François Fillon à Epinal a dressé un tableau alarmiste de la situation économico-financière de la France et a terminé par cette phrase : « Nous sommes au pied du mur. » C'est-à -dire il faut choisir entre l'austérité et la dégradation par les agences de notation. Sous les pressions que l'on imagine, cette phrase, il a renoncé à la prononcer.
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Fillon a affirmé dans le même discours qu'il fallait arrêter d'emprunter à tout bout de champ. Est-ce à dire que l'on va renoncer à ce fameux grand emprunt qui de toute façon est devenu riquiqui ? D'ailleurs on n'en parle plus guère ces temps-ci du grand emprunt.
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N'empêche que de nouveau, Sarkozy ne peut plus supporter Fillon et vice-versa. Dans le Figaro, un interlocuteur régulier du président explique qu'un jour, celui-ci reproche à son premier ministre de ne pas en faire assez, un autre jour d'en faire trop et qui manifeste à son endroit « une totale mauvaise foi ». Il envisagerait de le remplacer par Eric Woerth, le chouchou du moment, ou même par Alliot-Marie, parce qu'une femme ça serait bien contre Aubry. Personnellement, je parierais que Fillon restera.
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Sarkozy à la manoeuvre : il se rendra le 22 juin à Bordes, dans les Pyrénées Atlantiques, inaugurer une usine de moteurs d'hélicoptères. Or, Bordes est située dans la circonscription de François Bayrou. Lequel sera quasiment obligé de le recevoir. Et Sarkozy lui fera des tas de mamours. La rumeur d'un rapprochement n'en prendra que plus d'ampleur. C'est pourquoi j'ai précisé hier que Bayrou devrait trouver un moyen de clarifier nettement les choses s'il ne veut pas se laisser piéger. Et en conséquence, étouffer.
Les deux internautes qui m'ont reproché, à cause de cette simple remarque, de m'en prendre à Bayrou, sont en l'occurrence à côté de la plaque. C'est le contraire. Je lui conseille de se dégager vite d'un piège qui vise à l'asphyxier. C'est plutôt sympa de ma part, non ?
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J'ai tenu ces dix derniers jours six réunions publiques, conférences et débats. Salles combles à chaque fois, à plusieurs reprises les organisateurs devant refuser du monde, comme à Saint Emilion et à Montpellier. D'autres intervenants ont fait la même expérience. Evidence d'une demande de débats participatifs. Rejet de la politique stricto sensu, mais aspiration à aborder des questions de fond y compris à caractère philosophique. Aspiration à une véritable alternative de société, mais doutes sur la possibilité d'y parvenir. Rejet très fort et même féroce, du pouvoir médiatique, en particulier de son expression audiovisuelle. Disponibilité et scepticisme à la fois.
Je reviendrai sur la réunion organisée à Paris par le CREA sur la question des retraites. Remarquable fut la qualité des interventions de la salle et le quasi-consensus sur la nécessité de réintégrer la question des retraites à une réflexion globale sur notre modèle social.
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Concernant les journalistes aux ordres, j'ai lancé la polémique dans Marianne qui paraît aujorud'hui samedi. Ca risque de saigner. J'espère qu'ils porteront plainte. Ainsi le débat qu'ils refusent aura lieu.
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Plus des deux tiers des Israéliens, selon un sondage, estiment que l'arraisonnement de la flottille des humanitaires pro-palestiniens aurait dû s'effectuer différemment. J'en conclus que ceux qui ont soutenu cette opération sans la moindre distanciation ne s'expriment ni au nom des Juifs amis d'Israël, ni au nom des Israéliens, mais simplement au nom d'une minorité ultra-droitière,ce qui, je le répète, porte tteinte à l'image d'Israël.
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Fillon a affirmé dans le même discours qu'il fallait arrêter d'emprunter à tout bout de champ. Est-ce à dire que l'on va renoncer à ce fameux grand emprunt qui de toute façon est devenu riquiqui ? D'ailleurs on n'en parle plus guère ces temps-ci du grand emprunt.
