Réjouissez vous, arrêtez de vous énerver, mesdames messieurs les europhobes, que je respecte, même si apparemment l’inverse n’est pas toujours vrai. L’Union Européenne se meurt. Le traité constitutionnel qui, sous la pression de Tony Blair, enterrait toute forme d’intégration démocratique lui a porté un premier coup. La façon dont ce traité a été adopté, en particulier en France, lui en a porté un second. L’affaire grecque, c’est à dire ce qu’on impose aux grecs et qui est parfaitement honteux, n’est pas loin de lui porter un coup de grâce.
Mais une question : quand l’Union Européenne sera morte, est-ce que vous continuerez à la rendre systématiquement responsable de tout ce qui va mal ? Ou bien commencerez-vous à vous intéresser au système global qui est la vraie source du mal ?
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Charles Pasqua a reconnu clairement- pour le déplorer évidemment- qu’il était entouré d’une bande de voyous et de malfrats et que ceux ci ont multiplié les forfaitures en son nom.
Faut il rappeler (référez vous aux sondages des années 1986 1988 ou même 1993 1995) que Charles Pasqua fut longtemps le leader préféré de l’électorat de droite, celui qui, se reportant ensuite massivement sur Sarkozy, lequel lui succéda à la présidence du Conseil Général des Hauts-de-Seine. E pourquoi cette popularité de Pasqua dans l ‘électorat de droite ? Parce qu’il incarnait l’ordre et la loi, voir même la morale publique !
Amusant, non ?..
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Ce que les libéraux ne voulaient pas entendre…Je vous poste, en guise de nourriture du week-end, un texte qui pourra vous amuser.
Je l’avais envoyé, en juin 208, au Figaro (qui évidemment refusa de le publier et c’est finalement Le Point qui accepta de le soumettre à ses lecteurs).
Pourquoi l’avoir envoyer au Figaro ? Parce que la droite libérale, à l’époque, ne cessait de pilonner la gauche sur le thème « elle est ringarde, enfermée dans ses dogmes, déconnectée de la réalité, elle vit dans u autre monde »…
Or je voulais m’adresser aux éléments les plus ouverts de cette droite libérale (d’où le choix du Figaro) pour leur dire « certes, une certaine gauche continue à mouliner mécaniquement un discours stéréotypé et refermé sur lui même, et qui n’a plus aucune prise sur le nouveau monde qui est en train de se dessiner sous nos yeux. Mais vous même, les sois disant libéraux, êtes vous conscients d’être vous aussi totalement enfermés dans vos dogmes et de décrier de façon quasi systématique une rhétorique qui n’a absolument plus rien à vous avec la réalité telle que ce nouveau monde la façonne ? »
Je le répète, le Figaro refusa de publier cet article. Même si j’acceptais d’en couper certains passages.
Et donc, mesdames messieurs, voilà ce que, deux mois avant la faillite de la Leman Brothers et l’explosion de la bulle financière, on ne pouvait pas écrire dans un grand journal libéral !
Adresse aux idéologues de la droite libérale« Archaïque », disent-ils. Ou bien, quand ils craignent que la culture de leurs auditeurs n’ait pas intégré ce délicieux concept : « ringarde » ! Archaïque qui ? Ringarde qui ? La gauche française ! Comme « primitifs flamands », c’est devenu un pléonasme ! La gauche française est ringarde comme la blanquette
est de veau. La droite n’a donc pas besoin, quand elle veut habiller pour l’hiver son vis-à -vis devenu son faire-valoir, de renouveler la garde-robe. Les « quartiers » sont « sensibles », nos soldats « valeureux ». La gauche, elle, est « archaïque ».
« Gauche ringarde », en un seul mot, comme hareng saur. Et, en plus, c’est vrai. Garanti de chez garanti. Sur facture.
Un nouveau monde est en train de naître sous nos yeux, et la gauche continue de s’ébattre dans l’ancien. Un néocapitalisme post-financier se reconstruit sur les ruines de l’ancien modèle libéral de production, l’instantanéité des flux se substitue à la rapidité des processus, l’homme décentré, hier, par le socialisme au profit de l’État Léviathan, est escamoté, cette fois, par le néolibéralisme au profit de l’argent Moloch et la gauche continue, imperturbablement, de se réclamer de ce qui n’exista jamais pour affronter ce qui n’existe plus.
