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Foutu Sarko ? Pas sûr…
« Sarkozy est-il foutu ? », interroge un hebdomadaire. En l’occurrence Marianne.
Réponse : non !
D’abord, on n’est jamais foutu. Le gaullisme, en 1957, était tombé à 6 % de l’électorat. Mitterrand, en 1959, était cramé. En 1969 également. Martine Aubry, après son échec aux élections législatives, semblait has been. Les Le Pen, en 2007, furent enterrés.
Battu par Kennedy, Nixon, très impopulaire, avait apparemment son avenir derrière lui. Et qui aurait imaginé que Chirac liquiderait Balladur ?
Donc, qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy, de François Bayrou ou de Ségolène Royal, nul n’est jamais définitivement « out ».
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Mais, en outre, même s’il ploie sous les handicaps, même si aucun président n’avait atteint un tel degré d’impopularité active (contrairement à Chirac qui souffrait d’impopularité passive) trois ans après son avènement, même si son pire ennemi n’est autre que lui-même, Sarkozy dispose également, et encore, d’atouts.
1) D’abord, on l’oublie trop facilement, en 2010, il aura placé à la tête de l’audiovisuel public des gens à lui, qui lui devront tout, et donc, en remerciement, lui offriront tout. Qui croie qu’il n’utilisera pas à fond cet avantage ? Il savait bien que nommer les présidents de chaînes serait impopulaire, mais le jeu, à ses yeux, en valait la chandelle. Vous imaginez bien pourquoi ! Donc, non seulement TF1, M6, Direct 8, mais également, désormais, France 2, France 3, la 5 feront obligatoirement (parfois efficacement, en mettant en exergue toutes les failles de l’opposition) campagne en sa faveur. Surtout dans la dernière ligne droite. Les groupes de presse Hachette, Dassault, Bolloré, Arnault, Hersant fils, se mobiliseront également derrière leur protecteur et, là encore, rien ne dit qu’ils ne le feront pas parfois intelligemment. A cet égard, la victoire, fût-elle relative, de Silvio Berlusconi aux dernières élections italiennes, malgré ses échecs économiques et ses turpitudes, mais grâce au contrôle des médias audiovisuels, a valeur de leçon. Quant aux journaux indépendants ou d’opposition, la plupart (Le Canard Enchaîné faisant exception) sont dans une telle situation financière qu’ils peuvent difficilement affronter trop radicalement ou trop frontalement un pouvoir politique qui tient les cordons de la bourse. Martine Aubry est, aujourd’hui, plutôt promotionnée par les grands médias et les commentateurs. Mais ne doutons pas qu’elle sera toute aussi ardemment « cassée » et déboulonnée quand on passera aux choses sérieuses. Dominique Strauss-Kahn, c’est différent car, lui, les médias l’ont effectivement à la bonne. Quant à Villepin (comme Bayrou) le pouvoir médiatique l’exècre. Ajoutons que : Ajoutons que, selon L’Express, les conseillers de l’Elysée ont pris contact avec plusieurs groupes du CAC 40 pour leur demander de financer un nouvel institut d’études d’opinion qui sera sans doute destiné à nourrir les médias en sondages orientés dans le bon sens. 2) Il faut faire confiance au PS. Il est toujours capable de concocter lui-même les pièges que ses adversaires n’auront même pas songés à lui tendre. Et de se porter, en interne, des coups plus meurtriers que ceux qu’on lui réserve en externe. En outre, la gauche (et pas seulement le PS, même si elle est devenue nettement majoritaire dans les classes moyennes) n’est toujours pas parvenue à reconquérir l’électorat populaire. Ses positions, restées intangibles, en matière d’insécurité ou d’émigration (et sa phobie du prétendu « populisme ») ne lui laissent que peu de chances de combler ce déficit. Et cela au moment où le Front National, sous la houlette de Marine Le Pen, renoue avec le discours radicalement anti-libéral et anti-bourgeois de l’extrême droite des années 20. D’où le risque d’une forte poussée lepéniste et d’un résultat de premier tour, pour un champion socialiste concurrencé par les écologistes et la gauche de la gauche, moins bon que celui de Ségolène Royal. 3) Ce qui contribue à affaiblir le camp présidentiel, c’est la sécession massive d’un électorat authentiquement gaulliste ou centriste. Or, Sarkozy sera prêt à toutes les concessions et même à toutes les humiliations pour tenter de récupérer, ou au moins de neutraliser, voire d’étouffer, à la fois un Villepin resté lié à une fraction de l’UMP et un Bayrou affaibli. On ne jurerait pas, aujourd’hui, que dans un cas ou dans l’autre, il n’arrivera pas à ses fins. 4) La reprise économique sera effective à un moment ou à un autre. A peu près partout. Même si on doit passer, entre-temps, par un nouveau coup de torchon financier. Or, même si Nicolas Sarkozy n’y est absolument pour rien (de même qu’il n’était pas responsable de la crise), si ce regain de croissance, entraînant une baisse du chômage, intervient avant 2012, il prétendra, et fera écrire partout, que c’est grâce à lui. 5) Je vous donne mon billet que, de toute façon, quatre mois avant l’élection, Sarkozy renouera avec la rhétorique consistant à citer Jaurès, à pourfendre patrons voyous et capitalisme sauvage, tout en arrosant ses différentes clientèles quitte à creuser un peu plus les déficits… ce qui, comme en Grèce, aggravera la brutalité de la rigueur d’après. 6) Si on additionne enfin ceux : a) qui de toute façon affirment vouloir s’abstenir ; b) qui, « nonistes », prétendent n’accepter jamais de voter pour un « ouiouiste » ou le contraire ; c) toutes les autres exclusions mutuelles de la social-démocratie par le gauchisme, du gauchisme par la social-démocratie, du centre par la gauche de gauche, du social républicanisme par les sociaux-libéraux, du souverainisme gaulliste par les bien pensants, etc, etc… on en conclura que, même largement majoritaire, l’opposition démocratique peut fort bien se faire coiffer au poteau dans les urnes. Il dépendra des mobilisations citoyennes que ce scénario soit mis en échec. Amis d’IsraëlUn certain nombre de personnalités et d’intellectuels juifs, parmi les plus engagés en faveur d’Israël, ont signé une pétition en faveur d’une véritable politique de paix au Proche-Orient impliquant une renonciation à la politique systématique de colonisation. Le président du CRIF s’est prononcé, rudement, dans un article du Figaro, contre cette initiative, rejoignant en cela la droite israélienne la plus dure qui a traité les signataires, Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut en tête, de traîtres à la cause. SauvetageC’est une histoire de fous : des sacrifices, quelques-uns traumatisants, ont été exigés de la population grecque en échange de l’obtention d’un prêt. Or, le taux d’intérêt exigé et, surtout, la récession que provoquera cette brutale politique de rigueur (avec une croissance qui, selon les calculs, passera de + 1 % à – 4 %) risque fort d’annuler les économies obtenues. Et alors, si la potion tue le malade au lieu de le guérir, gare à l’effet de contagion. Messages personnels1) Il est évident que la convergence que j’appelle de mes vœux concerne, non pas tout le monde, mais ceux, d’où qu’ils viennent, dans l’espace démocratique et républicain, qui aspirent à l’avènement d’un monde plus juste, plus rationnel, plus moral. Une telle convergence est-elle souhaitable ? Je note que quelques-uns, comme « Laulau », ont répondu franchement non… L’ordre établi les en remercie. 2) Attention, demain, et pendant 24 heures, essai d’opération guillotine. Lundi 3 Mai 2010
Jean-François Kahn
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JEAN FRANCOIS KAHN
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