Faites passer



Conseil de sage

Faites passer
Qu’on me permette de le répéter : un débat peut être ferme et même musclé sans recours à l’insulte. Il est dommage que la qualité, la pertinence, parfois la technicité au bon sens du terme, de nombreuses interventions soient parasitées par des invectives que certains s’envoient à la figure. Arrêtons cela. Une bonne argumentation vaut mieux qu’une bordée d’injures dont n’importe qui est capable, même le plus débile.
Respectons nous, respectez vous.
Deux remarques :
    1.    On peut être hostile à la gouvernance du chef de l’Etat, stigmatiser son « pouvoir personnel », sans, pour autant, le qualifier systématiquement de nain ou de nabot. Ce n’est pas bien. Imaginez qu’un homme d’Etat, qui réunirait les qualités de De Gaulle, Clemenceau, Jaurès et Mendès-France, soit petit, est-ce que vous le qualifieriez de nain ou de nabot ? Pas d’attaques sur le physique des gens. C’est d’ailleurs cela qu’il fallait reprocher à Georges Frêche et non un antisémitisme inexistant.
    2.    Il est bon et même utile que des sarkozystes s’expriment aussi sur ce blog, fût-ce de façon caricaturale, parfois même outrancière, voire stupide. D’abord ils ne sont pas les seuls à donner dans le simplisme caricatural, mais, surtout, il est toujours important de savoir ce que pense, comment s’exprime, ce qu’est réellement « l’autre ».
    •    Il y a une forme de « stalinisme de droite » que j’ai peu l’occasion de croiser ou d’entendre et qu’il m’intéresse de découvrir. Ne faisons pas comme Martine Aubry qui semble penser qu’un débat démocratique n’est légitime que si on en exclu toute « dérive ». Donc, soyez vifs, critiques, mais tolérants. Ne vous sentez pas obligé, chaque fois qu’un sarkozyste pur et dur s’exprime de façon outrée de lui tomber tous sur le poil. D’abord, c’est ce qu’il cherche.
Même à la haine, il ne convient pas de répondre par la haine.
Enfin, ne confisquez pas trop les interventions pour les ouvrir de plus en plus à d’autres et à de nouveaux intervenants.

Retraite : quand Le Figaro flingue Sarko

Dans Le Figaro de samedi, un article à méditer sur l’attitude de Nicolas Sarkozy face au problème des « retraites ».
Quelle est, pour le pays, pour les retraités eux-mêmes, en terme de justice et d’équité, la meilleure réponse possible ? Là-dessus, pas un mot. Mais, exclusivement des considérations tactiques et partisanes : quel avantage puis-je en tirer ?
Le président, indique le journal, ausculte donc les sondages. « Il perçoit les bénéfices qu’il peut en retirer vis-à-vis de son électorat ». Risque d’agitation sociale ? On le souhaite. « Des manifestations, fait dire Le Figaro aux représentants du premier cercle sarkozyste, présentent l’avantage de crédibiliser les réformes auprès de son électorat ». Il faut qu’il y ait des grèves pour que la droite se remobilise : «  plus il y aura de défilés, plus les Français porteront crédit à Sarkozy d’avoir eu le courage de trancher sur le sujet ». D’ailleurs, à propos de l’autonomie des universités, il n’y a pas eu assez de castagne : « du coup, la réforme n’a eu que très peu d’échos ».
L’idéal ? Un projet qui provoquerait des manifestations sociales en juin et que l’on pourrait faire voter en juillet, en pleines vacances d’été. Ensuite « la présidence du G20 permettra au président de se mettre en valeur en jouant sa propre partition ». Article terrible. Tout dans la com. Recherche de la meilleure solution ? Non, de la meilleure opération… Intérêt national ? Non… intérêts de la sarkozie !

Allo, c’est Sarko !