On a rarement, depuis vingt ans, importé autant de travailleurs immigrés, ne serait-ce que pour « tenir » les rémunérations là où le marché du travail est tendu, et la gauche reproche imperturbablement au gouvernement de verrouiller, ou même d’« enfermer » la France recroquevillée sur elle-même. Aux yeux du parti socialiste, l’aggravation des déficits, l’alourdissement de la dette sont scandaleux, la droite étant au pouvoir, mais tous les moyens proposés pour les réduire sont condamnables. Il feint de dénoncer un « ultralibéralisme » intrinsèquement « insécuritaire », mais il n’est pas une mesure, qualifiée par lui de « sécuritaire », qu’il accepte.
La cause est donc entendue : la gauche est ringarde.
Mais la droite ?
Nous ne nous appesantirons pas sur les aspects les plus potentiellement polémiques de la réponse.
Contentons-nous de poser cette question : le monde dans lequel se meut, aujourd’hui, le discours de droite est-il plus réel, plus actuel que celui dans lequel s’ébroue le discours de gauche ? Ne conviendrait-il pas que la pensée conservatrice libérale s’ébouriffât quelque peu le cervelet au moment où les États anglo-saxons dépensent massivement l’argent des contribuables pour voler au secours d’organismes financiers privés en situation de quasi-faillite ?
Nous savions, déjà , qu’une politique conservatrice et néolibérale, celle de George Bush en l’occurrence, avait conduit à un creusement effarant des déficits cumulés américains, l’équilibre structurel du système financier de ce pays dépendant largement, désormais, du comblement par la Chine communiste de la dette des États-Unis, donc de sa détention de bons du Trésor américain. On ne sache pas que cette étrangeté ait provoqué le moindre réaménagement, fût-ce à la marge, du discours de droite ordinaire, selon lequel le déficit est socialiste et l’excédent libéral.
Depuis, on a assisté à cet événement inouï que l’une des plus importantes banques du premier pays capitaliste du monde a été sauvée du dépôt de bilan par un apport massif d’un fonds d’État (dit souverain) du régime communiste de Pékin. Eh bien, le discours de droite est resté, après ce coup de tonnerre, absolument intangible. Surtout, ne se poser aucune question !
Le fond du problème, qui eût mérité de radicalement bouleverser la rhétorique conservatrice libérale, est cependant celui-là : aujourd’hui, c’est dans un pays qui vit sous une dictature communiste implacable que le néocapitalisme a réalisé ses plus impressionnantes performances. La gauche aurait dû en avaler son dentier dogmatique. Mais la droite ?
Est-ce à dire que le mode de gouvernance le plus adéquat à la mise en oeuvre du projet néocapitaliste, compte tenu des déchirures et des fractures qu’il provoque, est celui, resté totalitaire, qu’incarnent les autocrates communistes de l’Empire du Milieu ? Interrogation d’autant plus pertinente que les succès les plus spectaculaires en matière de croissance, quantitative sinon qualitative, à caractère néolibéral, sont affichés par la Chine. Mais aussi par le Vietnam communiste, par une Russie poutinienne qui a mis au service de cette dynamique une gouvernance de type étato-soviétique, par l’Inde ultra-fonctionnarisée dont le dirigisme de type social-démocrate fut, avant l’explosion actuelle, le moteur du développement, par des féodalités pétrolières arabes, voire par le Brésil de Lula.
Inversement (mais, cela non plus, le discours droitier dominant ne l’a nullement intégré), ce sont les pays « démocratiques » qui se sont le plus puissamment investis dans la mondialisation néolibérale, en ont le plus franchement adopté les critères dits de « modernité », et ont été, pour cette raison, érigés en modèles par les conservateurs néolibéraux français – l’Angleterre, l’Irlande, l’Islande, l’Espagne, les pays Baltes, le Japon, en particulier – qui subissent le plus durement, aujourd’hui, le contrecoup de la crise des subprimes. Au point qu’aux yeux de leurs ex sectateurs leur « miracle » apparaît soudain comme un « mirage ».
Or, qu’est-ce que ces « culs par-dessus tête » en série ont changé au fond de sauce des mercuriales libéralo droitières ? Rien, absolument rien ! Circulez…
Pourquoi et comment le merveilleux modèle browno-blairiste, dont on a voulu ignorer qu’il avait provoqué, malgré ses évidents succès, un angoissant creusement des inégalités et une aggravation multiformes des exclusions, a-t-il finalement débouché sur un spectaculaire gonflement de la fonction publique, et un ex-excédent budgétaire transformé si vite en énorme déficit ? Voilà une interrogation qui frise, apparemment, l’obscénité.
