Déficits : demain, ça va saigner.
Le gouvernement, par la bouche de François Fillon, l’a annoncé : il prendra, au moment voulu – on se demande, d’ailleurs, pourquoi pas dès aujourd’hui ? – toutes les mesures destinées à ramener les déficits publics en deçà des 3 % du PIB exigés par le traité de Maastricht. Mais, ajoute-t-il aussitôt, il n’augmentera pas les impôts.
Autrement dit, il ne fera payer ni les pauvres… ni les riches. Encore que la suppression ou la réduction prévue d’un certain nombre de niches fiscales – mesure absolument justifiée – prendra pour certains la forme d’augmentation d’impôts.
Donc, faute de pouvoir compter sur une augmentation des recettes (sauf celles que générera sans doute une reprise de la croissance, mais qui seront en grande partie bouffées par le gonflement de la charge de la dette et l’augmentation prévisible du chômage), c’est sur une limitation drastique des dépenses, y compris de certaines dépenses sociales, qu’il faudra compter.
Or, pour ramener un déficit public de 150 milliards d’euros aujourd’hui à 150 milliards d’euros demain, ce sont à des économies gigantesques qu’il faudra procéder. Lesquelles ? Comme l’écrivait, hier, Luc Ferry dans Le Figaro, la simple honnêteté voudrait que l’on esquisse des pistes dès aujourd’hui, qu’on prépare l’opinion à ce qui l’attend.
D’autant que le gouvernement est, non pas totalement, loin de là, mais en partie responsable du creusement considérable des déficits suite aux mesures dispendieuses et inadéquates qu’il a accumulées avant l’éclatement de la crise et sur lesquelles il s’est interdit de revenir pour des raisons d’amour propre. Donc, demain, il faudra trancher dans le vif, couper dans certaines dépenses à la hache. Il est évident que cela va faire mal. Très mal. On ose employer le mot et, en effet, ce n’est pas une politique de rigueur qui s’avérera nécessaire, mais d’hyper rigueur. Pourquoi, alors, ne pas jouer cartes sur table en informant la population des sacrifices, parfois même des énormes sacrifices, qu’elle devra consentir ? Et, surtout, en précisant qui, quelle fraction de la population devra les consentir. C’est ce que vient de faire Zapatero en Espagne et en partie Obama aux Etats-Unis. Pour l’instant, en France, on se réfugie derrière des propos vagues qui constituent autant de rideaux de fumée. Le réveil sera d’autant plus rude. Et la réaction, du coup, risque d’être d’autant plus brutale.
Avant la rigueur A noter : le lendemain du jour où François Fillon annonçait que la France, pour réduire ses déficits, allait faire toutes les économies possibles et imaginables, Nicolas Sarkozy « faisant campagne pour élire les présidents de la région » contrairement, note Le Figaro, à ce qu’il affirmait à la télévision, arrivait en Corse et distribuait, pour tenter d’éviter une victoire de la gauche (ou plutôt de la pseudo gauche) aux élections régionales, pour 650 millions d’euros de cadeaux.
Demain on rase payant !
Une arnaque censurée Le gouvernement a évité le ridicule. A l’origine il avait décidé que les 350 millions d’euros de taxes sur les sommes consacrées par les banques aux bonus de leurs traders seraient, non seulement exceptionnelles (elles le restent), mais, en outre, pour l’essentiel, reversées subrepticement aux mêmes banques en se substituant aux cotisations qu’elles devaient verser à un fonds de garantie des dépôts. Confrontés à cette arnaque, les députés UMP se sont révoltés et ont voté avec la gauche en affectant cette taxe au financement des PME. Bonne réaction.
Morale politique L’éditorialiste du Figaro, Paul-Henri du Limbert explique que la morale voudrait que, dans le Languedoc-Roussillon, le PS fasse voter au second tour en faveur du candidat UMP et contre Frêche. C’est de bonne guerre. Sauf, qu’en l’occurrence, le chef de file de l’UMP fut un chaud partisan de l’alliance avec le Front National et participa même, avec les élus lepénistes, à la gestion de la région. Mais, sans doute, était-ce moral ?
Succès de la réunion du C.R.R.E.A. à Lyon Première réunion à Lyon, hier, sous l’égide du C.R.R.E.A. et du Carrefour de la République. Question posée : concrètement, sur le plan régional, quelles sont les mesures qui pourraient contribuer à ouvrir une véritable perspective d’alternative de société.
Devant 600 personnes attentives et tolérantes, les chefs de file du PS, d’Europe Ecologie, du Front de Gauche et du MoDem, ont confronté leurs réponses, exemples à l’appui, sans sombrer dans la controverse électorale politicienne, sauf pendant les dix dernières minutes, ce qui a provoqué la seule réaction hostile du public. Une « première » qui a démontré qu’une telle réflexion collective et constructive était possible. Prochaine réunion à Metz le 18 février à laquelle participera, également, un responsable de la sensibilité gaulliste.
|
|