Emission sur Arte consacrée aux rapports entre journalistes professionnels et blogueurs amateurs. Intervention d’Eric Fottorino, le patron du Monde, qui raconte (pour s’en plaindre) comment Nicolas Sarkozy l’appelle personnellement pour lui expliquer comment le journal devrait rendre compte de ses activités, et lui reprocher, quand il n’est pas assez louangeur, un déficit de complaisance. On comprend mieux pourquoi Le Figaro, grand journal libéral pourtant, n’a pas consacré le moindre gros titre de une au rapport de la Cour des comptes annonçant une explosion record de la dette publique. Il y a quatre ans, il aurait consacré à une telle information une énorme manchette. Et il aurait eu raison.

Mercredi 10 Février 2010
Jean François Kahn

Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

214.Posté par Jean Tabou, démineur le 12/02/2010 13:11
La méthode décrite par "Le Figaro" utilisée par les équipes au pouvoir en ce moment me fait penser à un personnage que nous avons oublié mais qui a eu son heure de gloire :
Jacques Borel, ce monsieur qui a voulu introduire les "wimpies" en France.

Il disait qu'il ne cherchait pas à plaire mais à ce qu'on parle de lui, même en mal, du moment que l'on parle de lui. Pour occuper le terrain, l'envahir, être le seul sur le sujet.
A la fin, qu'il ai tord ou raison, on est habitué et on le choisi "par défaut", mais surtout pas pour sa valeur réelle.

213.Posté par brusyl le 11/02/2010 21:55
certes, certes, certes....

212.Posté par Milo45 le 11/02/2010 21:49
@104 Moi25

Effectivement !

211.Posté par moi25 le 11/02/2010 21:44
les hommes politiques ont toujours le même discourt , il y a une solution homme politique et telle une professions professionnel si oui pourquoi on t ils plusieurs salaires , si tous les françaises étais comme eux on devrais toucher tous plusieurs salaires pour les personnes ayant travail dans plusieurs entreprise donc si ce n ais pas une professions professionnel pas de salaires pour eux car il sont bénévole , et j ajoute pas de deux ou trois mandat un seul et pa payer a vie merci

210.Posté par kerjean le 11/02/2010 21:18
@Brusyl
l'emission remonte à plusieurs années, l'ideal serait de retrouver plutôt le bouquin de ce jeune. Tout y est, tout. Toutes les manip sémantiques révélées de l"interieur.
Le pire, c'est qu'à part Mermet PERSONNE n'en n'a parlé.
Alors que je suis persuadé que si un essayiste avait publié une tribune dans le Monde supposant l'éventualité d'une telle cellule, toute la mediacratie aurait hurlé à la paranoïa.

209.Posté par kerjean le 11/02/2010 21:16
@Marie
c'est tellement énorme et répétitif que je me demande si ce qu'ils veulent c'est nous anesthesier ou nous provoquer

208.Posté par Marie le 11/02/2010 21:16
A Brusyl,
Chiche !

207.Posté par kerjean le 11/02/2010 21:15
@Brusyl
procès, procès, procès, voilà bien la stalinienne modemiste....(ça, ça va en boucher un coin à JFK)
je ne te faisais pas de procès, juste une puérile taquinerie.

206.Posté par brusyl le 11/02/2010 21:08
@kerjean
je ne suis pas "conspirationniste" (quoique...) mais je crois totalement ce que tu racontes à propos de ce stagiaire du medef (on peut écouter l'émission de Mermet sur le site France-Inter, elle n'a pas encore été supprimée, comme , je l'ai appris récemment beaucoup de ses émissions ?)
quant à ce mot "mondialisation" que tu me reproches d'avoir utilisé : tu me fais un procès d'intention, je constatais, pour faire vite, seulement le résultat du processus, car ce n'était pas le sujet de mon intervention. Aurais-je dû écrire : "la-mondialisation-c'est-à-dire-la-libéralisation-et-la déréglementation-financières-accompagnées-d'un-décloisonnement-du marché-et-la -désintermédiation-selon-la -règle-des-trois-D ?
j'aurais eu l'air maligne !
n'empêche que le processus est enclenché,il faut maintenant faire avec... ou contre...