Pendant quarante ans, la gauche marxiste a refusé de prendre en compte les transformations qui rendaient obsolète sa vision de la réalité. Or, la droite dite « libérale » réagit-elle différemment qui, par exemple, continue de soutenir que toute privatisation concurrentielle d’un service public agit mécaniquement en faveur de la baisse des prix quand le cas de l’énergie en général, et de l’électricité en particulier, lui prouve un peu partout le contraire, au grand dam, en France, de certains chefs d’entreprise qui en ont fait les frais.
Aujourd’hui que plusieurs rapports et études officiels dévoilent les conséquences déplorables, aussi bien pour la puissance publique que pour les usagers, de la privatisation des autoroutes, on peut se demander par quel aveuglement les conservateurs libéraux, à un François Bayrou près, n’ont pas relevé ce qu’il y avait d’aberrant, de la part de l’État, à vendre des entreprises non concurrentielles (une autoroute est, par définition, en situation de monopole) qui appartenaient, n’étant pas subventionnées, non au pouvoir politique d’un moment, mais, collectivement, aux contribuables et aux automobilistes taxés aux péages.
On pourrait élargir le champ de cette remarque : combien de soi-disant « progressistes » ont-ils, hier, accepté le qualificatif de « démocratie populaire» appliqué à des dictatures impopulaires ? Or, comment un libéral de droite peut-il aujourd’hui justifier, par exemple, que tous les quotidiens d’information de l’est de la France, de Nancy à Grenoble en passant par Mulhouse, Épinal, Sedan, Lyon, Dijon, Romans et Saint-Étienne, passent sous le contrôle du même groupe financier propriétaire en flagrante négation des deux fondements du libéralisme : la concurrence et la pluralité ? On aurait pu s’attendre, au moins, à un début de réflexion interrogative : néant ! Et sur quoi risque de déboucher la nouvelle loi sur le commerce ? Sur la fixation des prix, non par une concurrence « libre et non faussée », mais par quelques grandes « centrales d’achat » qui dominent si lourdement des pans entiers du marché (une seule centrale en contrôlant jusqu’à 60 % dans certains départements) qu’elles peuvent imposer aux petits producteurs tous les prix de dumping qui leur chantent. Le Figaro vient d’en faire le constat : les entreprises du CAC 40 ont pu, malgré la crise, réaliser de très forts profits au premier semestre parce que leurs tailles leur ont permis d’imposer des prix à la hausse au marché et à la baisse aux fournisseurs. Libéralisme ? Concurrence faussée et non libre en somme. Comment ont réagi les conservateurs libéraux ? Ils n’ont pas réagi.
Mieux : quand les éditions Hachette ont failli avaler les éditions Vivendi, ce qui aurait eu pour résultat, qu’outre Plon, Laffont, Perrin, Fayard, Grasset, Stock, Calmann-Lévy, Hachette Littérature, La Découverte, etc., l’essentiel des livres scolaires, des dictionnaires et 80 % de la distribution, dont les NMPP et les Relay H, seraient passés sous la férule d’un même groupe, déjà puissant dans la presse écrite et les médias audiovisuels, aucun conservateur libéral emblématique n’a apparemment fait la moue. Et c’est finalement la Commission de Bruxelles, effarée que l’on puisse admettre une telle atteinte monopolistique au principe du pluralisme et de la concurrence, qui y a mis le holà .
Les plus grands supports d’information, de culture, d’opinion, appartenant à des groupes qui dépendent en partie des commandes publiques, donc de l’État et, surtout, du pouvoir politique, qu’en pense un authentique libéral ? Rien ! Le premier grand industriel de France, le plus riche (cela n’a rien de choquant), qui concentre les plus grandes marques de l’industrie du luxe, est en passe de contrôler un des plus grands groupes d’hypermarchés (la distribution, donc), alors qu’il possède le premier journal d’informations économiques, qu’en pense un authentique libéral ? Rien !
Est-ce à dire que le « conservateur libéral » moderne ne serait nullement offusqué que le Goum soviétique ou une refondation du communisme sur une base privée constituassent, désormais, l’horizon du nouveau capitalisme ? Il est tout de même étrange, on l’a dit, que l’annonce d’une nette augmentation de la dette publique au cours du dernier trimestre, en attendant le coup de bambou de la croissance des déficits, n’ait provoqué aucune insurrection intellectuelle de la droite pensante.
Le néomonarchisme (c’est-à -dire un pouvoir totalement personnel et concentré, fût-il électif) constitue-t-il la nouvelle quintessence du libéralisme conservateur ? Problème : faut-il rappeler, ici, que Benjamin Constant, Guizot, Thiers, Tocqueville, Adam Smith ou Frédéric Bastiat s’affirmèrent à travers leur rejet intransigeant de la concentration des pouvoirs ?
