Et si on décollait les étiquettes



Et si on décollait les étiquettes
La question est : où va-t-on, comment, pourquoi faire et éventuellement avec qui ?
Mais pour nourrir cette interrogation, structurer cette réflexion, ne convient-il pas de regarder en arrière ? Qu’est-ce qui s’est avéré, qu’est-ce qui s’est révélé faux, qui a eu tort, qui a eu raison, quelles sont les analyses qui ont anticipé l’évolution des événements ou qui, au contraire, ont été totalement contredites et ruinées par cette évolution, quelles sont les visions théoriques qui ont tenu le coup et celles que le réel a impitoyablement censurées ?...

Qu’Alain Minc se soit pratiquement toujours trompé, tout le temps et à propos de tout, est-ce neutre et cela lui conserve-t-il le droit de prophétiser sur un ton toujours aussi sentencieux et avec toujours la même arrogance ? Est-il sans importance ou sans intérêt que le dénommé Jean-Marc Sylvestre, oracle économique de TF1, n’ait cessé d’idéaliser, de promouvoir, de magnifier le modèle économique dont presque tout le monde admet, aujourd’hui, qu’il était aberrant, irrationnel et immoral ? Faut-il continuer à interviewer André Glucksmann sans jamais lui demander de procéder à une analyse philosophique autocritique de ses propres errances et aveuglements, en particulier à propos de la guerre d’Irak ?

J’ai récemment lancé ce défit, notamment à Alain Minc et quelques autres : déclinons les prises de position des uns et des autres, récapitulons sans complexe ce qui fut anticipé ou promu par ceux-ci et par ceux-là. Chiche ! Je mets volontiers sur la table mes propres erreurs, je les offre à vos déchiquetages les plus impitoyables, à vos moqueries. Normal ! Si vous me reconnaissez le droit d’en faire de même avec les vôtres et acceptez l’épreuve de la comparaison.

Je me suis même permis cette provocation, tout à fait condamnable sans doute, parce que je sais qu’elle met en rage ceux à qui elle est destinée : je prétends que, globalement, la preuve par les faits ou par les évidences nous ont donné raison et vous ont donné tort. Mais se faisant, j’offrais la réplique possible sur un plateau, l’opportunité de prouver que c’est en réalité l’inverse et que nous n’avions cessé de nous tromper alors que nos contempteurs, eux, avaient vu juste.

Or, ce défi, pour l’instant, n’a pas été relevé. Dommage.
Pourquoi ces prolégomènes ? Parce que je relève, au fil des débats que suscitent ce blog, une tendance constante et répétitive à « étiqueter ». Non pas réagir à une argumentation, à un raisonnement, mais à un positionnement supposé sur un échiquier fantasmé. Vous êtes tour, fou ou cavalier, et tout ce que vous dîtes est justifiable de l’emplacement que vous êtes censés occuper. J’en sais quelque chose, puisque j’ai pu moi-même me découvrir, au hasard des réactions : gauchiste, mitterrandien, ségoliniste, social-démocrate, centriste, droitier, néolibéral et même sarkozyste. Voire quasiment fasciste dans un article du Monde, ou plutôt « national républicain » ce qui, pour ce journal, revient à peu près au même.

Eh bien, si on arrêtait ça ? De part et d’autre d’ailleurs. Et si on cessait de ramener le débat à une continuelle évaluation topographique ? Et si on renonçait à accrocher des pancartes à des casiers ? Et si on ne prenait en compte que l’adéquation ou l’inadéquation d’un propos à son objet, la véracité ou la non véracité d’une information, la correction ou l’incorrection d’un raisonnement, la pertinence ou la non pertinence d’une suggestion, l’intérêt ou l’inintérêt d’une analyse, l’utilité ou la nocivité d’une approche, la légitimité ou l’illégitimité d’une démarche…
Bref, si on débattait, si on réfléchissait collectivement, si on échangeait, si on tentait d’élaborer ensemble, d’explorer de concert, plutôt que de se coller des étiquettes sur le front.
Juste ou pas juste, cela seul vaut en définitive.

