C’est quoi, c’est où, c’est qui le centre ?



C’est quoi, c’est où, c’est qui le centre ?
 
Puisque la question du centre est revenue – ce qui est normal – au centre de l’actualité politique, trois remarques :

1 - Savoir si François Bayrou devrait s’allier à la gauche, à la droite, s’installer au centre ou se situer en avant… bonne question. Mais ne sont-ce point les militants du MoDem, démocratiquement consultés, qui devraient en décider. Il est remarquable que toutes les supputations tournent autour de deux interrogations : que cherche exactement Nicolas Sarkozy ? Quelle ligne va choisir finalement Bayrou ? Mais jamais autour de cette troisième interrogation, la plus légitime pourtant : à quoi aspirent et que veulent les adhérents et sympathisants du MoDem ? S’ils veulent s’exprimer, ici, ils sont les bienvenus.

2 – Y a-t-il, en France, des électeurs potentiels qui, pour faire simple, trouvent la droite trop à droite et la gauche trop à gauche ; estiment qu’il y a du bon à prendre des deux côtés ; se situent spontanément dans l’entre-deux, ou bien dans l’ambivalence, c’est-à-dire se sentent de droite dans certains domaines et de gauche dans d’autres (par exemple : libéraux sur le plan économique et très anti-autoritaires sur le plan sociétal ou, au contraire, radicalement anti-néolibéraux sur le plan économique et social, mais très sécuritaires et autoritaires en matière de mœurs et de société) ? Ou bien encore y a-t-il des modérés qui sont profondément anti-sarkozystes et ne supportent pas la gauche ? Ou d’autres qui rêvent d’un gouvernement des meilleurs, d’où qu’ils viennent ?

Bien sûr que cet électorat-là existe et qu’il est relativement important, même si cela ne se traduit pas toujours, et de loin, par un vote spécifique.
En bonne démocratie, ce positionnement devrait donc pouvoir être représenté, se faire entendre et peser. Comme en Grande-Bretagne et dans la plupart des autres pays européens. Au nom de quoi exiger l’exclusion, par contrainte, d’une dimension idéologique existante, vivante, et ancrée dans notre tradition ?
En ce sens, François Bayrou joue un rôle indispensable et nécessaire quand il tente d’imposer, contre vents et marées, l’existence d’un centre indépendant. Il y a là une exigence démocratique que même les partisans de Mélenchon, par exemple, ou d’Europe Ecologie ou, hier, de Jean-Pierre Chevènement, devraient admettre et défendre puisque eux-mêmes refusent le carcan d’une bipolarisation simpliste et étouffante.
Sans compter qu’on peut difficilement reprocher à François Bayrou de ne pas s’être allié à la gauche puisque c’est la gauche, du moins sa fraction la plus majoritaire, qui l’a envoyé balader dans les grandes largeurs.

3 – Cela étant, si je reconnais la légitimité de ce positionnement et la nécessité démocratique de lui reconnaître sa place, je ne m’y retrouve nullement. Et, je crains que cette définition, elle aussi purement topographique finalement (le « où se place-t-on ? » l’emportant sur le « qu’a-t-on à dire de spécifique ? »), ne puisse, compte tenu de la période que nous vivons, regrouper plus que 8 % des électeurs au mieux et 4 % au pire.
Nous vivons en effet, aujourd’hui, une mutation d’une telle ampleur, une crise de société d’une telle radicalité, que l’important n’est pas de savoir où on se situe, mais ce que l’on propose d’autre, de différent. S’ancrer au milieu ? Au milieu de quoi, puisqu’il n’existe qu’un seul modèle, qui impose sa logique planétaire implacable, mais qui est en lambeaux et que les peuples de plus en plus rejette.
Le problème n’est donc pas de se définir comme « entre-deux », « à mi-chemin », mais de se porter, je le répète, résolument « en avant », pour préparer une véritable alternative porteuse d’un nouveau modèle. L’opinion ne veut pas du « mou » mais, au contraire, du solide et du dur dans la rénovation. Non pas s’intercaler, mais dépasser ; non pas mixer deux échecs, mais inventer ; non pas s’asseoir entre deux erreurs, mais s’en libérer ; non pas s’installer dans son petit quant-à-soi, mais initier des confluences et des convergences ; non pas se recroqueviller dans un double refus, mais prendre l’offensive pour construire ensemble.

