Au foot !



Au foot !
« Mes mains dessinent dans le noir la forme d’un espoir…», chantait Gilbert Bécaud. Ou presque. Thierry Henry a dû le fredonner. Mais pas longtemps. Car sa main à lui finit par dessiner, du matin au soir, la forme d’un désespoir. Evènement considérable en vérité.

Pourquoi ? Parce qu’il a spectaculairement marqué la fin du «cocoricoïsme» français. Ou du «chauvinisme » si vous préférez. Il faut avoir vécu, dans les rues d’un quartier populaire de Paris, la soirée de l’après-match France-Irlande qui venait de permettre à notre pays de se qualifier pour la coupe du monde de football. J’allais écrire : pas un cri ! Pas un chant ! Pas la moindre manifestation de joie ! Mais non, Paris était en liesse en réalité : des drapeaux flottaient partout au vent ou dépassaient des voitures bondées qui klaxonnaient à plein tube, des chants et des cris de joie jaillissaient par saccades des bistrots et des bars, les Champs Elysées grouillaient de supporters en extase et parfois, hélas, en délire. Mais, il s’agissait des Algériens de France qui célébraient la victoire au forcing de leur équipe. En revanche, du côté Français « de souche », comme on dit, rien. Comme un lourd silence plombé de honte qui pesait nuitamment sur la ville. Des têtes basses, des visages fermés et, le lendemain matin, sur les radios qui, pour faire des économies de personnel, abandonnent la parole à leurs auditeurs, une expression spontanée d’auto-flagellation. La France sélectionnée ? Bravo. Mais, pas à ce prix-là. Non, il n’y a pas que le résultat qui compte. Non, la finalité ne justifie pas tous les moyens.


On aurait pu s’attendre à un chipotage byzantin : ce n’était pas la main qui avait touché le ballon, c’est le ballon qui avait touché la main. Simple effet d’optique ! Et bien, pratiquement personne ne chercha à dissimuler ou même à excuser la tricherie. Au contraire… Le jeu de mains fut presque unanimement décrit comme un jeu de vilains. Si on voulait pratiquer le volley-ball, il y avait des terrains pour cela. Nul n’osa prétendre que cette main-là, c’était le pied. Comme celle qui pratique l’onanisme, elle était spontanément mise à l’index. Thierry Henry aurait dû se dénoncer : pouce, Monsieur l’arbitre, il y avait main ! Et c’était comme si, dans une piscine olympique, il y avait pied. Ou si Virenque, pour grimper le Ventoux, avait subrepticement utilisé une mobylette. A l’insu de son plein gré, bien sûr.

D’ailleurs, Richard Virenque fut l’un des rares à justifier la main de Thierry Henry. L’hôpital volait au secours de la charité. Nicolas Sarkozy crut bon, lui, de se réjouir du résultat du match, au moment où 60 % des Français semblaient regretter, eux, le résultat du match qui lui avait permis d’être président. Or, 60 % des sondés, précisément, exprimèrent leur désir de voir « rejouer le match France-Irlande ».
Moment historique, répétons-le. Admirable.

Hier, combien de nos compatriotes acceptèrent qu’on utilisât massivement la torture en Algérie si cela permettait de gagner la guerre. Combien zappèrent certaines horreurs du colonialisme (ou de l’impérialisme napoléonien) dès lors que cela avait permis d’agrandir le territoire national ? Combien ne s’interrogèrent jamais sur le coût d’une victoire, sur les moyens employés pour arracher un succès, ou s’interdirent d’évoquer, dans les livres scolaires comme dans les cours d’Histoire, les crimes contre l’humanité qui furent perpétrés à l’occasion de la guerre du Palatinat conduite au nom de Louis XIV, le fameux roi Soleil. Et bien, ce que les Français viennent de signifier, c’est que cette époque sans doute est révolue. Nous enrageons d’avoir été sélectionnés de cette façon maquignonesque et presque frauduleuse, alors que, oui, si, en notre nom, Thierry Henry était allé se dénoncer auprès de l’arbitre, nous en aurions fait un héros national et, même éliminés, nous aurions extériorisé notre fierté d’être Français de cette façon-là.

Nous soutenons les Bleus, avec enthousiasme s’il le faut, mais n’acceptons plus que cela soit au prix de bleus à l’âme.

L’autre constat que nous inspire cet événement footballistique qui, pendant une semaine, a fourni à toutes les couches de la population française, intellectuels compris, le sujet de conversation numéro 1, est celui de l’ampleur considérable de la place que ce sport a fini par occuper dans l’espace politique : la France, comme réveillée par la main de Thierry Henry – qui s’est révélée, en quelque sorte, notre talon d’Achille –, s’est livrée à une véritable psychanalyse collective. Le débat sur « l’identité nationale » que le « traître » Eric Besson a tant de mal à enclencher, le « tricheur » Thierry Henry a réussi, lui, à le déclencher. Qui sommes-nous ? Et bien, nous ne sommes plus qui vous croyez. Et nous ne sommes plus, non plus, ceux que Nicolas Sarkozy, l’adversaire proclamé de toute « repentance », croit. Car, en l’occurrence, après la main fatale, nous avons presque tous communié dans le même repentir.
Or, le même jour, un autre match, celui qui opposait l’Algérie à l’Egypte (et si l’Egypte avait gagné grâce à une main, on aurait évidemment exulté sans complexe ni réserve au Caire) servait de prétexte à l’exaltation exacerbée et incandescente d’une identité nationale bafouée. Ce fut comme une véritable guerre Algérie-Egypte par footballeurs et supporters interposés. Et ce délire permettait à ceux qui, en France, ne conçoivent pas qu’on puisse être double, à la fois d’ici et de là, HLM en tête et palmiers au cœur, juifs et Français, lobe de droite et lobe de gauche entremêlés dans la même cervelle, de relancer le débat sur l’intégration. Au foot !

