L’Elysée a décidé de mobiliser tous les médias amis pour contrecarrer l’effet Villepin – « on n’a jamais subi autant de pression en provenance du château » affirment les journalistes des quotidiens, radios ou télévisions concernés.
Deux stratégies ont été arrêtées en haut lieu :
1) Faire comprendre à Jean-Louis Gergorin qu’il n’a plus rien à perdre ; lui seriner qu’il serait injuste qu’il paye seul et le convaincre ainsi de charger Villepin en affirmant qu’il a agi sur ses ordres. Gergorin, un être attachant mais très fragile, se considère quasiment comme un fils adoptif de Jean Luc Lagardère et a toujours navigué dans les eaux du RPR – on ne désespère donc pas de le « récupérer », contre flatteries et promesses, comme on a réussi à « retourner » Lahoud. D’ailleurs, par rapport au récit que Gergorin me fit, à froid, de l’affaire quand elle éclata, il a déjà beaucoup évolué sous des pressions multiples. C’est parce qu’on espère transformer Gergorin en accusateur public de Dominique de Villepin qu’on a interjeté appel.
2) Tambouriner à tous propos sur le thème : « Villepin est fou » - de nombreux « commentateurs » ont été incités, depuis l’Elysée, à filer ce leitmotiv… ce qui, on en conviendra, est assez plaisant, car ceux qui véhiculent sans complexes ce jugement- ou diagnostic- sont les mêmes qui feignirent de s’étrangler d’indignation lorsque nous osâmes esquisser une psychanalyse de Nicolas Sarkozy – laquelle s’est pourtant révélée essentielle à la compréhension du personnage.
Dire que « quelque part » - au-delà de ses talents réels - il avait sérieusement un grain, on avait donc le droit. Et c’est l’Elysée qui l’admet aujourd’hui, s’agissant au moins de Villepin.
Le tribunal relaxe Villepin contre lequel le président de la République était partie civile ; le procureur qui avait exigé une assez lourde condamnation fait appel. Or, que prévoit la réforme de la justice : de remplacer, de facto, le juge d’instruction par le procureur. C’est clair, on comprend pourquoi.