Aphatie a bien le droit de réponse

Non, Aphatie ne s’énerve pas. Il répond. Normal. Il en a parfaitement le droit. C’est un débat musclé, c’est tout.
Déjà, lorsque Marianne avait publié, je le rappelle, une pétition signée par des gaullistes, des libéraux de progrès, des centristes, des socialistes, des écologistes et des communistes, mettant en garde contre une dérive vers le pouvoir personnel et, surtout, appelant à la défense de l’indépendance et du pluralisme de l’information, exaspéré, il avait attaqué très fort, sans la moindre nuance, expliquant, à la télévision, car il ne manque pas de tribunes, qu’il s’agissait d’un tissu d’imbécillités et que votre serviteur lui-même, qu’il soupçonnait d’être l’inspirateur de cette pétition, était un sombre crétin. C’est peut-être vrai, d’ailleurs. Vous avez dit violence de ton ? Mais moi, je lui reconnais parfaitement le droit d’adopter la tonalité qui lui chante, même le ut mineur.

Aphatie a tort de considérer que toute mise en cause du système médiatique, la plus radicale comme la plus innocente, que toute remarque sur une insuffisance de pluralisme ou d’indépendance de la presse (ce que, physiquement, il ne supporte pas, de même que toute allusion à une pensée unique le met dans tous ses états) le vise personnellement. C’est vraiment très bizarre et demanderait d’être plus finement analysé.
En revanche, il a le mérite d’assumer sans complexe, avec virulence mais avec cran, le système dont il est l’un des efficaces rouages.

Je serais même prêt à saluer ses convictions qui sont fortes, sauf qu’il prétend qu’il est totalement neutre et qu’il n’en a pas. En toute franchise, je le trouve assez faible comme chroniqueur, mais j’estime qu’il a un vrai talent comme interviewer. Même si la vivifiante agressivité dont il sait faire preuve vis-à-vis de certains (Martine Aubry en fit récemment les frais, mais elle n’avait qu’à pas se laisser faire) se double d’un grand respect quand il s’agit, par exemple, d’un grand patron.
Aphatie remarque que rien ne l’obligeait de répondre à ma proposition de faire entendre une musique différente à propos de l’affaire Aubry/Maddof ou de la loi sur le voile intégral.
Il a parfaitement raison. Et je reconnais d’ailleurs que je ne l’avais proposé que pour le plaisir d’enregistrer un refus. Il faut bien s’amuser !
*
80 % des journalistes sont plus ou moins vendus poste jean-louis charpar. Non, c’est faux. 95 % des journalistes sont profondément attachés à leur liberté et à leur indépendance. Simplement, les 5 % qui restent sont très bien placés.

Lundi 7 Juin 2010
Jean-François Kahn

Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

239.Posté par KaG le 11/06/2010 22:33
"l’important n’est pas de savoir où on se situe, mais ce que l’on propose d’autre, de différent"

Oui, c'est très juste mais comment le matérialiser, le définir, dans un monde où on s'affirme par rapport à une droite et une gauche ?

238.Posté par Laurent de Boissieu le 11/06/2010 09:08
Pour que le MoDem ne soit pas/plus défini par la géographie (le centre) mais par ses idées, encore faut-il qu'émerge véritablement - et soit reconnu par les politologues/politistes - un courant idéologique "démocratiste" : le "démocratisme" (je pense que l'analyse politique a bien besoin de néologismes, comme par exemple "centre-droitiste" afin de bien signifier que le Nouveau Centre, contrairement au MoDem, n'est pas au centre mais à droite en général et au centre-droit en particulier).
Confraternellement.
Pour info : François Bayrou, centre démocrate ou centre républicain ?
http://www.ipolitique.fr/archive/2010/06/09/bayrou-recentrage.html

237.Posté par Franz le 10/06/2010 14:59


@234.Posté par democrate éclairé

D’accord pour donner la parole à la majorité silencieuse. Mais je crois qu’il y a malentendu. Car alors, il ne s’agit pas la confisquer une fois de plus en prétendant s’exprimer au nom de ces gens-là. Ce n’est pas tant d’avoir la parole qui intéresse cette majorité. C’est que l’on apporte des solutions concrètes et crédibles à ses problèmes.

Depuis De Gaulle, en passant par Raymond Barre, Bérégovoy, Fabius, Rocard, Chirac, Raffarin et aujourd’hui Fillon, tous n’ont qu’un seul mot à la bouche : ceinture pour les pauvres. Il va falloir faire des sacrifices répètent-ils inlassablement. Et pendant ce temps, les emplois se raréfient, les salaires se dévalorisent, les déficits s’accroissent. Et la précarité ne cesse de gagner du terrain. Cinquante ans que le meilleur système économique possible, qui décuple les profits et fait enfler les PIB, ne cesse de rendre la vie de plus en plus en plus impossible à une majorité croissante de laissés pour compte. Qui a une réponse politique à ça ? A défaut de réponse, pourquoi venir solliciter le pouvoir ?