On avait cru comprendre que « trop de lois tuait la loi » : or, on n’en a jamais tant produit, à propos de tout et de rien. L’État partout, sauf là , évidemment, où il y a de gros profits à ramasser.
Que paie-t-on, aujourd’hui, au prix fort ? L’instauration d’un système où, à tous les niveaux, la spéculation s’est substituée à la production et où la recherche d’une maximisation ultrarapide (court-termiste) des profits a été centralisée au détriment des valeurs dites « traditionnelles » et de la morale dite « bourgeoise ». Ainsi qu’au détriment des vertus citoyennes. Pourquoi un tel manque de réaction face à la subversion éthique du libéralisme par sa dérive néocapitaliste, symbolisée par les explosions délirantes des rémunérations de grands patrons ?
Nous avons basculé dans un « autre monde », que domine une nouvelle traite de masse (dont la prostitution mondialisée ne présente qu’un aspect), une insécurité devenue systémique, y compris dans la rue, et un dopage généralisé qui nourrit en partie le marché de la drogue. Un séisme d’une telle ampleur a, effectivement, rendu totalement obsolète les discours de gauche de papa, pathétiquement dirigés contre un « libéralisme », le vrai, qui est en train de disparaître et qu’il faudrait sauver, au contraire. Mais le discours dominant de droite, tel qu’il continue à tourner mécaniquement en rond (y compris sur ou dans certains médias), est devenu, lui, franchement préhistorique !
Faut pas te mettre dans cet état, mon Pierrot !Cela dit si votre très cher Pierrot K que nous aimons bien, dirigeait un journal, j’ai l’impression ( à lire les indignations dont il nous fait part ici et ce dont l’en remercie) qu’il y a beaucoup de choses qu’il n’accepterait pas de publier dés lors que ça ne s’inscrirait pas dans le cadre de ses certitudes. Une discussion sans invective où l’on se respecte l’un l’autre ? A condition qu’on soit tous d’accord, si j’ai bien compris…
Hier souvenez vous, un sarkolâtre pur et dur me renvoyait au régime de Corée du Nord dont je serais, évidemment, un chaud partisan. Cette foi, le constat que je fait (mais que je n’impose pas puisque je le mets en discussion) non d’une responsabilité active mais d’une responsabilité passive de l’Europe dans la crise grecque, m’apparente, explique notre Pierrot avec un sens de la nuance qui me rappelle les aquarelles de Fantin Latour à un maoïste hystérique dont l’utopisme totalitaire a fait des dizaines de millions de morts. Mazette ! Et en prime, je serais un valet de je ne sais qui, un agent de je ne sais quoi, et accessoirement un séide de DSK.C’st moins grave, sauf que je n’ai pas écrit une ligne, pas un mot, sur DSK. Alors pourquoi cet « effroyable soupçon » !
Mais oui, en revanche (car j’admets qu’on puisse être résolument hostile à l’instauration de l’Euro, j’estime que quitter la zone Euro, comme le demande la droite allemande, serait une catastrophe pour la Grèce . Pas difficile à comprendre : si la Grèce revenait au drachme, elle pourrait en effet dévaluer sa monnaie, qui de toute façon s’effondrerait (ce qui ruinerait ses épargnants et ses retraités) mais elle devrait rembourser sa dette et ses approvisionnements en euros ou en dollar. Et donc pour le coup ce qu’elle paye 5 en euro ou en dollar, elle devrait le payer 10 ou 15 en drachme convertis en euro ou en dollar. Quel est l’intérêt ? Demandez à Darlidada qui connaît bien le problème.
Mais si, bien sûr, rappeler cette évidence fait de la peine à notre Pierrot, et chauffe sa bile, je suis tout à fait prêt, non pas à dire le contraire puisque ce n’est pas vrai, mais à ne plus évoquer cette question. Sympa, non ?
Que disais je ? que, finalement, le seul choix possible et légitime était : soit dissoudre l’Union Européenne au nm de la primauté des nations et d’aller dans le sens que réclament les néolibéraux et en particulier les britanniques, c’est à dire une vaste zone de libre échange, soit construire une vraie Europe, puissance dotée d’un véritable pouvoir économico-politique. Normalement je pensais que cela irait droit au cœur de notre Pierrot. Mais non ! Souligner qu’il puisse y avoir un choix est encore de trop !