@marie
super commentaire, plein de liberté , de gaieté, de jouissance mais ne me lancez pas sur Rabelais, pour la verdeur des mots je peux tenir le pari avec lui !

205.Posté par Marie le 11/02/2010 20:57
Kerjean,Brusyl,
Oui, nous y participons, sans le vouloir, à ce décoquillage des mots ...Il y a imprégnation subliminale ...cela fait parti de l'ensemble !
La langue est un lieu de lutte ! de tout temps, ceux qui "posaient des mots", écrivaient libelles et pamphlets...risquaient de se faire embastiller! ...Les mots font peur aux autocrates de tout poil!
Pour ceux qui restent vivants jusqu'au bout de la vie , l'émission de Mermet sur Howard Zinn ... Un régal! - Nos "confits-c'est-moi-qui-suis-le-plus-fort-car-j'en-ai-un-plus-gros" (parachute doré, portefeuille de stock-options, building ....) ne le savent pas, mais ils sont déjà morts de leur vivant ! les pôvres! ....
Parachute doré , qu'est-ce donc ? Signification ? = j'ai plein de pèze, car je suis le grand chef des Oumpapa ! mais, j'ai peur [ oui, notez bien, que cela ne les empèche pas d'avoir peur ! ]: ils sont donc peureux, les grands chefs des Oumpapa, puisqu'il faut qu'ils assurent leur chute éventuelle avec un parachute,doré, il va de soi, car on ne se mélange pas avec la valetaille!, sans compter qu'ils ont des ceintures de sécurité ( des assurances touzzzzazimut ), des parapluies, paravents et paratonnerres ...Ils ont peur ! Voilà le problème; ils ont peur de tout perdre ...et, ils voient que les gueux, n'ayant guère à perdre, ont moins peur ! c'est insupportable ! Tiens, une politique de la peur de l'autre est mise en place ! Na ! En attendant d'élever des murs !

204.Posté par calamity jane le 11/02/2010 20:37
Alors, résultat des courses : un chat est un chat ou un chat est un chien ?

203.Posté par Marie le 11/02/2010 20:30
Brusyl,Kerjean*, et les autres ....
*Il s'agit peut-etre de "La cité perverse" de Dany-Robert Dufour ?

Hourrah! retrouvons la verdeur de la langue! plongeons loin dans nos racines !
Rabelais serait censuré !
Or, il a écrit ceci, sous le catholicisme d'Etat !
" En l'abbaye était pour lors un moine claustrier nommé frère Jean des Entommures,jeune,galant,frisque(alerte),de hait(joyeux),bien adroit,hardi,aventureux,délibéré,haut,maigre,,bien fendu de gueule,bien avantagé en nez,beau dépécheur d'heures(disant ses prières à la hâte),beau débrideur de messes(expédiant ses messes),beau décrotteur de vigiles ...."
(contexte : il y a attaque de l'abbaye, et pillage des vignobles. Le moine défend le vignoble) :"Mais,dit le moine,le service du vin,faisons tant qu'il ne soit troublé,car vous-même,Monsieur le prieur,aimez boire du meilleur. Si fait tout homme de bien.Jamais homme noble ne hait le bon vin : c'est un apophtegme monacal ...Ecoutez,Messieurs,vous autres qui aimez le vin:le corps Dieu si me suivez ! car, hardiment,que Saint-Antoine m'arde si ceux tâtent du piot(vin)qui n'auront secouru la vigne! Ventre Dieu, les biens de l'Eglise! ah,non,non! Diable!..." " Les uns mouraient sans parler,les autres parlaient sans mourir. Les uns mouraient en parlant,les autres parlaient en mourant. "...
Non, à cet hygiénisme de la langue,Nous ne sommes pas des puritains ! Nous aimons la vie ...
Nous avons ,de tout temps, aimé "jouer avec les mots" ! Quelle fadeur , quelle tristesse, quel calibrage de toute chose! Nous aimons ce qui bouge, ce qui gouaille, ce qui fait les charmes de la vie ! Ce qui dépasse ! ce qui est insolent ! Quel triste sire, que celui-là, et ses acolytes !