Il n’est est qu’un problème cardinal : Une activité apportant une rémunération décente à chacun. Tout le reste n’est que dentelle et broderies. Du vent.

Donc la question est : quel emploi ou activité le Modem propose à chaque Français lundi prochain ? Comment le Modem va éradiquer le chômage dans les deux ans qui suivent son accession au pouvoir ? Impossible ? Qu’il laisse donc la place aux autres. Ils sont meilleurs question baratin.

Amicalement
Franz

236.Posté par CHEL G. le 10/06/2010 14:02
Toujours intéressant, intelligent, stimulant...

Et toujours pas un seul mot sur un sujet capital menaçant de mort des millions et des millions d'hommes, voire l'existence même de l'humanité : le nucléaire militaire et la politique criminelle de la France cramponnée à sa dissuasion donc poussant à la prolifération donc poussant à la catastrophe finale........

De plus la position de la France est particulièrement hypocrite.

En affirmant que seule la dissuasion nucléaire assure vraiment notre sécurité, nous poussons évidemment chaque pays à en faire autant, car au nom de quoi peut-on demander à l’Iran de renoncer à acquérir une dissuasion équivalente à la nôtre ? La sécurité des Iraniens vaut bien celle des Français (prétendre le contraire serait du pur racisme) !

La France a tout fait pour faire échouer la conférence de révision du TNP en vidant la convention d’élimination des armes nucléaires de tout contenu concret et contraignant qui aurait remis en cause notre dissuasion.
Nous refusons d'envisager, même à terme, même dans le cadre d'un processus universel et progressif de désarmement contrôlé la diminution puis la disparition de notre dissuasion.

En se cramponnant à sa dissuasion la France pousse à la prolifération : en affirmant que seule la dissuasion nucléaire assure vraiment notre sécurité, elle pousse évidemment chaque pays à en faire autant.

Et cette prolifération (à laquelle nous poussons) pousse elle-même à la catastrophe finale.

En effet, ou bien les « chances » d'utiliser les armes nucléaires sont nulles et alors il n'y a plus de dissuasion, pourquoi alors les construire ? Ou bien la probabilité qu'on les utilise n'est pas nulle et alors un conflit nucléaire a toutes les raisons d'éclater un jour, car aussi faible que soit cette probabilité sur une année, elle va devenir considérable si on envisage une période suffisamment grande : sur 100 ans elle sera 100 fois supérieure et si de plus au cours de cette période le nombre des nations possédant l'arme nucléaire est multiplié par 20, la probabilité sur 100 ans sera de l'ordre de 1000 fois supérieure !

Et que devient ce risque si, ne serait-ce que dans un seul des pays possédant l’arme nucléaire, on voit arriver au pouvoir un émule d’Hitler ? Qui peut affirmer que des dictateurs plus ou moins équivalents à Hitler n'existent pas aujourd'hui ? Qui peut affirmer qu'il n'en existera aucun dans les 20 ans ou les 100 ans qui viennent ?
On n’ose penser non plus à ce qu’il adviendrait si (notamment en période de grande tension internationale), dans un de ces pays, les facultés mentales du dirigeant venaient brusquement à vaciller !

Prenons aujourd’hui un risque (très) limité (pour nous) pour éviter à terme une catastrophe certaine (pour nos petits enfants).

Diminuons notre arsenal, signons la convention d’élimination des armes nucléaires acceptons (dans le cadre d’un processus international de désarmement progressif universel contrôlé) de voir notre dissuasion diminuer puis disparaître.
C'est la seule voie ouverte à nous pour donner une chance (certes ce n’est pas une certitude) à la paix, pour éviter à terme une catastrophe certaine.


235.Posté par citizenet le 10/06/2010 09:56
@ catlaï : l’image du triangle ou chacun a son pré « carré » et sa petite chapelle, c’était à l’époque révolue de la 2D !

Aujourd’hui nous sommes passés à la 3D, à la politique participative en relief, et les petits triangles figés « des Bermudes » où disparaissent progressivement nos valeurs républicaines, doivent se mettre en Mouvement pour rassembler en un prisme révolutionnaire un puissant rayon de lumière arc-en-ciel à défaut d’être seulement bleu blanc ou rouge, de la même façon que les petits ruisseaux font les grandes rivières !