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N'empêche que de nouveau, Sarkozy ne peut plus supporter Fillon et vice-versa. Dans le Figaro, un interlocuteur régulier du président explique qu'un jour, celui-ci reproche à son premier ministre de ne pas en faire assez, un autre jour d'en faire trop et qui manifeste à son endroit « une totale mauvaise foi ». Il envisagerait de le remplacer par Eric Woerth, le chouchou du moment, ou même par Alliot-Marie, parce qu'une femme ça serait bien contre Aubry. Personnellement, je parierais que Fillon restera.
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Sarkozy à la manoeuvre : il se rendra le 22 juin à Bordes, dans les Pyrénées Atlantiques, inaugurer une usine de moteurs d'hélicoptères. Or, Bordes est située dans la circonscription de François Bayrou. Lequel sera quasiment obligé de le recevoir. Et Sarkozy lui fera des tas de mamours. La rumeur d'un rapprochement n'en prendra que plus d'ampleur. C'est pourquoi j'ai précisé hier que Bayrou devrait trouver un moyen de clarifier nettement les choses s'il ne veut pas se laisser piéger. Et en conséquence, étouffer.
Les deux internautes qui m'ont reproché, à cause de cette simple remarque, de m'en prendre à Bayrou, sont en l'occurrence à côté de la plaque. C'est le contraire. Je lui conseille de se dégager vite d'un piège qui vise à l'asphyxier. C'est plutôt sympa de ma part, non ?
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J'ai tenu ces dix derniers jours six réunions publiques, conférences et débats. Salles combles à chaque fois, à plusieurs reprises les organisateurs devant refuser du monde, comme à Saint Emilion et à Montpellier. D'autres intervenants ont fait la même expérience. Evidence d'une demande de débats participatifs. Rejet de la politique stricto sensu, mais aspiration à aborder des questions de fond y compris à caractère philosophique. Aspiration à une véritable alternative de société, mais doutes sur la possibilité d'y parvenir. Rejet très fort et même féroce, du pouvoir médiatique, en particulier de son expression audiovisuelle. Disponibilité et scepticisme à la fois.
Je reviendrai sur la réunion organisée à Paris par le CREA sur la question des retraites. Remarquable fut la qualité des interventions de la salle et le quasi-consensus sur la nécessité de réintégrer la question des retraites à une réflexion globale sur notre modèle social.
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Concernant les journalistes aux ordres, j'ai lancé la polémique dans Marianne qui paraît aujorud'hui samedi. Ca risque de saigner. J'espère qu'ils porteront plainte. Ainsi le débat qu'ils refusent aura lieu.
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Plus des deux tiers des Israéliens, selon un sondage, estiment que l'arraisonnement de la flottille des humanitaires pro-palestiniens aurait dû s'effectuer différemment. J'en conclus que ceux qui ont soutenu cette opération sans la moindre distanciation ne s'expriment ni au nom des Juifs amis d'Israël, ni au nom des Israéliens, mais simplement au nom d'une minorité ultra-droitière,ce qui, je le répète, porte tteinte à l'image d'Israël.
Pour une nouvelle nuit du 4 août
C’était l’archétype du privilégié. Ainsi, quand, en cette nuit du 4 août 1789, vers une heure du matin, après qu’un député breton nommé Coroller ait donné lecture d’un projet d’arrêté relatif à la sécurité du royaume en proie à des troubles sociaux, le vicomte de Noailles se leva et déclara, depuis sa place, que, pour rétablir la tranquillité publique, il proposait « que soit décidé que l’impôt serait désormais payé par tous les individus du royaume selon la proportion de leurs revenus », il y eut – comme le note le procès-verbal – « une immense sensation ». D’autant que l’orateur ajouta aussitôt « proclamons que toutes les charges seront à l’avenir supportées également par tous ! ».
Certes, on commença à murmurer, sur les bancs du Tiers état, que le vicomte en question, cadet de famille, était en réalité fauché comme les blés. Mais quand le duc d’Aiguillon, l’aristocrate de France le plus riche en propriétés après le roi, demanda à son tour la parole, on eut l’impression que l’assemblée toute entière retenait son souffle. Et que dit Monsieur le duc ? Que les paysans révoltés qui pillent les châteaux sont sans doute bien coupables, mais que l’oppression qu’ils subissent de la part des seigneurs « et de leurs hommes d’affaires » excuse en partie leur violence. Je propose donc, conclut-il « qu’il soit arrêté que tous les corps, communautés et individus qui ont joui jusqu’à présent de privilèges particuliers, d’exemptions personnelles, supportent, à l’avenir, tous les subsides, toutes les charges publiques, sans aucune distinction ».
