Et si on nommait Jean Sarkozy au Conseil Constitutionnel?
Le Conseil Constitutionnel, qui en a pourtant avalé beaucoup, a censuré le gouvernement sur la taxe carbone. Donc, aux yeux de Patrick Devedjian, qui dit tout haut ce que Sarkozy pour l’instant exprime tout bas, notre Cour suprême à nous n’est plus légitime. D’ailleurs, son président, bien qu’UMP, n’est pas sarkozyste, précise Devedjian. Formidable aveu. Au moins, c’est clair : le pouvoir personnel, par définition, n’admet pas de contre-pouvoir à la personne qui exerce ce pouvoir. Il paraît qu’on envisage de placer Patrick Devedjian au Conseil Constitutionnel. Faute de pouvoir y nommer Jean Sarkozy ?
L’arnaque de la taxe sur les bonus
Que demandait le peuple, comme on dit ? Que l’on interdise ou au moins que l’on limite les bonus indécents que les banques distribuent à leurs agents de spéculation, c’est-à-dire aux traders. Lesquels traders, pour gonfler toujours plus leurs bonus justement, ont largement contribué au déclenchement de la crise financière de 2008 et se contentent souvent, aujourd’hui, d’emprunter à très bas coût aux banques centrales ce qu’ils replacent, ensuite, dans des obligations bien rémunérées. Ce dont serait capable même un mauvais élève qui aurait raté son brevet. Et bien ces bonus ne seront pas limités. Mais comme il faut bien faire passer la pilule, Paris et Londres ont décidé de frapper d’une taxe exceptionnelle les sommes que les banques consacrent au versement de ces primes au-delà 27 500 euros. Ce qui, dans le budget global des banques, représente très peu, mais leur permettra de continuer à verser à leurs traders tous les extras qui leur chantent. Or, cette taxe est exceptionnelle, c’est-à-dire qu’elle ne s’appliquera qu’en 2010 sur les versements de 2009. Et, en outre, elle ne concerne pas les fonds spéculatifs, même quand ils sont liés à des banques. De l’art de faire passer pour une mesure de justice sociale une décision qui vise, en réalité, à perpétuer sinon la justice au moins l’inégalité.
Allah c’est une marque.
Au fond, il s’agit d’un problème de propriété sur la marque. Il y a quelques années, le restaurant « La Tour d’Argent », alors prestigieux, avait gagné un procès contre une simple brasserie de la place de la Bastille qui, horreur, portait le même nom. Et qui, du coup, a été contrainte de s’intituler « Les grandes marches ». C’est ce type de conflit qui est en train d’ensanglanter la Malaisie. Un journal catholique, dans ce pays à majorité musulmane, a en effet obtenu, de la Cour suprême, le droit d’appeler « Dieu », celui des chrétiens, « Allah ». Histoire de se fondre dans le paysage. Horreur ! Aussitôt les islamistes ont hurlé à la contrefaçon, ou plutôt à l’appropriation indue d’une marque déposée depuis belle lurette. Et, ils ont fait ce que fait la marque Frigidaire © quand on emploie ce terme au sens général de réfrigérateur : ils ont porté plainte. Pendant que leurs sympathisants exaltés, eux, se mettaient à tirer à vue sur les chrétiens. Comme au Pakistan, comme en Egypte. Mais qui dénoncera la christianophobie ? Que dirait-on si le Vatican refusait à tout musulman le droit d’employer l’expression « pour l’amour de Dieu ». Parce que « Dieu », évidemment, c’est à nous. Comme « Beaujolais » et « Camembert ».
Vive le refus du changement !
C’était la grande initiative qui était censée répondre au malaise qui s’est exprimé dans les départements d’Outre-Mer : un référendum offrant la possibilité aux populations locales d’opter pour un statut de relative autonomie. Echec total. Refus massif. A 70 %. Peur panique de perdre le bénéfice des acquis sociaux. Or, surprise : la ministre des DOM-TOM, Madame Marie-Luce Penchard, et l’UMP ont officiellement applaudit ce résultat. Comme ils auraient, d’ailleurs, applaudit le résultat inverse. Autrement dit, on feint, dans un premier temps, de souhaiter le changement (vous voyez : « le changement c’est nous ») et, on se félicite, dans un second temps, de l’absence de changement (vous voyez : « le statu quo c’est nous »). Ce qui est finalement significatif et peut être généralisé : changement dans les mots, non changement dans les faits. Ou, plus exactement, discours de la réforme, réalité du statu quo.
Pape
La crise économique, la crise écologique ? « C’est, vient de déclarer le Souverain pontife devant le corps diplomatique, la conséquence de l’égoïsme, du matérialisme et d’une mentalité oublieuse des limites inhérentes à la créature ». Ces deux prédécesseurs, et en particulier Jean Paul II, dénonçaient, eux, les dérives et les ravages d’un néocapitalisme sauvage. C’était hier. A Wall Street, on est plutôt protestant, mais on va finir par adorer ce pape.
Absence
Félicitations à Edouard Balladur, à Dominique de Villepin, à Lionel Jospin qui, ayant été constamment cloués au pilori par Philippe Séguin, ne se sont pas rendus à ses obsèques. Il n’y a pas de limite à l’hypocrisie ? Si, il y en a quelques-unes.
Chiffres
L’UMP déclare 253 000 adhérents. Soit 120 000 de moins qu’il y a deux ans et demi et 65 000 départs en un an. Le PS, lui, en comptabilise 211 000. Sauf que ces chiffres sont évidemment inexacts. Il y aurait, en réalité (selon des responsables de ces partis justement en charge de l’organisation), 160 000 à jour de cotisations à l’UMP et 115 000 au Parti Socialiste. Compte tenu du nombre de leurs élus et de leurs « fonctionnaires » presque obligatoirement encartés, il est de toute façon difficile de tomber beaucoup plus bas.
Vous avez dit suffrage universel ?
La France, par suite de l’adoption du traité de Lisbonne, a droit à deux nouveaux députés européens. Allait-on les élire ou tenir compte du résultat des dernières élections européennes ? Non ! Le gouvernement avait décidé de les faire désigner. L’étrange initiative a, évidemment, été rejetée par les instances européennes et nous voilà donc privés de deux députés. La honte ! Ah si on pouvait désigner les présidents des conseils régionaux au lieu de les élire !
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