Aveux et messages personnels

1- Parler des femmes le jour de la journée de la femme (ou des pères le jour de la fête des pères, ou de la misère le seul jour qui serait dévolu à l’évocation de la misère), me semble représenter la quintessence du système soviétique. De même que je pense que l’écologie devrait être partout et non enfermée dans un parti, ce n’est pas un jour qui devrait être le jour de la femme, mais tous les jours.

2 – Je dois avouer : j’écris à la main. Je suis, en outre, illisible. Je tape très lentement avec deux doigts. Je suis tout à fait conscient de cette tare. Donc, ce blog est le plus souvent dicté.

3 – Je ne joue plus aucun rôle à Marianne m’étant retiré du journalisme actif et j’en suis fort aise. Je me contente d’envoyer un bloc-notes. Je n’écris, depuis trois ans, sous aucun pseudo.

4 – Je ne sais pas où certains ont vu que je méprisais Attac, les altermondialistes, José Bové ou Daniel Mermet. D’abord, je ne méprise absolument personne. Par exemple, je ne méprise nullement Nicolas Sarkozy. A l’origine, j’ai été assez proche des initiateurs du mouvement Attac, mais, à tort ou à raison, j’ai déploré la conquête de ce mouvement par une radicalité trotskisante qui a contribué  à l’isoler et à l’affaiblir.

5 – Je ne prends aucun plaisir particulier à parler des activités de Nicolas Sarkozy. Sauf, éventuellement, pour saluer une bonne initiative. Mais, faire l’impasse par pur ras-le-bol alors qu’il fait à lui tout seul toute l’actualité du week-end en intervenant aussi bien sur la désindustrialisation que sur la crise de l’agriculture, avouez que c’est absurde. Ou alors, on ne prétend pas commenter l’actualité.

6 – Mon blog est totalement indépendant, mais il est repris sur Marianne2 – tant mieux ! – comme il est repris parfois sur d’autres sites. Que le site du Nouvel Observateur, du Point, du Figaro ou de l’Humanité le reprenne, j’y serais tout à fait favorable. Je ne rédige pas pour me faire plaisir, mais pour atteindre (afin d’informer et de faire éventuellement réfléchir) le plus large public possible. Aujourd’hui, nous avons des dizaines de milliers de visites, et vous aussi donc. Des centaines de milliers, je ne suis pas contre.

7 – Je ne suis pas membre du Modem. Je ne suis membre de rien d’ailleurs sauf du C.R.R.E.A. et de la caisse de retraite des cadres (et peut-être du conseil d’administration du Hall de la chanson).

8 – Penser l’alternative, cela implique aussi une dimension philosophique, morale et même épistémologique, pas simplement économique,  j’en conviens.

9 – Je rappelle à l’un de nos intervenants défenseur inconditionnel du chef de l’Etat (ce qui est d’ailleurs son droit), que j’ai été chef d’entreprise pendant 22 ans et que je n’ai cessé de faire des propositions pour le développement des PME en faveur desquelles il faut cibler les baisses de charges et auxquelles il faudrait réserver 40 % des commandes publiques. Mais qui, lorsqu’il voyage à l’étranger, n’amène avec lui dans son avion que des représentants du CAC 40 ?

10 – L’intervention 125 « postée » hier par « brusyl », à propos de la journée de la femme, est éblouissante. Je tenais, même s’il s’agit d’un copié-collé, à la saluer à cette occasion.

11 – En ce qui concerne réponse à Jacques Julliard, il aurait fallu qu’elle soit plus courte pour qu’elle puisse passer dans Libération ? Peut-être, mais figurez-vous que lorsque quelqu’un avance 20 propositions, et c’est justement son mérite, et qu’on entend débattre, le moindre des respects qu’on lui doit c’est de lui opposer 20 réactions.
Sans compter qu’écrire à quelqu’un, fût-ce par l’intermédiaire d’Internet, pour lui dire qu’on ne le lira pas est un peu absurde.

