Bien sûr que les « humanitaires » de la flotille qui tentait de rejoindre Gaza n’étaient pas de doux agneaux mus par le seul amour du prochain. Oui, il s’agissait, pour l’essentiel, d’activistes pro-palestiniens. Mais, ne nous voilons pas la face : tous les humanitaires engagés dans une action de ce type, qu’il s’agisse de l’aide au Darfour, à la Tchétchénie ou au Kosovo, sont également des militants qui soutiennent une cause.
Or, imaginons un groupe d’humanitaires, sympathisants de la cause tchétchène, sponsorisés par des organisations critiques à l’égard de la politique de Poutine et soutenus par des intellectuels droit-de-l’hommistes, organisant un convoi de médicaments et de vivres en direction de Grozny. Les forces russes les interceptent, tirent, en tuent une douzaine et en blessent plus d’une trentaine. L’émotion planétaire serait considérable, les condamnations se multiplieraient partout, des manifestations plus ou moins violentes se dérouleraient devant les ambassades russes dans le monde entier. Et, à l’avant-garde de ces manifestations, on trouverait, sans doute, des personnalités… qui justifient, en revanche, la réaction d’Israël au large de Gaza.
Je suis de ceux qui condamneraient et condamnent une telle réaction dans les deux cas. Pas vous ?
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Dans la mesure où Israël soumet Gaza à un blocus, le gouvernement israélien se serait conformé au droit international en arraisonnant les navires dans ses eaux territoriales. Or, l’abordage s’est produit dans les eaux internationales. Dès lors, comment peut-on décemment affirmer que ce sont non les assaillants, mais les assaillis, qui se sont livrés à une scandaleuse agression ? Il y a quand même des limites à la mauvaise foi.
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Les membres pro-palestiniens de la flotille savaient parfaitement qu’ils seraient arraisonnés et conduits dans un port israélien. Dès lors, comment peut-on croire qu’ils se sont munis d’armes à feu que les Israéliens auraient forcément découvertes et exhibées. C’est évidemment ridicule.
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S’agissait-il d’une provocation ? On peut le prétendre, en effet. D’une certaine manière, cela en était une (mais manifester à Pékin en faveur du Tibet, en est également une). Mais, dans ce cas, il est évident qu’Israël a réagi exactement de la façon qu’espéraient les provocateurs, est rentré dans leur jeu, s’est conformé exactement à leurs attentes et à leurs souhaits. C’est donc, bien plus un crime, une faute majeure. Et fatale.
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Oui, on peut absolument comprendre la position israélienne de refus de négocier avec le Hamas qui, bien qu’ayant gagné les élections, refuse de reconnaître l’existence de l’Etat hébreu et de renoncer à la violence. A vrai dire, cette position me semble juste. Mais, l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas qui, elle, a reconnu Israël, renoncé à la violence et tout investi dans la négociation, n’a pratiquement rien obtenu au point d’être aujourd’hui, hélas, rejetée par une majorité de la population de Cisjordanie.
Faut-il rappeler que la « feuille de route » faisait obligation de faire émerger un véritable Etat palestinien en 2005, alors que rien n’a été entrepris pour aller dans ce sens. Ce qui n’est pas étonnant puisque Netanyahu, comme son ministre des Affaires étrangères Lieberman, ont toujours rejeté les « accords d’Oslo » (et aussi le plan Clinton négocié à Camp David, lequel est pourtant, aujourd’hui encore, la bonne solution).
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Il est difficile d'éviter que, sur plusieurs centaines de commentaires, ne s’en glissent pas quelques-uns dont même un auteur de blog blasé n’ait pas quelque peu honte. D’un côté comme de l’autre, si j’ose dire. J’aimerais que certains internautes, très minoritaires, se rendent compte (mais j’y reviendrai) qu’ils scient, parfois, la branche sur laquelle ils sont assis.
J’eusse évidemment aimé que la tragédie qui vient de se dérouler ne suscite, de part et d’autre, qu’une émotion profonde et une aspiration à ce que ce drame puisse, un jour enfin, prendre définitivement fin.
Mais, il y a une réaction qui m’a fait de la peine. Celle d’un internaute dont j’ai eu l’occasion de saluer le talent, l’humour et la culture, même s’il est parfois passablement casse-couilles. Le voir, alors, renoncer, provisoirement j’espère, au talent et à l’humour pour répondre, non par des arguments, mais par l’invective outrancière et la méchanceté, à mon constat, mon simple constat, qu’il n’y aura jamais de paix sans une reconnaissance mutuelle du droit à l’existence et à la souveraineté de deux peuples dans des frontières sûres et reconnues par le droit international, m’a profondément attristé. Vous avez dit obscène ?
J’attends que ce forumiste stigmatise avec la même virulence l’ensemble de la presse israélienne qui, unanimement, a fait pratiquement le même constat que moi.
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La médiocrité de certaines réactions, heureusement rares, m’a, je l’avoue, d’autant plus consterné que, ayant été chargé de suivre ce conflit israélo-arabe et israélo-palestinien pendant 20 ans, ayant couvert la guerre « des Six jours », celle du « Kippour », Septembre noir ou la guerre civile au Liban, c’est sans doute à la fois le problème que je connais le mieux, mais également celui qui me déchire le plus…
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De quoi l’antisémitisme est-il le nom ? Du discours, de l’idéologie, de l’action qui tendent à donner du juif une image scandaleuse et détestable.
En ce sens, certains – tel le Le Pen israélien, le ministre des Affaires étrangères Avidgor Lieberman – ne se conduisent-ils pas inconsciemment en antisémites quand ils donnent de leur propre communauté ou de leur propre peuple l’image, totalement fallacieuse, que les pires crapules judéophobes ne cessent de leur mitonner. N’offrent-ils pas sur un plateau, au Hamas et au Hezbollah, de quoi conforter les stéréotypes les plus insanes que ceux-ci s’échinent à entretenir?
Il fut un temps où les staliniens traitaient d’anti-communiste primaire toute personne, fut-elle radicalement socialiste, qui dénonçait les coups terribles que leur inconditionnalité et leur aveuglement portaient à l’idée même du socialisme. Or, n’était-ce point, au contraire, ces staliniens-là qui se comportaient en authentiques anti-communistes en déshonorant l’honorable cause à laquelle ils prétendaient tout sacrifier?
La façon dont certains (qui, par leurs discours et agissements, apportent des Niagara de liquidités au moulin des plus pervers ennemis d’Israël) instrumentalisent l’accusation d’antisémitisme pour disqualifier tous ceux qui pointent ce masochisme auto-destructeur, est du même tonneau.
Rappelons-nous cette déclaration terrible, et objectivement antisémite, du président du Crif, Monsieur Prasquier : «
90 % des juifs de France soutiennent l’action de Tsahal à Gaza ». Parce que c’est génétique ?
Quand les dirigeants socialistes, Guy Mollet et Robert Lacoste, couvrirent l’usage de la torture en Algérie, l’Histoire retint qu’ils se comportèrent en assassins de leur propre idéal. Et bien, de la même façon, ceux des soi-disant inconditionnels d’Israël qui assument presque avec délectation le rôle d’ennemi de la paix (cette paix à laquelle les citoyens israéliens sont peut-être encore plus nombreux que les Palestiniens à aspirer), se conduisent en complices intellectuels des plus dangereux et des plus pervers négateurs de l’Etat juif.