202.Posté par Le Meur le 11/02/2010 19:40
"Il n'y a pas de Grandes ou petites Nations ,il n'y a que de Grands ou de petit hommes"
Victor HUGO
L'inconscient traduit à sa façon la petitesse dans l'action. on ne compte pas les CHEFS
D'ETAT petits par la taille mais grands par la pensée .Ceux-là n'ont pas été stigmatisés
pour ce genre d'atteinte.....

201.Posté par kerjean le 11/02/2010 19:13
@Brusyl
Mermet avait consacré deux émissions ahurissantes à un jeune qui a écrit un bouquin de son stage à la cellule de com du medef.
C'était invraisemblable, si on osait dire ça, on se ferait immédiatement traiter de complotiste.

C'est là que j'ai appris que cette cellule perverse car manipulatrice de concepts, avait conseillé, avec succès de ne plus jamais prononcer les mots "actionnaires" ou "patronnat" et de lui préférer "entrerprise". On va même jusqu'à entendre un mec du medef dire récemment "cet accord est bon pour l'entreprise comme pour les salariés" ce qui prouve bien que "entreprise" est employé en terme d'actionnaire".
Et le mot s'est banalisé.

Le plus beau coup de cette cellule est d'avoir trouvé un mot magnifique et positif, irrésistible pour remplacer l'aride et réaliste regano-tatchérien "dérèglementation" des années 80. Alors ils ont trouvé THE mot: "mondialisation". La mondialisation c'est une marche inéluctable vers la grande fraternité. La dérèglementation est la mise en coupe réglèe du monde aux entités privées les plus puissance en leur enlevant toute entrave.
La seconde est perilleuse, hautement toxique, destructrice, idéologique, affreuse, donc elle suscite le rejet, la colère, la lutte.
La première est dure mains inéluctable et même finalement souhaitable.

Même toi Brusyl, tu t'es fait avoir. Je t'ai lu ici même écrire "oui mais aujourd'hui il y a la mondialisation". Comme si elle était inéluctable. Bravo la propagandestaffel du medef.

Merci pour la citation de Platon, celle là, je l'attendais depuis des années sans la connaitre:
"la perversion des cités commence par la fraude des mots".
Lumineux.
A mettre en relation avec le sociologue publié ici même il y quelques jours(merci de me rappeler le nom) qui déclare que le pouvoir est entré dans un cycle de perversion.

PS: je trouve étonnant que le père Arié ne vienne pas ramener sa fraise ici.

200.Posté par brusyl le 11/02/2010 18:53
Je vais me faire taper sur les doigts par certains de ce blog car cette réflexion de JFK m'a amené sur l'emploi des mots en politique , réflexion donc un peu hors sujet....
La perversion des cités commence par la fraude des mots...(platon)
Et notre gouvernement ne s'en prive pas ..il est devenu un grand spécialiste de la Novlangue, et tout à fait dans son sens orwelien ie de langue par laquelle la classe dirigeante manipule le peuple
petit exemplaire du vocabulaire Sarkozy ( extraits pris sur un blog)

Ne dites plus :"On va dégraisser le Mammouth",
mais dites:"D'importantes réformes pour l'école comme pour les personnels se dessinent"

Ne dites plus "On envoie des soldats faire la guerre en Afghanistan",
mais dites :"Ce n'est pas une guerre (...) nous sommes aux côtés du peuple afghan"

Ne dites plus :"On coupe les crédits",
mais dites :"On modernise les politiques publiques"

Ne dites plus :"On va fermer des hôpitaux",
mais dites"On va répondre au malaise du secteur hospitalier"

Ne dites plus :"On fait payer plus les malades pour la sécu",
mais dites : "Il faut responsabiliser les Français"
ou alors "On va répondre au malaise du secteur hospitalier"

ne dites plus "Je triple mon salaire", mais dites, comme Sarkozy :"Je veux plus de transparence"