Lundi 8 Mars 2010
Jean François Kahn


Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

125.Posté par roi des cons le 13/03/2010 09:03
La télé a ses Fast Thinkers, comme disait Bourdieu, le fast food de la pensée...
http://vivelescons.com/

124.Posté par IGGY78 le 12/03/2010 12:17
Vous pouvez discuter pendant des heures le seul remède est la dislocation du capitalisme et la création de plusieurs blocs indépendants: l'europe , l'asie, l'amérique fermés les uns par rapport aux autres ( au niveau du commerce ) .
Ceci dans le but d'éviter la différence de salaires énormes entre l'asie et le reste du monde.
Mon système empècherait la ,main mise de la chine sur le monde.
Sans celà nous n'avons pas fini de souffrir.

123.Posté par Gatoune le 11/03/2010 17:51

Deuxième envoi : Peut-être ai-je été censuiré ?
Le 18 février à Metz j’ai assisté à votre réunion qui devait être consacrée à la présentation de votre projet le CRREA, une forme de think tank dont l’idée m’était apparue digne d’intérêt.
Par définition ce genre d’organisation correspond à un centre de réflexion et d’influence inspiré en général par la société civile et cherche, en dehors de toute influence politique, à peser sur les affaires publiques.
C’est dans cet esprit que j’avais l’intention d’évoquer cette capacité - qui n’a jamais été aussi forte - de simples citoyens à se mobiliser, à résister, à interpeller les autorités en dehors des circuits et des organisations politiques traditionnelles et de suggérer une forme de démocratie participative, comme l’évoque l’article 8 du traité de Lisbonne : « Tout citoyen a le droit de participer à la vie démocratique de l’Union. Les décisions sont prises aussi ouvertement et aussi prés que possible des citoyens. Les institutions doivent entretenir un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives de la société civile et doivent mettre en place une organisation permettant aux citoyens de mieux se faire entendre ». Voilà ce que je croyais coller à votre projet « d’élaboration d’alternatives ».
Mon premier étonnement a été de constater que vous aviez invité cinq têtes de liste régionales présentes aux prochaines élections. Après une heure et demie de déclarations des divers orateurs, « en campagne sans en avoir l’air » comme l’a titré le journal local, vous m’avez accordé la parole. Mon intervention, bien dans le sujet, devait porter sur :
1- la démocratie participative n’est-elle pas une alternative politique en complément des régimes représentatifs et ne peut-elle constituer un nouveau modèle de société ?
2 - n’est-il pas possible de faire entrer des projets de réforme dans la sphère politique via les élus, via les députés reprenant des propositions venues « d’en bas » ?
L’ensemble pourrait devenir un exemple de gouvernance moderne, permettant de revigorer notre vielle démocratie pyramidale. Il y a des projets de lois (gouvernements), des propositions de lois (parlementaires), mais il devrait y avoir aussi une autre forme de propositions d’origine extra-parlementaire, participation par ailleurs prévue dans la DDHC, article 6.
Malheureusement pour débuter mon intervention j’avais préalablement fait part de ma déception d’avoir, en fait, assisté en première partie à une réunion électorale collective ! Huées générales et parole coupée. Bravo la démocratie !
Notre association qui a beaucoup réfléchi à cette question se tient à votre disposition. Vous pouvez d’ores et déjà consulter son site : www.lereveilcitoyen.fr


http://www.lereveilcitoyen.fr

122.Posté par anas le 11/03/2010 13:50
Bonjour,

Je comprends le fait qu'il y ait une dimension philosophique, morale et économique à une pensée alternative mais je ne vois pas en quoi il y aurait également une dimension épistémologique. Serait-il possible d'expliciter un peu plus ce point ?

