On achève bien le petit commercePeut-être vous souvenez-vous de la loi sur le commerce intitulée « loi de modernisation de l’économie ». Il s’agissait, sous l’influence de Michel-Edouard Leclerc, de faire sauter toutes les digues destinées à protéger le commerce de proximité de l’impérialisme des grandes surfaces. Cela, nous affirmait-on, allait favoriser la libre concurrence et faire baisser les prix.
Marianne tenta de démontrer que cette loi, concoctée par Hervé Novelli notamment, aurait l’effet exactement inverse tout en fragilisant les fournisseurs, en particulier les PME qui devraient passer par toutes les conditions que leur imposera la grande distribution.
Eh bien, c’est très exactement ce qui s’est passé. Un rapport, co-signé par l’UMP Patrick Ollier, président de la Commission des affaires économiques, vient de le confirmer. Echec total. Bilan désastreux reconnaît le rapport. Les fameuses marges arrière, qu’on était censé avoir supprimées, ont été remplacées par d’autres magouilles destinées à plumer les fournisseurs, lesquels sont exclus du marché s’ils osent se plaindre. «
Il a fallu, note l’un des auteurs du rapport,
les rencontrer à huis clos, en cachette, le soir et leur promettre de ne pas dévoiler leurs noms ». Quant aux prix, ils n’ont évidemment pas baissé. Au contraire.
L’information, on en conviendra, est énorme. Or, si vous avez entendu une grande radio ou une télévision en faire largement état, signalez-le moi, vous aurez gagné un filet garni.
Le plus drôle est que, si l’on en croit les sondages, l’une des rares catégories sociales qui reste majoritairement favorable à Nicolas Sarkozy (à part les plus de 65 ans), ce sont les commerçants. C’est-à-dire les principales victimes de cette politique qui consiste à tout céder aux grandes enseignes d’hypermarchés et au capitalisme financier qui les contrôle.
Minc à la manœuvreAlain Minc semble être parvenu à ses fins : l’homme qui, en France, s’est le plus systématiquement trompé sur à peu près tout et à peu près tout le temps, a personnellement organisé l’arnaque qui a consisté, pour le compte du chef de l’Etat, à privatiser la régie publicitaire du service public de télévision pour la confier, ou plus exactement la brader comme l’a révélé Médiapart, à un ami politique et personnel de Nicolas Sarkozy, Stéphane Courbit (en collaboration avec Publicis). Minc, faut-il le préciser, est actionnaire de la société de Courbit.
En fonction de quoi, vous verrez, comme la manne ira désormais dans les bonnes poches, la pub sera peu à peu réintroduite à la télévision publique.
Là encore question : quelle radio, quelle télévision a largement évoqué cette affaire et ouvert le débat ?
Médiateur de la RépubliqueA ajouter aux remarques faites samedi, ici, sur le niveau des salaires en France. Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République et UMP, a déclaré au Monde, après avoir constaté la déglingue psychologique du pays, et compte tenu des dossiers qu’il reçoit et traite : «
j’estime à 15 millions le nombre de personnes, en France, pour lesquelles les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près ».
Là encore, quelle radio et quelle télévision a accordé à ces propos l’importance qu’ils méritaient ?
Encore sur BayrouEncore sur Bayrou dont j’ai critiqué, hier, certaines prises de position ambiguës dans la perspective des élections régionales et, à mon avis, dommageables si elles se confirmaient. Si, lorsque quelqu’un que l’on estime particulièrement s’engage dans une stratégie dont vous pensez, à tort ou à raison, qu’elle risque de le mener dans une impasse, on se contraint à garder le silence, lui rend-on réellement service ?
Cela dit, j’ai trouvé excellente et bien charpentée, sa prestation sur RTL. Outre que la dimension intellectuelle (et culturelle) de l’homme le situe au-dessus du niveau de la plupart des politiciens d’aujourd’hui, la virulence quasi psychanalytique des haines qu’il suscite (j’ai pu encore le constater, hier, en lisant certaines réactions) suffirait à le rendre singulièrement et absolument sympathique. (Ségolène Royal ou Dominique de Villepin provoquent d’ailleurs le même type de hoquets hystériques).
Puis-je rappeler à certains détracteurs de gauche – je parle des détracteurs excessifs – que quelques mois avant les élections européennes, l’homme que Nicolas Sarkozy déclarait vouloir abattre,
a priori et par tous les moyens possibles, était François Bayrou ? Pourquoi, à votre avis ? Puis-je rappeler également que le responsable politique le plus haï par les tenants du pouvoir médiatique dominant (plus encore peut-être que Villepin, Séguin en son temps, et Jean-Pierre Chevènement) est François Bayrou. Pour quelles raisons, selon vous ?
Pourquoi réagir toujours viscéralement et s’interdire de se poser ce type de question ? Comment peut-on répéter un peu bêtement, comme des perroquets : « Bayrou = le MRP (ça ne nous rajeunit pas 8), donc = la droite, quand précisément tous ceux qui se réclamaient d’un centre droit flasque et vide l’ont quitté ».
Je n’hésite pas à critiquer François Bayrou, ou n’importe qui d’autre d’ailleurs, en fonction de l’idée que je me fais de l’indépendance d’esprit, mais la même indépendance d’esprit devrait interdire à certains de stigmatiser
a priori, quoiqu’il dise ou fasse, Bayrou… ou qui que ce soit d’autre.
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Je le rappelle, la question que j’ai tenté, apparemment sans succès, de mettre ici en débat, la vraie question, compte tenu de la formidable mutation – économique, sociale, sociétale, culturelle – à laquelle nous assistons (doublée d’une véritable contre-révolution) est celle-ci : peut-on sortir d’une bipolarité artificielle, et souvent artificiellement manichéenne également, qui oppose deux archaïsmes, pour tenter de définir les conditions, non d’un entre-deux, mais d’un « en avant » ? C’est-à-dire les conditions d’une radicale recomposition de la société autour d’une nouvelle centralité, celle de l’humain.
Le c.r.r.é.a à MetzRéunion organisée par le c.r.r.é.a. à Metz. Grand amphithéâtre de la Faculté de droit archi comble. Les quatre têtes de liste en piste aux régionales : PS, UMP, Europe Ecologie et MoDem, plus un représentant de « Debout la République », ont échangé pendant deux heures et quart, de façon constructive, concrète, sans aucun coup bas, sans polémique politicienne. Moment rare. Perçu comme tel par tous les participants. La réunion a été bien couverte par Le Républicain Lorrain, mais n’a pas eu droit au moindre mot dans L’Est Républicain. Et oui !
HasardXavier Bertrand, le patron de l’UMP, a fait preuve de modération : «
l’affaire du Quick halal de Roubaix, a-t-il déclaré,
ne doit pas alimenter de vaines polémiques ». Bravo ! Il est vrai que le gérant du Quick en question est l’adjoint UMP du maire de Hem.
Eloge Cohn-Bendit a fait un éloge dithyrambique de Rama Yade. Ce qui a dû ravir l’Elysée, car il est fortement question que la ministre des Sports se présente à l’élection législative partielle d’Asnières avec Jean Sarkozy comme suppléant. Et comme Rama Yade est ministre, le prince Jean deviendra député. Enfin !