, on entend Patrice de Maistre, celui que Woerth a décoré, déclarer : «
partout où il y a du fric, il y a des juifs ». Et Madame Bettencourt lui répondre : «
moi, Monsieur, je ne suis pas antisémite ! ».
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Propos d’un important conseiller du président de la République, rapporté par Le figaro, «
il y a 48 heures difficiles à passer. Ensuite, je suis certain qu’on trouvera le moyen de faire diversion ».
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Je ne suis évidemment pas contre le fait de faire des économies à tous les niveaux pour contribuer à réduire les déficits. Mais celles qu’à annoncer François Baroin demandent à être examinées de plus près. On en reparlera.