Merci d'avance

"Penser l’alternative, cela implique aussi une dimension philosophique, morale et même épistémologique, pas simplement économique, j’en conviens"

121.Posté par coffee party le 10/03/2010 14:39
"On retrouve cette théorie dans une religion d'ailleurs: le satanisme. "

Pfiou ! ça plane bien trop haut pour moi. Les spécialistes économiques, kerjean, brusyl ..., sur ce forum devraient s'inquiéter du complot qui empêche leurs solutions d'être retenues par le monde reconnaissant. C'est vrai ça : comment se fait-il qu'autant de logique et de bon sens ne trouve pas plus d'écoute ?
Vous ne tenez pas compte que l'ambiance générale délétère mondiale de ces 4 dernières années fait choisir le pessimisme par défaut, et c'est vrai dans tous les milieux. Avons-nous raison d'être si pessimiste ? je suis certain que non.




120.Posté par Ravajalamuker le 10/03/2010 13:33
Fatalitas :
http://www.fourthturning.com/html/generations___archetypes.html

119.Posté par brusyl le 10/03/2010 11:27
@kerjean post 117
tu interprètes mal encore une fois : je suis aussi réaliste que toi sur le monstre que nous avons à combattre... et la réalité que j'ai essayé de te décrire, loin de me fournir des "oeillères rassurantes", monsieur-je-sais-tout, est beaucoup plus pessimiste que la tienne..

Tu as trouvé le bouc émissaire de tous les maux du monde : la déréglementation ! tout cela et rien que cela ... sous entendu : il suffirait que les états reprennent leur pouvoir de réglementation pour que cesse cette folie destructrice, cette pulsion de mort... facile, trop facile !

La réalité de ce "stade ultime du capitalisme" que nous vivons est beaucoup plus compliquée, protéiforme que cela. En t'attaquant à la seule déreglementation, tu t'attaques à un des outils qu'utilise la bête mais non à sa structure qui organise les pratiques actuelles de suraccumulation , cette structure qui est devenue tellement pyramidale qu'elle ne peut qu'exploser, sauf à réclamer des états des procédés terriblement autoritaires et répressifs pour assurer son maintien à l'intérieur de ceux-ci mais aussi un contrôle militaire de la planète pour maintenir ses accès aux ressources naturelles...

Et ce qui assure cette domination du capitalisme sur toutes les autres structures : étatiques, sociales ou médiatique, c'est son immense concentration : ces oligopoles dont je parlais sont devenues à force de regroupements, monstrueuses, avec des capitaux qui dépassent de loin les budgets des états.



118.Posté par rowali le 10/03/2010 10:14
@101 Bruzyl..Les historiens de l'Economie m'ont toujours paru d'accord pour constater que la crise de 1929 a débouché sur la gravissime dépression de 1932,elle même dûe aux barrières douanières dont se sont hérissés tous les pays.

Que les politiques économiques ne soient pas parfaites,c'est l'évidence.

Mais qu'en 60 ans le niveau de vie des habitants des pays occidentaux ait crû d'une manière que nul n'aurait même osé imaginé en 1945 est un phénomène non moins évident.

Pensez-vous que si chaque pays s'était muré nous en serions là?

Qui peut de bonne foi nier que la création du marché commun a busté le développement de chacun des pays membres?

Qui peut nier que des pays quasi-sous développés avant leur adhésion à l'Europe- je pense à l'Irlande,à l'Espagne,au Portugal- sont devenus de véritables puissances économiques,et cela gràce à l'abolition des barrières douanières?

Certes mieux vaudrait qu'il n'y ait pas de temps en temps de crises;mieux vaudrait également ne jamais tomber malade.
cordialement

117.Posté par Kerjean le 10/03/2010 08:08
@Brusyl

désolé, mais c'est exactement l'objet de la dérèglementation, et je l'ai écrit.
La dérèglementation suprême étant de s'affranchir de la règle des frontières, celle des états.
Rien d'autre.
Enlève tes œillères rassurantes.
Tant que vous n'aurez pas compris, qu'un gamin obèse est entrain de détruire le monde en exigeant de faire ce qu'il veut dans la pâtisserie, vous n'aurez rien compris.

