De Clearstream au Collier de la Reine



De Clearstream au Collier de la Reine
C’est entendu, on nous le répète à longueur d’ondes et d’antennes, dans l’affaire Clearstream qui défraye la chronique en France (et surtout défrise les chroniqueurs), il y a une victime, le chef de l’Etat, et des suspects, dont un ex-Premier ministre, que Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à qualifier de « coupable ».
Il n’est pas du tout certain que cela corresponde tout à fait à la réalité (ne serait-ce que pour cette raison évidente que le patronyme hongrois de Sarkozy n’est apparu que tardivement sur les fameux listings truqués), mais ce fut, jusqu’à présent la « vérité » médiatique.
Donc, il était généralement admis que le procès verrait le triomphe définitif de Nicolas Sarkozy – la victime – sur l’homme qui osa, un temps, se poser en concurrent, Dominique de Villepin, « présumé » coupable.
Or, rien n’est moins sûr. Et le chef de l’Etat, avant de se lancer dans cette aventure vengeresse, aurait dû se remémorer la célèbre affaire dite « du Collier de la Reine ». Pourquoi ? Parce qu’elle vit, à la veille de la Révolution française – dont elle précipita d’ailleurs l’avènement – un présumé coupable de très haut rang, le cardinal de Rohan, jaillir en héros d’une sombre et inextricable affaire dont l’incontestable victime, Marie-Antoinette, sortit, elle, en lambeaux.
Rappelons donc, ici, l’histoire : personnage considérable à l’époque, évêque de Strasbourg, cardinal, grand aumônier de France, mondain invétéré (membre, au demeurant, de l’Académie française comme beaucoup de pervers), de Rohan n’était plus en odeur de sainteté à la cour de Versailles. La reine Marie-Antoinette ne supportait plus ses approches insistantes qu’elle estimait libidineuses. Le prélat à fanfreluches dépérissait à mesure que se prolongeait cette disgrâce royale. C’est alors qu’une aventurière, la comtesse de La Motte, une sorte d’Imad Lahoud en jupon, eut l’idée de l’escroquerie du siècle : elle parvint à convaincre le cardinal que la reine n’était pas insensible à son charme ecclésiastique et qu’une formidable occasion d’un total retour en grâce se présentait à lui, car un fabuleux collier de diamants d’une valeur d’un million six cent mille livres, entrevu dans une bijouterie, était tombé dans l’œil de la souveraine.
Donc, s’il lui offrait ce sublime bijou, elle se consumerait de reconnaissance et ne pourrait plus rien lui refuser.
Mieux : Madame de La Motte affirma au cardinal qu’elle avait parlé à la reine et que celle-ci se ferait donc un doux plaisir de le rencontrer nuitamment dans le parc de Versailles et de recevoir, incidemment, le cadeau de sa blanche main.
Ce n’était absolument pas crédible, mais, aveuglé par la passion, le cardinal le crut, un peu comme de Villepin crut à la véracité du fameux listing Clearstream.
La rencontre eut lieu, une fausse Marie-Antoinette se prêta à la comédie, et la comtesse de La Motte récupéra le collier, lequel avait été acheté par le cardinal à crédit – et, comme il ne parvint pas à acquitter la première traite, le scandale éclata.
Furieuse, et détestant en fait le cardinal, Marie-Antoinette, au lieu d’étouffer l’affaire qui risquait d’éclabousser l’ensemble de la haute société, convainquit Louis XVI d’en référer à la justice, fit embastiller l’ecclésiastique et le déféra devant le Parlement de Paris.
C’est alors que tout bascula : d’abord, parce que cet étalage de luxure et d’intrigues jeta une lumière crue sur les mœurs qui régnaient au sein de la France d’en haut. Ensuite, parce que l’idée se répandit, dans l’opinion, que si le cardinal avait réellement cru que la reine, une Autrichienne, presque une Hongroise, en échange d’un collier fastueux, était prête à lui accorder ses faveurs, c’est que c’était crédible. Qu’elle en était donc capable. Que c’était là, décidément, un drôle de monde ! De Rohan (qui se fera ensuite élire aux Etats Généraux) surfa sur ces sentiments populaires, il se posa en victime de l’arbitraire : il était devenu le bouc émissaire de l’absolutisme royal. N’étaient-ce point les turpitudes supposées de la Reine de France qui l’avait induit en erreur ?
Résultat : il fut acquitté aux acclamations de la foule. Et ce que la France tout entière retint, c’est que Marie-Antoinette était compromise dans une sale histoire.
Nicolas Sarkozy vit au rythme de batteries de sondages qui, comme la marâtre de Blanche-Neige, doivent quotidiennement lui dire qu’il reste toujours « la plus belle pour aller danser ». C’est pourquoi, d’ailleurs, paralysé à l’idée de devoir prendre des mesures impopulaires qui risquent de plomber sa cote, déjà fragile, il préfère, pour l’instant, laisser filer les déficits budgétaires et sociaux qui viennent d’atteindre un niveau record. Or, les études d’opinion qu’il a consultées le lendemain de l’ouverture du procès Clearstream, lui ont révélé que Villepin avait marqué des points et qu’un retournement de l’opinion n’était pas à exclure. D’où son extrême nervosité. D’où la faute qui consista à aborder, à la télévision, depuis New York (ce qui d’ordinaire ne se fait pas), des problèmes de politique intérieure. D’où le lapsus fatal consistant à qualifier des prévenus de coupables. D’où sa colère contre Arlette Chabot, la directrice de la rédaction de France 2.
Comme si lui était soudain apparu le fantôme de Marie-Antoinette... et du Collier de la Reine.

Vendredi 2 Octobre 2009
Kahn Jean-François


1.Posté par anonyme le 21/05/2010 03:27


L'article le plus intéressant écrit par Jean-François et pourtant personne n'a pas posté

étrange, non?

2.Posté par anonyme le 21/05/2010 03:29


personne n'a posté Pardon je tape trop vite!


3.Posté par anonyme 2 le 01/06/2010 01:18
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4.Posté par Jean-Robert Pichegru le 25/10/2010 20:52
Ce qu'y avait de bien sur le blog de JFK, cétait la diversité des sujets... Un truc nouveau par jour !... Et trois cents posts à la clef !... Illico !... Ici, d'une saison à l'autre c'est toujours la même rengaine... Crincrin Sarko... Talonnettes... Etc !... Radotage et compagnie !.... Retraite par-ci retraite par-là !... Trente articles sur la même question !... Toujours pour répéter et rerépéter la même chose !... A croire que le lectorat de Marianne2 soit composé que de poissons rouges !... Enfin heureusement qu'on a des Frêche qui meurent de temps en temps !... Pour changer... Aérer le stock de topics !... Du moins pendant un temps.

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