234.Posté par democrate éclairé le 10/06/2010 01:29
Ayant rejoint le MoDem en 2007, je ne me considère pas comme centriste, car comme le dit François Bayrou, ce mot ne veut pas dire grand chose à mes yeux. De plus il y a une culture du centre mou en France ...Je préfère le mot démocrate, démocrate de progrès, indépendant, dialogue.
Démocrate éclairé... par les lumières, et étincelles de chacun d'entre nous.

Je suis convaincu de la nécessité de l'émergence d'une nouvelle force politique qui parle pour ceux qui n'ont pas la parole, qui exprime dans le débat public les sujets, les problèmes, les difficultés au nom du plus grand nombre, au nom de l'intérêt général, au nom de la République (cf la chose publique). Si nous regardons le résultat des dernières élections européennes et régionales, que constatons ? Quel est ce plus grand nombre ? Ce sont les abstentionnistes, ceux qui ne s'expriment plus, ceux qui ne comprennent plus, ceux qui ont perdu pied, perdu confiance dans le système ; dans le système économique et /ou politique. Il y a là pour tous les responsables politiques un vrai sujet, une vraie préoccupation.

L'époque actuelle est tellement tourmentée, qu'il y a de quoi être écoeuré de voir le mode de fonctionnement de la sphère politique médiatique dominante ; cette seule préoccupation de savoir qui sera candidat , qui sera le vainqueur de la prochaine élection, comme si citoyens, nous n'étions là que pour assister à un match de boxe dont les règles et le déroulement ont été prévus à l'avance !

Or dans Démocratie, il y a l'idée essentielle que le maitre du jeu c'est le Peuple. Or le Peuple opprimé et inconsidéré actuellement aurait et a des choses à dire. Et si lors des RDVs d'expression décisifs comme en 2012 ne permettent plus de traiter de l'essentiel, s'ils ne sont pas l'occasion de recréer un mouvement de confiance entre les citoyens et les institutions, le cadre qui les représente, alors il y a tout lieu de croire que la révolte, la colère prendra une toute autre forme. De même si ceux qui prétendent être candidats ne prennent pas en compte la nécessité de créer un vaste élan, un mouvement qui accompagne un changement, alors leur volonté d'accéder aux responsabilités ne débouchera sur rien de concret par la suite.

Pour créer ce mouvement, cet élan, il faut et faudra, des personnes convaincues que des mouvements politiques doivent avoir comme préoccupation première de remettre la réflexion autour du projet au centre de tout ; ceci passe sans nulle doute par une multiplication des échanges entre les responsables locaux et nationaux et des acteurs de terrain (associations, syndicats, éducateurs dans les quartiers, acteur du quotidien dans tel et tel domaine) afin que les vraies questions soient prises en considération, que le sens du politique et de la politique retrouve sa place, que la réflexion stratégique s'appuie sur du concret, sur des réalités, que le discours véhiculé dans le débat public soit accessible au plus grand nombre.

Oui il faudra un jour inventer à la place des Apéros géants de Facebook, des agoras géantes de politique, au coeur de nos villes et villages, sur nos places de la République. C'est cela être au centre, être démocrate ! Débat, dialogue, concertation, choix éclairé, vote et décision !

233.Posté par catlaï le 09/06/2010 23:23
C'est l'image du triangle qui devrait être utilisée. Un sommet pour la Droite un autre pour la Gauche, chacune avec ses extrèmes. Le troisième sommet identifierait clairement le Modem sans plus se poser de fausse question quand à d'éventuelles tendances.

232.Posté par lolita83 le 09/06/2010 22:04
De la révolution orange du MoDem, il ne nous reste que la couleur!
Le seul qui l'ouvre un peu, c'est JFK.
Les idées sont bonnes, les intentions aussi.
Le reste c'est du blabla...
Il manque des coups de gueule, de l'action et de la médiatisation !!! MEDIATISATION...

Je suis adhérente du Mouvement Démocrate et je dis qu'il ne faut s'allier à aucun autre parti, qu' il faut faire venir à nous des individualités intelligentes avec de la bonté et la volonté de bien faire, sans parler parti politique.

C'est sur que pour les prochaines élections Présidentielles ma voix ira au MoDem.
Aujourd'hui j'attends une réaction de François Bayrou.

231.Posté par Franz le 09/06/2010 19:04

A la lecture, il apparaît que l’engagement centriste correspond pour beaucoup à un rejet culturel (voir religieux ?) de la gauche. Tout en ayant pris conscience des dégâts de l’ultralibéralisme. Bayrou représentant une sorte de voie de recours. Ainsi, chacun se détermine, non pas en fonction d’un projet mais d’une sensibilité culturelle, voire d’une vision irrationnelle. Cela fait-il un projet politique ?