Il n'y a rien d'autre. Rien d'autre qu'un capitalisme qui veut s'affranchir de toutes les règles et qui fait croitre son capital, sa puissance, le plus vite possible afin de pouvoir faire sauter toutes ces règles.
On retrouve cette théorie dans une religion d'ailleurs: le satanisme.

Car il faut voir la part effrayante de nihilisme que sous-tend cette idéologie de la "liberté" absolue. La liberté absolue par la tentation.

116.Posté par brusyl le 09/03/2010 22:42
@kerjean et arié

Désolée de m'insérer dans votre discussion ....

Je voulais juste te dire kerjean, que je crois que le terme de "globalization' ne recouvre pas uniquement la déréglementation que tu mentionnes : oui, j'ai les mêmes références que toi, j'ai bien lu cet article du net expliquant que le medef avait donné pour consigne de traduire ce mot anglais non par déreglementation mais par mondialisation qui fait appel à un inconscient collectif plus positif, plus universaliste plus humain que "dérèglementation"..on a tous lu la "stratégie du choc" de Naomi Klein, on connait tous l'école de Chicago et ses think tanks propagandistes

Mais qu'est ce qu'un mot ? décolle un peu l'étiquette pour voir ce qu'il y a derrière..

- c'est faux de dire qu'il ne concerne que la déreglementation des mouvements de capitaux, il recouvre en fait trois mouvements qui se sont succédés :
- la déréglementation financière : la création d'un marché mondial de capitaux et la spéculation qui s'en est suivie
-l'internationalisation des flux d'exportation mais aussi des implantations d'entreprises à l'étranger
- la mise en place des nouvelles techniques de communication

Mais on ne peut accuser de tous les maux cette seule "globalization" : celle-ci aurait pu par exemple donner lieu à un "doux commerce" équitable et équilibré..Why not ?
la vraie dénaturation vient du fait que le capitalisme a opéré dans les mêmes périodes,c'est à dire à partir de 1971, une véritable concentration par la création de monopoles et d'oligopoles. Ceux ci ont utilisé les profits dégagés par leur activité productive pour les investir dans le marché financier. La réglementation étatique ayant disparu, les vrais régulateurs de ce marché financiers sont maintenant ces grands oligopoles qui par le montant énorme de leurs échanges déterminent seuls, et à leur seul profit les taux de change et les taux d'intérêt.

Tu te trompes de cible kerjean, c'est non pas la globalisation qui est à l'origine de cette financiarisation mais cette concentration gigantesque du capital qui a dépassé et de loin en volume tout ce que les marxistes pouvaient imaginer comme "stade ultime du capitalisme"

merci de votre lecture et mes excuses encore pour cette intrusion


115.Posté par Elie Arié le 09/03/2010 21:51
@ 114 Kerjean

Exprimé comme ça, ça me va, mais à deux erreurs près:

- l'écroulement du bloc soviétique n'a en rien "livré a Chine aux intérêts occidentaux", c'est la Chine qui a vu l'intérêt qu'elle pouvait tirer de la situation ainsi créée,

-et cette situation ne sert plus aujourd'hui les intérêts occidentaux, elle a échappé à leur contrôle.

Ceci étant, il est inutile de me vouvoyer, même si c'est pour m'accuser de passivité.
Ah, oui, c'est vrai, suis-je bête, j'ai oublié que, dès la fin des années 1970, j'étais déjà sarkozyste.

114.Posté par Kerjean le 09/03/2010 21:38
@Elie

dé-rè-gle-men-ta-tion.

Ce que tu appelles "mondialisation n'est qu'un mot trouvé pour rendre plus vendable le concept de dérèglementation. Et la plus belle réussite d'un grand capitalisme libre est de s'affranchir du régulateur le plus pénible, l'état, les frontières.