Ne dites plus "Rigueur", mais dites "Réforme"

Ne dites plus :"Suppression", mais dites :"Amélioration"

Ne dites plus :"Licenciement massif",
mais dites :"Réorganisation structurelle"

Ne dites plus :"Casser",
mais dites :"Moderniser"

donc ok, décidons de suivre la leçon de politiquement correct de Monsieur Kahn ... Ne dites donc plus :
- le nabot mais notre président verticalement challengé ou à verticalité contrariée
- le gnome mais notre président appartenant à la minorité verticalement challengée
-le nain mais notre président à enjambées réduites
-le pourri mais notre président moralement différent
-le con mais notre président à compétence alternative
-l'inculte mais notre président déficient des pré-requis cognitifs
- l'excité mais notre président sujet à une surcharge d'hormones
ou notre président à modération différée
- le dingue mais notre président à pathologie de type borderline
-le menteur mais notre président à vérité différée

Non Monsieur Khan, votre "ce n'est pas bien " ne passe pas, il participe de ce contrôle des mots, de cette auto-censure légitimée et à ce charabia chichiteux et convenu je préfère mon franc-parler !
« Il n’y a ni bon ni mauvais usage de la liberté d’expression. Il n’en existe qu’un usage insuffisant » (R.Vaneigem)

199.Posté par kerjean le 11/02/2010 18:42
@GEO41
Stupide et faux comme d'habitude.
C'est vrai que diffamer un mort....

A propos de la dette, je vous conseille d'en regarder l'historique et vous verrez, sans aucune discussion possible qu'elle a vraiment dérapé sous ballamou à partir de 93.
Il y a suffisamment de raison d'accabler Mitterand pour, en plus, le traiter de mec de gauche.
Le pauvre, il doit se retourner dans sa tombe.

198.Posté par cerise le 11/02/2010 17:44
Mitterrand , Giscard , Pompidou , marie Antoinette .... bon , c'est un cours d'histoire ? après le cours de morale de JFK ... vous pouvez pas trouver des solutions pour aujourd'hui sans faire d'histoires et pourquoi dit on " il faut se creuser la tête " si après elles sont vides ?
http://marianne

197.Posté par cerise le 11/02/2010 17:37
Hollande il osera jamais lui poser un lapin à la Chabot ...
http://marianne

196.Posté par CornesdAuroch le 11/02/2010 17:29
@85geo41 :

Je crois savoir que les marchés, justement, n'ont pas vraiment laissé sa chance à Mitterrand.
Ils ont retiré tout ce qu'ils pouvaient de France, et ont spéculé contre le franc, ce qui a créé une crise en France effectivement.
On ne peut pas savoir comment les choses se seraient passées si les choses étaient restées en l'état. En tout cas le résultat a été radical, les socialistes sont depuis devenus atrocement frileux et peureux devant les marchés, et ce dans le monde entier.
Donc je crois que tu conclues un peu vite.

Au passage, Sarkozy n'a pas eu la malchance d'être confronté à une crise ; il a été confronté au résultat catastrophique de la politique qu'il souhaitait mettre en oeuvre en France.
Si la bulle avait "pété" plus tard, la France aurait beaucoup moins bien résisté !
Heureusement pour lui, il peut désormais, et jusqu'à la fin de ses jours, s'abriter derrière cette crise qui le sauve.