Ces propos soulèvent une tempête d’acclamations. La contagion gagne. Le duc du Châtelet, dans le sillage de Du Pont de Nemours, en remet une couche. L’évêque de Chartres demande la suppression du droit de chasse. Chacun tient à annoncer qu’il renonce à un privilège, à un passe-droit, à un avantage indu.
A l’aube, l’ancien régime féodal est mort.
Le lendemain, le Journal Officiel dresse le bilan : « Abolition de tous les privilèges et immunités pécuniaires, ainsi que des droits qui entraînent la servitude des personnes, égalité des impôts de quelque espèce que ce soit, admission de tous les citoyens aux emplois civils, déclaration de l’établissement prochain d’une justice gratuite, destruction des pensions obtenues sans titre et des traitements accordés par favoritisme de cour ». Et le rédacteur du Courrier national de s’extasier « il semblait que les deux premiers ordres, la noblesse et le clergé, se disputassent de zèle et d’amour pour le bien du peuple ».
N’exagérons rien. Comme en convint un député de Bar-sur-Aube, Parisot « en fait, nous nous étions réunis secrètement la veille, à une centaine (en majorité des députés bretons), et étions résolus d’employer une espèce de magie pour détruire tous les privilèges des classes et des corporations ». N’empêche : ce fut fait !
Or, comment qualifia-t-on la dynamique qui, provisoirement, entraîna les représentants de toutes les catégories sociales à sacrifier leurs intérêts et droits particuliers au sauvetage d’une nation au seuil du naufrage ? De « grand élan patriotique ».
Et bien, le patriotisme, parlons-en.
Comme en 1789, la France va mal. Socialement, psychologiquement. La situation financière est beaucoup plus dégradée que le pouvoir et ses relais médiatiques n’en font l’aveu. Entre 1999 et 2002, la dette a augmenté de 100 milliards. Entre 2002 et 2010 - huit années de gestion UMP - elle a explosé de 750 milliards d’euros. Un rapport officiel vient d’indiquer qu’à ce rythme elle représentera, en 2020, 140 % du PIB.
« C’est pourquoi, hululent en cœur tous les haut-parleurs branchés sur l’Elysée, il est urgent de prendre des mesures courageuses ». Entendez par là , de sabrer dans les dépenses, de couper à la hache dans les crédits consacrés au logement, à la santé, à l’éducation, à l’assistanat social, au handicap…
Bravo ! Quel courage, en effet.
C’est ce qu’exigeaient, déjà , ceux qui, en 1940, appelèrent à une « révolution nationale ». Des patriotes, comme chacun sait.
Mais les recettes ? Un budget, je ne sais pas si vous êtes au courant, ce sont des dépenses et des recettes. Lesquelles vont encore dégringoler, puisque l’ensemble des politiques d’« austérité » décidées de concert en Europe, risque de casser la timide reprise. D’où un nouveau recul des rentrées fiscales. Or, pourquoi les déficits de nos comptes publics se sont-ils creusés à ce point ? Des gâchis ? Des gaspillages ? Un assistanat trop généralisé ? J’en conviens. Et aussi, un train de vie au sommet de l’Etat scandaleusement dispendieux (la presse allemande en fait ses choux gras), des cadeaux semés par brassées au gré des opérations électoralistes de séduction de clientèles en voie de sécession…
Mais surtout, un effondrement des recettes. Pourquoi ? La loi TEPA, coûte annuellement 15 milliards ; les niches fiscales empilées les unes sur les autres (il s’agit bien là d’une remise en cause de l’acquis essentiel de la nuit du 4 août), 75 milliards, dont 22 milliards en trois ans pour la seule niche Copé en faveur des grosses entreprises qui réalisent des plus-values sur vente de filiales ; les remises de charges sociales, 55 milliards ; l’exil fiscal, malgré le bouclier du même nom, 56 milliards.
Il y a un moment où il faut dire les choses clairement et simplement : les innombrables cadeaux consentis aux plus fortunés, alors même que les fonctionnaires, par exemple, ont dû accepter à un certain nombre de légitimes renoncements, sont la cause première du creusement des déficits et de la croissance vertigineuse de la dette.