Donc ce que tu décris est le cout d'état planètaire du dollar. Marque de l'impérialisme américain.
La dérèglementation n'est pas un avatar de l'impérialisme américain, d'ailleurs Murdoch n'est pas américain, ces gens se foutent de la notion de patrie, simplement, les forces d'argent ont tapé au sommet.
La première mise en place de la dérèglementation telle que pensée par Hayek et Friedman et Nash a eu lieu au Chili. Pinochet et la junte n'avait aucune notion economique et ont proposé aux cerveaux de chicago de faire un laboratoire chez eux, eux veillant avec l'armée et la police à ce qu'il n'y ai aucun , aucun frein à leur dérèglementation.
Le deuxième acte a été Tatcher.
Le troisième Reagan.
Et enfin l'apothéose avec Clinton et blair.
La dérèglementation a commencé à l'échelle de pays. C'est quand toutes les oppositions ont été matée qu'elle a commencé à s'internationaliser.
A ce niveau, on peut dire que la bataille décisive a été la grève contre les mineurs anglais.
Les syndicats occidentaux ne s'en sont pas relevé. Le capital a eu la divine surtpise de constater que le syndicalisme si terrifiant n'était qu'un tigre de papier. Dans la foulée, Mitterand a pu fermer la parenthèse de gauche et plonger , à son tour, la France dans la dérèglementation.
Le phénomène mondial n'intervient que vers le deuxième tiers des années 90 où la fin de l'urss livre tout l'Est , puis la Chine et l'Inde aux appétits occidentaux. Là seulement les choses s'emballent.

La mondialisation n'est que la dérèglementation à l'échelle mondiale.

Donc, et tes propos le prouvent, vous n'avez rien vu venir. Vous êtes resté tankés à votre lecture de la guerre froide et à l'impérialisme américain. Mais ça, personne ne peut vous en vouloir.
Par contre, que vous cherchiez désespérément soit à justifier ce qui vous a échappé soit à vous en accommoder est lamentable.
Oubliez vous que vous avez des enfants et petits enfants.

Alors que vous devriez mettre toutes vos forces dans la lutte contre cette escroquerie, par pur orgueil, vous la décrivez comme inéluctable, voire souhaitable.
C'est lamentable.
Reprenez vous.

113.Posté par Elie Arié le 09/03/2010 21:16
@ 110 Kerjean

Je ne comprends pas ton concept de "mondialisation dans un seul pays" !!! (le Chili, en l'occurrence).

L'acte fondateur de la mondialisation a été la fin de la convertibilité du dollar en or, promulguée par Nixon le 15 Août 1971.

112.Posté par Cépajuste le 09/03/2010 20:52
Twitter
Cette crise est celle de la mondialisation comme l’a expliqué Maurice Allais. Comment va-t-elle se dénouer ? Je n’en sais rien, mais je pense que les déséquilibres qui s’accumulent font que les choses ne pourront pas continuer. Si le G20 ne parvient pas à réguler la mondialisation, ce sont les événements qui obligeront les pays à prendre des décisions dans l’urgence et la douleur, ce sera alors le chacun pour soi, donc peut-être la fin de la mondialisation.

Soit dit en passant, le commerce mondial s’est contracté de 10 % en 2009, il y a donc de facto un recul de la mondialisation du fait de la crise.
http://twitter.com/Cepajuste

111.Posté par cerise le 09/03/2010 20:42
mondialisation , globalisation , ça vous colle à la peau . je vous laisse , y a pas de poétes ici , avec eux , on sais pas où on va , ni comment , mais on sait avec qui .
http://marianne

