Goldman Sachs et l’arnaque de masse
Ce qu’on reproche, preuve à l’appui, à Goldman Sachs, l’une des plus puissantes banques du monde, celle qui a aidé la Grèce à truquer ses comptes ? D’avoir réussi à gonfler ses profits, à la fois en vendant au prix fort des actifs pourris, indexés sur des prêts immobiliers, à des gogos, et en massacrant ensuite ces mêmes actifs pourris pour spéculer sur leur effondrement. Donc, en s’enrichissant consciemment sur le dos de ceux qu’elle ruinait. A la clé, des centaines de milliers d’épargnants ruinés, des locataires pauvres qui ont perdu leur maison, un système financier qu’il fallu sauver de la catastrophe en mobilisant l’argent public, c’est-à-dire celui des contribuables tout en creusant, un peu partout, des déficits devenus abyssaux, et, en conséquence, une explosion du chômage.
Quand un serial killer tue six ou sept personnes, la banque Goldman Sachs peut, elle, massacrer l’existence de centaines de milliers de citoyens. Qui croit cependant que ses responsables risquent le centième de la peine qui frappera non seulement un meurtrier mais même le simple auteur d’un hold-up. Va-t-on, en urgence, s’attaquer à un système à ce point immoral, attentatoire à toutes les valeurs et à tous les principes ? Non, bien sûr !
En France, par exemple, c’est aux affaires de chiffons qu’on consacre les débats en urgence. Quant au patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, qui se prétend inspiré par dieu, il a déclaré que toute accusation visant sa banque relevait d’un complot politique et « blessait l’Amérique ». Inusable triptyque : la patrie, la religion, la cupidité, c’est-à-dire la patrie et la religion au service de la cupidité.
Le crime du juge Garzon
Le juge Garzon a commis un grand crime selon la droite espagnol. Lequel ? Il a voulu enquêter sur les responsables de l’exécution de 140.000 républicains espagnols, par les forces franquistes, à l’issue de la guerre civile. Etrange. En Allemagne, le méchant, même aux yeux de la droite, c’est celui qui refuse de reconnaître les crimes du fascisme germanique. En Espagne, du moins aux yeux de la droite, c’est celui qui prétend enquêter sur les crimes du fascisme hispanique. J’eusse préféré que l’UMP tisse des liens étroits avec la droite allemande plutôt qu’avec la droite espagnole, celle qui demande la tête du juge Garzon.
Burka, qui est contre l‘interdiction ?
Merci à tous ceux, très nombreux, qui m’ont fait part de leur propre analyse à propos de la question de la burka et ont ainsi fait avancer le débat. Qu’on me comprenne bien : personnellement, je suis pour une interdiction du port du voile intégral. Une interdiction claire et nette. Vite fait bien fait. En deux temps trois mouvements. Rappel au règlement, consigne claire, question de sécurité publique : pas plus de burkas que de cagoules ou de casques de scaphandriers. Ca ne se discute même pas. En quinze jours c’est réglé. On décide, on applique et pas d’échappatoire. Le règlement. Donc pas de polémique, acceptation générale, consensus et l’on passe à autre chose. Or, justement, le gouvernement, en l’occurrence Sarkozy, a décidé de ne pas procéder de la sorte, donc de ne pas interdire le port de la burka. Pourquoi ? Parce qu’il faut qu’on puisse en parler pendant le plus longtemps possible ; il faut que pendant ce temps là on ne se focalise pas sur d’autres problèmes, l’emploi, les déficits ; il faut que le pays se divise, se coupe en deux camps antagonistes, qu’accessoirement le PS s’embrouille ; il faut que ca s’agite, que ca braille, que ca déclenche des passions et des polémiques, que les musulmans, y compris les plus laïcs, crient à la stigmatisation et à l’agression, ce qui déclenchera des réactions hostiles à leur encontre et remettra sur le tapis la question de l’immigration de la plus malsaine façon qui soit ; il faut que, outre les pays musulmans, les pays anglo-saxons nous désignent du doigt, ce qui nourrira des pulsions xénophobes ; il faut que les parlementaires UMP rongent cet os, ce qui les empêchera de médiatiser leurs états d’âme ; il faut qu’une telle loi soit éventuellement déclarée anticonstitutionnelle, ce qui, en même temps, permettra de jeter l’opprobre sur notre « cour suprême » et la rendre inapplicable, en fonction de quoi on pourra garder la clientèle de femmes intégralement voilées qui s’en vont faire leurs emplettes chez Bernard Arnaud. Conclusion : Ce que je reproche aux pouvoirs politiques c’est d’avoir décidé, pour des raisons évidentes, de ne pas interdire le port de la burka, mais simplement de se servir de ce prétexte pour faire diversion. **** Un forumiste portant un nom de général de la révolution, Jourdan ou Kellerman, je ne sais plus, n’a pas hésité – ce qui constitue le type du point de Godwin – à invoquer le fameux concept stalinien : « il faut choisir son camp camarade !». Donc, être pour la loi d’interdiction générale de la burka, ou contre l’interdiction. Ce qui signifie qu’être contre la loi et pour l’interdiction – c’est mon cas - revient à se placer aux côtés d’Al Qaida et des assassins du 11 septembre. Merci ! Même argument que celui qui consiste à hitlériser, a priori, toute contradiction. Je fais cette remarque en passant, car je sais que Bernadotte ou Pichegru s’exprime pour la forme, belle forme souvent qui ne mérite pas d’être voilée, et se fiche du fond comme de sa première burka. Je remercie cependant Dumouriez ou Moreau pour ses très intéressantes réactions à mes propositions de réformes du système financier international…. Cela m’encourage.
|
|