Et c’est ce qui nous renvoie à la nuit du 4 août et à l’élan patriotique qui s’y manifesta.
Face à la situation financière du pays, les catégories sociales les plus choyées depuis trois ans, sont-elles prêtes à renoncer à « quelques » privilèges (à tous, on n’y songe même pas !) au nom du devoir de solidarité ? Je tends l’oreille, j’écoute et je n’entends rien. Pas l’esquisse d’une proposition allant dans ce sens. Madame Parisot sort ses griffes aussitôt qu’on évoque l’idée même de participation du grand patronat à un effort collectif. Pas un ponte du CAC 40 qui ait fait savoir qu’il était disposé à un petit sacrifice, fût-ce sur son parachute doré ou sa retraite chapeau. Pas un bénéficiaire de niche fiscale, aussi indu que soit cet avantage, qui ait accepté d’y renoncer dans le cadre d’un renoncement général aux exonérations à la tête du client. Sur les dix clampins dorés sur tranche qui ont reçu un chèque moyen de 7,6 millions d’euros du fisc, en 2009, au titre du bouclier fiscal, combien ont proposé d’en reverser ne fût-ce qu’un chouïa au titre de l’élan patriotique ? Aucun. Avez-vous lu, dans Le Figaro ou dans Les Echos, un article suggérant aux détenteurs de grande fortune de verser, à proportion, au pot commun, au moins l’équivalent de ce à quoi les moins bien lotis vont devoir renoncer ? Pas une ligne !
A entendre certains, plus ringard que le patriotisme, il n’y a que le calendrier des Postes !
Et bien, aujourd’hui, vouloir une nouvelle nuit du 4 août, c’est ça être patriote !
Certes, on commença à murmurer, sur les bancs du Tiers état, que le vicomte en question, cadet de famille, était en réalité fauché comme les blés. Mais quand le duc d’Aiguillon, l’aristocrate de France le plus riche en propriétés après le roi, demanda à son tour la parole, on eut l’impression que l’assemblée toute entière retenait son souffle. Et que dit Monsieur le duc ? Que les paysans révoltés qui pillent les châteaux sont sans doute bien coupables, mais que l’oppression qu’ils subissent de la part des seigneurs « et de leurs hommes d’affaires » excuse en partie leur violence. Je propose donc, conclut-il « qu’il soit arrêté que tous les corps, communautés et individus qui ont joui jusqu’à présent de privilèges particuliers, d’exemptions personnelles, supportent, à l’avenir, tous les subsides, toutes les charges publiques, sans aucune distinction ».
Ces propos soulèvent une tempête d’acclamations. La contagion gagne. Le duc du Châtelet, dans le sillage de Du Pont de Nemours, en remet une couche. L’évêque de Chartres demande la suppression du droit de chasse. Chacun tient à annoncer qu’il renonce à un privilège, à un passe-droit, à un avantage indu.
A l’aube, l’ancien régime féodal est mort.
Le lendemain, le Journal Officiel dresse le bilan : « Abolition de tous les privilèges et immunités pécuniaires, ainsi que des droits qui entraînent la servitude des personnes, égalité des impôts de quelque espèce que ce soit, admission de tous les citoyens aux emplois civils, déclaration de l’établissement prochain d’une justice gratuite, destruction des pensions obtenues sans titre et des traitements accordés par favoritisme de cour ». Et le rédacteur du Courrier national de s’extasier « il semblait que les deux premiers ordres, la noblesse et le clergé, se disputassent de zèle et d’amour pour le bien du peuple ».
N’exagérons rien. Comme en convint un député de Bar-sur-Aube, Parisot « en fait, nous nous étions réunis secrètement la veille, à une centaine (en majorité des députés bretons), et étions résolus d’employer une espèce de magie pour détruire tous les privilèges des classes et des corporations ». N’empêche : ce fut fait !
Or, comment qualifia-t-on la dynamique qui, provisoirement, entraîna les représentants de toutes les catégories sociales à sacrifier leurs intérêts et droits particuliers au sauvetage d’une nation au seuil du naufrage ? De « grand élan patriotique ».
Et bien, le patriotisme, parlons-en.