195.Posté par Eliot le 11/02/2010 17:11
Bien que, devant le cercueil de Philippe Seguin, il ait fait partie du choeur des nénies, pleureurs, pleureuses présidentiels et présidentiables, ministériels et ministrables ou autres histrions de la gent politique, Eric Woerth s'est empressé de rejeter avec morgue les conclusions de la Cour des Comptes.
Ce rapport, le dernier rendu sous la présidence du haut magistrat défunt, il nous faudra le regarder et le garder comme une relique jusqu'en 2012 et plus, "si affinités"(!) comme il nous l'a été déclaré, en Corse, avec humour( noir ? ), avec ironie (?), ou par défi ?
Quelles affinités avec les Français " d'en bas" ce pouvoir et ses aficionados( chaque fait divers ou international, chaque pseudo-réforme est une muleta agitée dans l'arène politique sur laquelle N.Sarkozy, aveuglé par sa propre gloire, fonce sans discernement ni orientation ) peuvent-ils encore revendiquer, chacun de nous, dans sa "catégorie", en dépit de tous les efforts de l'exécutif pour nous diviser, n'arrivant plus à considérer des décisions ou des réformes injustes, simples régressions supportées par les mêmes ou ressenties comme telles, par défaut du temps de la réflexion et de la concertation, comme légitimes ? C'est ainsi que la réforme la plus indispensable, celle des retraites, s'entache déjà de suspicion et de maldonne malgré l'évidence consensuelle de sa nécessité.
La Cour des Comptes pointe avec obstination les insuffisances budgétaires, les inégalités, les injustices, les dysfonctionnements, les gaspillages mais le discours gouvernemental sur le poids de la dette est parfaitement rôdé et implacable : une part de vérité, certes, la crise, mais de l'autre, la litanie des 35 heures, du handicap des fonctionnaires en surnombre, de la mauvaise gestion des régions socialistes et de l'exception française.....qui nous rend tellement plus heureux et confortables que nos voisins européens mais nous coûte si cher....Pourtant, sans connaître grand chose en économie, sur la foi de simples lectures ou commentaires assez glaçants, sommes-nous vraiment à l'abri de problèmes similaires à ceux de la Grèce ?
Un tel mépris de la France toute simple, l'argent comme seule valeur, et des contrepouvoirs piétinés : même Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale, s'indigne et fait le terrible constat d'un parlement servant de "paillasson" au gouvernement, remarque ( involontaire ? ) lourde de sens si on se rappelle que Rama Yade avait utilisé l'expression contre la venue de Khadafi...
L'unité de façade du sarkozysme se lézarde, se crevasse, les "affaires" se succédant, les sondages s'effondrant, et l'envol sondagier, les envolées discursives de François Fillon, promu ravaleur en chef, si elles sont censées apaiser les tensions, n'empêchent pas les inquiètudes de la majorité confrontée lors de cette campagne des régionales à un électorat plus que dubitatif !
Si des conseillers en communication en sont réduits à espérer des manifestations de rue pour rasseoir leur monarque sur un trône devenu vacillant du fait de l'agitation des troupes UMP et du rejet d'une partie de plus en plus croissante de l'opinion, cela en dit long sur leur manque d'imagination ( vieux fantasme d'un nouveau Mai 68 pour raffermir la droite ! ) et leur désarroi devant le gouffre se creusant entre l'élite du pouvoir et de l'argent et tout le reste....à preuve le fiasco de l'émission " à la rencontre des Français" et du débat de l'identité nationale, leur souverain demeurant d'ailleurs toujours inconscient et inconstant, faisant par exemple campagne après avoir annoncé qu'il ne ferait pas campagne pour les régionales....mais les contradictions sont dans la nature de cet homme.
Pour ne pas céder à leurs provocations, pour un projet de changement, le grand rassemblement des républicains est plus que jamais nécessaire, hors estampillage systématique P.S. UMP et le déplacement massif aux urnes est la première étape toute proche.
Un mot tout de même sur les manoeuvres, le sectarisme, la tartufferie de l'état-major socialiste parisien qui dépassent l'entendement, tout ça pour ça, mais me conduisent à reconsidérer le vote que je voulais utile dès le premier tour.
Ce soir, sur France Télévisions, si François Hollande est en forme , nous aurons un duel opposant l'ironie mordante, les flèches empoisonnées et en face, le discours formaté et l'artillerie lourde : deux représentants d'une politique politicienne usée et à renouveler.
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