Il serait temps d’admettre que la gauche n’est pas propriétaire des valeurs dont elle se réclame. Celles-ci, dans leurs grand principes, ont été intégrées dans la morale républicaine et sont défendues par tous les partis démocrates. Valeurs qui aujourd’hui se limitent au discours mais ne se retrouvent en aucun cas dans les actes. Ce n’est donc plus ce critère qui doit nous déterminer. Et là encore, vouloir se glisser entre les deux partis de gouvernement en prétendant défendre les valeurs humanistes qui vont bien sans s’en donner les véritables moyens me semble être une pirouette. Si ce n’est une duperie.

Amicalement
Franz

230.Posté par Franz le 09/06/2010 18:51

Que voilà une question bien posée (quel mot ont à dire les militants ?). Sympa également de venir ainsi s’exprimer sur un forum. L’auteur se donnera-t-il la peine de prendre connaissance des réactions qu’il aura suscitées où s’agit-il uniquement d’un échange publique entre les deux grands hommes du blog ? A voir.

Au-delà du centre, est donc posée en creux la question de la droite et de la gauche que M. Bayrou tente de définir. Il y a du vrai dans cette formulation. Mais, de mon point de vue, on débat sur des virgules sans appréhender le fond du problème. En réalité, on s’interroge sur l’existence d’un interstice, sans doute bien réel, et qui peut suffire à différencier les uns et les autres pour leur plus grande satisfaction. Mais en cinquante ans, l’espace qui séparait gauche et droite s’est considérablement réduit.

De fait, il existe au moins deux gauches et deux droites. Avec la multitude des nuances que chacun peut ajouter suivant sa sensibilité. Le clivage passant par la capacité des uns et des autres à gouverner. Ce qui nous intéresse ici sont les partis en capacité de prendre le pouvoir. Non pas parce qu’ils l’ont décidé mais parce que, en démocratie, le peuple a suffisamment confiance pour s’en remettre à eux.

A contrario, il existe des partis de contestation qui, certes, ont pignon sur rue mais auxquels jamais la majorité des électeur ne confiera son vote. Sans que, apparemment, cela ne dérange les partisans en question qui, génération après génération tiennent invariablement le même discours. Pour bien comprendre ce qu’est un parti de gouvernement, il suffit de se souvenir des propos de François Hollande tenus lors du référendum sur la constitution Européenne. Il en convient, il aurait été plutôt favorable au « non » mais « un parti de gouvernement » ne pouvait pas avoir d’autre choix que d’appeler à voter « oui ». Il en allait de sa crédibilité. Il existe donc une sorte de crédibilité pour pouvoir prétendre accéder aux commandes d’un pays membre du G8. Décidée par le pouvoir financier et adoubée par l’opinion. Sachant qui fait l’opinion.

Petit préambule pour mieux définir ce que sont la droite et la gauche, celles qui ont une mince chance de figurer au second tour d’une élection présidentielle. Par exemple, on nous présente sans rire un scénario qui opposerait Nicolas Sarkozy à Dominique Strauss Kahn. Voici donc au final où se situe le débat gauche droite. Le reste n’est que glose sur le sexe des anges.

Partant de ce fait, il va falloir que M. Bayrou nous explique ce que signifie une place entre ces deux positions. Quel intérêt y a-t-il à vouloir se situer au centre ? Pour faire quelle synthèse alors qu’en réalité, au plan économique, le plus important, il n’y a strictement aucune différence ? Quelle nuance, quelle infime subtilité peut-on nous servir pour justifier cette improbable position ?

On peut le prendre sous un autre angle. Certes, la droite fait plus confiance au chef. A l’homme providentiel. Depuis que Nicolas a été élu, députés, sénateurs, ministres, conseillers, hauts fonctionnaires, PDG des grandes entreprises nous répètent à l’envi que tout doit se plier à la vision de cet homme. La politique, plus que jamais passe par un homme providentiel. C’est la présidentialisation, permise par la loi imbécile de Jospin. C’est surtout le linceul de la démocratie. Malek Boutih l’avait parfaitement analysé quand il proposait au PS de laisser de côté l’élection présidentielle en ne s’intéressant qu’aux seules législatives. Dans l’hilarité générale.

