Avis aux populations
Qu’on se le dise : ce blog rouvrira dès la rentrée de septembre. Il y sera tenu compte des nombreux conseils qui ont été exprimés ici. Il sera direct. Plus réactif.

En attendant, je l’ouvre à un vaste référendum : dans un livre intitulé Petit César – Comment a-t-on accepter ça…, qui sort en librairie le 18 mai, je republie, tels quels, certains articles que j’ai consacré, depuis près de 7 ans, au problème Sarkozy et qui ont déclenché de tels hurlements que les numéros de Marianne ont été épuisés et qu’ils sont aujourd’hui introuvables.



Rédigé par Jean-François Kahn le Mardi 17 Mai 2011 à 12:01

Ce blog étant interrompu pour le moment, les commentaires sont fermés.

Jean-François Kahn se donne jusqu'au 10 septembre pour réfléchir à d'éventuelles solutions.

En attendant, vous pourrez retrouver dès la fin de la semaine, dans la rubrique «Réflexions», les vidéos des deux conférences données conjointement par le CRREA et Marianne.



Rédigé par Jean-François Kahn le Lundi 26 Juillet 2010 à 16:04

Que voulait être ce blog ?

Au fond, ce que je voulais, c’est que ce blog fonctionne comme un reflet de la vie elle-même, ce qui impliquait qu’il intègre, si possible, la dérision et le sérieux, le comique et le dramatique, le culturel et le naturel, le superficiel et le profond, ici des brèves de comptoir, des instantanés, des relevés factuels, des échos de la rumeur de la cour et de la ville, et là, des analyses ou tentatives d’anticipations économiques et financières, des éclairages historiques, des prolongements philosophiques, des interrogations éthiques. Bref, les rires et les fureurs, les espérances et les découragements, mes raisons et mes erreurs, avertissements et divertissements, bravades et rigolades, modérations et emportements… Oui, mobiliser Contador et Sartre, Keynes et Jean Ferrat, Anelka, Aubry et Sarkozy, de Gaulle, Ambroise Thomas, Nadine Morano, Berlioz, Stéphane Guillon, Kandinsky, Alfred de Vigny, la tête de veau, Papandréou, le Saint-Amour et Paul Delaroche, c’est possible.
Avec, en arrière fond, toujours, cette recherche, fut-elle tâtonnante, d’une alternative à un modèle de société moralement et rationnellement failli, cette invitation à participer de façon pluraliste, donc ouverte et tolérante, à cette recherche.
Une façon, en somme, de poursuivre le combat que j’ai mené et que je mène encore, de toutes les façons possibles, en essayant d’y intéresser, d’y associer le plus de disponibilités et de volontés collectives possibles. Pas simple, en vérité. Assez gratuit, peut-être. Mais il y a un moment où ce que l’on donne devient la seule forme vraiment satisfaisante de ce que l’on rêve de recevoir. Comprenne qui pourra. La société qu’il nous faudra contribuer à refaçonner est précisément celle où l’apport utile deviendra ou redeviendra une composante essentielle de l’enrichissement de soi.
Ce fut le sens de ce blog et – du moins je l’espérais – du forum qui le prolongeait. Forum dont j’eusse aimé qu’il inspirât et portât des contradictions constructives, mais aussi qu’il contribuât à dessiner les contours de convergences et de confluences sans lesquelles tout projet alternatif ne serait que vœu pieux. D’où la nécessité de l’écoute. De l’échange : dans le respect mutuel et tolérant des différences de chacun. Refus de s’enfermer chacun dans son champ clos, son bunker partisan ou sa bulle idéologique.
C’est cette ambition, finalement, qui me conduit à interrompre l’expérience. Parce que, à côté de toutes les autres activités qui s’imposent et qui m’amènent à circuler dans toute la France, cette ambition nécessite un tel investissement personnel et sans, évidemment (et c’est très bien ainsi), que cela ne rapporte quoi que ce soit, que le prolongement de cet effort, de cette mobilisation (car il faut rester constamment en éveil) doit, d’une façon ou d’une autre, conforter et soutenir cet engagement.
Or, malgré l’apport formidable de nombreux internautes dont j’ai découvert et admiré le talent et que je ne remercierai jamais assez (j’aimerais tous les citer), cela s’est avéré impossible. Et, paradoxalement, d’autant plus impossible que le blog était de plus en plus fréquenté et les commentaires de plus en plus nombreux. Ce qui, évidemment, attira peu à peu dynamiteurs, pollueurs, obsédés et allumés. (Ces derniers jours l’ont encore démontré, où il a fallu « guillotiner » jusqu’à une soixantaine de posts en 24 heures).
Naïvement j’ai essayé la pédagogie, mais sans succès. Combien ai-je reçu de mails d’internautes, fidèles à ce blog, me disant que la violence des échanges, la rémanence des querelles personnelles, la banalisation de l’injure, les décourageaient de participer aux débats. Ces jours-ci, des centaines de messages allaient dans ce sens.
Et, franchement, pourquoi moi-même me décarcasserais-je pour, finalement, véhiculer des haines ou des exclusions que je réprouve et qui me sont presque physiquement insupportables ? Si le moindre don intellectuel entrouvre, comme le montrait Levinas, la porte du Paradis (et c’est pourquoi je suis aussi reconnaissant à tous ceux qui ont enrichi ce forum de leurs réflexions), toute forme de surdité à l’humanité d’autrui, verrouille les grilles de l’Enfer. Pourquoi accepterais-je qu’à l’analyse critique de ce que l’on dit, les uns ou les autres, on substitue sans cesse l’interpellation « d’où le dites-vous ! » ?
Il y a certes des solutions. Certaines m’ont été suggérées, quoique assez compliquées. Mais, aujourd’hui retraité, fut-ce retraité actif et engagé, je n’ai ni la structure ni les moyens matériels qui permettraient de les mettre efficacement en œuvre.
D’autant que je m’interdis de supprimer le forum, c’est-à-dire les commentaires, de m’en désintéresser, d’exclure a priori ou de déléguer une « modération » à une société extérieure qui appliquerait une normalisation purement mécanique.
Il faut donc chercher d’autres moyens. D’autres approches. Et, pour l’instant, je n’ai pas trouvé.
D’où cette séparation qui m’attriste. Je vous promets que si une solution apparaît…



Rédigé par Jean-François Kahn le Jeudi 15 Juillet 2010 à 22:53

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