Gros titre dans Le Figaro : «
Sarkozy fera tomber des têtes à l’automne ».
Une page entière, à l’intérieur du journal, était consacrée aux propos hallucinants tenus par le chef de l’Etat qui recevait des députés UMP à l’Elysée. En résumé : moi, je ! Moi, je suis maître du temps. Moi, je décide comme je veux, quand je veux, ce que je veux. Moi, je sais. Moi, j’ai tout bon. Mais, hélas, je suis entouré d’une bande de nuls, d’incapables, de faibles, de bouffons, de gens qui abusent de leur fonction, etc. Mais «
je sanctionnerai ceux dont les attitudes ou les propos ne m’ont pas plu ».
Ainsi, à la terrible rhétorique « populiste », comme ils disent, « du tous pourris »…
…A l’insupportable discours partisan qui revient à réduire la droite, toute la droite, à une bande de gangsters vendus au grand capital…
… Au pathétique contre-discours de la droite qui consiste à clamer sur tous les tons «
la gauche c’est encore pire ! Tous des voyous ! », s’ajoute, maintenant, cette mercuriale présidentielle : mon gouvernement n’est pas à la hauteur ; mes ministres, à quelques exceptions près, sont lamentables ; mon parti part en quenouille et ses dirigeants sont des bras cassés ; mes alliés sont des planches pourries ; la droite est un ramassis de traine-savates…
Heureusement, je suis là !
Propos de monarques qui font diffusés par leur service de propagande que si les choses vont mal, c’est la faute de leurs mauvais conseillers.
Vieux comme le pouvoir personnel.
Même Staline faisait ça.
Sauf, qu’en l’occurrence, c’est exactement le contraire.
Disons les choses clairement :
Non, le gouvernement n’est pas un gouvernement incapable et il faut reconnaître qu’y siègent quelques personnalités de valeur (même si on ne partage pas leurs options).
Non, les ministres ne sont pas tous des gros nuls qui passent leur temps à barboter dans l’assiette au beurre… Il y en a de qualité, quoi qu’on pense de leurs décisions.
Non, les responsables et élus UMP ne sont pas tous (comme ne cesse de le distiller en privé le président de la République fasciné, en revanche, par la gauche caviar et les socialistes plume dans le cul), ne sont pas tous, donc, des ringards décervelés manipulés par les lobbies. Il y en a de tout à fait respectables et point sots.
Non, la droite française n’est pas la plus bête du monde (elle vaut globalement mieux que la droite britannique ou italienne), médiocrité crasse qui expliquerait, à écouter le chef de l’Etat qui déteste son camp, sa propre impopularité record.
En réalité, c’est Nicolas Sarkozy qui est le plus catastrophique président qu’ait connu la Ve République.
Le salaire augmenté de 170 %, l’avion à 180 millions d’euros, la multiplication des voyages officiels de moins de 48 heures au bout du monde, avec jusqu’à 250 invités embarqués, ce qui nécessite deux avions et un hélicoptère, les déplacements protégés par plus de 300 gendarmes, des quartiers entiers quadrillés quand il y pose ses escarpins, les centaines de millions dépensés pour manipuler des sondages, ce ne sont pas ses ministres, c’est lui.
Le bouclier fiscal (un chèque de 30 millions d’euros a été envoyé par le fisc à Liliane Bettencourt en 2008), les 80 niches supplémentaires, les heures supplémentaires défiscalisées au détriment de la création d’emplois, les cadeaux indécents consentis aux lobbies des hypermarchés, des casinos et des paris en ligne, le triplement des déficits publics dont la moitié est non pas conjoncturelle mais structurelle, l’idée de placer Jean Sarkozy à la tête de l’Epad, le feu vert donné au doublement du salaire d’Henri Proglio, le retour à l’ORTF de papa aux présidents nommés par le chef de l’Etat, la recentralisation territoriale et, par voie de conséquence, le sabotage de la régionalisation, le débat ubuesque et raté sur l’identité nationale, la tentative de replacer la justice sous la coupe du pouvoir politique, la dissolution de la police de proximité avec les conséquences que l’on sait, des ONG décommandées pour faire la causette avec le footballeur Thierry Henry, les pressions contre-productives sur la direction du Monde, tout ça – et on pourrait citer une centaine d’autres exemples -, c’est lui, et ce n’est que lui, protégé par une petite secte d’affidés et une cohorte de courtisans. Chaque fois, des ministres qui étaient contre ont été renvoyés dans les cordes avec mépris. Des députés UMP qui étaient contre ont mis en garde sans succès. Des fractions de la droite qui étaient contre se sont heurtées à de dédaigneuses rebuffades. Il a tout imposé seul. Toutes les erreurs, c’est lui qui les a faites, seul. Toutes les bévues, c’est lui qui les a commises, seul.
Donc, s’exonérer, aujourd’hui, de toute responsabilité et clamer : « tous coupables, sauf moi ! » est le comble de l’impudence.
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Etrange aveu à droite : Pierre Bergé finançant Ségolène Royal, disent-ils, c’est comme Liliane Bettencourt finançant Eric Woerth. On ne leur fait pas dire.
Sauf, qu’en l’occurrence, Ségolène Royal n’est pas ministre du Budget.
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Un conseiller du président au Figaro « l’Elysée se demande si la popularité de François Fillon n’empêche pas celle de Nicolas Sarkozy ! ».
Quel monde !
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Le philosophe Luc Ferry écrit, dans Le Figaro, que l’indépendance de l’information est mieux respectée en France qu’en Corée du Nord et en Libye.
Il a totalement raison.
Et la presse, ajoute-t-il, peut, en France, critiquer Sarkozy comme le prouve le cas de
Marianne et du
Nouvel Observateur.
C’est si vrai que le Nouvel Obs, en pleine affaire d’Etat mettant en cause justement Sarkozy, titre sur « les produits bio ».
En l’occurrence, ce sont les hebdomadaires réputés de droite qui titrent, eux, sur l’affaire d’Etat.
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Effectivement, Liliane Bettencourt n’a pas fait seulement des dons d’argent à l’UMP, elle a également fait des chèques à l’ordre d’une association de soutien à Eric Woerth domicilié dans l’Oise. Mais pourquoi lui, justement lui ? Lui et Valérie Pécresse sur quelque 400 élus UMP ? Il se trouve que Patrice de Maistre a clairement répondu : « parce qu’il est ministre du Budget ! ».
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Nicolas Sarkozy, devant les députés UMP qu’il recevait, a opposé le financement honnête de l’UMP au financement malhonnête du RPR. Mais Eric Woerth était déjà l’un des responsables financiers du RPR. Il était même adjoint de la fameuse Louise-Yvonne Casetta. L’organisatrice du racket des entreprises de travaux publics qui obtenaient des marchés d’Etat et à été condamnée