Ainsi donc, le PS est entré un peu plus dans la vision de la droite en se pliant aux règles de la présidentialisation et de l’homme providentiel que cela implique. Mais là encore, que nous propose d’autre M. Bayrou ? Plus que les autres partis qui eux au moins sont riches de leurs militants, sa personne. Sa personne avec toute la dimension humaine et la force morale que cela suppose. C’est en effet un personnage sympathique. Posé, intègre, se proposant de remettre la morale Républicaine au premier plan. Tentant. Mais cela fait-il un programme politique dans ce monde insensé ? Non. Absolument pas. Car il n’existe pas, ou plus, de programme politique sans un programme économique. Et là encore, vouloir se glisser entre l’économie de gauche et l’économie de droite, cela laisse très peu de place. Même pas une mince feuille de bordereau comptable.

Alors ? Ben rien. A la réflexion, on se rend compte que Bayrou, c’est du vent. Car ce n’est pas un pas au centre qu’il nous faudrait accomplir. Mais enfin un pas en avant en nous décidant d’inventer ENSEMBLE, une réelle alternative. Pas si utopique que cela. Dans le fond, si cette sympathique personne avait laissé s’exprimer ses soutiens dans leur diversité, les de Sarnez, Lepage ou Khan, il y avait largement de quoi esquisser un nouveau chemin. Mais M. Bayrou était-il un entraîneur ou un obstacle ? Le résultat parle de lui-même.

Reste les citoyens électeurs. Ce n’est pas parce qu’ils désespèrent de la gauche ou sont déçus de la droite, ce qui fait une belle légion pour s’engager ailleurs, qu’ils peuvent être séduits par une figure si sympathique dotée d’un si pâle projet.

Amicalement
Franz

229.Posté par Franz le 09/06/2010 18:49
Friedrich Carl August zu Waldeck-Pyrmont

228.Posté par Lorraine le 09/06/2010 13:26
227.Posté par Kristine

Complètement d'accord avec vous .Les propos de Muguet sont pleins de haine et d'aigreur .Elle s'est trompée de site Elle serait mieux perçue sur les blogs du chevalier orange ou Ginisty.
J'ai suivi avec amusement d'abord et consternation ensuite le comportement de ces nouveaux adhérents qui chaque jour inventaient le fil à couper le beurre.
Il était attendu qu’il y ait des problèmes .Ce qui réunissait le plus grand nombre en 2007, c’était l’anti-sarkozysme primaire ( idem pour moi, et j’assume )
.Comment répondre aux aspirations ( légitimes ) de tant de personnes venant d’horizons si divers .Je suis issue d’une famille à forte imprégnation communiste et le mouvement de Bayrou était aux antipodes de mon passé familial.. Mon père doit se retourner dans sa tombe de voir sa famille rejoindre un mouvement tant vilipendé . Le MRP de Schuman le mettait dans une colère noire .Et moi, en bonne lorraine , j’assume ajourd'hui ces contradictions après avoir découvert en Robert Schuman un homme dont je ne connaissais pas la trajectoire en raison de l’omerta familiale.
Nous restons fidèles à Bayrou , car la gauche caviar incarnée par Aubry ( si! si ! ) Delanoé, DSK , Fabius me fait horreur .
L’UMP , n’en parlons pas .Même s’ils se mettent des plumes là où je pense, rien ne nous fera changer à l’avenir .Ce sont des pourris qui se sont mis une fois pour toutes du bon côté du manche. Ils ne méritent que mépris.

227.Posté par Kristine le 09/06/2010 12:32
@224 Muguet

Merci pour les neuneus aveugles et simplets...
On voit là toute la pertinence d'une analyse, pas grand chose d'humaniste dans vos propos réducteurs, pas étonnant donc que vous ayez déserté le Mouvement Démocrate
Voyez-vous, même les petites gens ont droit au respect de leurs opinions ; que vous n'ayez pas obtenu la reconnaissance de Mr Bayrou, et que vous souhaitiez grossir les troupes de ceux qui se régalent à lui taper dessus, vous en avez parfaitement le droit, néanmoins il existent encore des citoyens, réfléchis, sensés, qui ne s'alimentent pas de ces mêmes plats réchauffés.
Cordialement

226.Posté par citizenet le 09/06/2010 11:43
Tout est dans le titre du commentaire de François Bayrou : mieux que centriste, démocrate et républicain !

C’est clair comme de l’eau de roche pour celles et ceux qui ont suivi l’évolution (la révolution ?) du leader du Mouvement Démocrate depuis 2002.

Mais pour les autres qui n’adhéreront jamais au Mouvement Démocrate, tous les autres sympathisants et futurs électeurs, comment vont-ils vraiment la faire, cette révolution des esprits et des institutions, en le désignant comme Président de la république en 2012, si malgré ses racines aussi légitimes que d’autres « enracinés » à gauche ou à droite, le fait de persister à se revendiquer du centre le rattachera inéluctablement à un parti historiquement de droite, comme les radicaux sont dans la mémoire populaire « assimilés » à la gauche, avec ou sans le pire néo-libéral Bernard Tapie !