Comme en 1789, la France va mal. Socialement, psychologiquement. La situation financière est beaucoup plus dégradée que le pouvoir et ses relais médiatiques n’en font l’aveu. Entre 1999 et 2002, la dette a augmenté de 100 milliards. Entre 2002 et 2010 - huit années de gestion UMP - elle a explosé de 750 milliards d’euros. Un rapport officiel vient d’indiquer qu’à ce rythme elle représentera, en 2020, 140 % du PIB.
« C’est pourquoi, hululent en cœur tous les haut-parleurs branchés sur l’Elysée, il est urgent de prendre des mesures courageuses ». Entendez par là , de sabrer dans les dépenses, de couper à la hache dans les crédits consacrés au logement, à la santé, à l’éducation, à l’assistanat social, au handicap…
Bravo ! Quel courage, en effet.
C’est ce qu’exigeaient, déjà , ceux qui, en 1940, appelèrent à une « révolution nationale ». Des patriotes, comme chacun sait.
Mais les recettes ? Un budget, je ne sais pas si vous êtes au courant, ce sont des dépenses et des recettes. Lesquelles vont encore dégringoler, puisque l’ensemble des politiques d’« austérité » décidées de concert en Europe, risque de casser la timide reprise. D’où un nouveau recul des rentrées fiscales. Or, pourquoi les déficits de nos comptes publics se sont-ils creusés à ce point ? Des gâchis ? Des gaspillages ? Un assistanat trop généralisé ? J’en conviens. Et aussi, un train de vie au sommet de l’Etat scandaleusement dispendieux (la presse allemande en fait ses choux gras), des cadeaux semés par brassées au gré des opérations électoralistes de séduction de clientèles en voie de sécession…
Mais surtout, un effondrement des recettes. Pourquoi ? La loi TEPA, coûte annuellement 15 milliards ; les niches fiscales empilées les unes sur les autres (il s’agit bien là d’une remise en cause de l’acquis essentiel de la nuit du 4 août), 75 milliards, dont 22 milliards en trois ans pour la seule niche Copé en faveur des grosses entreprises qui réalisent des plus-values sur vente de filiales ; les remises de charges sociales, 55 milliards ; l’exil fiscal, malgré le bouclier du même nom, 56 milliards.
Il y a un moment où il faut dire les choses clairement et simplement : les innombrables cadeaux consentis aux plus fortunés, alors même que les fonctionnaires, par exemple, ont dû accepter à un certain nombre de légitimes renoncements, sont la cause première du creusement des déficits et de la croissance vertigineuse de la dette.
Et c’est ce qui nous renvoie à la nuit du 4 août et à l’élan patriotique qui s’y manifesta.
Face à la situation financière du pays, les catégories sociales les plus choyées depuis trois ans, sont-elles prêtes à renoncer à « quelques » privilèges (à tous, on n’y songe même pas !) au nom du devoir de solidarité ? Je tends l’oreille, j’écoute et je n’entends rien. Pas l’esquisse d’une proposition allant dans ce sens. Madame Parisot sort ses griffes aussitôt qu’on évoque l’idée même de participation du grand patronat à un effort collectif. Pas un ponte du CAC 40 qui ait fait savoir qu’il était disposé à un petit sacrifice, fût-ce sur son parachute doré ou sa retraite chapeau. Pas un bénéficiaire de niche fiscale, aussi indu que soit cet avantage, qui ait accepté d’y renoncer dans le cadre d’un renoncement général aux exonérations à la tête du client. Sur les dix clampins dorés sur tranche qui ont reçu un chèque moyen de 7,6 millions d’euros du fisc, en 2009, au titre du bouclier fiscal, combien ont proposé d’en reverser ne fût-ce qu’un chouïa au titre de l’élan patriotique ? Aucun. Avez-vous lu, dans Le Figaro ou dans Les Echos, un article suggérant aux détenteurs de grande fortune de verser, à proportion, au pot commun, au moins l’équivalent de ce à quoi les moins bien lotis vont devoir renoncer ? Pas une ligne !
A entendre certains, plus ringard que le patriotisme, il n’y a que le calendrier des Postes !
Et bien, aujourd’hui, vouloir une nouvelle nuit du 4 août, c’est ça être patriote !