110.Posté par Kerjean le 09/03/2010 20:31
@Elie

tu m'étonnes quand tu dis que vous avez vu venir la mondialisation depuis longtemps, alors que c'est une manip dont on a vraiment commencé à apercevoir les contours que dans les années 90.
La dérèglementation, produit des délires friedmanien et du matheux skyzo Nash a vu le jour la première fois au Chili après le coup d'état de 73. Comme chacun sait, c'est Reagan qui a lancé massivement le concept. Mais fin des années 80, les réactions étaient tellement hostiles que le coup de génie a consisté à lui trouver un nouveau nom "mondialisation", "globalisation", qui fleurait bon la fraternité humaine et surtout de l'avoir fait appliquer à des gens de "gauche" à savoir blair et clinton.
Ce fut une véritable escroquerie.
Le phénomène chinois est la plus dramatique incarnation de cette escroquerie. Il a offert la possibilité aux rentiers occidentaux de se gaver dans les grandes longueur tout en ruinant notre industrie en toute bonne conscience de faire émerger les chinois et indiens de la misère.

Il n'y a rien d'inéluctable la dedans. Vous n'avez rien vu, nous n'avons rien vu venir et on s'est tous fait baiser comme au coin du bois.
Mais ce n'est pas parce qu'on s'est planté qu'il faut, par pur orgueil essayer de légitimer ça.

Quand aux solutions, il n'y a pas de miracle, mais je sais une chose, au moins. Avant tout, il faut cette volonté, cette volonté que vous autres de ta génération avez visiblement abdiqué.
Pas nous.
Demain sera un autre jour, mais surement pas le même qu'hier.

109.Posté par cerise le 09/03/2010 20:25
Ou va t on ? dans la jungle . Comment ? en tong . pour quoi faire ? des affaires . Avec qui ? Sarkosy .
http://marianne

108.Posté par Elie Arié le 09/03/2010 20:15
@ 106 Kerjean

D'abord, on est un certain nombre à avoir vu venir la mondialisation depuis longtemps et l'avoir combattue, peut-être avant toi, et avant qu'elle ne devienne irréversible lorsque la Chine a vu tout le parti qu'elle pouvait en tirer, ce qui n'était pas prévu au programme (la "mondialisation", c'était la globalisation des flux financiers, mais ni Nixon, ni Reagan ni Thatcher n'avaient prévu que la Chine se lancerait dans le capitalisme).

Mais quand je dis "irréversible", j'entends par là qu'on ne voit pas qui pourrait y mettre fin, et comment -du moins sous sa forme actuelle; par contre, je ne sais rien de la façon dont elle évoluera, mais je vois mal la Chine rester éternellement à la fois l'atelier et le banquier du monde.

Je note avec plaisir que tu as la réponse, et que tu comptes t'y coller demain (pourquoi pas dès aujourd'hui?).
Après-demain sera un grand jour.

107.Posté par Kerjean le 09/03/2010 19:51
Le 105 s'adressait à Elie et Rowali

106.Posté par Kerjean le 09/03/2010 19:50
Je comprends les barbus et les mecs d'al quaeda quand ils traitent les gens comme vous de Grand Satan.
En fait, vous avez voulu bouffer du curé, vous affranchir des religions, mais pour mieux nous avilir et nous asservir à une espèce d'odieux culte du Veau d'Or.
Je vous assure, relisez votre post sur l'explication de la mondialisation et celle d'Elie, on est carrément dans l'incantation mystique "le royaume de la mondialisation est proche", on n'est plus du tout dans l'argumentation rationnelle.
Et vous êtes tous tellement effrayé de votre propre Golem que vous en êtes réduit à le décrire presque comme une émanation divine.

Vous allez voir ce qu'on va en foutre nous, demain, après-demain de l'inéluctabilité de votre mondialisation.
Vous croyez que parce que vous avez décrété qu'il était inéluctable que le renard soit libre dans le poulailler, nous, on va le laisser nuire?

Cette mondialisation a été(j'utilise le passé sciemment) une escroquerie pariant sur l"irrésistibilité pour votre génération de l'utopie internationaliste.

Errare humanum est , certes, mais là vous perseveraré diaboliquement.

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