Aujourd’hui encore, sans nous mentir, toutes les mouvances dispersées dites du centre, à part le Mouvement Démocrate (qui en fait compte aussi un bon nombre de militants ex-UDF allergiques à la gauche), sont « officiellement » ralliées à la droite traditionnelle, à part peut-être Corinne Lepage qui nous a quittés pour Europe Ecologie…

Si François Bayrou, reconnu par tous « d’appellation contrôlée » centriste, veut vraiment gagner en 2012, il est vital qu’il sache réunir autour de sa candidature les progressistes de gauche, de droite et du centre aujourd’hui minoritaires à une condition qui me paraît incontournable : s’élever résolument au-dessus de ces dénominations obsolètes en utilisant dorénavant les seuls termes signifiants qui nous rassemblent encore, comme DEMOCRATE et REPUBLICAIN, sans nous rappeler constamment des « appartenances » partisanes qui nous ont trop divisés jusqu’à présent, et dont ne se servent plus que des apparatchiks totalement déconnectés des réalités actuelles et des attentes d’une majorité de citoyens.


225.Posté par Michel Badonic le 09/06/2010 11:22
Personne ne se rends compte, par exemple, que cet article ( c'est Bayrou ou pas ?) et tout le reste est un salmigondis qui ferait vomir un cheval ?

C'est quoi ce fil ? et cet article ? une séance de thérapie collective ?

Ou un salon de coiffure ou chacune et chacun comment les dernier "article essentiel" de Closer, Choc, Gut et Cie ?

"areuh! areuh! " = distribution généralisée ( facon H1N1) de têtines pour les le gros bébés!

Continuez et c'est la Marine qui se chargera de la distribution... ( et mon cheval vomi une deuxième fois...)

224.Posté par Muguet le 09/06/2010 11:13
Merci, JFK. Vous êtes toujours aussi pertinent et sagace et vous posez les bonnes questions. D'ailleurs le poisson a ferré.
Je viens de lire l'article de Bayrou dans Marianne2.fr (!!!): et blablabla et blablabla! c'est dire le malaise de Bayrou.
Ex-modem, (+ex-conseillère nationale du Modem)déçue par tout le baratin de Bayrou (baratin auquel j'ai cru dur comme fer en 2007, putain!) , je ne donnerai plus jamais ma voix à ce politicien égocentrique et je ne parierai pas même pas un kopec sur lui pour 2012.
BAYROU N'A JAMAIS APPLIQUE AU SEIN DE SON PARTI TOUT CE QU'IL AVAIT PROMIS EN 2007,RACOLANT ainsi DES MILLIERS D'ADHERENTS :L'ECOUTE DES MILITANTS et LE RESPECT DE LA DEMOCRATIE INTERNE . Alors, pourquoi lui faire confiance pour 2012 pour gouverner ?

D'ailleurs, vous, JFK, si vous avez pris du large, c'est que vous avez perçu ces manquements et d'autres points obscurs.
Bayrou a écarté tous ceux qui risquaient de lui faire de l'ombre: Eva Joly, Cavada, Corinne Lepage, vous (peut-être) et d'autres de moindre notoriété.

Bayrou est un CONSERVATEUR egonombrilique, de la vieille école et certainement pas progressiste. Il n'ira jamais de l'avant car il n'arrive pas à se planter fermement sur ses deux pieds. En 2008, Bayrou refusait l'appartenance du Modem au Centrisme. En 2010, il qualifie son feu parti de "centriste". Déboussolant, non? Cet homme en est resté à piloter sa barcasse à la godille et croyant aller plus vite (où:?), il a même tout fait pour vider par-dessus bord les 70 000 adhérents de 2007. Combien en reste-t-il? 8000 au plus........
Aujourd'hui, le Modem est MORT, de par la faute de son "leader" lui-même. Il n'a rien compris à l'engouement de tous ces citoyens en recherche d'une "autre" politique que le bipartisme gauche-droite. Ils les a méprisés. A présent, au feu Modem, il ne reste qu'une poignée d'inconditionnels à Bayrou, qu'il faut diviser en 2 catégories: les neuneus, aveugles et simplets et les petits opportunistes carriéristes politicards locaux auxquels Bayrou a promis des postes en 2012.
Bayrou a méprisé sa force militante de base. D'où, la dégringolade abyssale des 4% aux régionales. Pas de soutien militant mais surtout aucun PROJET d'une ligne politique claire, séduisante, ferme, sûre et d'alternative.
A présent, dans l'opinion publique, Bayrou est perçu comme une girouette douée à tourner dans tous les sens. Le vent dominant actuel est celui de Sarko! ! ! Faut le faire, après avoir essayé la séduction auprès de la gauche! Je crois que Bayrou ne pense qu'à une chose: qu'à sa pomme. J'ai adoré la chronique de Thomas Legrand sur France-Inter:la place inconfortable de la barre du milieu dans la 2CV de Sarko qui l'invite à ses côtés, à la place du mort. C'est tout à fait ça. Rions!