Permettez moi cependant de constater cela : je n’ai cessé de stigmatiser les partisans du oui au référendum européen qui excommuniaient et diabolisaient les nonnistes, se dérobaient au débat et refusaient de prendre en compte les plus valables de leurs arguments. Ce pourquoi aux yeux d’un Alain Minc, par exemple, je suis un furieux souverainiste. Mon Pierrot, lui, se comporte exactement de la même façon en sens inverse. Soit un nonnisme de plomb, soit l’enfer et la damnation. L’abjuration ou le bûcher. Vous me dites « c’est l’Union Européenne qui a acculé la Grèce à accumuler les déficits (l(UE a surtout déversé des milliards sur l’agriculture grecque) et si, à voix basse, parce que je suis très timide, je fais remarquer qu’une telle affirmation est sujette à caution, et bien mon Pierrot, aussitôt, se déchaîne contre « caution ».
Tiens, mon camarade, pour t ‘émoustiller un peu plus : la concurrence libre n’a faussé ! Rien à faire dans un traité constitutionnel, j’en suis d’accord. (Ben oui, ça ne me dérange absolument pas d’être d’accord avec quelqu’un qui s’affirme totalement en désaccord) ! Bon…on proclame donc l’abolition de la concurrence si tu veux. Ou bien on demande qu’on la fausse (ici j’espère que je vais réveiller en toi une certaine douceur latente, voir une tendresse cinétique). Vive les monopoles. A bas la concurrence, les abus de positions dominantes, Hachette contrôlant toutes les maisons d’édition ! Mais si–et là j’espère que la crise et l’apoplexie ne te menacent pas- Premièrement, on proclamait clairement la nécessité de défendre les services publics ou même d’en instaurer. Deuxièmement on s’emparait du principe de concurrence libre et non faussé pour en faire un outil de protectionnisme bien compris. Dopping social : concurrence faussée, stop ! Dopping fiscal ? Encore faussé, stop ! Non respect des contraintes écologiques, les enfants employés pour des clopinettes, concurrence faussée, stop !
On y réfléchit ? Non non, bien sûr, ce serait une horrible trahison !
Cerise à raison, il faudrait faire sauter les droits de veto qui empêchent l’Europe d’opposer aux USA sa propre politique étrangère, d’aller vers une harmonisation fiscale, généraliser certains progrès sociaux. Ca (le droit de veto instauré dans ces deux domaines) c’était vraiment une raison de voter non (je reconnais tout à fait puisque je l’ai écrit à l’époque). Mais, horreur, ce serait renforcer l’intégration ? Donc pas question, vous dira Pierrot !
Au demeurant, ce que dit Pierrot n’est pas stupide, toute personne que ne pense pas tout à fait comme je pense n’est pas stupide, -mais oui, mon loulou, la différence n’est pas en sois une ignominie !- et même quand notre ami, notre camarade, reprend au nom d’un réalisme pur et dur les arguments des néo conservateurs américains qui dénonce la totale inanité du rêve européen, ce n’est pas stupide pour autant. Dissolvons l’Europe au point où elle en est ! Je lui fais plaisir ? J’espère…Je suis même prêt à préconiser que l’on revienne à tous les vieux antagonismes internationaux d’antan. Et je brandirai le drapeau.
Mais là où notre Pierrot exagère un peu c’est quand, poussant à l’excès son implacable lucidité, il traite de salopard, non seulement Victor Hugo et Jean Jaures, prophètes des Etats Uns d’Europe, mais aussi Billovard qui voulut construire les Etats Unis d’Amérique Latine ce qui, sous la pression des USA, échoua.
Alors la, mon Pierrot, puisque tu as été l’un des rares hier, du moins jusqu’à midi (car à partir de cette heure, a a dérapé, j’ai même appris que j’avais disposé d’un logement gratuit à Paris ! Ah si ça avait été vrai !) l’un des rares, disais je à casser le consensus qui conduisait à un certain respect des arguments de l’autre, un petit mea-culpa, s’il te plait. Un chouia. Un minichouia ?
Moi je veux bien reconnaître que la crise grecque, c’est de ma faute !
En attendant, ce que j’ai écrit à l’intention des libéraux en 2008, je pourrais sans doute l’écrire aujourd’hui à l’intention de certains anti libéraux, non pas intégristes mais intégraux.
Un jour je vous démontrerai que ce ne sont jamais les plus radicaux en paroles qui font les Révolutions.
Pour le reste, merci pour la qualité du débat d’hier. Et merci aussi bien sûr à Pierrot.
Message personnel La campagne des banquets n’était pas durant la révolution de 1830 mais durant celle de 1848.
Barroso n’a pas été trotskyste, il a été maoïste.