Vendredi 27 Novembre 2009
Kahn Jean-François


1.Posté par muguet le 19/12/2009 18:40
" Et bien, pratiquement personne ne chercha à dissimuler ou même à excuser la tricherie. Au contraire… Le jeu de mains fut presque unanimement décrit comme un jeu de vilains. " dîtes-vous .

Mais si , mais si , la première dame de france qui déclara :" pas vu , pas pris ."

Ce qui en dit long sur sa mentalité et celle de son chéri de mari qui ne l'a pas dit mais pensé probablement très fort ( les enjeux économiques sont énormes ) . Si l'équipe de france est sifflée sur le terrain pour des matchs futurs suite à ce genre de déclaration anti-sportive , il ne faudra pas trop s'en étonner et réfléchir à deux fois avant que de stigmatiser les auteurs des sifflets ... Que les meilleurs gagnent !

2.Posté par volodia le 05/01/2010 12:58
Lors du mach Croatie Irlande, les Irlandais n'ont pas fait
une main/pied mais deux, et ils ont gagnés. Pas de commentaire.

3.Posté par shybyte le 05/06/2010 04:40
lundi mardi mercredi jeudi vendredi samedi dimanche

4.Posté par shybyte le 05/06/2010 04:42
lundi mardi

5.Posté par internetDev le 20/07/2010 04:18
Je n'aimais pas R.Domenecq, mais bientôt, il vat m'être symphatique.

Avant même que les bleus se qualifient de manière minable, j'en avait marre. Etait-ce le fait de voir sa femme animait une émission digne d'un bistrot de poivrot ou le fait que Raymond manquait de fairplay. Mais Guy Chambily, un oportain justicier de la D.T.N. linche, je cite:
"Ca m'est vraiement facile devant les téléspectateurs de dire, que Domenecq ne doit pas être à la D.T.N. parce, qu'il à lue la lettre des joueurs qui charge la fédération".

- Tu m'étonne que ça lui est facile. Il ne doit pas manquer de culot celui-là.
Quand hier la Fédération était trop heureuse d'être qualifié de manière honteuse avec ce même sélectionneur (Henry à bien dit qu'il regrettait sa main), et qu'aujourd'hui tous le monde ou presque a compris que Domenecq était en roue libre et que la fédération n'a à aucun moment capté le mauvais management qu'il exercait, il ne sont plus légitime pour l'ouvrir eux aussi, et je me souvient qu'un éminant intervenant (Guy Roux je crois) à justifier que c'etait aussi et surtout à la fédération de se dissoudrent. Alors c'est peut être justement ce que ce monsieur, bien à son poste, ne veut pas.

Pourquoi ce monsieur a-t'il besoin de venir sur une chaine de télévision pour tirer sur l'ambulance, si ce n'est pour se racheter une virginité.

Je n'aime pas R.D., et je suis même content que la catastrophe éspérer (par moi en tout cas et je n'est rien contre les joueur) se soit produite. Mais j'ai encore plus de haine contre ceux qui se part d'une viginité en tirant sur l'ambulance.
Alors quand Guy Roux disait qu'il faut dissoudre les instances du foot je crois que ce Monsieur (Guy Chambily) montre à l'évidence que Guy Roux a bien raison.

Franchement, je ne pouvait pas saqué Dom, mais ceux qui le lâche et le poursuivent pour s'en servir de faire valoir me donne plus la gèrbe.

6.Posté par internetDev le 20/07/2010 04:49
Complément et Méaculpa sur un point:
Guy Chambily disait le 15 dec. 2009 sur : http://coupe-du-monde-2010.football.fr/post/2009/12/15/Guy-Chambily-%3A-Qui-veut-la-peau-de-Raymond

J'ai deux buts : le départ de Raymond Domenech de son poste de sélectionneur et la protection de Jean-Pierre Escalettes.

Pourquoi la protection de J.P. Escalette?
Et pourquoi puisque Raymond est enfin viré du poste de sélectionneur (il était temps), le poursuivre jusqu'à la mort .

On se doute qu'à son age, Raymond, que je n'aime toujours pas, ne vat pas lacher le foot, alors il faut le laisser dans son coin maintenant.

7.Posté par internetDev le 20/07/2010 05:18
Vous dites: "Le jeu de mains fut presque unanimement décrit comme un jeu de vilains".

Que les écrans montre les images de la main, c'est leur boulot!
Il ne manquerait plus qu'il disent que ce n'était rien qu'un "fait de jeux", ccomme les tricheurs qui nous gouvernent et nous prennent pour plus cons qu'eux.

En plus la télévision s'est plutôt féliciter de la qualification, mais je regardait peut-être Pernot ce jours-là.
Mais ce qui fut plus dommageable pour Henry, a-t-il précisé, c'est l'absence de soutien qu'il à eu au sein de l'équipe elle-même.