223.Posté par Christian Besse-saige le 09/06/2010 10:00
@CERISE


Votre poéme de René char est merveilleux.Merci.

222.Posté par perplexe le 09/06/2010 09:57
Kerjean 198

"Chanez
je t"aime bien mais franchement avec tes @TOUS, tu es lourd.
Si tu ne t'adresse à personne en particulier, il va de soi que tu t'adresse à tous. Alors pas la peine d'agiter.
Pendant que tu y es, ecrits en majuscule, gras, souligné, italique. "

Ce Kerjean a une âme de flic et il se prend pour ce qu'il n'est pas à savoir un leader:
il n' a ni le charisme ni les moyens intellectuels pour ça mais il s'y croit et profite de l'absence de Pichegru et Arié pour fair son petit coq du blog.

221.Posté par Mado le 09/06/2010 09:53
Concerne Romain Goupil : Pour redorer son blason, il défend ( à juste titre ) les enfants de sans papiers. J'aurais aimé qu'il soit autant ému par les bombardements d'enfants irakiens et les tortures dont furent victimes leurs parents.

220.Posté par FrédéricLN le 09/06/2010 08:10
Bonjour, ma réponse d'adhérent MoDem de base aux 3 questions de J.-F. Kahn sur le centre :

1) ce n'est pas mon opinion de simple adhérent du MoDem qui doit compter le plus, car nous ne sommes pas plus de 60000 (et sans doute bien moins maintenant). Il y a 45 millions d'électeurs.

Mais en tant que simple électeur, ce qui compte pour moi, c'est que le MoDem se batte de son mieux pour que son projet politique se réalise - et qu'ainsi la France sorte durablement de la crise. Quels que soient les alliés, les personnes, les tactiques pour y arriver. Depuis 2001, l'UDF puis le MoDem promeuvent un projet précis, révolutionnaire, constant (et non plus les candidats et les projets d'autres partis). Le problème de la France, c'est que ce projet ne se réalise pas.

2) Quid des "centristes" qui se reconnaissent comme tels (à mi-chemin entre droite et gauche, prêts à reconnaître de la valeur dans les deux camps, "libéraux sociaux européens", etc.) ? Ils me sont sympathiques par leur autonomie de pensée, au regard du moutonnisme de droite et du panurgisme de gauche. Quand on regarde les propositions politiques concrètes, nous sommes généralement d'accord avec eux à 80 ou 90% - même si par exemple, ils confondent la taxe Tobin avec une lubie d'altermondialiste écolo ; ou que peu d'entre eux se sont alarmés de l'inflation délirante des dépenses des collectivités locales.

Le principal problème de ces centristes là est que, voulant faire carrière en politique (ce qui est honorable) et étant rejetés par la gauche, ils sont de facto supplétifs de la droite, donc inaudibles et inefficaces. Je n'aurais donc pas adhéré à cette UDF d'avant 2002, même si j'étais sur le fond des propositions, d'accord avec elle.

3) Bien sûr qu'il faut une alternative innovante et un nouveau modèle. Bien sûr que la faillite actuelle est la responsabilité conjointe de la gauche et de la droite françaises. Mais dire cela est un travail d'intellectuel, ou de blogueur. Tant qu'on n'apparaît pas en mesure de prendre et assumer le pouvoir d'Etat, alternatives et modèle ne sont pas de la politique, et sont considérés par les médias et l'opinion comme des "postures" à vocation tactique... (Un appel à la taxe Tobin est considéré comme un clin d'oeil aux alters, voter une loi contre les déficits structurels est considérée comme un ralliement à la droite, etc. - et l'alternative n'avance pas).

L'alternative démocrate, ou centriste révolutionnaire, ou ce qu'on veut, n'existera qu'en rassemblant des millions de personnes, et parmi eux de très nombreux détenteurs de pouvoir médiatique, économique, social, culturel, constituant une coalition crédible - "change we can believe in".

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